Nouvelles de la centrale nucléaire de Fukushima-Daiichi

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Le gouvernement japonais a décidé de démanteler la totalité du site électro-nucléaire de Daiichi dans la Préfecture de Fukushima. Outre les deux réacteurs endommagés par le grand tsunami du 11 mars 2011 et dont le combustible a partiellement fondu au fond du réacteur, il y a 5 autres réacteurs à démanteler. Ce chantier colossal durera probablement une quarantaine d’années et la société TEPCO (Tokyo Electric Power Co) a fait appel à Orano dans le cadre d’une coopération qui sera positive pour les deux entreprises. Orano aura pour mission primaire d’évacuer tout le combustible des tranches non endommagées et de le retraiter sur le site français de La Hague. Il existe déjà des accords à ce sujet entre la France et le Japon puisque l’ancêtre d’Orano, la société Areva, est présent au Japon depuis 50 ans. Puis il s’agira du démantèlement proprement dit des installations.

Bien que ces réacteurs soient de type eau-bouillante contrairement au parc nucléaire français le démantèlement fait appel aux mêmes technologies largement robotisées et cette collaboration sera fructueuse pour les deux parties. L’expertise en robotique du Japon sera, on s’en doute, très bénéfique pour Orano qui n’a pas encore abordé un quelconque démantèlement sur le sol français en dehors de Chooz 1 (cf. infra). Néanmoins Orano a aussi développé de son côté toute une série de robots utilisés pour les opérations de maintenance des installations françaises. De plus la politique totalement surréaliste du gouvernement français consistant, dans le cadre de la fameuse « transition énergétique », à décommissionner tous les « vieux » réacteurs nucléaires, c’est-à-dire toutes les tranches 900 MWe, obligera Orano a acquérir un savoir-faire dans ce domaine du démantèlement qu’il ne connaît pas ou peu et le Japon est une excellente opportunité pour se faire la main en vraie grandeur, si on peut dire les choses ainsi.

Mes lecteurs pourront se poser quelques questions au sujet des réacteurs graphite-gaz qui ne sont toujours pas démantelés sur les sites de Chinon, Bugey et Saint-Laurent ainsi que celui de Brennilis (eau lourde-uranium naturel) qui a fait l’objet d’une véritable saga de la part des écologistes, ayant pris cette installation pour cible afin de dénoncer l’incurie du gouvernement en ce qui concerne l’industrie nucléaire française. La centrale de Chooz 1 est une exception car c’est le seul PWR souterrain dans le monde. On y accède par un tunnel et l’ensemble de l’installation se trouve dans une série de salles aménagées à cet effet. Ironiquement l’administration Macron continue à se plier aux diktats des écologistes en décidant de ruiner l’approvisionnement en électricité de la France, l’un de ses rares atouts industriels et économiques encore opérationnel de ce pays. Par effet direct la fermeture de ces équipements conduira fatalement à la mise à genoux de l’ensemble de l’économie française mais aussi des conditions de vie quotidienne précaires pour toute la population. Pour un ancien banquier qu’a été Macron il y a de réelles questions existentielles à se poser. Quant aux réacteurs graphite-gaz il faut attendre encore une cinquantaine d’années avant d’intervenir sur le graphite lui-même. Contrairement à ce qui est affirmé dans la presse bien-pensante les opérations de démantèlement ne sont pas créatrices d’emplois car quelques personnes seulement travaillent sur les sites lors de ces interventions de très longue durée.

Source et illustration : World Nuclear News