Un nouveau vaccin contre la dengue pour très bientôt …

Dengue.jpg

Depuis l’épidémie de Zika l’attention a redoublé en ce qui concerne la dengue, une fièvre hémorragique provoquée par un virus très proche de celui du Zika. Les méthodologies adoptées pour parvenir à la mise au point d’un vaccin ont été différentes selon les laboratoires impliqués dans ces travaux. Par exemple Sanofi a choisi d’utiliser le virus de la fièvre jaune génétiquement atténué et modifié pour qu’il exprime les 4 principaux antigènes du virus de la dengue, nous y reviendrons. Il existe en effet 4 sérotypes de ce virus à ARN et le côté vicieux de cet agent pathogène est que si on est réinfecté par un virus de l’un des autres types le système immunitaire se retrouve leurré et il y a alors aggravation de la maladie. Les anticorps apparus lors d’une primo-infection sont incapables de neutraliser le virus d’un autre type et comme ils sont reconnus par les monocytes et les macrophages comme étant authentiques, la situation se dégrade rapidement et l’organisme perd tout moyen de défense. Ce pouvoir diabolique du virus de la dengue fait qu’un vaccin doit obligatoirement être tétravalent, situation qui complique singulièrement le problème.

Sanofi a donc choisi la stratégie du virus vecteur atténué de la fièvre jaune exprimant les 4 antigènes de celui de la dengue. Les résultats maintenant en phase trois pour homologation n’ont pas été à 100 % satisfaisants. Le taux d’immunisation n’a atteint au maximum et globalement que 60,8 % après des dizaines de milliers de « vaccinations expérimentales » tant au Mexique qu’aux Philippines ou encore en Thaïlande. De plus les sujets « naïfs » c’est-à-dire n’ayant jamais été en contact avec un des 4 sérotypes du virus n’ont pas été immunisés de manière satisfaisante. La raison en est simple : l’immunité n’est pas parfaite dans le temps et les sujets ayant participé aux essais cliniques et ayant déjà connu un épisode de dengue voyaient leur immunité renforcée alors que ce n’était pas le cas avec les sujets « naïfs ». Enfin, l’un des aspects controversés de ces essais cliniques à grande échelle est l’absence de contrôle strict d’une nouvelle infection par l’un ou l’autre des types de virus puisqu’en réalité les individus ayant participé aux essais étaient livrés à la nature c’est-à-dire à une nouvelle infection après piqûre par un moustique. Le suivi sérologique ne pouvait qu’être aléatoire sinon impossible.

La stratégie choisie par l’école de médecine de la Johns Hopkins University en liaison avec le NIH a été toute autre. Dans un premier temps un virus de la dengue atténué a été mis au point. Cette forme atténuée appelée rDEN2Δ30 ne présente aucun des symptômes pathologiques de la fièvre mais il est néanmoins infectieux, c’est-à-dire qu’il peut se multiplier sans perturber la santé des individus ultérieurement choisis pour les essais cliniques et on peut le dénombrer dans le sang. Dans un deuxième temps un virus atténué de la dengue proche du rDEN2Δ30, modifié génétiquement afin d’exprimer les 4 antigènes correspondant aux 4 sérotypes viraux, a été mis au point dans le but d’immuniser expérimentalement ces volontaires. Quarante personnes toutes « naïves » ont été sélectionnées et la moitié d’entre elles a reçu un placebo alors que l’autre moitié recevait le virus atténué et génétiquement modifié appelé TV003. Six mois plus tard tous les sujets reçurent en injection hypodermique 1000 particules virales du virus expérimental rDEN2Δ30 issu d’une souche isolée à Tonga dans le Pacifique Sud.

Les résultats ont été on ne peut plus clairs : les 20 participants ayant reçu le placebo ont tous souffert de démangeaisons et de rougeurs bénignes, certes, mais manifestant la présence du virus atténué et sa multiplication mais sans autre complication. Aucun des 20 autres participants ayant reçu le vaccin expérimental ne manifestèrent de tels symptômes. Ces observations furent corroborées par la recherche de virus et des anticorps circulants dans le sang. La compétition s’annonce donc sévère entre grands groupes pharmaceutiques, le procédé de préparation du virus modifié ayant été breveté par le NIH (National Institutes of Allergy and Infectious Diseases) conjointement avec la Johns Hopkins. L’équipe universitaire, forte de ces résultats spectaculaires a immédiatement appliqué sa stratégie pour la mise au point d’un vaccin contre le virus Zika, également un flavivirus proche de celui de la dengue.

Source : DOI: 10.1126/scitranslmed.aaf1517 , illustration Wikipedia

Explication de texte d’un article du Point.fr

Capture d’écran 2015-03-27 à 18.22.51

Quand j’étais collégien j’excellais dans l’exercice parfois périlleux de l’explication de textes, qu’ils fussent de Cicéron, Montaigne ou encore Bossuet. Je me suis délecté avec celle qui va suivre. Bonne lecture.

Anne Jeanblanc, journaliste, on devrait plutôt dire chroniqueuse aux ordres du comité de rédaction du Point lui-même aux ordres du Ministère de la Propagande gouvernementale, je veux parler du ministère dirigé par Mademoiselle Ségolène, donc Anne, journaliste donc au très respecté hebdomadaire Le Point dont je lis les head-lines (titres) d’un regard de plus en plus paresseux, m’a réveillé dans ma torpeur avant-coureuse d’un week-end calme, ensoleillé et chaud.

Le titre ronflant m’a alerté, moi qui suis un épouvantable hérétique absolument pas convaincu par le contenu des évangiles de l’Eglise de Scientologie Climatique : « Danger : les effets du changement climatique déjà perceptibles » avec en exergue ce morceau de bravoure, je cite (voir le lien en fin de billet) :

« Selon le Haut Conseil de la santé publique (HCSP), il est « impératif » de réduire les émissions de gaz carbonique, avant un enchaînement incontrôlable d’évènements ».

Presque tout est dit, même pas besoin de s’imposer la lecture de la suite de l’article, encore que … et je me suis donc risqué à cet exercice comme on découvrait les arcanes de la réthorique d’un Boileau ou éventuellement d’un Proust au collège … On voit ensuite comme illustration des dégagements intempestifs de gaz carbonique par l’humanité entière un train de wagons de pétrole en feu quelque part au Canada ! On ne pouvait pas mieux trouver comme argument de propagande. Il faut dire qu’une telle photo, l’horreur, sous-titrée « la réduction de l’émission de gaz carbonique est devenue une priorité absolue », ça ressemble à la propagande fasciste qui a coutume d’amalgamer deux évènements qui n’ont aucun lien entre eux pour en tirer un enseignement susceptible de faire peur au lecteur et l’inciter à agir contre cette peur. J’ai bien failli cesser ma lecture mais par curiosité j’ai fait un effort pour décrypter ce qui s’était passé dans le cerveau de cette journaliste quand elle a subi les boniments du présentateur de ce rapport du HSCP.

Comme je suis donc curieux et que la journaliste du Point n’a fourni aucun lien à ses lecteurs pour trouver « sa source » c’est-à-dire ce rapport du HCSP remis à la presse et pourquoi pas à n’importe quel citoyen puisque ce comité théodulesque est payé par les contribuables, je suis allé sur le site « officiel » de ce comité ( http://www.hcsp.fr/Explore.cgi/AvisRapports ) et il n’y a rien à propos de climat, uniquement des histoires de vaccins et de maladies variées ! On apprend tout de même plein de choses en lisant cet article du Point dont la truculence du foisonnement d’idées climato-réchauffistes atteint des sommets. J’ose espérer (encore une fois) que la journaliste a écrit cet article sous la dictée d’un dénommé Jean-François Toussaint, professeur de son état, lui-même aux ordres du Ministère de la Propagande puisqu’il est payé par le gouvernement. Sur internet (il faut dire que la France a une guerre de retard dans ce domaine) on trouve effectivement un Jean-François Toussaint qui sévit à l’Université Paris-Descartes dans un Institut pompeusement appelé Institut de Recherche Biomédicale et d’Épidémiologie du Sport (IRMES) mais rien de ce que l’article du Point précise en note : Président du Groupe Adaptation et Prospective, Président du Groupe Expert HEPA de la Commission Européenne. Rien sur internet à propos de ce groupe expert HEPA, serait-ce une pure invention ? Quand on cite des experts, surtout des experts en groupe, je me méfie instinctivement … et pour les publications scientifiques du Professeur Toussaint, inutile de chercher elles sont introuvables dans le domaine du climat mais essentiellement dans l’effet du sport sur la santé des sportifs, un vaste sujet, vous en conviendrez !

MedLine (NCBI) répertorie 58 publications avec Toussaint JF mais il ne faut pas se méprendre, un certain Toussaint JF travaille pour le compte de l’armée américaine à Bangkok sur le virus de la dengue en relation avec les laboratoires GlaxoSmithKline. Serait-ce le même homme ? La journaliste a donc probablement gobé tout cru ce que lui a tout aussi probablement raconté crument ce monsieur au téléphone entre deux réunions extrêmement urgentes de comités théodules invraisemblables. Voilà à quel type de spéculation on en est réduit quand on ne peut apprécier soi-même directement la source de la journaliste. Puisque je n’ai pas accès à ce rapport j’en suis donc réduit à des spéculations sans vouloir accabler Anne Jeanblanc qui a donc reçu l’ordre de bien vouloir retranscrire les boniments de Toussaint.

On sent tout de suite qu’il est urgent de préparer le grand raout médiatique mondialisé parisien de décembre 2015 et de faire périodiquement des piqûres de rappel à la Coué d’ici le 18 juin de cette année, le jour du grand appel à la lutte contre le réchauffement global organisé à Paris pour mobiliser les esprits, l’appel du 18 juin … Le comité d’experts en vaccins (HCSP) semble s’être fendu d’autres amalgames dignes de la photo du train en feu et tout aussi surprenants. Les premières lignes de l’article entrent dans le vif du sujet : « L’enjeu est clair : si la température augmente de 4 à 6°C à la fin du siècle, il est possible que l’enchainement des évènements ne soit plus contrôlable ». On l’a compris, comme Christine Lagarde le disait à Davos on grillera tous comme des toasts. On apprend ensuite qu’il existe en France un « plan national d’adaptation au changement climatique », ouf ! On est rassuré, peut-être qu’on échappera à la grillade et que le changement s’arrêtera aux frontières de l’Hexagone.

Je cite pêle-mêle : les conséquences du changement démographique ont été aggravées par le changement climatique, ce n’est pas Anne Jeanblanc qui le dit mais ces experts dont le porte-parole est Toussaint. On croit rêver : l’attrait croissant des populations pour le littoral, probablement pour se rafraîchir, a créé un changement démographique qui a été aggravé par le changement climatique puisque ces populations à la recherche de la fraîcheur des brises marines ont vu leurs maisons construites dans des zones inondables dévastées par une grande marée amplifiée par un ouragan qui comme chacun sait était la conséquence directe du changement climatique. Ceci explique donc cela mais pas vraiment le fait que les maires des communes sinistrées par je ne sais plus quelle tempête, Xynthia excusez-moi, l’article du Point le précise, n’ont pas rechigné à déclarer constructibles des terrains parfaitement connus pour être inondables afin de satisfaire des petits copains promoteurs immobiliers, mais tout ça c’est à cause du changement climatique.

La stupeur ne cesse de croître quand on apprend que la résurgence des maladies infectieuses est le résultat du changement climatique, il fallait s’y attendre … Le moustique Aedes albopictus s’est « implanté » dans le sud de la France, pas de chance il a franchi la frontière qui sépare les Alpes-Maritimes de la principauté de Monaco. Du coup des millions de gens sont menacés de la dengue. Mais on est vraiment saisi d’effroi en apprenant que la résistance aux antibiotiques des bactéries est aussi une conséquence du changement climatique. N’en jetez plus la coupe est presque pleine !

L’étude du changement climatique aurait permis de « mieux comprendre les phénomènes interactifs » (sic) et donc d’anticiper le mode de propagation du virus de la grippe H1N1 (voir mon dernier billet à ce sujet) alors que les « experts » nagent dans le doute avec ce virus qui passe son temps à muter. Visiblement Toussaint ignore totalement ce dont il parle …

En fait, je me suis arrêté sur une autre déclaration du sieur Toussaint qui, s’il fallait encore le démontrer, est un opportuniste patenté dont le seul mérite est de ne pas le cacher, je cite une autre nécessité : « créer une structure interministérielle dédiée afin d’intégrer l’idée de gouvernance du très long terme ». Comme si les politiciens avaient la moindre idée de ce qui se passera après les prochaines échéances électorales de 2017 puis de 2022. Tous les Français savent parfaitement que ces mêmes politiciens ne travaillent que pour être réélus et ils se contrefoutent de l’avenir à moyen terme et encore moins des échéances fin de siècle.

Bref Anne Jeanblanc aurait pu faire preuve d’un peu plus d’esprit critique mais elle serait alors sortie des rails de la ligne idéologique du comité de rédaction du Point.

Source et lien : http://www.lepoint.fr/editos-du-point/anne-jeanblanc/danger-les-effets-du-changement-climatique-deja-perceptibles-23-03-2015-1915081_57.php

Note : Finalement j’ai épluché tous les articles du NCBI où apparaît le nom « Toussaint JF » et il semble bien qu’un certain Toussaint JF, virologue, travaille sur la dengue à Bangkok. Comment ce Toussaint JF qui sévit à l’Université Paris-Descartes où il travaille sur la physiologie du sport peut aussi se trouver à Bangkok et présider une série de comités et autres théoduleries franco-françaises ou européennes et simultanément publier des articles sur la dengue et autres virus en n’apparaissant jamais comme premier ou dernier auteur dans ces articles précis, cela semble très suspect. En effet quand on publie des travaux scientifiques, le premier signataire est en quelque sorte le leader de l’étude, puis viennent des subalternes et le dernier auteur est le plus souvent le directeur du laboratoire qui n’a jamais tenu le moindre tube à essai ou un de ses assistants. Dans le cas présent, parler de la dengue n’est-ce pas une usurpation d’identité ? Et si tel est le cas, Anne Jeanblanc ferait bien de s’informer sur ses sources et les réelles qualifications des auteurs de ces dernières et me communiquer les résultats de ses investigations.