Le printemps sera chaud !

Un chef du parti de Merkel traite la France d’enfant à problèmes de l’euro

BERLIN – Les Français doivent supprimer les 35 heures et repousser l’âge de la retraite, a affirmé vendredi un responsable du parti conservateur de la chancelière allemande, Angela Merkel, dans une interview où il a qualifié la France d’enfant à problèmes de la zone euro.

Les Français doivent faire des économies pour gagner des marges de manoeuvre. Ils doivent aussi naturellement faire des réformes économiques, a déclaré à la radio publique Deutschlandfunk, Michael Fuchs, vice-président du groupe de la CDU (Union chrétienne-démocrate) au Bundestag (chambre basse du Parlement).

Il s’exprimait avant la publication par Bruxelles de ses prévisions pour 2013 officialisant un dérapage du déficit public français au-delà de la limite fixée à 3% du Produit intérieur brut qui irrite notoirement les responsables du gouvernement allemand.

Les Français doivent modifier le temps de travail. Vous savez que les Français ont encore les 35 heures. Cela ne peut pas fonctionner quand on travaille 42 heures en Suisse et 40 heures en Allemagne, a-t-il dit.

En matière de retraites, les Français ont tout faux. On ne peut pas partir à la retraite à 60 ans. Cela ne fonctionne pas. Les Français doivent y réfléchir, a-t-il ajouté.

Malheureusement, la France est un enfant à problèmes dans l’euro, car d’autres pays ont rempli leurs obligations de façon beaucoup plus intensive, comme l’Espagne et aussi l’Italie sous Monti, a lancé M. Fuchs. Les Français ont cru qu’ils pouvaient y échapper. Cela ne marchera pas.

Il est nécessaire que les Français empruntent à nouveau la voie de la vertu. Tout ce que nous avons accompli avec l’agenda 2010 –les réformes du système social et du marché du travail mises en oeuvre entre 2003 et 2005 par le chancelier Gerhard Schröder, ndlr– , les Français doivent le mettre en oeuvre. J’espère que Hollande a compris cela, a-t-il ajouté.

Interrogé vendredi sur les dérapages des déficits publics français au cours d’une conférence de presse ordinaire, un porte-parole de la chancelière a refusé de commenter les chiffres de Bruxelles.

Ce n’est pas au gouvernement allemand de juger, mais à la Commission (européenne) qui discute avec chaque Etat de la voie à emprunter pour réduire la dette, a déclaré le porte-parole, Steffen Seibert.

La confiance en Europe doit se gagner par le fait que les Etats remplissent leurs obligations (…) c’est-à-dire empruntent la voie de la stabilité, de finances durables, a-t-il dit.

La chancelière a toujours dit clairement que, selon elle, la crise n’était pas finie (…) Il y a encore beaucoup d’efforts à faire, a-t-il conclu.

La question du dépassement des 3% de déficit public par la France empoisonne les relations entre Paris et Berlin depuis l’automne dernier. La France plaide en faveur de davantage de souplesse dans la réduction des déficits par crainte de plomber la croissance déjà en berne en Europe.

L’Allemagne souhaite que la France consente à faire des efforts supplémentaires, louant les politiques récentes menées par l’Espagne et l’Italie en matière de compétitivité par la baisse du coût du travail.




(©AFP / 22 février 2013 16h29)

Après le « press release » de Markit hier (voir mon billet à ce sujet), tout va bien. D’autant mieux que Hollande est en froid avec Madame Merkel qui s’est rapprochée de Cameron dans sa manière d’appréhender le budget européen, en un mot Hollande est de plus en plus isolé sur la scène européenne car il a perdu toute crédibilité. Et quand on lit la presse nord-américaine, il est difficile de ne pas rire (presque) aux éclats, et pourtant l’heure n’est pas aux réjouissances. Monsieur le Marquis de l’Elysée, le printemps sera chaud … Il n’est même pas nécessaire de prendre une loupe pour comprendre que la France plonge littéralement dans la récession qui va être bien plus dévastatrice que celle qui a frappé la France après la chute de Lehman-Brothers en 2008.

 

france PMI 2013-02-21

 

Source : Markit

Les données chiffrées du désastre français attendu.

 

PIB français : 2000 Md euros, deuxième d’Europe.

Place de la France dans les exportations mondiales :1999 : 7 %, aujourd’hui 3 %.

Balance commerciale : 2005, +0,5 % du PIB, aujourd’hui – 2,7 %. Pour exemple la France vend 7 fois moins de voitures en Chine que l’Allemagne.

Temps de travail en France : le plus faible des pays de l’OCDE, de plus 86 % des contrats de travail sont de longue durée.

Coût du travail : pour chaque 100 euros payés les sociétés payent 42 euros de taxes (Allemagne 34, GB 26). Pour produire une voiture, depuis 2005 le coût du travail a augmenté de 17 % en France (Allemagne 10 %, Espagne 5,8 %, Irlande 2%). En France un salarié gagne en moyenne 35,3 euros/heure (25,8 en Italie, 22 en Grande-Bretagne et en Espagne). On comprend pourquoi Peugeot et Renault sont en grandes difficultés …

Bénéfices des entreprises : L’ensemble des bénéfices des entreprises française représente 6,5 % du PIB, soit seulement 60 % de la moyenne européenne et par conséquent les investissements en recherche et développement ont chuté de 50 % ces cinq dernières années.

Croissance française : en 2012 un misérable 0,2 % (si on en croit les données officielles). La croissance moyenne française des trois dernières années a été de 1,2 % (Allemagne 2,7%) et la France sera techniquement en récession en 2013.

Le chômage en France a déjà atteint 10,9 % de la population active (Allemagne 6,7%) et la dette frôle les 97 % du PIB.

En réalité l’économie française est étatique puisque le budget de l’Etat français représente 57 % du PIB et même si durant les 8 dernières années le PIB a augmenté de 7,3 % (corrigé de l’inflation) cette augmentation a été largement due à l’accroissement des dépenses publiques et non au développement du secteur privé.

Avec tout ça, le budget de l’Etat français était en déficit de 5 % et 2011 et 2012, un niveau de déficit probablement identique en 2013.

Toutes ces données concourent pour prévoir un désastre économique français à court terme.

Source : Gurusblog

Pendant ce temps là, le gouvernement persiste et signe dans ses prévisions de croissance abaissées il est vrai à 0,8 % et sa volonté de réduire le déficit à 3 % à la fin de 2013. Les mesures fiscales vont casser les investissements, accroître la destruction des emplois (déjà plus de 2000 par jour) et les dernières dispositions de protection de l’emploi (existant) et non de libéralisation comme le gouvernement a voulu le prétendre vont encore accroître le chômage puisque les entreprises, dans ces conditions, n’auront aucun moyen d’embaucher. Alors le désastre français annoncé clairement par les données chiffrées ci-dessus se concrétisera et ce n’est plus qu’une question de semaines.