Éoliennes : un terrible héritage pour les générations futures

L’Allemagne a commencé à installer des éoliennes il y a une vingtaine d’années. Certaines d’entre elles sont maintenant en fin de vie, endommagées, et doivent être démantelées. Oublions les énormes blocs de béton armé dont personne n’a encore imaginé une stratégie pour les éliminer. Ce qui est le plus préoccupant est le devenir des pales de ces moulins à vent constituées de fibre de verre renforcée avec des fibres de carbone, le tout lié par des résines de synthèse qui ne peuvent pas être brûlées car elles dégagent des dioxines … tout pour plaire ! Actuellement ces pales sont déchiquetées et mélangées avec du béton pour en faire du « béton fibré » mais ce processus est très coûteux en énergie : il faudrait encore plus d’éoliennes pour alimenter en énergie les déchiqueteurs si l’Allemagne veut respecter ses engagements de décarbonation de son économie.

Les pales des éoliennes ont été donc classées parmi les déchets dangereux puisque le hachage génère des poussières dangereuses contenant des fibres de carbone. Il ne reste donc plus que l’enfouissement pour se débarrasser de ces encombrants résidus de la lubie écologiste de l’électricité renouvelable, verte et festive. Il y a actuellement 30000 éoliennes en service sur le territoire allemand et dans les 20 prochaines années un grand nombre d’entre elles devra être démantelé. Les pales à elles seules représenteront donc plus d’un million de tonnes de déchets, c’est-à-dire plus de 5 millions de mètres-cube de matière à entreposer ou enfouir. Comme la fuite en avant vers encore plus d’éoliennes n’est pas terminée aux alentours de 2100 ce seront des dizaines de millions de tonnes, occupant des centaines de millions de m3, de déchets dangereux et non recyclables qui seront laissés aux générations futures, rien qu’en Allemagne !

Aux Etats-Unis, un pays déjà habitué à combler entièrement des vallées étroites et inhabitées avec des déchets de toute sorte, la solution est d’utiliser la même stratégie pour les pales usagées des éoliennes qui seront enfouies pour toujours, une approche décrite par Veolia Environnement SA, basée à Paris comme « une tombe sèche ». Cette entreprise est en effet très active aux Etats-Unis dans la recherche d’une solution rentable pour l’enfouissement des pales d’éoliennes en fin de vie. Bob Cappadona, COO (chief operation officer) de Veolia aux USA déplore qu’une technologie considérée comme respectueuse de l’environnement en arrive paradoxalement à créer encore plus de défis environnementaux.

Les générations futures qui hériteront de tous ces déchets se demanderont jusqu’à quel point leurs ancêtres ont été capables de pousser leur stupidité en optant pour une forme d’énergie peu fiable et coûteuse qui a gâché le paysage, détruit des écosystèmes sur de vastes étendues, massacré la faune aviaire et rendu des millions de personnes malades, laissant des dizaines de millions de tonnes de déchets toxiques derrière eux …

Inspiré d’un article paru sur le site notrickszone.com

Parkinson et mitochondries

J’ai disserté hier du mécanisme de « nettoyage » que mettaient en œuvre les bactéries pour survivre, mécanisme qui a conduit à l’élaboration d’une molécule dont on peut espérer une application prochaine comme antibactérien universel. Dans nos cellules il y a les mitochondries, les centrales à énergie qui sont de la taille d’une bactérie et qui également doivent éliminer leurs déchets de nature protéique, des protéines endommagées par des oxydations inopportunes, vers le cytoplasme et la cellule se chargera alors d’éliminer ces dernières. Le processus mitochondrial est codé par deux gènes PINK1 et Parkin dont les produits sont des protéines dites « cargo » parce qu’elles sont en charge du transport de ces déchets vers l’extérieur de la mitochondrie. Ce mécanisme a été découvert en étudiant le dysfonctionnement des mitochondries dans les cas de maladie de Parkinson d’origine génétique. Près de 15 % des patients souffrant de cette maladie ont des antécédents familiaux au premier degré et justement ils sont porteurs de mutations sur ces gènes pour au moins 5 % d’entre eux.

Si ce processus de nettoyage ne s’effectue pas correctement, la mitochondrie s’autodigère et les dommages pour la cellule sont considérables. Et quand on sait que les cellules nerveuses sont avides d’énergie, on peut aisément envisager les conséquences.

Une équipe de biologistes de l’Université McGill à Montréal a montré que ces deux gènes étaient impliqués dans la formation de petites vésicules qui bourgeonnent à la surface des mitochondries (voir l’illustration) et emportent les déchets vers d’autres inclusions cellulaires, les lysosomes, en charge de détruire définitivement ces « déchets » pour qu’ils soient recyclés.

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Les curieux peuvent aller vers le lien ci-dessous (EMBO) d’où est issue l’illustration. Certes, ces mutations rencontrées dans les formes familiales de maladie Parkinson sont incurables, mais il est intéressant de faire le rapprochement entre les mitochondries et les bactéries puisqu’une hypothèse est en faveur d’une origine bactérienne des mitochondries qui se seraient restructurées afin de ne plus avoir d’autre fonction que de fournir de l’énergie à la cellule. Si les mécanismes de « nettoyage » différent, cette analogie pourrait être en faveur de cette hypothèse. Bref, tout ça pour dire que le vivant est très complexe et admirablement régulé et la moindre perturbation conduit à des pathologies redoutables … Sources : McGill University et

 http://emboj.embopress.org/content/early/2014/01/20/embj.201385902

La science n’est plus ce qu’elle était !!!

brain washing system

Le 28 juin dernier, je laissais ce billet sur mon blog ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/06/28/comment-le-cerveau-se-debarrasse-de-ses-dechets/ ) et je constate que les médias se sont emparé aujourd’hui d’un sensationnel article scientifique paru dans le journal Science hier sur le sommeil et l’élimination des déchets accumulés par le cerveau au cours de la période d’éveil, ce qui expliquerait pourquoi on a besoin de sommeil. En injectant à des souris du bromure de tétraméthylammonium, une équipe de biologistes de l’Université de Rochester a pu montrer que le mécanisme de « nettoyage » du cerveau était plus de deux fois plus actif durant le sommeil et que c’était (peut-être, ajout de ma part) la première explication « moléculaire » du besoin de sommeil. En effet, en utilisant ce que l’on appelle la fluorescence « deux photons » ( http://en.wikipedia.org/wiki/Two-photon_absorption ) ces chercheurs ont montré de manière non ambigüe que le bromure de tétraméthylammonium fluorescent dans le bleu après excitation à l’aide d’impulsions ultra brèves d’une lumière laser de haute énergie ressortait du tissu cérébral plus vite pendant le sommeil. Mais tout ce travail illustré de belles photos n’explique pas pourquoi le cerveau a besoin de sommeil. J’ai moi-même fait la douloureuse expérience du recalage du cycle jour-nuit à mon retour du Japon il y a une semaine. Malgré les pilules de mélatonine, il m’a fallu six jours pour arriver à me resituer par rapport au jour et à la nuit et une amie médecin rencontrée ce matin m’a fait remarquer que j’avais l’air fatigué et je l’ai rassurée en attribuant cette fatigue au jet-lag avec de surcroit une petite crise de paludisme pour aider. J’en profite pour expliquer à mes lecteurs pourquoi il m’arrive d’avoir une crise de paludisme après avoir pris l’avion, pas toujours mais souvent. Mon hypothèse serait que le foie, au cours d’un long voyage (12 heures de vol) en avion, se dilaterait en raison de la pressurisation de la cabine qui correspond à une altitude d’environ 2000 mètres. Cette dilatation libérerait des larves de Plasmodium vivax dans le sang conduisant à une petite crise que mon système immunitaire a appris à combattre presque efficacement depuis 15 ans. En conséquence, ne dormant pas très bien et titillé par le paludisme, mon cerveau a eu un surcroit de travail pour éliminer ses déchets ce qui ne m’empêche nullement de continuer à écrire sur mon blog. Bref, comme pour valider leurs résultats ces même biologistes de l’Université de Rochester ont fait une digression sur le besoin en sommeil et la taille du cerveau qui me paraît spécieuse. Les éléphants qui ont un gros cerveau et une immense mémoire comme chacun sait – ils se souviennent même de l’endroit où ils iront mourir, c’est dire – n’ont besoin que de 4 heures de sommeil par jour. A l’inverse les chauve-souris dorment 20 heures par jour pour justement éliminer leurs déchets. Et les linottes ? Conclusion, moins on a d’éléments scientifiques à prouver, plus on utilise des techniques d’investigation sophistiquées pour bien montrer qu’on a effectué un beau travail (comme le montre la photo) voilà la science contemporaine !