Les femmes simulent souvent (trop souvent) leur plaisir sexuel …

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Une récente étude réalisée auprès de 1683 jeunes couples hétérosexuels a montré clairement deux choses qui ne demandaient d’ailleurs même pas confirmation. D’une part 87 % des hommes atteignent rapidement un orgasme lorsqu’ils font l’amour avec leur partenaire et parmi ces derniers 43 % d’entre eux sont convaincus à tort que leur partenaire a aussi fait l’expérience d’un orgasme éventuellement simultané, on peut toujours rêver … D’autre part seulement 49 % des femmes ont déclaré atteindre un orgasme régulièrement et ont déploré que leur partenaire disposait d’une méconnaissance totale de leur anatomie et ne se concentrait que sur la pénétration qui pour lui n’était que la seule façon pour elles d’atteindre le plaisir (source : Journal of Sexual Medicine, doi : 10.1016/j.sxm.2018.05.018). L’étude a suggéré que les couples devaient mieux communiquer pour améliorer la qualité de leur relation sexuelle. On ne pouvait pas conclure autrement.

Une autre étude à ce sujet a été réalisée en 2014 auprès de 481 étudiantes d’une grande université de Pennsylvanie recrutées par des professeurs de la faculté de psychologie sur le campus. Ces étudiantes, hétérosexuelles, devaient satisfaire deux critères : avoir des relations sexuelles régulières mais aussi avoir été confrontées à plusieurs occasions à simuler un orgasme avec leur partenaire. Le but de cette étude était de classer les motivations des femmes les conduisant à ce type de comportement. Elles devaient classer la qualité de leurs relations sexuelles en termes de satisfaction sur une échelle de 1 à 5, c’est-à-dire de « jamais » à « toujours », qu’il s’agisse d’une relation dite normale ou de sexe dit « oral ». Diverses techniques d’analyse statistique sans paramètres de classement préalables ont permis d’éliciter quelques critères par ordre d’importance, qu’il s’agisse de sexe avec pénétration ou de sexe oral, expliquant les raisons pour lesquelles les femmes simulaient dans plus de 50 % des cas un orgasme satisfaisant.

Dans le cas d’une relation avec pénétration il s’agissait pour ce type de comportement de simulation et par ordre décroissant d’importance de tricherie altruiste, de peur de l’insécurité, de stimuler le désir de son partenaire et enfin de ne pas risquer une prochaine relation décevante. Dans le cas de la relation sexuelle orale, à peu près les mêmes critères étaient retrouvés avec en supplément la peur de révéler l’incapacité de leur partenaire à favoriser leur orgasme. Ces simulations avaient donc pour unique but d’éviter d’ouvrir un débat sur la méconnaissance de leurs partenaire masculin au sujet de leur anatomie, situation qui aurait pu mettre à mal leur relation amoureuse.

Il ressort de ces études que la majorité des hommes, du moins aux USA, ont une totale méconnaissance de l’anatomie féminine. Nombre d’entre eux ignorent l’existence du clitoris ou s’ils en ont entendu parler quelle est sa localisation précise. Selon le Docteur Kate Moyle, analyste de la psychosexualité, il est préférable que les couples parlent de leur pratique sexuelle non pas quand ils sont pris par cette problématique mais à tête reposée car la simulation systématique de la satisfaction sexuelle finit tôt ou tard par une destruction du couple, toute communication devenant progressivement impossible (source : Archives of Sexual Behavior, doi : 10.1007/s10508-013-0212-z). Inspiré d’un article paru sur The Guardian. Je signale à mes lectrices qu’il existe un compte Instagram intitulé « T’a joui ? » mis en place par la journaliste parisienne Dora Moutot faisant l’éloge du plaisir sexuel féminin.