Actualité : un remake de l’incident du Golfe du Tonkin ?

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Les deux navires transportant du pétrole pour l’un et en partie du méthanol pour l’autre, l’un à destination du Japon et l’autre de la Corée, ayant heurté des mines magnétiques semblent être un grossier remake de l’incident du Golfe du Tonkin qui fut l’évènement prétexte pour l’entrée en guerre des USA au Vietnam. Il s’agissait d’une « fake news, un coup monté par la CIA. Est-ce le cadeau empoisonné que laisse John Bolton viré par Donald Trump ? On le saura dans 50 ans …

Curieusement le Premier Ministre Japonais Shinzo Abe se trouvait à Téhéran en visite officielle au moment de l’évènement qui fait trembler la planète entière. Peut-être que cette visite n’a pas plu aux stratèges de Washington, selon l’adage « tout pays ami de l’Iran est un ennemi des Etats-Unis ». Un nouveau « faux drapeau » ? Si la CIA ou le Pentagone sont les instigateurs de ce « coup » il en va de la survie de l’humanité toute entière … Et pourtant Donald Trump venait de proposer à l’Iran des discussions sans conditions préalables, comprenne qui pourra.

Rapprochement inattendu.

 

Je ne suis pas un expert en géopolitique surtout quand la situation est tellement globale qu’il est souvent difficile de faire des rapprochements évidents, et pourtant …

Prenons par exemple la nouvelle situation énergétique des USA qui exploitent les gaz et huiles de schiste par « fracking » tellement rapidement et efficacement qu’ils sont devenus indépendants des énormes importations d’hydrocarbures auxquelles ils devaient se soumettre pour étancher leur soif énergétique. Les USA sont maintenant pratiquement indépendants des pays de l’OPEP et cette nouvelle situation va durer suffisamment longtemps pour que l’ensemble de la donne géopolitique actuelle soit profondément modifiée. D’abord, les Américains vont se désengager du contrôle stratégique du détroit d’Ormuz, ça leur coûte cher et ils n’ont plus vraiment besoin d’y stationner deux ou trois porte-avions avec toute la flotte afférente, restrictions budgétaires obligent. Qui se sentira concerné ? En premier lieu la Chine qui n’a pas les moyens logistiques pour prendre la relève des USA dans cette région mais qui compte quelques alliés comme la Syrie dont on connait la dangereuse déliquescence en cours. L’Iran, peut-être, mais peut-on faire confiance à ce pays (totalitaire) isolé diplomatiquement et en pleine crise économique et sociale qui va inévitablement se terminer par des troubles profonds lors de toutes prochaines élections (j’en ai dit un mot lors d’un précédent billet). Or la Chine a besoin du pétrole du Moyen-Orient et ne peut pas se permettre de voir son approvisionnement brutalement stoppé par une fermeture inopinée du détroit d’Ormuz sur un coup de sang du gouvernement iranien. Le désengagement américain dans la région nuira donc d’abord à la Chine et l’ensemble de la stratégie s’en trouvera modifiée. Alors, pourquoi la Chine se frotte au Japon au sujet des îles Senkaku, tout simplement pour assurer son approvisionnement en hydrocarbures au cas où il y ait quelques millions ou milliards de barils exploitables sur le plateau continental appartenant au Japon par le fait que ces îlots habités de quelques chêvres rendent officiellement propriétaire le Japon de cette zone sous-marine où la présence d’hydrocarbures n’est encore qu’hypothétique. Voilà, selon mon humble analyse, pourquoi les Chinois s’énervent à propos de ces îlots justement au moment où les Américains ont atteint leur indépendance énergétique. Comme quoi des forages dans l’Arkansas et le Montana peuvent influer sur la politique mondiale … A n’en point douter cette nouvelle donne énergétique globale va avoir de nombreuses répercussions, même en Europe, quand les gouvernements des divers pays de l’Union européenne reconsidéreront le fait qu’ils sont assis sur des centaines de milliards de mètre-cube de gaz et qu’ils continuent en silence à se faire étriller par la Russie et les pays de l’OPEP. On assiste donc au début d’une nouvelle ère géopolitique. Sachant par exemple que 60 % du déficit commercial de la France est dû à l’importation de pétrole et de gaz, à n’en pas douter un instant, le gouvernement français reconsidérera sa position au sujet du « fracking » et dans des délais plus courts qu’on ne le pense.