Le paracétamol pour être zen, qui l’eut cru !

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Il est bien connu que quand on a une poussière dans l’oeil la moindre contrariété est amplifiée au point qu’on peut devenir irascible. Une petite douleur nous rend plus sensible aux émotions. C’est le cerveau qui gère nos réactions et nous devons faire preuve d’une grande maîtrise de nous-même pour dominer nos réactions. D’ailleurs ces émotions peuvent être positives ou négatives, c’est selon. Le centre de gestion des émotions se trouve être le système limbique. Mais le système limbique, en d’autres termes tout ce qui se trouve à l’intérieur du cortex cérébral, gère aussi la douleur, signal provenant le plus souvent du tronc cérébral car le cerveau lui-même est indolore. C’est schématique et un spécialiste dirait que j’écris n’importe quoi mais si on entre dans les détails, le cerveau étant un organe tellement complexe, on ne comprend plus rien. Toute cette introduction pour discourir du paracétamol ou acétaminophene, l’analgésique le plus populaire et le plus vendu dans le monde.

Le paracétamol agit assez rapidement sur la douleur et son mode d’action est, encore schématiquement, supposé stopper les signaux indiquant une douleur remontant du tronc cérébral vers le cerveau mais après avoir été couplé à de l’acide arachidonique, modification qui le rend plus activement analgésique. Et quand on soulage une douleur, on devient également moins sensible aux émotions négatives. Si cela paraît logique, il n’en est pas de même de l’autre effet du paracétamol qui amenuise également les émotions positives et … la perception du plaisir.

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Difficile à croire et pourtant une étude parue dans le journal Psychological Science tend à prouver que les choses se passent ainsi. Le paracétamol aurait-il donc plusieurs modes d’action, l’un au niveau de la transmission du signal de la douleur et l’autre au niveau du système limbique ? Et comment le prouver ou du moins obtenir quelques indications sur ces mécanismes, tout simplement en effectuant des tests simples sur un nombre de personnes suffisant pour être certain que le résultat final est encourageant pour une recherche plus approfondie.

Le Docteur Geoffrey Durso, un psychologue de l’Université de l’Ohio, a donc demandé à 82 étudiants en bonne santé et ne souffrant d’aucune douleur de prendre 1 gramme de paracétamol pour la moitié d’entre eux et un comprimé ressemblant à celui contenant le paracétamol mais inactif, le placebo. Une heure plus tard, le temps que le paracétamol soit actif sous forme d’ester d’acide arachidonique, le test a consisté à montrer à chaque personne une série de 40 photos choisies pour entrainer de fortes réactions émotionnelles, du genre des photos d’enfants mourant de faim ou au contraire très bien portants et heureux et jouant avec leur petit chat. On a demandé aux étudiants de classer les photos de – 5 pour les plus négatives à + 5 pour les plus positives au niveau émotionnel. Puis on leur a demandé d’examiner à nouveau les photos et de les classer à nouveau de 1 à 10 selon leur niveau émotionnel.

Les membres du groupe ayant reçu du paracétamol ont systématiquement noté comme moins négatives les photos suscitant pourtant une émotion dérangeante et moins positives les photos « joyeuses », en quelque sorte un nivellement des émotions. Il est certain que les différences entre groupe placebo et groupe paracétamol n’étaient pas immenses, loin de là, mais le résultat laisse clairement entrevoir que cette molécule chimique agit également sur le système nerveux central. Autrement dit quand on s’administre de bonnes doses de paracétamol on devient zen et tout vous coule dessus comme de l’eau sur les plumes d’un canard. Avis aux émotifs, mais pas d’excès non plus …

Source : http://pss.sagepub.com/content/early/2015/04/09/0956797615570366.abstract

Encore un autre scandale sanitaire en vue avec les anti-inflammatoires non stéroïdiens ?

Après le Mediator et les problèmes de valvulopathies associées voici le Voltarène (Diclofénac) un anti-inflammatoire non stéroïdien utilisé en comprimés, en suppositoires, en pommades et même sous forme injectable. Ce produit est bien connu pour inhiber un enzyme impliqué dans la sensation de douleur, nommément la cyclo-oxygénase II (COX-II). Pour les curieux, la COX-II intervient dans la synthèse par le rein des prostaglandines dont le thromboxane, un autre intermédiaire de la synthèse des prostaglandines également produit par le rein et jouant un rôle important dans la vasoconstriction et la tension artérielle. Peut-être que l’on se souvient du scandale du Vioxx (Merck) responsable de plus de 30000 morts seulement aux USA, maintenant interdit dans le monde entier mais qui a probablement précipité dans la mort des centaines de milliers de personnes de par le monde car on a fini par reconnaître que le Vioxx favorisait l’apparition d’infarctus du myocarde. Le Diclofénac comme le Vioxx, est aussi un inhibiteur du même enzyme. C’est donc à se demander pourquoi ce produit n’a pas aussi été retiré de la vente. Les fabricants, comme pour les paquets de cigarettes, mettent les malades et les médecins en garde contre les risques encourus par l’administration prolongée de Voltarène pour se dégager de toute responsabilité. L’un des principaux fabricants de Voltarène est la société suisse Novartis qui se lave les mains des effets secondaires mortels du Voltarène puisqu’il est bien précisé dans la notice d’utilisation que ce produit est dangereux pour les personnes présentant des risques cardiovasculaires avérés. Mais qu’en est-il des autres, c’est-à-dire ceux qui n’ont pas (encore) de problèmes cardiaques et qui s’administrent jusqu’à 100 mg par jour pour atténuer une lombalgie que ni le kiné, ni l’ostéopathe n’ont pu atténuer et encore moins l’acuponcteur puisque l’acuponcture a été récemment reconnue comme n’étant pas plus efficace qu’un placebo.

 

Je lis dans un succédané du Vidal en ligne (AINS = antiinflammatoire non stéroïdien) :

« Attention

Tout traitement prolongé ou surdosage d’AINS expose à des effets indésirablesgraves.

Certaines situations doivent conduire à ne poursuivre le traitement qu’après un avis médical :

  • brûlures d’estomac importantes ou selles noires et nauséabondes pouvant traduire une irritation ou un saignement du tube digestif ;

  • éruption cutanée, crise d’asthme ;

  • fatigue inhabituelle et intense, ou baisse brutale et importante du volume des urines chez une personne souffrant d’insuffisance cardiaque, déshydratée ou traitée par diurétique.

Des précautions sont nécessaires chez la personne âgée ou en cas d’antécédent d’ulcère de l’estomac ou du duodénum ou de risque hémorragique, notamment digestif (maladie de Crohnrectocolite hémorragique).

Certains médecins considèrent que les anti-inflammatoires peuvent diminuer l’efficacité des stérilets et exposer à un risque de grossesse non désirée. Ce risque est actuellement très controversé.

Attention : conducteurConducteur : ce médicament peut provoquer parfois des étourdissements et des troubles de la vue. »

(Source : Eurekasanté)

Painkiller increases chance of heart attack, health officials advise
Il n’est fait aucune mention sur les effets secondaires au niveau cardiaque pourtant maintenant officiellement reconnus par la MHRA (Medicines and Healthcare products Regulatory Agency), l’agence britannique du médicament, chez les malades dits « à risque » sauf pour ceux également sous diurétiques, probablement les hypertendus et pour cause, les inhibiteurs de la COX-II réduisent la sécrétion d’urine et augmentent la teneur en urée dans le sang, tout pour plaire … Rien qu’en Grande-Bretagne, il y a eu de la part des médecins 17 millions de prescriptions pour des anti-inflammatoires non stéroïdiens en 2010. La question qu’on peut réellement se poser est de savoir si ces anti-inflammatoires inhibant la COX-II n’induiront pas chez un sujet sain des troubles cardio-vasculaires. Pourquoi le fameux principe de précaution (auquel je n’adhère pas pour d’autres raisons) ne s’appliquerait pas, on peut réellement se poser la question. Peut-être est-on à l’aube d’un nouveau scandale sanitaire mondial comme pour les statines et bien d’autres poisons dont on se gave pour un pet coincé en enrichissant au passage les laboratoires pharmaceutiques.

Source et crédit photo : Guardian