DDT : « Cancérigène probable » …

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Le DDT, de l’invention providentielle au polluant mortel. Article paru sur le quotidien Le Temps.

Synthétisée en 1939 par un universitaire bâlois, la molécule insecticide permettra de neutraliser les épidémies de typhus et de paludisme, sauvant notamment une bonne partie des troupes alliées. Mais la substance se révélera plus dangereuse que prévu.

C’était le produit miracle, une arme chimique de destruction massive contre les ravageurs de récoltes et les insectes assassins, vecteurs de paludisme, typhus, leishmaniose… Et pourtant, le DDT a fini sur le banc des accusés, comme les autres molécules de la liste des « 12 salopards (Convention de Stockholm, 2001), ces polluants organiques persistants qui s’accumulent dans l’environnement et la chaîne alimentaire. Récit d’une saga qui a commencé dans un laboratoire chimique de Bâle en 1939.

C’est en 1873 que le DDT est synthétisé pour la première fois par un étudiant en chimie, Othma Zeidler, à l’Université de Strasbourg. Mais la molécule – du dichlorodiphényltrichloroéthane – n’intéresse personne jusqu’à ce que  Paul Hermann Müller ne la redécouvre. Formé à l’Université de Bâle, le Suisse avait rejoint, en 1925, la société bâloise Geigy, une des plus anciennes firmes chimiques européennes (dont les origines remontent à 1758), alors spécialisée dans les pigments et teintures. En 1935, Geigy décide de s’attaquer au marché des pesticides agricoles. A l’époque, les seuls produits de synthèse efficaces contiennent de l’arsenic, une substance aussi toxique pour les humains et le bétail que pour les insectes.

Après avoir testé, en vain, des centaines de substances, Müller expérimente en septembre 1939 une molécule chlorée sur des mouches, qui meurent au premier contact. Il décide d’en synthétiser une forme légèrement différente, celle d’Othmar Zeidler. Bingo, l’efficacité est multipliée. Jour après jour, il constate que le DDT continue d’agir. Il tient enfin l’insecticide qu’il recherche : un produit persistant très toxique par contact pour les arthropodes (insectes, crustacés, arachnides, etc.), qui agit aussi dans l’eau, et dont les premiers tests laissent penser qu’il est peu toxique pour les mammifères et les plantes.

Allié militaire

Un premier brevet est déposé en Suisse en 1940, et le pays en informe les puissances de l’Axe et les Alliés. Seuls ces derniers vont s’y intéresser. En 1943, après avoir conduit ses tests, l’administration américaine décrète que le produit est inoffensif pour les humains. Au même moment, sur le théâtre d’opérations du Pacifique qu’il commande, le général MacArthur a compris que le paludisme est pire que l’ennemi japonais : 65% des troupes américaines aux Philippines ont contracté la maladie, l’une des causes de la retraite des troupes américaines à Bataan à la fin de 1942, face à l’avancée de l’armée impériale. «Cette guerre sera longue si, pour chaque division face à l’ennemi, j’en ai une autre à l’hôpital et une troisième en convalescence», dira MacArthur avant d’engager une campagne d’aspersion massive de DDT dans le Pacifique en 1943.

C’est en Italie que le DDT fait ses débuts européens. En octobre 1943, quelques semaines après le soulèvement de la population qui a conduit à sa libération, Naples est frappée par une épidémie de typhus. L’armée américaine ne tarde pas à réagir : plus d’un million de personnes sont traitées avec une poudre à base de DDT. Une expérience à grande échelle qui en prolonge d’autres menées discrètement quelques mois plus tôt sur des prisonniers de guerre en Afrique du Nord.

La vidéo datant de 1947 est significative du peu de précaution pris pour appliquer le DDT : https://youtu.be/gtcXXbuR244

Résultat spectaculaire

En moins d’un mois, l’épidémie est maîtrisée ; c’est une nouvelle victoire sanitaire qui a probablement sauvé des dizaines de milliers de civils et de militaires. Le DDT permettra aussi aux Alliés de libérer la Sicile, après la destruction par les Allemands des digues construites sous Mussolini pour contenir les étangs infestés d’anophèles, les moustiques du paludisme. Le produit sera également utilisé contre le typhus, sur les rescapés des camps de concentration nazis. En 1944, une quinzaine d’entreprises, surtout américaines, fabriquent du DDT en quantité industrielle.

A la fin du conflit, les Etats-Unis croient fermement que le DDT permettra de rayer de la carte les maladies transmises par les insectes. Entre 1946 et 1951, la fondation américaine Rockefeller obtient le droit de déverser 10 000 tonnes de DDT en Sardaigne, dans les villes, les champs, les cours d’eau. Une expérience qui doit servir d’exemple, et dont le résultat sera spectaculaire : endémique depuis l’invasion des Carthaginois au VIe siècle avant J.-C., le paludisme est totalement éradiqué dans l’île italienne, qui reste aujourd’hui une base importante de l’OTAN.

«Cancérogène probable»

Face aux succès incontestables du DDT pour la santé publique, Paul Hermann Müller reçoit, en 1948, le Prix Nobel de Médecine. «C’est une juste récompense, insiste Pierre Guillet, un ancien expert sur le contrôle des maladies à vecteurs de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Le DDT a sauvé des millions de vies et favorisé l’intensification de l’agriculture, qui a nourri des dizaines de millions de gens. Son effet sur la santé semblait limité, puisque des millions de personnes ont été noyées dans des nuages de DDT sans pour autant créer de problème de santé publique.» Il est aujourd’hui suspecté de favoriser des cancers du foie et du sein, et classé «cancérogène probable» par l’OMS.

Utilisée comme arme secrète par les Alliés pendant la guerre, la molécule est commercialisée fin août 1945. Après avoir été encensé dans les médias, le DDT connaît un succès considérable, notamment chez les agriculteurs : en seulement quatre mois, Merck, l’un des fabricants, en écoule plus de 15 000 tonnes aux Etats-Unis ! Entre 2 et 3 millions de tonnes de DDT auront été déversées dans l’environnement et les maisons en quelques décennies.


Pourtant, dès 1944, des doutes ont surgi : un rapport confidentiel de l’armée américaine mentionne les interrogations d’un pharmacologue de la Food and Drug Administration, Herbert Calvery, qui a constaté que de faibles doses accumulées au fil du temps provoquaient sur des animaux de laboratoire les mêmes troubles qu’une exposition à une forte dose, notamment des convulsions et des troubles hépatiques pouvant conduire à la mort. «Un bulletin du Ministère de la guerre américain publié quelques semaines plus tard déconseillait de traiter du bétail, de la volaille et de l’eau susceptibles d’être consommés par la population, et insistait pour que le produit n’entre pas en contact avec les ustensiles culinaires», racontera, en 2007, la journaliste et historienne Elena Conis, dans le magazine du Science History Institute, au terme d’une longue enquête.

Manchots contaminés

Dès 1949, des interrogations sur l’efficacité du DDT apparaissent: des mouches résistantes sont signalées en Suède. En 1953, les autorités grecques font savoir que l’anophèle survit aux campagnes d’aspersion. Par chance, l’effet irritant du produit semble perdurer: les moustiques ne meurent plus mais restent à l’extérieur des habitations traitées, où ils peuvent continuer à piquer: les autorités sanitaires – à commencer par l’OMS – comprennent que si le DDT peut réduire l’ampleur des épidémies, il ne permettra pas d’éradiquer le paludisme.

Dès la fin des années 1950, son accumulation dans la nature et le corps humain est devenue une évidence. On en retrouve partout sur la planète, même au pôle Sud: baleines, phoques et manchots sont contaminés. «Comme c’est un produit chimiquement très stable, il en reste des quantités considérables au fond des lacs, notamment les grands lacs américains», explique Pierre Guillet. Une étude des sédiments du lac de Côme (Italie) réalisée en 2015 constate que la quantité de DDT n’a pas baissé significativement depuis les années 1970, quand il a été interdit dans de nombreux pays.

Electrochoc

Car, trente ans après ses premiers succès sanitaires, le produit miracle est devenu l’ennemi public numéro un. Épandu en quantités astronomiques car son prix était dérisoire, le produit va progressivement perdre son efficacité et s’accumuler dans l’environnement. «C’est un peu comme un fruit trop mûr qui finit par tomber de l’arbre», résume Pierre Guillet.

La biologiste américaine Rachel Carson va contribuer à cette chute avec « Printemps silencieux », un roman publié en 1962, régulièrement réédité. Elle accuse les industriels de désinformation et reproche aux autorités de fermer les yeux. «Le plus étonnant, c’est que ce livre ne révélait rien de particulier, se rappelle Pierre Guillet. Mais il a eu le mérite d’ouvrir les yeux sur la catastrophe écologique qui s’annonçait». Un électrochoc qui conduira 38 pays à interdire le DDT, pour l’essentiel en Occident, à partir des années 1970, avant que son commerce et sa production ne soient presque stoppés par son inscription sur la liste des «12 salopards». Le DDT est désormais interdit comme produit agricole, mais toléré – avec de grandes précautions – pour lutter contre les insectes vecteurs. Il est régi par la Convention de Stockholm, entrée en vigueur en 2004.

Une arme devenue mineure

Depuis l’arrêt de la production chinoise à la fin de 2009, un seul pays, l’Inde, fabrique encore officiellement du DDT, selon un inventaire publié en 2017 dans le Malaria Journal. La production mondiale était de 3700 tonnes environ par an en 2014, en baisse de 30% depuis 2001. Il convient probablement d’ajouter environ 300 tonnes produites en Corée du Nord, qui s’en servirait encore à des fins agricoles, ce qui est pourtant banni par la Convention de Stockholm. 

Ces dernières années, seuls trois pays ont officiellement eu recours à la molécule pour lutter contre le paludisme: l’Afrique du Sud, le Mozambique et l’Inde. Cinq autres Etats (Botswana, Gambie, Namibie, Swaziland et Zimbabwe) l’utiliseraient aussi, mais en moindre quantité. «Le DDT peut aider quand les insectes ont développé une résistance aux autres insecticides. C’est pour cela qu’il reste utilisé dans certains pays, mais c’est de plus en plus ponctuel», souligne Gamini Manuweera, du secrétariat des Conventions de Bâle et de Stockholm, coauteur de l’article du Malaria Journal.

Précautions d’usage

«Nous avons comparé, en 2004 à Madagascar, l’efficacité du DDT à celle des pyréthrinoïdes pour la lutte contre les moustiques, raconte Vincent Robert, entomologiste médical à l’Institut de recherche pour le développement (IRD) français. Il offre une efficacité comparable, mais il est désormais plus cher et demande plus de précautions d’usage que les pyréthrinoïdes.»

Autrement dit, ce n’est plus le produit miracle, déversé par dizaines de milliers de tonnes chaque année, qui a sauvé tant de vies dans la seconde partie du XXe siècle tout en contaminant durablement l’environnement. Le DDT figure toujours dans le catalogue officiel de l’OMS comme outil de lutte contre les maladies à insectes vecteurs. A noter que l’organisation onusienne est restée sourde à nos nombreuses demandes d’interview.

Note et commentaire. Cet article a été publié dans le quotidien genevois Le Temps le 18 août 2018. Il appelle un commentaire. Le DDT est une substance qui s’accumule dans les graisses et est classé par l’OMS (IARC) comme cancérigène probable comme le glyphosate. J’ai écouté avec intérêt une conférence du Professeur Henri Joyeux (voir le lien) qui précise que les molécules chimiques synthétiques s’accumulant dans les graisses sous-cutanées finissent pas être naturellement éliminées par la sueur. Alors quid du DDT ? Dans mon enfance quand on attrapait des poux on était traité avec une poudre rose parfumée appellée MarieRose, contenant du DDT. À l’évidence j’ai survécu à ces traitements. Quand le principe de précaution s’applique pleinement, dans le cas de la malaria, il est à l’origine de plus de morts que tous ceux occasionnés par l’ensemble des conflits armés du XXe siècle. Lien : https://www.youtube.com/watch?v=tiMJj2_qboc .

 

Quarante ans et 130 millions de morts plus tard …

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Quel conflit armé, quelle extermination de masse ont pu en quarante années provoquer autant de morts ? Tout simplement une arme redoutable : l’idéologie écologiste qui s’empara du pamphlet truffé à dessein d’erreurs scientifiques de Rachel Carson, Le Printemps Silencieux (ou sans oiseaux, Silent Spring), un brûlot qui servit la cause malthusienne à peine dissimulée de ces mouvements écologistes mondiaux pour interdire l’usage du DDT et de quelques autres insecticides chlorés. Je vais me contenter de reproduire pour les lecteurs l’annexe 3 d’un ouvrage du journaliste Emmanuel Grenier paru en 1999 (voir le lien) et intitulé « Etude sur la nature des mouvements écologistes« . J’ai tenté de contacter ce journaliste mais sans succès. Je me suis donc permis de reproduire ici cette dernière annexe qui en dit très long sur l’état d’esprit détestable des mouvements écologistes malthusiens dans leur ensemble, que ce soient le WWF, Greenpeace, le Sierra Club, et bien d’autres … y compris les mouvements politiques écologistes qui ont mis en place des députés et des ministres dans de nombreux pays, des représentants disséminés partout dans les institutions internationales, infiltré les universités et les instituts de recherche ainsi que les écoles, une sorte de pieuvre qui veut tout simplement, sous prétexte de sauvegarder la planète, rayer de la carte des populations entières. L’exemple du DDT démontre très clairement l’aspect terroriste, malthusien, au pire sens du terme, et criminel, outrancier, de toutes ces organisations. Souffrant moi-même depuis près de 20 ans d’une forme maintenant heureusement atténuée de paludisme, je n’ai pas trouvé de document expliquant aussi clairement la chronologie des évènements qui aboutirent à l’interdiction du DDT entrainant cette horreur indicible – probablement plus de 130 millions de morts qui auraient pu être évitées – pour laquelle naturellement personne ne se considère aujourd’hui comme responsable ni coupable. Ces gens-là devraient être traduits devant la Cour de Justice Internationale pour crime de masse contre l’humanité.

Cet article date de 1999 et il faut se resituer à cette date car certaines données statistiques ont été modifiées avec le temps et je n’ai pas changé une seule virgule du texte original. Bonne lecture.

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Le paludisme, qui aurait pu être éradiqué il y a vingt ans, est de nos jours encore la maladie tropicale la plus grave et un obstacle insurmontable au développement économique et social d’une grande partie du monde. Avant la découverte du DDT au début des années 40, on recensait plus de 300 millions de cas par an, et plus de 3 millions d’hommes en mouraient chaque année. Grâce au DDT, des millions de vies humaines furent arrachées aux griffes du paludisme au lendemain de la Deuxième Guerre mondiale. On espérait que le DDT mettrait fin à ce tueur en masse, une fois pour toutes.

Il n’en fut rien, à cause d’une campagne irrationnelle contre les insecticides, lancée aux Etats-Unis par Rachel Carson dans son livre Silent Spring. Aujourd’hui plus de 2 milliards d’hommes ‒ 40% de la population mondiale – vivent en territoires infestés. 270 millions d’êtres humains sont paludéens. On estime l’augmentation des cas recensés à plus de 100 millions par an (environ 300 000 cas par jour). Cette maladie constitue pour les voyageurs dans ces pays un danger plus important que toutes les autres maladies réunies. On déplore toujours plusieurs millions de morts par an, plus que par toutes autres maladies, et la plupart des victimes sont des enfants. L’Afrique est la plus touchée, avec plus de 85 % des cas connus dans le monde. Plus de 30% de la mortalité infantile doit lui être attribuée directement.

C’est à juste titre que le paludisme est la « reine des maladies ». Son taux de mortalité est effrayant. En 1923, la grande épidémie de paludisme qui ravagea l’Union soviétique frappa plus de 5 millions de personnes et en tua 60 000. En Égypte, en 1942, juste après l’invasion du moustique Anophèles gambiae dans la fertile vallée du Nil, 135 000 victimes. Aux États-Unis dans les années 30, il y avait 6 ou 7 millions de cas chaque année. Des milliers de gens faisaient la grimace en avalant l’amère quinine quotidienne pour se protéger des fièvres et des frissons qui sont le signe de la maladie. Dès l’invention du DDT, ce fléau disparut d’Amérique du Nord.

Le DDT en guerre contre le paludisme

En 1943 on dispose du DDT pour la lutte contre les moustiques vecteurs du paludisme et de la fièvre jaune, les poux de corps vecteurs du typhus, les puces vectrices de la peste, et bien d’autres insectes nuisibles. Cette découverte changea le monde, elle ouvrait une ère d’espoir pour ses habitants.

Dès 1945, les Centres des maladies contagieuses du Service américain de santé publique assumèrent la responsabilité d’administrations locales de centres nationaux antipaludéens dans dix-huit pays, par le truchement de l’Agence internationale pour le développement (AID) du département d’État. En Grèce, par exemple, un programme de contrôle débuta en 1946 et, en trois ans, le nombre de cas tomba de 2 millions à environ 50 000.

L’arme essentielle contre l’anophèle (le seul vecteur du paludisme) était le DDT. Le programme se proposait aussi d’éliminer du sang humain le Plasmodium, protozoaire infectieux cause directe de la maladie, au moyen de différents médicaments.

En 1960, 1,5 milliard de personnes vivaient dans des zones anciennement impaludées dont le DDT avait éradiqué le fléau. En 1969, l’éradication était chose faite dans 36 des 146 pays insalubres. Dans 53 d’entre eux, le programme d’éradication était en pleine expansion, et 27 autres pays se mettaient à la tâche. Le Pakistan, par exemple, comptait 7 millions de cas en 1961, mais 9 000 seulement en 1969. L’AID américaine avait donné au gouvernement pakistanais plus de 25 millions de dollars, et avait prêté 35 millions de plus pour financer le programme d’éradication par le DDT. « Ce résultat sans comparaison possible est dû presque entièrement à l’utilisation du DDT » firent savoir les Centres américains de lutte contre les maladies contagieuses, « le DDT est le seul produit sûr et économique disponible à ce jour ».

Rachel Carson entre en scène

Ces « résultats sans comparaison possible » furent stoppés par les écrits de Rachel Carson. Ces mensonges avec lesquels elle mobilisa les mouvements écologistes naissants mirent fin à l’utilisation du DDT. En 1962, Rachel Carson fit paraître Silent Spring (Printemps sans oiseaux), livre qui accusait à tort le DDT de provoquer de nombreux maux pour les humains, les animaux utiles et l’environnement. L’hystérie déclenchée par Rachel Carson et ses disciples amena l’interdiction du DDT. Le bilan de cette interdiction se calcule en millions de morts et une somme de souffrances qui ne peut pas s’exprimer par les statistiques.

La campagne de Rachel Carson frappa durement la lutte antipaludéenne et réussit à y mettre fin. En 1967, l’OMS modifia ses objectifs : il n’était plus question d’« éradication », mais « de contrôle de la maladie, là où c’était possible ». Quelque 63 pays, qui avaient engagé d’énormes dépenses, abandonnèrent simplement la lutte. Une résolution approuvée par un grand nombre de biologistes lors de la 22ème session de l’Assemblée de l’OMS, en 1969, supplia les fabricants de « poursuivre la production de cet insecticide salvateur en vue de pouvoir continuer à protéger les populations de la malaria ». Un arrêt de la fabrication du DDT aux États-Unis, disaient-ils, les priveraient d’un approvisionnement normal dans la plupart des régions impaludées. Le résultat serait « un retour en force de la maladie dans les pays concernés, des centaines de millions de malades, des millions de morts, et ce dans la décennie ».

En dépit de la preuve scientifique de l’innocuité du DDT sur les humains, William Ruckelshaus, l’administrateur de l’Agence pour la protection de l’environnement américaine interdit le DDT en 1972. Malheureusement, quand les programmes de lutte antimoustique furent arrêtés, le paludisme resurgit, avec des taux de morbidité plus élevés qu’auparavant, à cause d’une densité de population humaine plus grande dans les zones anciennement impaludées (davantage de monde s’y était installé, sous la protection du DDT). En 1976, les cas de paludisme déclarés étaient montés à 800 millions, et les morts annuels plus de 8 millions. Jetons un coup d’œil sur deux exemples, l’Inde et Ceylan.

L’Inde comptait plus de 100 millions de malades dans les années 40, et 2,5 millions de morts par an. Après le début du programme DDT, les malades tombèrent à moins de 100 000, et les décès annuels à moins de 1000. Le gouvernement indien consacrait 60 % de son budget de santé publique au contrôle du paludisme, et cela fut payant. Les personnels de santé pensaient que la maladie avait été éliminée. Changement de flux à la fin des années 60, du fait de la panique déclenchée par Rachel Carson et les pseudo-écologistes. En 1972, l’Inde compte à nouveau plus de 1 million de malades. Il y en a plus de 4 millions en 1974, et plus de 6 millions en 1976 (et les personnels de santé croient que le nombre était plus près de 12 millions). Le gouvernement de l’Inde est en train de regagner du terrain avec du DDT fabriqué au Sri Lanka et au Bengladesh, mais il reste beaucoup à faire.

Ceylan, l’actuel Sri Lanka, déplorait 3 millions de malades par an au début des années 50, et plus de 12 000 morts. L’épandage de DDT commence en 1946, et en 1962 le pays compte seulement 31 cas au total, en 1963 seulement 17, et pas un seul décès. Quand les campagnes de lutte furent arrêtées, suite au livre terrifiant de Rachel Carson, et aux protestations publiques qu’il engendra, les taux de paludisme recommencèrent à monter : 308 en 1965, 3 466 en 1967, 17 000 pendant le seul mois de janvier 1968, suivi d’un mois de février qui en compta 42 000. En 1969 et 1970, des millions de malades.

Un produit chimique très utile

Beaucoup d’autres maladies furent jugulées par l’emploi du DDT, y compris trois types de leishmanioses transmises par des moucherons du genre Phlebotomus. Les cas de leishmanioses disparurent dans les zones de lutte antipaludéenne. Les problèmes liés aux punaises et autres parasites diminuèrent près des habitations traitées.

La communauté scientifique du monde entier a reconnu ce qu’elle devait aux bienfaits du DDT. « Le DDT est encore le moyen le plus radical et le moins cher pour faire baisser ou même éradiquer le paludisme, et ceci reste vrai en dépit de la résistance au produit (qui n’est pas totale) » disait le directeur de l’OMS en 1969, et concluait ainsi : « Le produit est tellement sûr que nous n’avons jamais rencontré de syndrome d’empoisonnement chez nos 130 000 épandeurs, ou parmi les 535 millions d’habitants des maisons traitées. Aucune toxicité ne se manifesta dans la population animale sauvage des pays participant à la lutte antipaludéenne. L’OMS n’a aucune raison d’abandonner ce produit qui a sauvé des millions de vies humaines, et si on cessait de le fabriquer il y aurait des milliers de morts et des millions de malades. Il a été utile pour au moins 2 milliards de gens sans coûter une seule vie humaine par intoxication. L’arrêt de l’usage du DDT serait un désastre pour la santé mondiale ». L’OMS a aussi mis l’accent sur le fait « qu’on n’a jamais constaté d’effet nocif du DDT pour le cheptel domestique ». En 1970, l’Académie des Sciences américaine fit cette déclaration officielle : « L’homme n’a jamais contracté une dette aussi énorme envers un produit chimique que celle qu’il doit au DDT. On estime que le DDT a sauvé 500 millions de vies humaines en un peu plus de deux décennies, vies que la malaria aurait emportées, et d’une manière inévitable ».

En dépit de ces déclarations scientifiques, en 1972, pendant les audiences de la Chambre des Représentants, il fut à craindre que William Ruckelshaus ne fit interdire le DDT, et ce quel que soit le résultat des enquêtes. Il était à prévoir que l’interdiction du DDT aux États-Unis aurait des répercussions sur les programmes internationaux de lutte contre le paludisme, en créant des peurs infondées dans d’autres pays. L’interdiction du DDT aux États-Unis obligerait de fait les autres pays à suivre la même voie… avec toutes les suites tragiques qu’entraînerait une telle mesure. Comme c’était à craindre, William Ruckelshaus passa outre à la décision du juge Edmund Sweeney nommé aux auditions des Représentants, et décida seul l’interdiction de l’utilisation du DDT sur le territoire américain à compter du 1er janvier 1973. (On trouve les détails de tout ceci dans le Congressional Record du 24 juillet 1972, pages S 11545-46, intervention du Sénateur Goldwater). Bien que Ruckelshaus ait avoué dans une lettre au président de l’Association des bureaux fermiers américains (26 avril 1979) que « la décision était politique plutôt que scientifique », cette interdiction est toujours en vigueur aux Etats- Unis.

Le facteur malthusien

Le but essentiel du livre si violemment controversé de Rachel Carson, Silent Spring, était de jeter le discrédit sur les pesticides, et plus particulièrement le DDT. On y trouve, et par dizaines, des erreurs sérieuses, des distorsions, des omissions des faits dans presque tous les chapitres, et elles alarmèrent et terrifièrent le lecteur de bonne foi. Plus grave, des organismes de protection de l’environnement écologique jusque là animés du seul sens des responsabilités, répercutèrent ces contre-vérités pour s’attacher un plus grand nombre de donateurs au milieu d’un public injustement alarmé. Le résultat en est une plus grande somme de souffrances et de morts humaines dans le monde entier.

Rachel Carson, très maligne, dédia son livre « à Albert Schweitzer, qui a dit que « l’homme a perdu la capacité de prévoir et de prévenir. Il finira par détruire la Terre’’ ». Comme le thème majeur du livre est la suppression des insecticides en tant que danger pour l’environnement et la santé humaine, les lecteurs crurent à une désapprobation implicite de Schweitzer envers les insecticides. Mais dans sa biographie ce grand humaniste écrit explicitement : « Comme ces insectes diaboliques nous font perdre du temps et nous coûtent de travail!…un rayon d’espoir nous est donné par le DDT».

Quelques autorités de santé allèrent jusqu’à affirmer qu’une éradication du paludisme à l’échelle du globe déclencherait une explosion démographique et ouvrirait la boîte de Pandore.

Les pilules anticonceptionnelles n’étaient pas encore disponibles dans les années 50, et nombreux étaient ceux qui pensaient que le contrôle de la population ne pouvait être obtenu que par une mortalité infantile élevée due au paludisme (de l’ordre de 40 % dans le tiers monde). Comme le dit un fonctionnaire de l’AID : « Mieux vaut qu’ils meurent plutôt qu’ils ne se reproduisent de façon anarchique. »

Les organisations écologiques les plus connues se rangèrent du côté des moustiques et des micro-organismes qu’ils transmettent. La Société Audubon s’opposa explicitement à la campagne antipaludéenne, et, en juillet 1969, distribua 17 000 tracts pour mobiliser ses membres dans son combat contre le DDT « … qu’il soit banni dans tout le territoire et interdit à l’exportation ». Un manque de sensibilité envers les souffrances de millions de non-blancs des pays les plus pauvres se fait entendre dans les paroles de Michael McCloskey, directeur du Sierra Club, qui écrit en toutes lettres en février 1972 : « Le Sierra Club demande l’arrêt de l’utilisation des insecticides, même dans les pays où le DDT a réussi à juguler la malaria… Avec le DDT nous faisons chuter le taux de mortalité dans les pays sous-développés sans avoir considéré la manière dont nous pourrons nourrir ces populations en surnombre. »

Le Dr Alexander King, chef du Club de Rome malthusien, qui a des activités dans plus de quarante pays sur les cinq continents, émit une opinion semblable dans un livre, The Discipline of Curiosity (Publications scientifiques Elsevier, page 43). Il avait été de ceux qui avaient aidé à l’expansion du DDT pendant la Deuxième Guerre mondiale, écrit-il, et était saisi par « le nombre énorme de vie sauvées. Mes doutes commencèrent quand le DDT fut introduit dans les circuits civils. En Guyane, en deux ans, la malaria avait presque entièrement disparue, mais le taux de natalité avait doublé. Le principal reproche que je fais au DDT est que, après coup, je constate qu’il a grandement contribué au problème de surpopulation. »

Quant à l’Environmental Defense Fund, qui profita de la controverse à propos du DDT pour devenir une riche organisation écologiste américaine, le congressiste John Rarick rapporte à son propos, dans une audience de la Chambre des représentants le 3 mars 1971, une remarque de son principal biologiste, le Dr Charles Wunster. Un reporter demanda à Wunster si la suppression du DDT entraînerait l’utilisation d’insecticides plus toxiques, et il répondit : « Et alors ? Ce sont les gens qui sont la cause de tous les problèmes. II y en a trop. Nous devons nous débarrasser de cet excès, et ce moyen est aussi bon qu’un autre. »

Après la suppression du DDT aux États-Unis, les activistes écologistes accélérèrent leur campagne pour en interdire aussi l’exportation. De 1974 à 1976, l’Export-Import Bank finança pour plus de 3 milliards de dollars d’exportation de pesticides, ce qui préserva de nombreuses vies humaines dans les pays tropicaux. En 1976, la Société Audubon et le Conseil national de la défense des ressources naturelles (NRDC) traîna l’Export-Import Bank devant les tribunaux fédéraux pour obtenir qu’elle cesse ses financements d’insecticides dans les pays sous-développés. Le Centre juridique national pour la défense des intérêts publics se porta au secours de la défense et, en 1980, la Cour rendit son arrêt contre les pseudo-écologistes. Comme le dit le porte-parole du Centre juridique :

« L’arrêt de la Cour fédérale dit en substance que les exportations ne seront pas diminuées et que notre nation ne se pose pas en impérialiste écologiste. »

En 1977, les groupes écologistes firent un autre procès dans le but d’obliger l’AID à soumettre des résultats de recherche d’impact sur l’environnement pour chaque pesticide avant son exportation vers le tiers monde. Cela aurait retardé les chargements urgents pendant des semaines où des mois tandis que mouraient des milliers de victimes du paludisme.

En 1980, les pseudo-écologistes poussèrent les gouverneurs John Brown (Californie), Patrick Leahy (Vermont), Howard Metzenbaum (Ohio) et William Proxmire (Wisconsin) à déposer un projet de loi qui aurait imposé au département d’État de signaler aux gouvernements étrangers tout retrait de pesticide du marché américain, que ce soit de manière délibérée où autrement. Des projets de lois des représentants Cecil Heftel (Hawaii) et Michael Barnes (Maryland) tendaient à restreindre les exportations américaines et renforcer les règlements sur les produits comestibles importés quant à leur teneur en insecticides. L’effet indirect aurait été la cessation totale et immédiate de l’épandage d’insecticides dans les pays qui en avaient le plus urgent besoin dans leurs programmes de santé publique et de protection agricole, mais qui avaient aussi besoin des dollars de la vente de leur production agricole.

Un effet néfaste plus direct sur la santé et le bien-être fut causé par le fait que les États-Unis suspendirent leur aide financière pour la santé publique et la lutte anti-acridienne pour tous les pays qui faisaient usage d’insecticides condamnés ou d’emploi restreint par le gouvernement américain. En Afrique, une grande famine a suivi la perte des récoltes dues aux invasions de criquets incontrôlées.

Quoi qu’il en soit, les groupes écologistes continuèrent leur pression pour l’interdiction des exportations d’insecticides. En 1986, l’AID prit ses dispositions pour se conformer à la loi sur la politique environnementale nationale en publiant «Comment se conformer à la Réglementation 16 ». Le secrétaire d’État George Shultz, prenant ce texte explicatif au pied de la lettre, télégraphia aux ambassades américaines outre-mer : « Les États-Unis ne peuvent pas, je répète ne peuvent pas, cautionner une politique de programmes donnant lieu à l’emploi des pesticides suivants : lindane, HCH, DDT et dieldrine. » Les pays incapables de mettre en œuvre leurs programmes sans l’aide financière des États-Unis furent ainsi empêchés de réaliser des programmes importants de santé publique et de bien-être pour leurs malheureux citoyens.

Les lecteurs des publications luxueuses qui émanent des organisations écologistes sont ravis des photographies en couleurs d’animaux dans leur milieu naturel tropical. Ont-ils remarqué qu’il n’y a jamais la moindre parole de consolation pour les hommes qui vivent dans le même milieu que les animaux ? Ces hommes qui sont malades, anémiques, aveugles ou mourants du paludisme, de peste, de maladie du sommeil ou de leishmaniose ne figurent pas sur les photos. On ne montre pas davantage les millions de gens sous-alimentés ou mal nourris à cause des campagnes écologistes. Sans se laisser émouvoir par les maladies et les morts qui sont le fruit de leur activité anti-insecticide, les magazines écologistes donnent beaucoup de place aux articles sur le tort que fait l’homme à la nature par la déforestation des jungles humides, et pleurent la raréfaction de l’éléphant et autres grands mammifères qui sont les cibles des objectifs photographiques des touristes.

( Note : J’ai de mon propre chef mis ce paragraphe en caractères gras)

La résistance aux pesticides

Le développement par les insectes d’une « résistance » aux insecticides a été étudié avec soin. Individuellement, les insectes ne peuvent pas développer une résistance, et on les tue aussi facilement après qu’avant qu’ils aient été exposés au DDT. Quelques moustiques, peut- être 1 sur 1000, ne meurent pas après avoir été saupoudrés, parce qu’ils produisent des enzymes qui cassent le DDT. D’autres moustiques fabriquent d’autres enzymes qui cassent d’autres insecticides ou les font hériter de caractères comportementaux qui les mettent l’abri de leurs prédateurs ou leur font éviter des situations qui mettraient en danger leur survie. La production d’enzymes est héréditaire, et les gènes qui détruisent le DDT sont probablement chargés de fonctions utiles (c’est-à-dire qu’ils étaient déjà utiles, et n’étaient pas à l’affût d’une attaque chimique par le DDT où d’autres insecticides).

Si un moustique porteur d’un gène qui détoxifie le DDT se reproduit avec un autre moustique porteur du même gène, leurs descendants en seront probablement pourvus aussi. Si la population est soumise au DDT régulièrement, une plus grande proportion d’insectes porteurs de ce gène survivra. Ceux qui ne l’ont pas mourront avant de pouvoir se reproduire. Avec le temps la population d’insectes survivants sera génétiquement différente de la population originale, et semblera « résistante » à l’insecticide.

Le DDT sur les murs intérieurs des cases tue la plupart des moustiques qui s’y posent. Si l’un d’entre eux était « résistant » au DDT, il ne mourra peut-être pas, mais il est hautement improbable qu’il puisse rencontrer un de ses semblables, et justement un du sexe opposé. Les mâles ne se nourrissent pas de sang et ne s’approchent pas des hommes. Si malgré tout devait se développer une résistance, un autre insecticide, de formule entièrement différente, pourrait alors être vaporisé sur les murs pour tuer les moustiques résistants au DDT, s’il existait encore des insecticides efficaces dans les stocks.

Malheureusement, le DDT était si bon marché qu’il a aussi été utilisé dans les champs et les jardins près des maisons. II en résulta donc effectivement une résistance au DDT dans certaines populations d’anophèles, et d’autres insecticides durent être mis en œuvre pour le contrôle des moustiques. Cela n’a jamais été un problème majeur : en 1970, le directeur général de l’OMS écrivait: «Les zones où sont apparus des problèmes techniques (résistance) ne constituent que 1 % du territoire total soumis au programme d’éradication, mais une publicité contraire sur ces cas particuliers a eu une influence hors de proportion sur le programme global compte tenu de leur importance. » Des 107 pays impaludés, 62 signalèrent des cas de résistance dans l’une ou l’autre des populations d’anophèles, résistances à l’un ou l’autre insecticide.

Efficacité du contrôle biologique ?

Les écologistes aiment à prôner ce qu’il est convenu d’appeler le contrôle naturel ou « biologique » des insectes nuisibles. Depuis plus de trente ans, l’OMS a effectué des expériences de « contrôle biologique » pour les populations de moustiques, sans grand succès. Après l’assèchement, le drainage et le remblai des flaques, on a cherché du côté du contrôle génétique et de l’incompatibilité cytoplasmique. L’efficacité d’insectes prédateurs (odonates, hémiptères et coléoptères) fut étudiée. On introduisit des gambusias et des poissons rouges dans les mares. On essaya une grande variété de virus, de bactéries, de champignons, de protozoaires et de vers nématodes qui auraient pu détruire les larves de moustiques.

Une sous-espèce de Bacillus thuringiensis du nom d’ Israelensis et connue comme BTI se montra efficace en 1977. Le bacille synthétise en fait des endotoxines dans le système digestif de la larve et la tue, mais cette endotoxine a une vie très courte lorsqu’elle est exposée à la chaleur et à la lumière, et ne dure que quelques jours. Des virus tuent quelques fois les larves dans la nature, mais on ne sait pas les produire en masse dans les laboratoires. Des nématodes mermithides (vers ronds Romanamermis) donnèrent des résultats non systématiques, sauf dans de petites flaques. Différentes sortes de champignons furent plus prometteuses, surtout des genres Coelomomyces, Metarrhizium, Beauveria, Lagenidium et Cullcinomyces, mais aucune moisissure n’a pu être produite en quantités suffisantes pour le contrôle antipaludéen. On essaya aussi des protozoaires microspores, mais sans grand succès.

En 1993, aucune de ces méthodes, sauf le drainage des eaux stagnantes, n’a permis une destruction significative des moustiques dans leur habitat naturel. Si les formes vivantes de contrôle biologique étaient lâchées dans l’écosystème aquatique, elles pourraient être dangereuses pour les autres formes de vie. Leur utilisation future rencontrera l’opposition de nombreux « écologistes ». Ainsi, le Bacillus thuringiensis disséminé dans les arbres pour en éliminer les chenilles nuisibles a également fortement réduit les populations d’insectes inoffensifs, et plus spécialement d’autres genres de mites et de papillons.

L’Amérique du Nord héberge plusieurs espèces d’anophèles qui sont d’excellents vecteurs du parasite de la malaria. De nombreux insecticides qui auraient pu en contrôler les populations ont été interdits, mais seraient-ils encore disponibles, il n’est pas question de les utiliser dans l’habitat aquatique des larves de moustique. Aux États-Unis, ces sites ne peuvent être traités à cause de la rigidité de la loi sur l’eau propre dont les infractions sont punies de prison ferme et d’amendes énormes.

« Vivre avec le paludisme ? »

En 1991, la Société américaine pour l’avancement des sciences publia un petit livre hors de prix intitulé Malaria and Development in Africa contenant le résultat des conférences sur la malaria dans le monde entier. C’est dans ce fascicule que l’OMS dévoile sa stratégie mondiale de contrôle de la malaria. Cette approche vise « à mettre davantage l’accent sur le malade, et de ne faire de prévention que là où elle est bon marché et susceptible d’être soutenue ». Le but est qu’en 1997 on ait « un contrôle raisonnablement efficace » dans au moins 85 pays où la malaria est endémique.

L’OMS dit qu’en l’an 2000, la mortalité par paludisme aura chuté d’au moins 20% dans 70 pays, par rapport aux niveaux de 1995. Plus tard, toujours selon l’OMS, « le but sera de faire baisser le taux de mortalité d’au moins 80% dans les cinq dernières années du siècle dans la plupart des pays impaludés ». L’opuscule ne mentionne nulle part de méthode d’élimination des larves ou des moustiques adultes, et ne donne aucun détail sur les produits chimiques qui pourraient éventuellement remplacer la quinine, la chloroquine ou le Fansidar pour enrayer le paludisme. Les fonds pour ce programme sont déjà exorbitants, et l’OMS estime que les coûts dépasseront 1,8 milliard de dollars en 1995, à comparer aux 800 millions de 1987. Le directeur de l’OMS, Peter de Raadt, pense qu’à ce moment-là, la moitié des pays participants « aura des programmes satisfaisants, si l’OMS atteint ses objectifs ». On n’évoque aucune autre méthode dans ce cahier, mais, d’après de Raadt, ce n’est pas un problème, « car la quinine et la tétracycline sont toujours efficaces », et de nouvelles médications « sont prêtes à sortir de la chaîne de production (…) Grace à une stratégie correctement mise en oeuvre, c’est possible ».

Quelle est cette « stratégie correctement mise en œuvre » ? Nulle part dans la publication on n’évoque de méthodes de contrôle des larves et des adultes, ni les spécifications des produits chimiques qui devraient éliminer le plasmodium. Il y a de grandes discussions sur « les approches trans-sectorielles », la « planification », « convoquer des conférences », « nommer les responsables », « surveiller la santé publique », « faire la carte du paludisme dans chaque pays » et « enregistrer des données épidémiologiques précises ». Il est dit plusieurs fois que « les stratégies doivent être adaptées aux populations », ce qui induit une priorité pour le développement de nouvelles méthodes de travail pour mettre en œuvre « la pensée nouvelle » de cette stratégie globale. Le but, dit David Nabarro, de l’administration britannique du développement de l’outre-mer, est de « vivre avec le paludisme, plutôt que de l’éliminer ». Plus surprenant encore dans sa bouche : « L’OMS a formellement mis fin à la stratégie d’éradication du moustique vecteur ». Il faut quand même rappeler que l’éradication du vecteur n’a jamais figuré dans la stratégie de l’OMS. Elle a toujours dit avec emphase que l’objectif était non l’éradication du moustique vecteur, mais la prévention de la transmission du plasmodium de la malaria par le vecteur. Cela vous semble-t-il au moins plus intelligent que d’éliminer les moustiques ?

Tels qu’ils figurent dans Malaria and Development in Africa, on peut compter quatre composantes majeures dans la nouvelle stratégie mondiale antipaludéenne, à savoir : (1) miser sur un diagnostic rapide et un traitement immédiat ; (2) élaborer puis mettre en œuvre des programmes sélectifs de prévention ; (3) détecter rapidement les épidémies et (4) réévaluer régulièrement l’état paludéen dans chaque pays. Avec cette stratégie, les bureaucrates vont avoir du pain sur la planche, mais la « réévaluation des catastrophes » ne sauve pas de vies humaines, et cette stratégie est bien muette sur les soins où les méthodes de prévention.

Un rapport plus récent de l’Institute of Medicine conclut : « Ce sont des jours sombres dans la lutte contre la malaria». Un des auteurs, Awash Teklehaimanot, chef du service antipaludéen de l’Éthiopie, qui manifesta sa désapprobation de ce rapport, fit connaître son avis contraire : « L’emphase est mise principalement sur la recherche (médicale) antipaludéenne (contre le plasmodium) dans ce rapport, et on prête trop peu d’attention à la prévention et au contrôle ». Un membre du comité de la malaria de l’Institut, le Dr James Jensen répondit : « Même en multipliant nos efforts de prévention, le parasite gagnera du terrain parce qu’il résiste de mieux en mieux à notre chimie et à nos insecticides ». Et conclut : « Nous avons désespérément besoin d’outils nouveaux. »

Avec une stratégie aussi médiocre de la part des experts, les habitants des pays infectés sont vraiment mal partis. II est difficile de ne pas penser que l’OMS et l’AAAS (l’Association américaine pour l’avancement des sciences) ont rejoint les rangs de ceux qui pensent comme le fonctionnaire de l’AID déjà cité: «Mieux vaut qu’ils meurent plutôt qu’ils ne se reproduisent de façon anarchique. »

Références :

1. J.Gordon Edwards, The lies of Rachel Carson », 21st Century, Summer 1992.

2. Albert Schweitzer, Ma vie et ma Pensée, Albin Michel, 1986.

3. Robert Desowitz, The Malaria Capers, W.W. Northon, New York, 1992

4. Discours de Victor Yannacone, un des fondateurs de l’Environmental Defense Fund, ie 10 mai 1970, cité dans les auditions sur le Federal Pest Control Act de 1971, Chambre des représentants, série n°92-A, p266, 1971.

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En guise de conclusion macabre il faut souligner que toute tentative d’éradication des moustiques porteurs du plasmodium est contrôlée par les écologistes qui ont infiltré les instances gouvernementales décidant (ou non) s’il est opportun de relâcher dans la nature des moustiques génétiquement modifiés afin de tenter de maitriser la maladie. L’idéologie écologiste malthusienne est, comme les moustiques, très loin d’être éradiquée du paysage politique international, un scandale ! Voir par exemple sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/07/08/un-espoir-de-vaccin-contre-la-malaria-mais-pas-tout-a-fait-comme-on-limaginait/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/06/23/histoire-de-moustiques-et-de-telephones/

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/11/29/paludisme-et-manipulation-genetique-combien-faudra-t-il-de-morts-pour-quune-avancee-decisive-soit-autorisee/

Lien : http://www.larecherchedubonheur.com/article-27817961.html

Illustration : moustique anophèle vecteur de la malaria (Wikipedia)

 

Quand la peur climatique devient virale, c’est pire !

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On l’attendait, on l’a préparée, elle est enfin arrivée, l’occasion de continuer à répandre la peur climatique sur toute la surface du globe : c’est le virus Zika, le bienvenu ! Oui, parce que le réchauffement climatique va aider le virus à se répandre presque partout, euh, … non, pas exactement le virus mais le vilain moustique qui lui sert de vecteur. Il y avait récemment le virus Ebola qui n’a pas tué plus de personnes dans les pays concernés que l’équivalent en décès de deux semaines de malaria dans le monde, belle ironie des statistiques de l’OMS. Pas de chance, le virus Ebola ne concerne que des pays pauvres au climat équatorial humide et celui-ci ne changera pas, il est déjà très chaud. Quant au nouveau venu, pas si nouveau que ça puisqu’on l’a différencié de celui de la dengue dont il est un très proche cousin dans les années 1950, il semblerait qu’il menace le monde entier parce que le climat se réchauffe et favorisera donc une pandémie contre laquelle il n’existe aucune arme de destruction massive, comprenez, contre ce virus.

C’est terrible ! Il paraît que ce virus provoque de sévères malformations foetales, comme celui de la rubéole. Il est véhiculé par le terrible Aedes egypti, un moustique opportuniste qui, pire encore, se complait dans les agglomérations urbaines. À propos de ces microcéphalies répertoriées notamment au Vénézuela et quelques autres pays d’Amérique du Sud, dont le Brésil, aucune relation de cause à effet n’a encore pu être établie avec certitude entre cette observation et le virus Zika (ZIKV). Ce que l’on sait pour le moment est que pour une seule Brésilienne ayant souffert d’une fausse-couche on a retrouvé le virus dans le placenta et c’est le seul élément dont on dispose.

Ce que l’on sait aussi depuis quelques jours seulement est la transmission par voie sexuelle du virus via le sperme d’un homme souffrant de cette fièvre confirmée par le CDC. Naturellement ce fait nouveau va raviver la panique qui avait accompagné l’explosion des cas de HIV à la fin des années 70. Toujours est-il que c’est maintenant l’affolement général, il va falloir revoir les lois relatives à l’avortement dans tous les pays très chrétiens d’Amérique Centrale et du Sud car toutes les femmes enceintes risquent de mettre au monde un enfant malformé. À coup sûr le pape va s’en mêler d’autant plus qu’il a aussi osé s’introduire dans le débat sur le climat. Le ZIKV est devenu une plaie pour l’humanité toute entière … en raison du réchauffement du climat inéluctable puisque l’abondance de pétrole à bas prix va précipiter ce désastre sanitaire planétaire.

Pour en rajouter afin d’alimenter la panique, les virus dit chikungunya (CHIKV) et de la dengue font aussi partie des accusés climatiques, les pauvres … Comme la fièvre jaune et quel autre virus encore ? C’est fou comme la crise climatique contre laquelle nous combattons tous les jours et bientôt contraints et forcés par des lois et des taxes en tous genres peut avoir de conséquences inattendues. Oubliée la fonte de la banquise, oubliés les glaciers qui régressent et se désagrègent en provoquant d’irréversibles modifications des courants marins, oubliés les ours blancs et les renards des neiges, ce sont maintenant les virus véhiculés par de vilains moustiques envahissants à la faveur de ce réchauffement qui sont incriminés car ils sont la conséquence directe de nos mauvaises habitudes de vie foncièrement mauvaises pour le climat mais malheureusement très favorables à l’Aedes egypti, la énième plaie d’Egypte et pas seulement de l’Egypte, une vengeance des dieux. C’est terrible … Il faut donc vite se mobiliser contre le changement climatique, il en va de la santé de l’humanité toute entière.

En dehors de la réduction des émissions de carbone dans l’atmosphère, si tant est que ce carbone puisse avoir un effet sur l’évolution du climat, quelle parade immédiate peut être envisagée à peu de frais ? Exterminer à l’échelle planétaire tous les moustiques !

S’il n’y avait pas eu le livre de propagande écologique dévastatrice et criminelle de Rachel Carson « Le Printemps Silencieux » on n’en serait probablement pas dans la situation actuelle non pas seulement pour le Zika mais également pour la malaria, la dengue et bien d’autres maladies virales et parasitaires dont les moustiques sont les vecteurs. Pourquoi ne pas préconiser le retour au bon vieux DDT qui est totalement inoffensif pour l’homme et l’ensemble des vertébrés car avant de trouver une parade génétique ou encore des vaccins, des millions de personnes continueront à mourir … Mais n’est-ce pas là la pleine réussite de l’idéologie malthusienne des mouvements écologistes ?

Le livre de Rachel Carson (1962) fit les délices des mouvements écologistes de l’époque puis naturellement d’organisations maintenant supranationales et ultra-puissantes comme Greenpeace ou le WWF. En 1972, sous l’influence de ces organisations criminelles, le DDT fut interdit aux USA, interdiction suivie par de nombreux autres pays en dépit de la recrudescence notamment de la malaria. Le point final, la victoire définitive des mouvements écologistes, fut la Convention de Stockholm. Cette convention qui prit effet en 2004 interdit l’usage d’une dizaine d’organochlorés appelés Pops (persistent organic pollutants) dont le DDT dans l’agriculture avec une dérogation exceptionnelle et étroitement contrôlée pour l’éradication des moustiques. Naturellement les industriels de la chimie se frottèrent les mains car la course aux produits alternatifs et aux profits potentiellement monstrueux était lancée, depuis les insecticides jusqu’aux liquides caloporteurs des transformateurs électriques. Avec du recul, on peut considérer que les écologistes favorisèrent les profits insolents des industriels de la chimie !

Si la Convention de Stockholm n’interdisait pas l’utilisation du DDT pour éradiquer les moustiques vecteurs de la malaria (Anophèle) ce produit fut cependant progressivement remplacé par d’autres insecticides infiniment plus coûteux sous la pression des mouvements écologistes, encore eux, qui déléguaient des activistes dans les centres ruraux de prévention, notamment en Afrique, en les incitant à utiliser les pyréthroïdes et maintenant les néonicotinoïdes contre lesquels les moustiques développent très rapidement des résistances. Entre 2004 et 2015 on peut estimer que les écologistes ont sur la conscience la mort de près de 10 millions de personnes uniquement pour la malaria, les données de l’OMS n’étant volontairement pas suffisamment précises. Triste constat.

Sources : BBC News ( news.bbc.co.uk/ ), Business Insider et Bloomberg (entre autres). Illustration Wikipedia : moustique Aedes egypti

Le DDT n’en finit pas de tuer … ? Encore une autre escroquerie scientifique !

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Selon une étude « très sérieuse » parue dans le très sérieux Journal of Clinical Endocrinology and Metabolism dont je ne remettrai pas en cause ici la qualité ( DOI: http://dx.doi.org/10.1210/jc.2015-1841 ) le DDT aurait, car il faut utiliser le conditionnel après avoir lu l’article tant les biais statistiques utilisés pour analyser les données sont contestables, transmis in utero un pouvoir oncogène à la descendance. C’est rassurant de savoir que sur 9300 femmes dont les mères (faisant l’objet de cette étude) avaient été exposées au DDT, 118 d’entre elles ont développé un cancer du sein 50 ans après l’interdiction de cet insecticide alors que dans le même temps, près de 40 millions de personnes sont mortes dans le monde de la malaria, majoritairement des enfants. En effet, si on fait une brève estimation des retombées de ce supposé pouvoir oncogène du DDT transmis à la descendance, il y aurait eu dans ce même monde après ce même laps de temps de 50 années près de 200000 cancers du sein dans le monde chez des femmes dont les mères avaient été exposées au DDT avant ou pendant leur grossesse, selon les données de cette étude, tout au moins sur la base d’une extrapolation peut-être hasardeuse des résultats de cette analyse. On est encore loin des 40 millions de morts dus à la malaria puisque le pourcentage de rémission pour le cancer du sein est aujourd’hui, toujours en étant pessimiste, de 80 % – du moins dans les pays dits développés où le dépistage est précoce – soit au maximum 40000 décès « peut-être » dus à un effet indirect et trans-générationnel du DDT, donc 1000 fois moins que la malaria et encore, cette estimation est pessimiste.

Encore une fois, parce que ce genre d’étude orientée (on connait avant même le début de l’étude les conclusions à tirer de cette dernière) n’a qu’une très relative valeur scientifique, il s’est agi de prouver que le DDT était dangereux à tout point de vue et qu’en apportant de l’eau au moulin des écologistes qui ont obtenu le bannissement du DDT en se moquant de la mortalité par la malaria – ce sont des pauvres, ils n’en ont rien à foutre – on améliorerait la bonne conscience du monde développé. En entrant dans les détails de l’étude, on va de surprise en surprise. Les outils statistiques utilisés ont lissé les facteurs de risque comme les taux de lipides sanguins, le poids ou surpoids, l’origine ethnique, l’age et l’historique familial d’apparition de de ce type de cancer. L’étude a tout simplement oublié de prendre en considération les principaux facteurs favorisant l’apparition de ce cancer, dont le manque d’exercices physiques, l’abus d’alcool, la thérapie hormonale durant la ménopause ou encore l’age d’apparition des premières règles, le nombre ou l’absence de grossesses, avoir ou non nourri un enfant au sein. Ces derniers facteurs sont pris en compte pour expliquer plus de 80 % des cancers du sein et 10 % supplémentaires sont explicables par la présence des gènes BRCA1 et 2. Il ne reste plus beaucoup de place pour incriminer à coup sûr le DDT !

Cette sombre histoire de l’interdiction du DDT prit naissance avec la publication du livre de Rachel Carson, Le Printemps Silencieux, en 1962, devenu la bible, le livre de chevet, le Kamasutra des écolos. Ces derniers considèrent que la malaria n’est pas la conséquence des moustiques mais plutôt celle de mauvaises conditions environnementales et sanitaires. Il faudrait, moi qui ai vécu dans des pays tropicaux et devenu paludéen à vie, qu’on m’explique le sens profond de cette distinction …

Il est opportun de se remémorer ici la quasi disparition du typhus en Europe grâce au DDT qui permit entre 1950 et 1970 d’exterminer les poux, les tiques et les puces vecteurs de la bactérie à l’origine de cette maladie. On a tendance à oublier les effets bénéfiques du DDT et à diaboliser ce produit qui contribua à une amélioration indéniable des conditions sanitaires de dizaines de pays tant développés qu’en voie de développement. Pourquoi le DDT fut interdit, telle est la question. La première réponse évidente et que personne ne peut honnêtement contester est qu’il existait comme pour les CFCs supposés mauvais pour la couche d’ozone atmosphérique des produits de remplacement tels que les pyrèthres de synthèse et les nouveaux dérivés de la nicotine communément appelés maintenant néonicotinoïdes. Il s’agit de scénarios parfaitement identiques, ces produits étaient bardés de brevets mais il leur fallait un marché. Jamais aucune preuve formelle ne put être apportée pour conforter l’hypothèse de la formation du trou d’ozone antarctique favorisée par les CFCs, jamais également les effets néfastes pour l’environnement du DDT ne furent prouvés formellement. L’interdiction du DDT reposa uniquement sur le pamphlet écologiste de Rachel Carson, sponsorisée par le New-York Times afin d’atteindre le maximum de lecteurs et de politiciens qui aboutit à la Convention de Stockholm interdisant l’usage du DDT comme l’interdiction des CFCs fut décrétée par le Protocole de Montréal. Le scénario fut en tous points équivalent à celui dont est aussi victime aujourd’hui le monde entier, à savoir le changement climatique d’origine humaine. Il s’agit de démarches organisées par les grandes multinationales de la chimie et de l’ingénierie (dans le cas du climat) pour faire exploser leur chiffre d’affaire et appuyés par des écologistes benoitement convaincus du bien-fondé de ces démarches car elles sont conformes à leur idéologie, pas plus compliqué que cela …

On vit aujourd’hui dans un monde où le mensonge et la mauvaise science ont droit de cité. L’esprit critique est évanescent, l’idéologie a pris le pas sur l’objectivité, les scientifiques ou du moins ce qu’il en reste sont pris en otage par les politiciens, les industriels et des idéologues sectaires influençant ces derniers et qui n’ont de cesse de répandre la terreur. Nous vivons dans un monde terrifiant de mauvaise foi et bienheureux celui qui pourra prédire l’avenir de nos enfants et de nos petits-enfants dans de telles conditions. Quarante millions de morts par la malaria depuis l’interdiction du DDT, un « détail » qui laisse indifférent l’ensemble des décideurs, y compris les organismes internationaux dédiés à la santé comme l’OMS (WHO), 40 millions de morts et personne ne se sent coupable de cette désastreuse et criminelle décision d’interdiction du DDT …

Illustration : Rachel Carson (Wikipedia)

Les punaises de lit de retour, c’est confirmé.

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Quand Paul Hermann Müller de la firme Geigy inventa le DDT en 1939, le premier insecticide connu, l’une de ses premières applications fut de se débarrasser des punaises de lit (Cimex lectularius). Après la deuxième guerre mondiale, l’usage du DDT éradiqua cet animal puant suceur de sang, vicieux, insidieux, tapi dans l’ombre attendant patiemment qu’on s’endorme pour nous dévorer. Quand le DDT fut interdit pour des raisons pas très claires sinon qu’il existait de nouveaux insecticides beaucoup plus coûteux la punaise ne réapparut pas tout de suite. Cette histoire de DDT fut une entourloupe, une de plus, des grandes firmes de la chimie qui fit que ce produit fut interdit dans le monde entier sous prétexte que cette molécule s’accumulait dans toutes sortes de biotopes y compris notre graisse. Bref, revenir à ce pseudo-scandale qui favorisa aussi le décès de dizaines de millions de personnes en raison de la malaria, fit que progressivement la punaise de lit refit une apparition triomphante il y a quelques années et pas n’importe où, y compris dans les chambres à 1500 dollars la nuit des grands hôtels de luxe de New-York mais également dans les maisons plus modestes et même les cabines des avions long-courriers !

La punaise de lit, malgré son côté répugnant, a fasciné des auteurs comme Henry Miller, un écrivain qui fréquentait, avant la guerre, donc avant l’invention du DDT, des chambres d’hôtels borgnes, était un admirateur de cet insecte. Il écrivit à son propos dans Tropique du Capricorne (1939) l’émerveillement dans l’attitude que prend cette bestiole qui « demeure en attente infiniment derrière le papier peint », attitude qui rappelle « la transe du yogi, la catalepsie de l’individu pathologique ». Et il n’y a pas qu’Henry Miller pour s’extasier devant le comportement des punaises : Bessie Smith a créé une chanson presque à sa gloire, « Mean Old Bedbug Blues » en 1927 ( https://www.youtube.com/watch?v=maITxVmRI-A ).

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Si l’homme s’est « approprié » la punaise, cela remonte tout simplement à l’époque où il vivait dans des grottes infestées de chauve-souris elles-mêmes infestées de punaises et cet espèce de commensal l’a toujours suivi puisqu’on en a retrouvé dans des sarcophages égyptiens, l’Apôtre Jean leur parle et elles lui obéissent et enfin, le Talmud dans son traité de l’impureté des femmes menstruées précise que l’impureté de ces dernières est levée s’il est démontré que le sang maculant le lit provient de la piqûre de punaises ! Bref, entre le XIIIe siècle où apparaît la punaise en France venant d’on ne sait trop où (peut-être ramenée par des Croisés retardataires) elle a fini par envahir le monde entier puis être quasiment éradiquée au cours des années 60 par l’usage intensif du DDT. Toutes ces informations parfois amusantes proviennent d’un ouvrage écrit par Brooke Borel et intitulé « Infested » qui met l’accent sur le simple fait que ce qu’on tente d’éradiquer finit par revenir un jour quelquefois avec plus d’agressivité, en quelque sorte une vengeance, un retour à la normale. On a tenté de trouver un moyen de les piéger ( https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/12/31/les-punaises-de-lit-vont-avoir-la-vie-dure-on-a-trouve-comment-les-attirer-dans-un-piege/ ) mais aux dernières nouvelles la plus grande menace est que ces « nouvelles super-punaises » sont résistantes aux insecticides les plus communément utilisés dans une maison comme les pyréthroïdes et les nicotinoïdes et on se demande encore bien comment elles ont pu arriver à s’accommoder de ces produits. Par exemple elles possèdent un exosquelette plus épais que leurs cousines des « champs » et sont donc plus résistantes aux insecticides. Leur métabolisme est plus actif, ce qui leur permet de mieux éliminer les insecticides et enfin elles ont des pattes plus longues, ce qui leur permet de s’échapper plus rapidement si elles sont dérangées.

Selon une étude réalisée au département d’entomologie de l’Université du Kentucky (voir le lien en accès libre) la résistance aux insecticides de la punaise de lit fait intervenir 14 gènes différents dont celui d’épaissir son exosquelette et qui agissent en synergie rendant cet ennemie intime de l’homme particulièrement difficile à éradiquer. Fort heureusement la punaise de lit n’est pas connue pour transmettre des parasites, virus ou autres bactéries … on est rassuré !

http://www.nature.com/srep/2013/130314/srep01456/pdf/srep01456.pdf