Politique française : et la déontologie ?

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J’ignorais qu’il existait à l’Assemblée Nationale française un déontologue, Monsieur Ferdinand Mélin-Soucramanien qui a été promu membre de la Commission très officielle de modernisation de l’action publique par Madame Taubira en 2013 et membre également de la Commission de rénovation et de déontologie de la vie publique, nommé en 2012 par Le Président de la République, Chevalier de la Légion d’Honneur et également Commandeur de l’ordre national du Bénin entre autres distinctions purement honorifiques. Cependant, étant également Chevalier de l’ordre national du mérite, ce monsieur n’a pas vraiment donné de la voix quand l’affaire Fillon a pris de l’ampleur au début de cette année 2017, en tous les cas il n’en a pas eu le mérite.

Interrogé par Ouest-France, ce Monsieur a répondu au sujet de cette affaire Fillon qu’il n’avait rien à dire. Lors d’une réunion récente de la francophonie à Saigon, pilotée par le Québec il était justement question de déontologie dans les divers parlements des pays francophones, tous les participants ont cherché Monsieur Mélin-Soucramanien, il n’avait pas daigné faire le voyage et son assistante (parlementaire ?) était en rendez-vous avec l’Ambassadeur de France au Viet-Nam … tiens, tiens ?

Ce genre de nouvelle qui est passée largement inaperçue dans tous les médias français sans exception prouve, s’il fallait encore apporter d’autres arguments, que cette « affaire Fillon » est bien pilotée depuis le château : silence Monsieur Mélin-Soucramanien !

Le député québécois a déclaré lors de cette réunion, je cite : « À quoi sert le déontologue en chef d’un parlement s’il ne dit rien sur un scandale planétaire ? » Pour résumer la France est prise en flagrant délit de faute morale, le monde entier en débat mais sans elle. La déontologie au Parlement français ? Circulez, il n’y a rien à voir … Tout est dit !

Source et illustration : Le Temps (Genève)

Édition de gènes humains : il était temps de statuer.

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Une réunion d’une importance extrême pour l’humanité toute entière se tient en ce moment à Washington depuis le premier décembre et pour seulement trois jours. Cette assemblée a été organisée presque dans l’urgence par les Académies des Sciences de Chine, de Grande-Bretagne et des USA et l’Académie de Médecine américaine. Des observateurs et intervenants ont été naturellement conviés à ce sommet international qui concerne l’édition des gènes humains, l’International Summit on Human Gene Editing (lien : nam.edu).

Mes lecteurs commencent à être des familiers de l’édition de gènes à l’aide de l’outil CRISPR-cas9 et c’est justement en raison de l’utilisation de cet outil d’édition génique que cette réunion a été organisée dans l’urgence. La dernière fois que des scientifiques de haut niveau se sont réunis sur ce thême c’était en … 1975 quand apparurent les premiers enzymes de restriction appelés aussi endonucléases n’agissant qu’en des points précis ( https://en.wikipedia.org/wiki/Restriction_enzyme ) et qu’il devenait clair qu’on allait pouvoir un jour ou l’autre insérer ou retirer un gène du patrimoine génétique d’un organisme. Tout alla ensuite très vite puisque dans le domaine végétal apparurent les premières plantes génétiquement modifiées et dans le domaine bio-médical la première insuline humaine obtenue par transgenèse put être produite et commercialisée. La tache était ardue, coûteuse et hasardeuse car on ne maitrisait pas les insertions de gènes étrangers dans un organisme.

Depuis le début des années 80 l’évolution de la biologie moléculaire a été tellement spectaculaire qu’on peut parler d’une révolution technologique majeure au même titre que l’invention de l’électricité ou que le développement du nucléaire civil. Tous les domaines de la vie courante sont maintenant concernés par la biologie moléculaire, depuis l’industrie agroalimentaire, la production de lessives, l’industrie textile, la chimie, la production de médicaments de nouvelle génération, de vaccins, d’hormones, bref, la biologie moléculaire a envahi notre société à tous les niveaux et on ne peut plus s’en passer.

L’arrivée du CRISPR dans ce domaine a rendu urgente la mise en place de régulations. Je rappelle à mes lecteurs les billets des 22 février et 12 août 2015 de ce blog et il faut reconnaître également que le succès immense du CRISPR est en grande partie dû aux travaux d’une biologiste française expatriée, le Docteur Emmanuelle Charpentier.

L’objet de cette réunion de Washington est de définir les limites à ne pas franchir dans les manipulations génétiques car tout est en place maintenant pour réaliser de l’eugénisme au niveau moléculaire sur des embryons humains, en effet la boite de Pandore est entre-ouverte et il y a danger. Ce danger se concrétise déjà avec l’émergence d’une multitude de petites sociétés de biologie qu’on appelle en anglais des bio-hackers. Pour l’instant ces « chercheurs » d’un nouveau genre, en marge des laboratoires universitaires, s’amusent à fabriquer des plantes luminescentes ou des bactéries qui fabriquent de la caséine afin de fabriquer du lait totalement synthétique mais ils peuvent tout aussi bien « s’amuser » avec des embryons de souris ou pourquoi pas des embryons humains. La manipulation d’embryons d’animaux de laboratoire est devenue courante, pour ne pas dire banale, pour établir des lignées de souris qui aident par exemple à la compréhension des mécanismes de la maladie d’Alzheimer. La technologie est exactement la même pour les embryons humains. Contrôler les laboratoires de recherche universitaires ou de grandes firmes privées reste encore dans le domaine du possible mais les bio-hackers officiant dans leur garage sur des embryons humains susceptibles d’être viables et pouvant être réimplantés dans un utérus en accord avec un client prêt à payer pour une modification génétique sur son futur enfant, pour qu’il ait les yeux bleus, pourquoi pas, n’est plus du domaine de la science-fiction.

Il était donc urgent de définir des règles applicables à tous. Espérons que cette réunion aboutira rapidement à un résultat législatif incontournable car il en va de l’avenir de l’humanité.

Certes, l’utilisation du CRISPR dont le mécanisme ressemble un peu à la fonction « chercher-remplacer » d’un éditeur de texte (voir l’article du 29 novembre 2015 sur ce blog) peut maîtriser des maladies génétiques handicapantes comme la thalassémie mais la même technique peut aussi créer des monstres. Le premier enfant traité par thérapie génique avec succès est une petite fille souffrant de leucémie aigüe lymphoblastique qui fut traitée avec des cellules souches de moelle génétiquement modifiées pour résister à l’alemtuzumab (voir la note et le lien) en guise de greffe de moelle osseuse. Jennifer Doudna et Emmanuelle Charpentier ont demandé que soit appliqué dans un premier temps un moratoire sur l’utilisation du CRISPR à des fins thérapeutiques en médecine humaine afin d’organiser la législation à l’échelle mondiale car le CRISPR, c’est pour le meilleur mais aussi pour le pire …

Note : L’alemtuzumab ( https://en.wikipedia.org/wiki/Alemtuzumab ) est un anticorps monoclonal recombinant dirigé contre les lymphocytes matures et est utilisé dans le traitement de certains types de leucémies et de lymphomes. Ce produit est commercialisé par Sanofi. Il s’agit d’un médicament dit de « nouvelle génération ».

Sources : The Guardian, Wired, etc. Illustration : plante génétiquement modifiée pour être luminescente, une sorte de vers luisant végétal qui provoqua la fureur des milieux écologistes (crédit AAAS).

Les climatologues s’illustrent encore dans la précision au millionième près …

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Je tiens depuis plus de trois ans un blog à tendance scientifique. Ce blog est gratuit. Je n’ai jamais sollicité mes lecteurs, environ un millier chaque jour, pour une quelconque aide financière comme se le permettent bon nombre de blogueurs de par le monde. Compte tenu de cette indépendance financière je suis également libre, entièrement libre, de faire part de mes opinions même si ces dernière sont dérangeantes. La grande majorité de mes billets fait référence à une ou plusieurs sources d’information, aussi souvent que possible des articles scientifiques parus dans des revues à comité de lecture. Cependant, il ne faut pas se leurrer quant à l’honnêteté de ces comité de lecture parfois orientés idéologiquement. C’est le cas de la revue hebdomadaire scientifique Nature dont je dénonce régulièrement le parti-pris en particulier dans le domaine «climatique ». C’est d’ailleurs indigne d’un périodique d’une telle renommée internationale que de se positionner en faisant l’apologie de la science climatique prospective telle qu’on l’observe aujourd’hui.

Pour se faire une opinion aussi impartiale et objective que possible, il est nécessaire de pouvoir procéder à des recoupements. En politique ou en économie, il suffit le plus souvent d’aller musarder sur des sites alternatifs d’information mais dans les domaines scientifiques, il y a de nombreux obstacles à franchir. La plupart des revues scientifiques sont payantes et ma petite retraite ne me permet pas d’investir plusieurs centaines de dollars par mois pour lire quelques articles parfois loin d’être convaincants mais susceptibles de fournir un bon sujet pour mon blog. Je ne suis abonné à aucun quotidien main-stream en ligne, je me passe donc des articles « réservés aux abonnés » et je consulte régulièrement des sites fournissant gratuitement des dépêches d’agences de presse. Voilà à peu près comment j’arrive à réussir à rédiger un billet aussi honnêtement que possible au prix parfois de plusieurs heures de travail si tant est que je puisse considérer ce passe-temps comme un travail puisqu’il ne mérite justement pas de salaire.

J’en viens donc au sujet du jour et il s’agit encore de climat et … du journal scientifique Nature ! Vous apprécierez par vous-même à quel degré l’imposture est savamment poussée !

L’irradiance solaire est par définition le flux total d’énergie qui atteint la Terre, toutes longueurs d’onde confondues. Cette grandeur physique, variant de 1361 à 1362 W/mètre carré au cours d’un cycle d’activité solaire, ne se répartit pas de la même manière, qu’on soit à l’équateur ou aux pôles. C’est facile à comprendre : quand le Soleil descend à l’horizon, en fin d’après-midi par exemple, il « chauffe » moins qu’à midi. Bref, en moyenne le Soleil chauffe la Terre et l’éclaire d’une manière presque constante, « presque » parce qu’il arrive que de fortes éruptions de matière solaire augmentent cette irradiance ou que le nombre de taches augmente et conduise au même résultat. Les observations au sol et les données satellitaires ne sont pas tout à fait au diapason mais en gros à quelques fractions de % près tout le monde est d’accord sur cette valeur de la constante solaire de 1361,5 W/mètre carré.

Depuis l’avènement de la théorie de l’effet de serre qui agite beaucoup les esprits, en particulier les 97 % de scientifiques climatologues concernés naturellement par le climat, ça fait beaucoup mais on se demande comment ils pourraient nier une théorie qu’ils ont eux-mêmes échafaudé, et l’avènement de la participation du CO2 dans cet effet de serre, toute théorique qu’elle fut il y a encore peu de jours, a mobilisé l’ensemble de la planète pour éviter une catastrophe climatique majeure. Pour la première fois, on vient de prouver que le CO2 y était pour quelque chose. Enfin voilà des éléments hautement scientifiques tangibles qu’il faut croire les yeux fermés puisqu’on le dit et que les travaux ont été publiés par la revue scientifique Nature qui comme chacun sait est d’une probité intellectuelle à toute épreuve. Le résumé de l’article ( doi:10.1038/nature14240 ) est en fin de billet (capture d’écran) et je ne me suis pas fatigué à le traduire en français parce que je trouve que cet exercice aurait été du temps perdu. On peut y lire qu’avec des moyens mirifiques, deux stations, l’une en Alaska et l’autre dans l’Oklahoma, ont détecté un « forcing » radiatif dû au CO2 de 0,2 W/mètre carré en dix ans. Je demande à un élève de CM2 de calculer ce que ça représente comme augmentation par rapport à la constante solaire (1361,5 W/m2) et par an : 0,0014 % (14 millionième) pour 22 ppm de CO2 atmosphérique en plus sur la même période. Refaites le calcul ! C’est énorme, gigantesque, surprenant pour ne pas dire angoissant … Ce résumé – je n’ai tout de même pas voulu claquer 30 dollars pour acheter cet article ni déranger mes fidèles correspondants qui me communiquent souvent des articles de Nature, PNAS ou Science, pour en savoir ce qu’il en est vraiment – ce résumé indique donc clairement que cette gigantesque augmentation représente pas moins de 10 % de la tendance à la dissipation des radiations de longue longueur d’onde parvenant jusqu’à la surface de la Terre, comprenez les infra-rouges et comprenez aussi que de passer de 0,0014 % de la constante solaire à 10 % des radiations infra-rouges requiert un sérieux artifice mathématique que des ordinateurs se sont empressé de réaliser avec brio. On se demande ici si ces ordinateurs ne calculent pas à l’insu des scientifiques.

On ne peut que faire le constat alarmant que l’IPCC trouve n’importe quel moyen pour maintenir sa pression idéologique en acceptant le financement de travaux invraisemblables car décidément cette histoire de réchauffement n’est ni claire ni convaincante et le devient de moins en moins. Ce qui est tout de même rassurant c’est que ce résultat fulgurant de clarté, selon les auteurs de cet immense travail, « confirme les prédictions théoriques de l’effet de serre atmosphérique dû aux émissions anthropogéniques et met en évidence empiriquement que les niveaux de CO2 qui augmentent, modérés par les variations temporelles dues à la photosynthèse et la respiration, affectent la balance énergétique en surface ». Comprenne qui pourra mais c’est sûr que 0,0014 % de la constante solaire va affecter la fameuse balance énergétique de la surface de la Terre. Comme le disait Christine Lagarde au sommet de Davos en 2013 on va tous griller comme des toasts mais à ce rythme-là ce sera dans quelques millions d’années …

CQFD à mon propos liminaire …

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Source et illustration : Berkeley Lab, résumé capture d’écran de Nature (voir le DOI).