Chronique japonaise (fin)

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Dans un communiqué de presse de l’Université de Zürich qui date déjà d’une dizaine de jours et dont j’ai retrouvé la trace en faisant l’expérience d’émotions négatives en quittant mes petits-enfants hier à Tokyo, pour être plus précis hier avec 8 heures de décalage horaire à ajouter, ça fait beaucoup malgré le fait que le voyage en avion vers l’ouest avale cette différence, il s’agit d’une étude sur les effets psychotropes de la psilocybine, la matière active du champignon magique mexicain qu’on peut trouver dans son jardin en banlieue parisienne, mais bon, il ne faut pas le dire, la brigade des stups pourrait intervenir … Quand une émotion est traitée de manière négative par le cerveau on ne se rend pas compte qu’on peut se trouver sur la pente descendante et savonneuse de la dépression. C’est vrai ! J’ai déprimé pendant tout mon voyage de retour en pensant avec un désespoir incontrôlable que je n’allais plus voir ma petite-fille ni mon petit-fils pendant quelques mois. Dans les vols long courrier on devrait proposer des infusions de psilocybes pour les voyageurs déprimés !

La psilocybine dont j’ai déjà parlé dans un billet de ce présent blog (voir le lien) semble intervenir dans la manière dont le cerveau appréhende les situations d’émotion. Même d’infimes quantités de cette substance agissent sur la région particulière du cerveau appelée l’amygdale au milieu du système limbique en atténuant la réponse cérébrale qui conduit justement à l’anxiété et finalement à la dépression dont beaucoup de Français souffrent puisqu’ils sont les plus gros consommateurs de ces poisons qu’on nomme les anti-dépresseurs, remboursés par l’assurance sociale, cela va de soi. Les médecins de l’Hôpital Universitaire de Zürich ont démontré que la psilocybine stimule les récepteurs de la sérotonine et donc stimule la « bonne humeur » en modifiant favorablement le système sérotoninergique limbique. Ces noms barbares décrivent seulement où les choses se passent dans le cerveau car elles ont été vérifiées par imagerie fonctionnelle en résonance magnétique nucléaire basée sur le suivi de l’oxygénation du sang. Vingt-cinq volontaires se sont prêté à l’expérience consistant à injecter 0,16 mg par kilo de masse corporelle, de quoi voir des éléphants roses plutôt que des tyrannosaures verdâtres ! Même en incluant un protocole strict de quantification de l’humeur des doses pareilles étaient très facilement différenciables de l’effet placebo. Résultat concluant à n’en pas douter, la psilocybine atténue la réponse de l’amygdale aux émotions négatives et amplifie la bonne humeur de manière incontestable.

La bonne nouvelle est que les psilocybes peuvent facilement être cultivés chez soi dans une jardinière de compost, la matière active (voir l’illustration) est une substance naturelle et se faire une ou deux petites infusions de champignons remplace avantageusement les anti-dépresseurs qui présentent de sérieux effets secondaires. Reste à savoir si les laboratoires pharmaceutiques ne feront pas pression sur les politiciens pour classer ces petits champignons parmi les substances hallucinogènes.

Source : UZH News

Lien : https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/03/24/la-psilocybine-et-les-jeux-de-cartes/ 

Narcolepsie, bonheur et hypocretine …

J’ai un souvenir très présent d’un oncle qui souffrait de narcolepsie. Si le repas trainait en longueur il lui arrivait de s’endormir entre deux plats et pour ne pas sombrer dans une somnolence durable, il devait s’obliger en permanence à occuper ses doigts, sa pensée, parler, marcher, jouer au tennis ou aller tailler ses rosiers, que sais-je encore, mais il était handicapé parce qu’il ne pouvait pas conduire une voiture de peur de s’endormir brutalement. Jeune enfant, l’état de mon oncle m’impressionnait parce que, moi-même, j’avais de la peine à trouver le sommeil, toujours poursuivi par des angoisses variées alimentées par le moindre bruit extérieur puisque nous avions dans la famille l’habitude de dormir la fenêtre ouverte, en pleine campagne. Et dans le silence de la nuit, la campagne frémit de toutes sortes de bruissements étranges pour un enfant qui cherche le sommeil.

Au début des années 2000 une cause putative de la narcolepsie fut avancée quand on découvrit que les patients souffrant de cette infirmité neurologique avaient dans leur cerveau à peine 5 % de la quantité attendue de cellules nerveuses sécrétant l’hormone appelée hypocretine ou encore orexine dans l’hypothalamus, cette région du cerveau extrêmement complexe située entre la base du cerveau et l’hypophyse et siège de nombreuses sécrétions hormonales dont les fonctions sont précisément ciblées pour réguler un grand nombre de processus biologiques fondamentaux comme par exemple la régulation de la production d’hormone de croissance et d’autres hormones hypophysaires mais aussi d’autres peptides ayant un effet sur le système nerveux central ou l’ensemble du corps. Ces hormones généralement de nature peptidique (comme l’hormone de croissance ou l’insuline) sont le plus souvent sécrétées par un petit nombre de neurones hypothalamiques et la régulation de leur excrétion est elle-même sous le contrôle d’autres facteurs, ce qui rend l’hypothalamus d’une complexité encore plus incroyable que la complexité du reste du cerveau. Le Docteur Jerome Siegel découvreur de la relation entre l’hypocretine et la narcolepsie vient de mettre en évidence une relation directe entre ce peptide cérébral et ce qu’on pourrait appeler le « bonheur », mais oui, le bonheur ! Et cette découverte va en faire rêver plus d’un par ces temps de morosité, dans une France, fille aînée de l’Eglise mais d’une Eglise sans pape, aux mains de mécréants socialistes dirigistes, écologistes, marxistes et gauchistes, tous des mots qui riment avec antéchrist, il y a de quoi être triste (j’abuse dans la rime) et dépressif (je n’ai pas trouvé de rime) !!!

Le docteur Siegel du Centre de Recherche sur le Sommeil de UCLA a fait cette découverte assez exceptionnelle dans ses retombées potentielles tant pour soigner certaines formes de dépressions que pour donner de la bonne humeur ou accroitre la vigilence. Il a fait cette découverte en soignant huit malades souffrant d’épilepsie incurable dans son service de psychiatrie du Ronald Reagan UCLA Medical Center. Il a implanté dans le cerveau de ces malades, avec leur consentement, de fines électrodes et des capillaires microscopiques pour d’abord tenter de soigner leur épilepsie, mais qu’il a utilisé aussi pour mesurer en continu, à l’aide de dispositifs expérimentaux de microdialyse connectés à ces capillaires aussi fins qu’un cheveu, la teneur en hypocretine lorsque les patients regardaient la télévision, discutaient avec les infirmières ou leur famille, prenaient leur repas ou faisaient une sieste. Ces mêmes malades notaient aussi en quelques mots s’ils étaient ou non de bonne humeur, en quelque sorte comment ils se sentaient, chaque heure, pendant le temps que durait l’analyse d’hypocretine, au cours des périodes d’éveil. L’équipe du Docteur Siegel a découvert que les taux d’hypocretine n’étaient pas liées à l’éveil en général mais atteignaient un maximum au réveil, au cours d’émotions, de colère ou d’interactions sociales normales. En quelque sorte l’hypocretine serait « le peptide de la bonne humeur ». D’après le Docteur Siegel, trouver des analogues ou des inhibiteurs de cette hormone peptidique cérébrale pourrait permettre de soigner de nombreuses affections neurologiques. Au cours de cette expérimentation l’équipe de neurobiologistes a aussi découvert un autre peptide appellé MCH (melanine concentrating hormone) qui est sécrété pendant le sommeil et dont la sécrétion chute au moment du réveil. Là aussi il y a des applications futures intéressantes pour traiter les désordres du sommeil.

Source : http://newsroom.ucla.edu/portal/ucla/peptide-a-key-to-happiness-244002.aspx

Note : l’hypocretine est un peptide (ou petite protéine) se présentant sous deux formes de respectivement 29 et 39 amino-acides et présentant des analogies avec la sécrétine, une hormone peptidique d’origine intestinale qui régule les sécrétions gastrique et pancréatique ainsi que l’homéostase de l’eau (activité rénale). Il est intéressant de noter que la sécrétine est la première hormone en tant que telle identifiée et appelée « hormone » par les Anglais Bayliss et Starling en 1902 mais encore aujourd’hui, son mode d’action n’est pas totalement élucidé.