Brève. Aux USA des insecticides sont aussi utilisés comme des drogues dures !

Capture d’écran 2019-07-22 à 14.50.19.png

Ça se passe en Virginie de l’Ouest, un Etat durement touché par un chômage massif : à court de methamphetamine certaines personnes en manque ont trouvé une alternative, les bombes d’insecticide anti-guêpes. Dans cet Etat le taux d’overdoses mortelles atteint 58 pour 100000 habitants, que ce soit avec de la cocaïne, de l’héroïne, de la « meth » ou du fentanyl, soit 5 fois plus qu’en 2001. Le cas de l’insecticide spécialement dédié aux guêpes est alarmant car c’est presque du suicide. En effet, l’organisme développe rapidement une réaction immunitaire contre les composants du produit et le troisième « shoot » peut être fatal car il risque de provoquer une réaction allergique aigüe.

Dans le seul comté de Boone, au sud de l’Etat le nombre de décès a alerté la police qui, après enquête, a pu identifier le produit utilisé. Pour rappel, entre 1999 et 2017, soit en huit années, le CDC a répertorié un demi-million de morts par overdose aux USA …

Source et illustration : ZeroHedge.

Est-on prédisposé aux drogues, à la cigarette ou encore à l’alcool ?

Capture d’écran 2014-03-22 à 18.43.06

C’est une théorie comme une autre que de dire qu’on est dès l’adolescence et plus encore à l’âge adulte attiré par les drogues douces et moins douces, la cigarette ou l’alcool. Et on a coûtume de dire qu’il existe une prédisposition à ces penchants déviants. Mais les évidences scientifiques sont plutôt minces et tenter d’en trouver une consiste à se pencher sur le système très complexe de la boucle plaisir-récompense du cerveau. On a maintenant une assez bonne idée de la manière dont notre cerveau gère le désir et la récompense le plus souvent à notre insu mais comme ce système est extrèmement complexe (voir la figure) les hypothèses sur le développement de l’addiction aux drogues et à leur prédisposition n’ont encore pas trouvé de preuves claires. Ce que l’on sait par contre c’est le rôle central de l’oxytocine dans cet environnement puisque cette hormone, l’une des rares hormones avec la vasopressine synthétisées toutes deux par l’hypophyse antérieure qui fasse partie de la panoplie des neurotransmetteurs en ayant un effet direct sur l’activité cérébrale mais également qui soit exportée dans l’ensemble de l’organisme et conduise à des effets très variés. L’oxytocine, juste pour un très bref rappel, est liée aux contractions utérines lors de l’accouchement mais cette hormone remplit bien d’autres fonctions corrélées au plaisir sexuel ou aux mécanismes de la récompense, au fonctionnement harmonieux du système immunitaire et bien d’autres mécanismes comme les fonctions cognitives.

1-s2.0-S0091305713002219-gr2

Une équipe de biologiste de l’Université d’Adélaïde a procédé à une revue de l’ensemble des articles scientifiques qui liaient l’oxytocine et l’usage de drogues ou d’alcool. Il en ressort une idée révolutionnaire à l’examen de la recherche mondiale sur l’oxytocine, aussi connue sous le nom d’«hormone de l’amour» ou de «drogue de liaison » en raison de son rôle important dans l’amélioration des interactions sociales, du comportement maternel et du partenariat en général. Il ressort de cette étude que la prédisposition dont il est question dépend d’un certain nombre de facteurs existant avant la fin de la gestation, entre le huitième et le neuvième mois, et la première enfance c’est-à-dire jusqu’à l’âge de cinq ans quand le système de l’oxytocine est définitivement mis en place. Les perturbations du système qui conduira ensuite à une plus forte addiction aux drogues peuvent être d’origines variées mais le plus souvent on retrouve des situations de stress ou de souffrance du nouveau-né qui vont finalement influer sur le comportement de l’adolescent et de l’adulte. L’une des observations assez intrigantes est l’effet différent des drogues sur le genre (puisqu’on parle de cette théorie) en d’autre termes le sexe. Et ce n’est pas difficile à comprendre puisque la femme produit des quantités significatives d’oxytocine lors du cycle menstruel par le corps jaune qui entoure l’ovocyte lors de l’ovulation alors que l’homme se contente d’une sécrétion discrète par les testicules, en dehors naturellement de l’hypophyse. Or en ce qui concerne l’usage de drogue, la femme a un comportement plutôt modéré si on le compare à celui de l’homme mais elle devient beaucoup plus rapidement dépendante car l’usage de drogues perturbe plus profondément son système oxytocine et altère donc plus profondément par voie de conséquence la boucle récompense-plaisir (dopamine reward system dans la figure) et c’est cette observation, parmi bien d’autres, qui a conduit les biologistes australiens à formuler cette synthèse des effets de l’oxytocine qui n’apporte fondamentalement rien de nouveau mais facilite tout de même la compréhension de la chimie de notre organisme dont tout le reste dépend. Dans la figure, HPA est l’axe hypothalamus-hypophyse-surrénales et cet ensemble interagit également avec le système sérotonine et le système dopamine mais il s’agissait dans cet article de faire surtout ressortir les effets de l’oxytocine.

En conclusion de cette étude il ressort qu’il faut prendre un soin particulier de l’enfant quelques semaines avant la naissance, la mère devant s’abstenir de toute drogues psychotropes ou d’alcool voire de cigarettes, mais ces soins apportés à l’enfant ne doivent pas non plus l’exposer à trop de stress de toutes sortes jusqu’à la mise en place définitive du système de l’oxytocine vers l’âge de cinq ans environ.

Sources : Sciencedirect.com et University of Adelaide

http://www.sciencedirect.com/science/article/pii/S0091305713002219?via=ihub