À quel âge se marie-t-on dans le monde ?

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C’est une intéressante étude de Statista riche en renseignements qui montre sans ambiguïté que le développement économique a pour premier effet démographique un recul de l’âge du mariage et par voie de conséquence une chute du taux de natalité. Dans les pays développés la différence d’âge entre femmes et hommes lors du mariage diminue avec le niveau de développement et de richesse. Si l’âge des hommes est systématiquement plus avancé que celui des femmes (lors du mariage) le cas de l’Irlande est emblématique. La différence d’âge hommes/femmes tend à disparaître et dans les 4 pays européens analysés à partir de données disponibles auprès des Nations-Unies (UNFPA, fund for populations activity) et de l’OCDE l’âge du mariage a fortement reculé, l’Italie étant le pays où les hommes se marient le plus tard dans le monde.

Si dans certains pays développés la différence d’âge femmes/hommes reste élevée, il s’agit d’un reste culturel de mariages « arrangés » et ce sont des exceptions. Les jeunes filles du Malawi se marient en moyenne à l’âge de 20 ans comme en Guyana (illustration), un pays qui est une exception dans la zone caraïbe. Ce fait pourrait expliquer le fort taux de mortalité des jeunes femmes lors du premier accouchement. Et pourtant dans ce même pays 40 % des femmes utilisent un moyen de contraception. Il reste que dans cette zone de la Caraïbe les jeunes filles représentent un capital pour les familles : elles sont promises et « négociées » contre de la monnaie sonnante et trébuchante, selon l’expression bien connue, dès qu’elles sont nubiles.

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Deux remarques pour compléter ce tableau. Dans les pays de confession majoritairement musulmane la différence d’âge entre hommes et femmes est toujours prononcée car ces dernières représentent aussi un capital et les mariages sont majoritairement arrangés par les familles (Sénégal, Jordanie, Nigeria et Ethiopie. Le cas de l’âge des Japonaises (29,4 ans) relève d’une coutume curieuse : au delà de 30 ans les femmes ne sont plus « mariables ». J’ignore l’origine de cette curiosité …

Source et illustrations : Statista (satista.com) et jeunes collégiennes de Guyana : Guyana Times via Statista.

La démographie : une affaire de développement économique …

En 1977, il y a donc 40 ans, mon patron au UCLA-Health-Science-Center avait coutume de dire que deux inventions de l’homme le perdront : les engrais azotés et les antibiotiques. En 1977 la population mondiale était estimée à 4,2 milliards de personnes dont 2,5 milliards se trouvaient en Asie alors qu’en 1950 le monde comptait 2,6 milliards d’habitants dont la moitié se trouvait en Asie. Aujourd’hui, selon les Nations-Unies, il y a 7,55 milliards de « bipèdes » sur la planète Terre. Les engrais azotés, mais pas seulement, ont grandement favorisé l’accroissement des rendements agricoles et par voie de conséquence naturelle, comme ce fut le cas par exemple lors de l’optimum climatique médiéval durant lequel la nourriture était abondante, la population s’est accrue considérablement. Ajoutées aux engrais produits en masse les techniques agricoles se sont grandement améliorées avec la mécanisation, l’amélioration des semences puis enfin les plantes génétiquement modifiées ou sélectionnées dans le but d’améliorer leurs qualités nutritives.

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Si comme me l’exposait le Professeur Emil L. Smith avec un peu de malice les progrès de la science et en particulier de la biologie ont conjointement allongé l’espérance de vie avec l’apparition d’un nombre grandissant d’antibiotiques alors la population a explosé en 40 ans. Les projections onusiennes auxquelles on n’est pas obligé de croire (pour ma part je n’y crois pas) tablent sur une population mondiale de 9,77 milliards en 2050 et de 11,1 milliards en 2100. Il est tout de même intéressant et important de noter qu’entre 1965 et 2010 les taux de natalité ont chuté dans de nombreux pays essentiellement en raison des progrès civilisationnels. Seuls les pays de l’Afrique sub-sahélienne accusent toujours des taux de natalité supérieurs à 4 enfants par femme en âge de procréer. Tous ces pays sont classés dans la catégorie « en voie de développement ». Il reste donc un devoir pour les pays développés : aider ces pays africains à atteindre un degré de développement dont la conséquence première sera une chute du taux de natalité.

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Dès lors les projections de l’ONU deviendront caduques et la population se stabilisera aux alentours de 8-9 milliards d’individus … Et pourrait diminuer brutalement si une pandémie incontrôlable survenait comme ce fut le cas avec la peste au XVIIe siècle ou la grippe « espagnole » en 1919 qui tua autant de personnes que la « Grande Guerre » sinon plus. La résistance aux antibiotiques, ce progrès social à double tranchant dont parlait Emil, pourrait parfaitement favoriser des épidémies ravageuses en particulier dans des pays surpeuplés comme la Chine, l’Inde ou encore le Nigeria mais aussi les Pays-Bas, plus près de nous Européens. Une autre éventualité pourrait être l’apparition de nouveaux virus mortels entièrement fabriqués en laboratoire. Pour la modique somme de 100000 dollars il est en effet abordable pour n’importe quel biologiste fou de transformer un virus, anodin par ailleurs, en un monstre tueur qui obligera les cellules qu’il infecte à fabriquer une toxine létale. Les machines automatiques de synthèse de brins d’ADN (ou d’ARN) et l’outil CRISPR-cas9 peuvent être utilisées comme des outils d’horreur, un scénario qui aurait fait le régal d’un docteur Frankenstein !

Sources : The Economist, World Economic Forum et aussi : http://www.OurWorldinData.org/data/population-growth-vital-statistics/fertility-rates et World Bank