La discrimination par les nouvelles technologies

Quand mon fils résidant dans un quartier résidentiel de Tokyo loue une voiture quand il en a besoin c’est très simple. Il se rend dans un parking où se trouvent des voitures de location. Il a réservé auparavant son véhicule avec son smartphone. Dans le parking il décline son identité avec son smartphone puis il déverrouille la voiture avec son smartphone. Je crois qu’il utilise la clé de contact pour démarrer le moteur et il s’en va. Il peut déposer plus tard le véhicule dans n’importe quel autre parking, l’application de son smartphone les lui indique, il paie avec son smartphone, verrouille la voiture et rentre chez lui. Sur la borne se trouvant dans le parking il y a quelques textes d’indications variées qu’il ne comprend pas, la qualité de son japonais lu et écrit a atteint asymptotiquement une limite inférieure à 100 %, il scanne le texte avec son smartphone et il obtient sur l’écran la traduction de ce texte. Sans smartphone mon fils serait complètement perdu car cet objet devenu banal est devenu au fil des années un extraordinaire outil améliorant la vie quotidienne.

Son vieux père, votre serviteur, possède aussi un smartphone. Je ne suis pas du tout un fanatique de cet objet, je m’en sers d’ailleurs rarement mais il m’arrive de réaliser que je suis complètement handicapé en raison de cette incapacité pathologique que j’éprouve à l’utiliser. Et pour illustrer le titre de ce billet je n’ai trouvé rien de mieux que de relater quelques circonstances qui m’ont marginalisé, je devrais plutôt dire que je me suis senti victime de discrimination. Il y a quelques semaines j’ai envisagé d’acheter des yens avant que l’euro chute sur les marchés (ce qui ne saurait tarder). Je me suis donc rendu à la banque et j’ai fait le nécessaire pour faire cet achat. Le préposé, il n’y en a presque plus, m’a demandé de me connecter à mon compte avec mon téléphone, je lui ai répondu que je n’avais pas cet objet sur moi. Il parut étonné. Il me demanda alors si je me souvenais de mes mots de passe pour que je puisse me connecter sur sa tablette. Les employés de banque vous reçoivent et n’ont pas d’autre outil de travail qu’une tablette posée sur une petite table dans une sorte de hall où il y a plus de chaises pour attendre que de tables avec des employés pas toujours aimables. J’ai répondu que ces mots de passe étaient inscrits sur un carnet chez moi. Il me dit alors de me connecter chez moi, de télécharger l’application de la banque sur mon téléphone et de signer avec mon téléphone l’accord qui serait notifié dans les 48 heures. Je n’ai pas réussi à télécharger cette application disponible sur Apple-store et j’ai tout abandonné.

Lorsque les distributeurs de billets seront fermés puisque les banques préparent les paiements dans les magasins soit avec une carte de crédit soit avec un téléphone, alors je serai marginalisé. Dans cette même veine, presque chaque jour la caissière du supermarché où je vais habituellement faire mes petits achats me demande si je veux télécharger l’application pour payer mes achats avec mon téléphone. Je réponds toujours que je ne suis pas intéressé. Dans les autobus et le tramway, ici à Tenerife, on peut payer avec son téléphone en scannant le QR-code affiché un peu partout. Avec les bus il faut faire ce geste quand on monte dans le véhicule et quand on en descend pour ne payer que le trajet emprunté. Pour attirer le chaland le prix est moins élevé que si on paie avec une carte contact dédiée et rechargeable dans des machines situées dans certains arrêts de bus et dans toutes les stations du tramway. Dans cette organisation il est évident que les compagnies fournisseuses d’accès à internet perçoivent une commission. On prépare donc les populations à ne plus utiliser de « cash ». Où tout cela va-t-il mener les réfractaires comme votre serviteur ? Les compagnies d’accès à internet, les banques et les gouvernements sont complices.

Voici un autre exemple, caricatural celui-là, compliqué par la présence du coronavirus comme on le sait sur toutes les mains, toutes les poignées de porte et toutes les tables des terrasses des bars. Je dois prendre un avion pour me rendre à Barcelone la semaine prochaine et en tant que résident dans l’archipel des Canaries je bénéficie d’un tarif exceptionnellement bas. Il est nécessaire à l’aéroport de présenter un certificat de résident datant de moins de 6 mois. Or pour obtenir un rendez-vous il faut disposer sur son téléphone portable de l’application dédiée à la gestion des communes de l’île de Tenerife, sélectionner la commune de résidence et entrer le numéro d’identification personnel pour obtenir le document désiré que l’on pourra montrer à l’aéroport ou pour embarquer sur un bateau inter-îles. À un détail près, il faut avoir accès à un code pour chaque commune, or ce code ne peut être obtenu que sur rendez-vous. Allez comprendre, pas pour moi …

Un dernier exemple croustillant comme une côtelette d’agneau. Il y a quelques jours je me suis rendu dans un restaurant, l’un des meilleurs du centre-ville de Santa Cruz. Je demande la carte. La serveuse me montre un petit cube de bois surmonté d’une petite pince emprisonnant un QR-code. Je lui demande de quoi il s’agit. Elle me répond que c’est le menu et la carte. Il faut que je scanne ce QR-code pour retrouver le menu et la carte sur mon téléphone portable. Je lui ai demandé d’appeler à l’aide mon seul ami français dans la ville qui est chef de cuisine dans ce restaurant. J’ai eu exceptionnellement dans mon assiette des côtelettes d’agneau et un verre de vin rouge sans être obligé d’utiliser mon téléphone. Bientôt on ne pourra même plus se restaurer si ce genre de pratique se répand !

Je considère donc à juste titre que la généralisation dans la société des technologies informatiques dont le téléphone portable et toutes les applications variées, téléphone qui n’est qu’un terminal que l’on tient dans la main, va marginaliser ceux qui ne comprennent rien, une discrimination insupportable. Je suis convaincu que de nombreuses personnes de mon âge n’utilisent que très rarement leur téléphone cellulaire et que beaucoup n’en ont même pas. Il ne reste donc plus aux vieux qu’à disparaître car ils deviennent inutiles, indésirables, s’ils ne s’intègrent pas à la modernité. De plus ils coûtent un « pognon de dingue à la société » …

Nouvelles du Japon et d’ailleurs

Capture d’écran 2016-03-08 à 11.32.56.png

À l’occasion de la journée internationale des droits de la femme il m’a paru croustillant de faire part à mes lecteurs de ces dépêches d’agence.

Les Japonaises divorcées attendront 100 jours avant de se remarier

A moins de prouver qu’elle n’est pas enceinte de son ex-époux, une femme japonaise devra attendre cent jours avant de se remarier après un divorce, selon un projet de loi approuvé mardi par le gouvernement. Ce projet est jugé insuffisant par un comité de l’ONU.

Le gouvernement conservateur de Shinzo Abe se met ainsi en conformité, en cette Journée internationale des droits des femmes, avec un avis rendu en décembre par la Cour Suprême du Japon, qui estimait que la durée précédente de six mois était excessive et devait être réduite à 100 jours.

Cette révision, qui doit encore être soumise à l’accord du Parlement, permettrait néanmoins à une femme de se remarier immédiatement si elle a une preuve médicale d’absence de grossesse ou, dans le cas contraire, si elle peut prouver que la conception a eu lieu après le divorce.

Un tel changement du code civil, qui date de 1898, n’est pas suffisant, a estimé dans un rapport publié lundi à Genève le Comité de l’ONU pour l’élimination de la discrimination à l’égard des femmes. « Le code civil continue d’interdire aux seules femmes de se remarier pendant une période précise suivant un divorce », souligne le rapport.

Partage du même nom

Certains pays occidentaux avaient encore récemment des lois similaires. La France, par exemple, a aboli par une loi adoptée en 2004 l’interdiction pour une femme de se remarier pendant 300 jours après un divorce.

Le comité de l’ONU condamne par ailleurs une loi japonaise qui oblige les couples mariés à partager le même nom, estimant qu’elle est discriminatoire à l’égard des femmes car, « en pratique, ce sont souvent elles qui sont poussées à adopter le nom de leur mari » (96% des femmes changent de nom pour celui de leur époux).

Le 16 décembre, la Cour suprême du Japon avait maintenu ce principe datant du 19e siècle. La loi sur les noms renvoie à l’ancienne organisation féodale de la famille au Japon, par laquelle femmes et enfants étaient sous l’entier contrôle du chef de famille.

Cependant, en vertu d’une pratique traditionnelle destinée à maintenir un patronyme en l’absence d’héritier mâle dans la famille de l’épouse, certains hommes au Japon adoptent le nom de leur femme.

Source : ats / 08.03.2016 11h36 Illustration binjin-ga (Utamaro,1793)

À l’occasion de cette même journée internationale, faut-il octroyer aux femmes le droit de tromper leur époux quand elles sont en pleine ovulation au point de mettre au monde des jumeaux de pères différents ? C’est ce qu’a découvert un Vietnamien très convenable qui s’étonnait que l’un des jumeaux venus au monde deux ans plus tôt n’avait pas du tout « un air de famille ». Il demanda à l’association de génétique du Vietnam de procéder à un test ADN sur les deux enfants et ce test révéla qu’il avait bien été cocufié par son épouse : l’un des enfants n’était pas le fruit de ses oeuvres …

Source : ats / 08.03.2016 15h10