Warming or cooling ? That is the question !

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Il est d’un immense intérêt de se plonger dans la lecture d’une suite d’articles du Docteur Mike Lockwood relatifs à la corrélation entre le flux solaire atteignant les hautes couches de l’atmosphère, les variations du champ magnétique et le nombre de taches solaires. Ces trois paramètres sont naturellement liés puisque les taches solaires et leur apparition selon les latitudes du Soleil dépendent de la dynamo solaire, ce double flux torique qui apparaît aux hautes latitudes pour s’enfouir à l’intérieur de l’astre au niveau de l’équateur solaire et réapparaître ensuite au niveau des pôles. Cette « dynamo » est également à l’origine de modulations du champ magnétique de notre étoile qui nous protège en partie des rayonnements cosmiques provenant de l’Univers. Or, la Terre n’est pas en permanence « protégée » avec la même efficacité contre ces rayonnements galactiques et extra-galactiques par le champ magnétique du Soleil selon la position qu’elle occupe sur son orbite autour du Soleil et d’autre part selon le cycle d’environ onze ans de l’activité solaire qui modifie l’efficacité de cette protection. Les effets du rayonnement cosmique sur l’atmosphère sont par conséquent variables et induisent une variabilité de l’état d’ionisation des hautes couches de l’atmosphère terrestre et durant les périodes de faibles activité solaire, donc durant l’affaiblissement (tout relatif) du champ magnétique solaire, alors la Terre se trouve soumise, y compris aux plus faibles altitudes, à ce rayonnement cosmique qui peut engendrer par exemple des précipitations plus fréquentes. Il ressort de ces études réalisées au Département de Météorologie de l’Université de Reading, GB, que non seulement la météo dépend des caprices du Soleil mais que la tendance climatique sur le moyen ou le long terme est étroitement corrélée à l’évolution de l’activité solaire. Un autre facteur compliquant quelque peu l’analyse des variations du climat résulte des variations du champ magnétique terrestre. Il ressort donc que prévoir l’évolution du climat relève d’une gymnastique particulièrement complexe sinon périlleuse si on ne tient pas compte de la « vitalité » changeante du Soleil.

L’observation du géomagnétisme ne date pas d’aujourd’hui puisque ce sont les Chinois qui ont inventé la boussole au premier siècle de notre ère. À la fin du XVIe siècle un certain Robert Norman observa que l’aiguille aimantée d’une boussole n’était pas horizontale. Il en déduisit l’orientation du vecteur du champ magnétique terrestre. Quelques années plus tard on se rendit compte que la direction du nord magnétique ne correspondait pas avec celle indiquée par la rotation de la Terre en observant l’Etoile Polaire, tout simplement. Puis on se rendit compte que le champ magnétique terrestre variait au cours de la journée. Il fallut attendre le milieu du XIXe siècle pour qu’un certain nombre de villes, sous l’impulsion de physiciens comme Gauss et Weber, s’équipent dans leurs observatoires de magnétomètres. C’est ainsi que l’Empire Britannique mit en place un réseau planétaire de magnétomètres dispersés dans diverses provinces (dominions), Canada, Australie, Afrique du Sud et même dans les îles de Saint-Hélène ou de Singapour, alors possession de Sa Majesté. Les données furent analysées et montrèrent que le champ magnétique terrestre tel qu’observé par ces appareils d’une précision déjà surprenante pour l’époque variait de manière synchrone avec la variation des taches solaires outre le cycle d’alternance jour-nuit régulier. Il faut donc citer le sieur Edward Sabine de l’Amirauté Britannique comme auteur de cette observation inattendue et il faudra attendre de nombreuses années avant d’en apporter une compréhension détaillée.

En fait le champ magnétique solaire influe sur le champ magnétique terrestre et c’est la raison pour laquelle Sabine fit ce rapprochement qui le surprit mais ne l’empêcha pas de publier en 1852 dans les Philosophical Transactions de la Royal Society de Londres les notes relatant ses observations restées alors sans explication.

Aujourd’hui des magnétomètres sont dispersés dans les régions circumpolaires au nord et sur le continent Antarctique et les observations spatiales du champ magnétique solaire permettent d’affiner l’ensemble des données. Comme l’axe de rotation du Soleil n’est pas perpendiculaire au plan de l’écliptique, c’est-à-dire le plan sur lequel se trouve l’orbite de la Terre, se surimposent alors les effets de la rotation de la Terre autour du Soleil. Nonobstant ces difficultés, afin d’expliquer le pourquoi du minimum de Maunder (1645-1715), du petit âge glaciaire autour du début du XIXe siècle (minimum de Dalton), du léger assoupissement solaire (cycles 12 à 14) au début du siècle dernier et de l’anomalie du cycle solaire #20, les données magnétométriques de divers observatoires, Helsinki (1845-1890), Eskdalemuir en Ecosse (depuis 1911), Postdam (1891-1907) puis d’une bonne quarantaine d’observatoires répartis dans le monde depuis ces années ont été analysées finement afin de reconstruire en regard des observations des taches solaires l’évolution du champ magnétique terrestre et d’en déduire, en rapprochant les observations spatiales récentes, l’évolution du champ magnétique solaire. Il faut rappeler ici que le premier magnétomètre fut installé par Gauss à Göttingen en 1832 … Il est effectivement important de se faire une idée précise de ce champ magnétique car il est sous l’influence en fait de l’activité solaire et de son évolution, dans la mesure où elle peut être prédite grâce aux observations passées des taches solaires, afin de se faire aussi une petite idée de ce qui nous attend dans le futur, pas demain matin mais dans 20 à 50 ans et plus, sachant qu’un cycle solaire dure en moyenne onze années. Il faut multiplier par 30 l’échelle de gauche pour obtenir le nombre de taches solaires :

Capture d’écran 2015-02-26 à 19.12.13

Pour remonter jusqu’au minimum de Maunder (en vert), les corrélations établies par Lockwood ont également été rapprochées des proxys tels que le béryllium-10 ou le carbone-14 générés par spallation cosmique à partir de l’azote atmosphérique. Cette production de Be-10 et C-14 est d’autant plus abondante que l’activité solaire est plus faible, en d’autres termes que le champ magnétique solaire est plus faible et donc protège moins bien la Terre des rayons cosmiques. L’isotope radioactif du béryllium se retrouve dans les carottes glaciaires et également les formations calcaires des grottes.

Muni de l’ensemble de ces données Lockwood a pu ainsi reconstruire sans ambiguité l’intensité du vent solaire et la valeur du champ magnétique interplanétaire (Bm exprimé en nano tesla, nT) durant le minimum de Maunder. Durant ce minimum le champ magnétique chuta de manière prolongée aux alentours de 2 nano tesla (nT) alors que sa valeur normale est d’environ 6 nT et le nombre de taches solaires approcha zéro durant quatre cycles solaires consécutifs malgré un vent solaire soutenu par les parties chaudes de la couronne solaire et ce malgré l’absence de taches. Enfin le flux magnétique solaire ouvert qui dépend directement du champ magnétique a chuté en passant de 1000 à 100 giga Weber (Wb, 1 Wb = 1 T/m2). Cette chute a fait que la Terre ne s’est pas trouvée exposée au vent solaire pendant une durée prolongée.

Le minimum de Maunder est loin de nous, c’était du temps du Roi Soleil, comme son nom ne l’indique pas ! Mais fort de ces données, Lockwood a revisité les récents minima solaires, les cycles 5 et 6 au début du XIXe siècle dits « petit âge glaciaire » ou minimum de Dalton, l’ « anomalie » des cycles 12 et 14 au début du XXe siècle – un autre tout petit âge glaciaire qui a un peu requinqué les glaciers alpins (entre autres) – et plus récemment le cycle solaire 20 (1970) pour lequel aucune explication satisfaisante n’avait pu être apportée sur sa faiblesse en comparaison des trois cycles précédents et des trois cycles suivants, très puissants, correspondant à l’optimum contemporain :

Capture d’écran 2015-02-26 à 19.13.50

Il se trouve que dans les deux cas, cycles 12 et 14 et cycle 20, le champ magnétique interplanétaire (B, exprimé en nano tesla nT) a baissé d’intensité de même que le vent solaire (V, exprimé en km par seconde), R étant le nombre de taches solaires. Ces résultats correspondent donc bien à ce qui a été déduit des diverses données pour ce qui concerne le minimum de Maunder.

Que peut-on donc conclure objectivement de ces résultats ? D’abord la dynamo solaire, pour des raisons encore largement inconnues, change de « braquet », comme dirait un coureur du tour de France, et ces variations paraissent aléatoires mais pas tant que ça. Si l’on se penche sur la première figure, on remarque une certaine périodicité d’environ cent ans depuis la fin du minimum de Maunder avec trois optima, 1720-1800, 1820-1880 et enfin 1920-2000. D’autre part les « effets de marée » exercés par Jupiter sur l’orbite du Soleil autour du centre de gravité du système solaire doivent être pris en compte et la mécanique céleste prévoit ainsi un affaiblissement déjà en cours de la dynamo solaire pour ces raisons (voir le lien sur ce blog). Que va-t-il donc se passer plus tard ? On sait donc que depuis le cycle solaire 23 qui a été particulièrement long, environ 13 ans, la dynamo solaire se ralentit. La première conséquence à laquelle on pouvait s’attendre est un affaiblissement notoire et effectivement observé du nombre de taches solaires au cours du cycle 24 qui se terminera bientôt en laissant derrière lui l’optimum contemporain qui ne sera plus qu’un bon souvenir dans quelques années. La première figure indique clairement que le champ magnétique interplanétaire (courbe bleue) a considérablement chuté en intensité avant même la fin du cycle 23 et sa valeur actualisée aujourd’hui approcherait déjà celle du petit âge glaciaire (vers 1800, minimum de Dalton) pour encore chuter et rejoindre les valeurs recalculées pour le minimum de Maunder. Les astrophysiciens prévoient même un cycle 25 « comateux » et ce n’est pas dans très longtemps, vers les années 2025 !

Les conséquences parfaitement prévisibles, mais personne n’ose trop en parler ouvertement, y compris Lockwood, pourraient être catastrophiques pour l’évolution de l’ensemble du climat de la planète. D’abord l’affaiblissement du champ magnétique solaire exposera la planète Terre à un bombardement intense de rayons cosmiques qui favorisera les précipitations sous forme de pluie et de neige en formant des noyaux ionisés dans l’atmosphère entrainant la condensation de la vapeur d’eau. La chute de l’activité solaire (nombre de taches solaires faible voire nul) aura un effet direct sur la température moyenne de la planète orientée inexorablement à la baisse. Enfin, comme durant le minimum de Maunder, la Terre pourrait ne plus être soumise à un vent solaire régulier en raison de l’angle du plan de l’écliptique avec l’axe de rotation du Soleil. Quelques astrophysiciens ont osé lancer une alerte mais qui a daigné les entendre ? Pour ainsi dire personne … Lockwood, qui n’en pense pas moins, j’en suis personnellement convaincu tant ses travaux sont limpides, a simplement déclaré elliptiquement que cette évolution de l’activité solaire parfaitement prévisible pourrait seulement favoriser des hivers plus froids mais pas partout, peut-être bien en Europe mais pas au Canada ou en Chine ou vice-versa.

Il va sans dire que l’évolution de la science a pris une tournure nauséabonde : qui ose s’attaquer au dogme du réchauffement climatique risque sa vie professionnelle faute de crédits de recherche, on ne peut pas être plus clair, devra sous la pression exercée par une mafia politico-idéologique mondiale de couleur vert-rouge se rétracter comme Galilée se rétracta devant le tribunal religieux en déclarant à regret à propos de la Terre « et pourtant elle tourne ». Lockwood et ses confrères se rétracteront aussi (pardon, se sont déjà rétracté) en maugréant d’une voix inaudible : « et pourtant on s’achemine avec certitude vers une âge glaciaire ».

Sources : The Astrophysical Journal Letters ( doi:10.1088/2041-8205/781/1/L7 ), Journal of Geophysical Research, doi:10.1002/ 2014JA019972 ), doi:10.1002/2014JA019970 ), doi:10.1002/2014JA019973 ) et enfin Annales Geophysicae 32(4). pp. 367-381, ISSN 1432-0576

Illustrations : Edward W. Mounder et J. Geophysical Research

Autre lien https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/03/19/rechauffement-climatique-non-definitivement-refroidissement/

 

Le soleil ? Mais bien sûr Madame Michu !

Je n’ai pas pu lire l’article paru dans le dernier numéro de Nature Geoscience qui n’est pas en accès libre mais le titre est alléchant : « Solar forcing of North Atlantic surface temperature ans salinity over the past millenium », en français « Effet de l’activité solaire sur la température et la salinité de l’Atlantique Nord au cours du dernier millénaire ». Je me suis contenté du résumé et de la vision très approximative des figures. L’étude provient de l’Université de Cardiff qui a examiné la distribution isotopique du béryllium 10 dans les foraminifères des sédiments marins au sud de l’Islande. Pourquoi l’Islande ? Justement parce que le Gulf Stream arrive tout droit sur cette île et fait que le port de Reykjavík est libre de glaces tout l’hiver alors qu’il est très proche du cercle polaire arctique et c’est une exception notoire. Etudier la teneur en béryllium 10 des squelettes du plancton revient à reconstituer les cycles solaires, on parle dans ce cas d’un « proxy » (je n’ai pas trouvé de traduction satisfaisante en français de ce mot) c’est-à-dire l’étude d’un phénomène pour en expliquer un autre qui lui est associé indirectement. En effet, quand l’activité solaire diminue, le champ magnétique solaire diminue également et ce champ dévie moins bien les rayons cosmiques galactiques et extra-galactiques atteignant la Terre. S’il y a augmentation de la teneur en béryllium 10 dans les squelettes de foraminifères (ou dans les stalagmites des grottes ou encore dans les arbres) cela indique que le bombardement cosmique était plus intense. Le béryllium 10 provient du bombardement des noyaux d’oxygène ou d’azote de l’atmosphère par des protons (noyaux d’hydrogène) de très haute énergie qui après émissions de quarks (je ne m’attarde pas sur ce point), de neutrons et d’autres protons et photons conduit au noyau plus stable du béryllium 10, radioactif mais pas trop dangereux fort heureusement. Ce phénomène s’appelle la spallation cosmique et la formation du carbone radioactif 14 provient d’un phénomène similaire à la suite de la capture d’un neutron thermique par l’azote, ces neutrons thermiques provenant d’autres phénomènes de spallation. Plus il y a de cet isotope du béryllium moins le soleil était actif et c’est pourquoi on appelle ce genre d’étude un proxy pour reconstruire les cycles de l’activité solaire.

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Dans cette figure, l’échelle de la teneur en béryllium est inversée afin que, graphiquement, elle corresponde à l’activité solaire. Il est intéressant de noter par exemple l’augmentation importante de la teneur en Be 10 correspondant au minimum de Maunder aux alentours des années 1700 ou encore au cours du petit âge glaciaire vers 1800 (minimum de Dalton). L’exactitude du proxy n’est donc pas contestable. Pour ce qui concerne les températures, l’autre approche isotopique consiste à mesurer le rapport entre oxygène 16 et oxygène 18, les deux isotopes stables de l’oxygène naturellement présents dans l’eau et les oxydes, donc aussi dans les squelettes des foraminifères. En effet l’eau formée avec de l’oxygène 18 est 12,5 % plus lourde que l’eau « normale » et elle a tendance à geler plus rapidement et les oxydes en particulier de calcium et de magnésium cristallisent plus vite également si la température de l’eau est plus basse et les processus métaboliques variés sont un peu plus lents avec l’oxygène 18, c’est facile à comprendre.

C’est ce qu’a étudié cette équipe de l’Université de Cardiff dans les sédiments marins islandais. Et ce qu’ils ont trouvé constitue une sorte de scoop qui met à mal les théories sur l’effet de serre et le réchauffement climatique. Au cours des minima d’activité solaire mentionnés plus haut, l’étude des squelettes de foraminifères a montré de manière incontestable que l’océan se refroidissait notoirement. On pouvait s’y attendre puisque l’énergie solaire atteignant la Terre est environ 10000 fois plus importante que toute l’énergie produite par l’activité humaine sur la planète, l’activité solaire a donc bien un effet direct sur la température de l’océan mais, et c’est un fait nouveau et inquiétant, la chute d’activité solaire peut également expliquer une modification de l’ensemble des conditions anticycloniques régnant sur l’Atlantique Nord. Le fameux anticyclone des Açores dont les météorologues nous rabattent les oreilles se positionnerait au cours de ces périodes de faible activité solaire sur l’Irlande de manière stable et durable, entrainant un flux d’air froid sur l’ensemble de l’Europe continentale et une déviation partielle du Gulf Stream vers les côtes du Groenland entrainant un refroidissement relatif de l’Islande. Comme dans l’hémisphère nord les vents anticycloniques tournent dans le sens des aiguilles d’une montre, la remontée d’air océanique plus chaud vers l’Islande ne pourrait pas combler le déficit du détournement partiel du Gulf Stream, ceci explique alors les résultats obtenus mais rend également compte des hivers particulièrement rigoureux vécus durant les années 1650-1700 en Europe, un peu le genre de situation de vortex polaire qui a sévi à deux reprises sur l’Amérique du Nord en cet hiver 2014. De plus l’absence de vents d’ouest humides sur l’Europe de l’ouest aggraverait la situation car qui dit vents humides dit apport d’énergie thermique par la vapeur d’eau.

Ce travail est donc bien de la vraie climatologie, une science qui étudie les phénomènes passés et non pas ce qui pourrait arriver si … ,si … et si … à l’aide de modèles informatiques tous aussi faux les uns que les autres. On est donc bien dans le concret et comme les spécialistes du soleil ont prédit une chute brutale de l’activité solaire à partir du cycle 25 en se référant uniquement aux observations passées, cette étude permet donc d’imaginer sans peine ce qui va arriver dans les 15 à 30 prochaines années. La période moderne dite « chaude » qui a débuté au début du XXe siècle est belle et bien terminée et quelles que puissent être les activités humaines sur l’état de l’atmosphère, qu’il y ait 50 ou 200 ppm de CO2 de plus n’y changera strictement rien, il faut se préparer à un âge glaciaire. Les chercheurs de l’Université de Cardiff se sont bien gardé de conclure dans ce sens car ils risqueraient de ne plus avoir de crédits de recherche s’ils osaient nier la théorie de l’effet de serre et du réchauffement. Il s’en sont tiré par une pirouette que je cite (sic) : « Quoique les changements de température attendus avec l’activité solaire future soient très inférieurs au réchauffement attendu dû aux émissions de gaz carbonique, la variabilité du climat régional associé aux effets de l’intensité de l’activité solaire sur l’océan et l’atmosphère devrait être prise en compte quand il s’agira de faire des projections sur le climat futur ». Un très beau morceau de prose, certes, mais on est en droit de mettre en doute ce genre d’affirmation gratuite puisqu’on n’a encore jamais pu quantifier la variation de l’énergie solaire atteignant la Terre entre des minima et des maxima d’activité et pour ce qui est du « réchauffement attendu » il s’agit toujours d’une pure spéculation !

Source : Cardiff University via Alphagalileo et New-York Times

Les battements d’aile du papillon

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Puisque mon billet sur l’influence prépondérante du soleil sur le climat de la Terre a suscité quelques remarques il m’a paru nécessaire d’apporter des précisions à mon argumentaire. D’abord la quantité d’énergie thermique (si ce terme est approprié) d’origine anthropique (humaine) produite, donc, sur la Terre est environ 1 / 10 000 e de l’énergie thermique solaire qui atteint la Terre. L’énergie thermique provenant du soleil veut dire dans les esprits infra-rouge, or le soleil irradie des gamma jusqu’aux ondes radio, faut-il le rappeler. On peut donc légitimement douter qu’une augmentation de 0,01 % de la teneur en CO2 dans l’atmosphère soit négligeable sur l’évolution du climat pour une raison très simple : une augmentation de l’activité solaire de 1 % aurait un effet 100 fois supérieur à celui de l’effet (hypothétique, car toujours pas prouvé) du CO2 sur les températures moyennes de la planète, n’importe quel élève de CM1 peut faire ce calcul si on lui fournit clairement les données malgré le classement PISA catastrophique de la France.

Le cycle 24 d’activité solaire mesurée par le nombre de taches solaires en voie d’achèvement (a culminé en 2012) s’est trouvé être inférieur de près de 50 % au précédent (cycle 23) lui-même inférieur au cycle 22 comme on peut le voir dans la figure ci-dessous (NASA).

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On peut donc s’attendre à un refroidissement de la planète surtout sensible aux latitudes comprises entre 30 et 65 degrés à moins d’un retournement de tendance pour le cycle 25 prévu culminer vers 2023. Malheureusement pour mes petits-enfants, je ne serai probablement plus de ce monde, mais les prévisions sur le long terme de l’activité solaire sont formelles, le cycle 25 risque de ressembler aux cycles du minimum de Maunder (1645-1715), triste perspective …

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La prévision de l’intensité des cycles solaires repose sur l’analyse de la migration des taches solaires des latitutes de 30 degrés nord et sud vers l’équateur solaire qui donne une bonne image de l’intensité du flux de ce que les astrophysiciens spécialistes du soleil appellent le « conveyor belt » une sorte de courant de matière dans les profondeurs du soleil qui vient « buller » à la surface en formant les taches solaires qui sont d’origine purement magnétique. Les observations sur le long terme des taches solaires permet donc de prévoir l’intensité du flux de ce courant, on doit dire des deux branches, nord et sud, et donc du nombre de taches solaires à venir et par voie de conséquence de l’activité globale du soleil (voir la représentation dite en ailes de papillon). Pas de chance donc, le présent cycle 24, le moins actif depuis le cycle 12 (années 1800, minimum de Dalton) qui vit une progression spectaculaire des glaciers alpins va être suivi d’un cycle 25 quasiment plat ! En effet, la vitesse des « conveyor belts » qui est évaluée à environ 1 mètre par seconde depuis la fin du XIXe siècle a récemment diminué il y a une dizaine d’années pour ne plus atteindre que 0,75 m/s dans l’hémisphère nord solaire et seulement 0,35 m/s dans l’hémisphère sud. C’est cette observation qui conduit les spécialistes du soleil à affirmer une telle prévision sur 20 ans qui fait froid dans le dos : on s’achemine vers un âge glaciaire dont la durée ne peut pas encore être précisée. Le physicien David Hathaway, spécialiste du soleil reconnu, résume le résultat de ses études en ces termes : « le ralentissement que l’on observe (de la vitesse des conveyor belts) en ce moment signifie que le cycle solaire 25, culminant aux alentours de 2022, pourrait être l’un des plus faibles depuis des siècles ». Si on est encore sceptique, Hathaway ajoute que « depuis les années 1890 l’analyse des diagrammes en ailes de papillon a permis de calculer la vitesse des « belts » (conveyor belts solaires) qui a ainsi permis une excellente prédiction de l’activité solaire à venir, et si la tendance se confirme, le cycle 25 en 2022 pourrait comme les « belts » être en dehors des graphiques ». En d’autres termes, selon ce spécialiste, ça risque d’être catastrophique pour le climat.

Il n’y a pas besoin de déborder de pessimisme pour imaginer Chamonix et le Valais en Suisse sous la glace, pour prendre des exemples proches de nos contrées, ou encore la Seine, la Loire ou encore la Tamise prises par le gel de novembre à avril, le blé qui ne peut plus pousser en Ile-de-France, là ça deviendrait inquiétant et encore plus terrifiant qu’il n’y ait plus de vendanges au nord du 45e parallèle, imaginez un Nouvel An en 2030 ou même bien plus tôt sans champagne …

Le CO2 n’y est pour rien, ce n’est que le battement d’aile du papillon !

Source : NASA (puisqu’il faut dorénavant que les blogueurs citent leurs sources)

 

 

Et si ce n’était que le soleil …

De la neige au Caire, on n’avait pas vu ça depuis 112 ans, donc même pas de mémoire d’homme vivant, Jérusalem sous une couche conséquente de neige (40 centimètres) également, quant aux USA, c’est comme qui dirait la plus extrême et durable vague de blizzard jamais vue de mémoire d’Américain et ce n’est que le début de l’hiver. En Europe on ne peut pas vraiment dire que c’est le réchauffement puisque les températures matinales sont systématiquement proches ou bien en dessous de zéro depuis plusieurs semaines et l’affaiblissement de l’anticyclone persistant sur l’Europe prévu en fin de semaine prochaine pourrait entraîner d’importantes chutes de neige. On peut donc objectivement affirmer que le climat se réchauffe (c’est de l’humour) et que par voie de conséquence, cette vague de froid est due aux émissions incontrôlées de gaz à effet de serre variés, surtout le dernier venu, le méthane des forages fuyards pour extraire le gaz de schiste par fracturation hydraulique, technique, selon les écologistes, honteuse et contreproductive. Les climatologues doivent donc être perplexes en constatant que les effets attendus du réchauffement ont tout l’air d’aller dans le sens contraire à leurs prévisions alarmistes.

Des voix s’élèvent ici et là pour au contraire prendre le contre-pied des alarmistes autoproclamés experts en climatologie de l’IPCC, cette vaste escroquerie planétaire cautionnée par l’ONU. Par exemple le Professeur Horst-Joachim Lüdecke de l’Université de Saarland en Allemagne prévoit, après analyse de l’activité solaire dont deux cycles, l’un d’environ 200 ans et l’autre d’une soixantaine d’années, se superposent et vont conduire à un refroidissement généralisé de la Terre dans les prochaines années, atteignant un minimum comparable à celui du petit âge glaciaire des années 1870 (minimum de Gleissberg). Le cycle de 65 ans, le mieux étudié, commande indirectement les oscillations décadales des Océans Pacifique et Atlantique qui ont pu être identifiées sur les 1400 années passées sans que l’on puisse établir un lien de causalité entre l’activité solaire et ces oscillations compte tenu de l’extrême complexité de ces phénomènes. Le géophysicien H. Abdussamatov de l’Université de Saint-Peterbourg prévoit un minimum glaciaire culminant vers les années 2040 et débutant aux alentours de 2015 ( http://scienceandpublicpolicy.org/images/stories/papers/originals/grand_minimum.pdf ) quant à la fonte de la banquise arctique, un bon marqueur des effets de l’activité solaire, non seulement elle n’a pas eu lieu comme cela était prédit par les experts de l’IPCC, mais entre le 15 août 2012 et le 15 août 2013 la surface de la banquise a augmenté de 29 % selon les récentes  données satellitaires de la NASA. Le professeur Anastasios Tsonis de l’Université du Wisconsin à Madison, spécialiste des oscillations océaniques considère que la Terre est déjà entrée dans une période de refroidissement qui va durer au moins quinze années. Ses prévisions sont corroborées par le Professeur de physique spatiale Mike Lockwood à l’Université de Reading (GB) qui considère que l’activité solaire est entrée dans un cycle de décroissance dont la rapidité n’a jamais été aussi importante depuis 10000 ans. Les curieux qui croient encore aveuglément à l’effet des activités humaines sur l’évolution du climat peuvent lire cet article ( http://climaterealists.com/attachments/ftp/Lu_ArXiv_EuE.pdf ) qui prouve justement le contraire, en d’autres termes l’activité solaire mesurée par le nombre de taches vient à peine de terminer le cycle de réchauffement qui a suivi le minimum de Maunder (1645-1717) pour entrer dans une période de faible activité. Les prévisions de la NASA relatives au cycle solaire 24 (le cycle numéro 1 a débuté en mars 1755 et chaque cycle dure 11 ans) se sont révélées fausses et le présent cycle qui se termine a été particulièrement pauvre en taches solaires. Les cycles solaires anciens sont étudiés par mesure de l’abondance en isotope 10 du béryllium par exemple dans les stalagmites ou les sédiments.

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Plus il y avait de Be 10 moins le soleil était actif comme l’indique l’illustration (Wikipedia) qui établit une corrélation avec les cycles d’activité solaire. Il suffit de comparer le nombre de taches solaires du cycle précédent et de celui en cours ( http://www.swpc.noaa.gov/ftpdir/weekly/RecentIndices.txt ), les cycles 23 et 24, pour se rendre compte de la faiblesse de l’activité solaire récente qui n’a même pas atteint en intensité en 2012 la moitié de celle du cycle solaire précédent et culminant en 2001. Le soleil est donc bien entré dans une phase de repos ( http://www.swpc.noaa.gov/SolarCycle/ ).

Or, les experts en climatologie de l’IPCC ont toujours refusé d’inclure dans leurs modèles prédictifs l’influence de l’activité solaire sur l’évolution du climat alors qu’on connait avec une précision assez satisfaisante l’existence de ces cycles qui se superposent aux cycles dits de Milankovitch (paramètres des mouvements de la terre autour du soleil et de sa rotation intrinsèque) incluant des phénomènes dits de relaxation (pour les curieux seulement : http://rsta.royalsocietypublishing.org/content/370/1962/1140.full ). Or l’IPCC n’a jamais pris en considération les sommes gigantesques de résultats provenant aussi bien des études réalisées sur les stalagmites ou les sédiments marins (Be 10) que l’ensemble des résultats obtenus par carottage des calottes glaciaires tant dans l’Antarctique qu’au Groenland. Pourquoi ? Tout simplement parce que la mission de l’IPCC décidée par l’ONU était d’étudier les effets sur le climat des activité humaines et seulement de celles-ci. Le Professeur Claude Allègre jeta un premier pavé dans la mare en 1986 en clamant que les variations climatiques étaient en majeure partie dues à l’activité solaire. Il s’attira les sarcasmes de Nicolas Hulot sur lesquels il est inutile de pérorer. Il se positionnait en tant que géochimiste et géophysicien. Un autre géophysicien, le Professeur Eigil Friis-Christensen de l’Institut Météorologique danois osa présenter des résultats appuyant l’effet de l’activité solaire sur l’évolution du climat au raout de l’IPCC en 1992. Il fut purement et simplement désavoué publiquement, un peu comme Galilée le fut par un aréopage de prélats qui n’avaient jamais mis un œil de leur vie contre l’oculaire de la lunette de Galilée pour y voir les satellites de Jupiter. En d’autres temps ces deux géophysiciens auraient été brûlés vifs. L’IPCC n’autorise que l’étude des effets de l’activité humaine sur le climat, point barre. Ca s’appelle de l’honnêteté scientifique ! Et pourtant un nombre croissant de scientifique s’élèvent contre les pratiques pour le moins douteuses de cette assemblée qui décrédibilise la mission de l’ONU, c’est le moins qu’on puisse dire.

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Toujours est-il que, IPCC ou pas, tout indique donc que la Terre entre dans une période franchement froide du genre minimum de Maunder …

 

Notes : dans la figure ci-dessus montrant une prédiction du climat en accord avec les divers cycles solaires, les lettres M, D et G signifient les minima de Maunder, de Dalton et de Gleissberg (petit âge glaciaire autour de 1870). Les données relatives à la teneur en Be 10 dans les stalagmites sont indiquées par la fonction phi (voir plus haut, proxy d’activité solaire, d’après Wikipedia). Les prévisions en gris sombre sont issues de la superposition des différents cycles d’activité solaire et en gris clair selon une analyse dite des ondelettes prenant surtout en compte, entre autres, le cycle de 208 ans qui est prédominant par son amplitude.

Sources : Huffington Post et Wikipedia