Une fois encore l’Italie est le membre malade de l’Europe. Cette fois-ci la maladie est très grave et l’Europe pourrait en mourir.

Plus de la moitié des entreprises italiennes ont déclaré qu’elles feront face à un déficit de liquidité à la fin de 2020 et 38% ont signalé des «risques opérationnels et de durabilité», selon une enquête menée auprès de 90 000 entreprises par l’institut national de statistiques italien ISTAT.

Le lobby national des entreprises italiennes, Confcommercio, a récemment estimé que 60% des restaurants et autres entreprises manquaient de liquidités et 30% s’étaient plaints des coûts supplémentaires liés à la mise en œuvre de mesures de sécurité anti-contagion afin qu’ils puissent commencer à servir les clients après le confinement.

L’industrie du tourisme, qui représente 13% du PIB et a joué un rôle crucial dans le maintien à flot de l’économie italienne au cours de la dernière décennie, fournissant des emplois à environ 4,2 millions de personnes, est dans les limbes après le blocage. Les frontières se sont à nouveau ouvertes mais les touristes étrangers restent insaisissables. Et comme de nombreux résidents locaux ne sont pas en position financière pour partir en vacances cette année, il est peu probable que la demande intérieure reprenne autant que les entreprises touristiques l’espèrent désespérément.

Le tourisme était l’une des rares parties de l’économie à avoir connu une croissance ces dernières années. L’année dernière, par exemple, elle a augmenté de 2,8% tandis que la production industrielle italienne a diminué de 2,4%. Dans une économie qui n’a pas connu de croissance depuis plus de 10 ans alors que la dette publique continue de croître à un rythme effrayant, son secteur à la croissance la plus rapide vient d’être frappé par la mère de tous les marteaux.

L’industrie manufacturière italienne, qui se débattait déjà avant la crise, est également en difficulté. En avril, alors que l’Italie était en proie à l’une des plus graves mises en quarantaine d’Europe, l’indice du chiffre d’affaires de l’ISTAT a chuté de 46,9% tandis que l’indice des nouvelles commandes industrielles non ajustées a baissé de 49,0% par rapport au même mois de l’année précédente. Depuis lors, de nombreuses entreprises ont rouvert mais l’activité reste faible.

Pour surmonter l’accalmie, de nombreuses entreprises ont besoin de crédit. Mais c’est plus facile à dire qu’à faire en Italie, à moins que vous ne soyez une entreprise de plusieurs milliards de dollars. Le géant automobile Fiat Chrysler est sur le point d’obtenir un prêt de 6,3 milliards d’euros soutenu par l’État – plus que tout autre constructeur automobile européen. Même Atlantia, la société qui a exploité et entretenu le pont Morandi à Gênes qui s’est effondré en 2018 faisant 43 morts, espère obtenir du gouvernement un prêt de 1,7 milliard d’euros.

Pendant ce temps, des centaines de milliers de petites entreprises attendent toujours. Au début de la crise, le gouvernement Conti a déclaré que des garanties de dette seraient mises à disposition pour débloquer jusqu’à 740 milliards d’euros de financement pour les entreprises. Pourtant, au 20 mai, seulement 301 777 des 607 391 demandes d’assistance avaient été accordées, selon un rapport de la commission d’enquête bicamérale italienne. (Une demande acceptée ne signifie pas qu’un prêt a effectivement été accordé).

Pour les entreprises qui passent à travers les mailles du système italien de prêts d’urgence, dont beaucoup fonctionnaient parfaitement bien avant la crise des coronavirus, la tentation est de se tourner vers les requins de crédit affiliés à la mafia, qui sont plus qu’heureux d’aider. En Calabre, les Ndrangheta « arrivent initialement avec des offres de taux d’intérêt bas, car leur objectif final est de reprendre l’entreprise, via l’usure, et de l’utiliser pour blanchir leurs produits illicites », explique le procureur Nicola Gratteri.

Même avant le début de cette crise, le système bancaire à moitié brisé de l’Italie et le fouillis de paperasserie sans fin faisaient de l’obtention d’un prêt bancaire aux entreprises une tâche presque impossible – à part pour les légions de sociétés zombies qui devaient déjà aux banques d’énormes dettes qu’elles ne rembourseront jamais qui serait périodiquement restructurées. Lors de la dernière crise, la part du stock de capital industriel gaspillé dans les entreprises zombies a plus que doublé, passant de 7% à 19% entre 2007 et 2013, selon l’OCDE. Quelque chose de similaire, mais à une échelle encore plus grande, est susceptible de se produire d’ici la fin de cette crise.

Et c’est la dernière chose dont l’économie et le système bancaire italiens ont besoin. Malgré un effort de nettoyage massif ces dernières années, les prêts non performants (NPL, non performant loans) représentent toujours 7% du total des prêts de l’Italie, l’un des ratios les plus élevés d’Europe. Cela représente une baisse par rapport aux 17% d’il y a cinq ans, grâce à la titrisation massive des NPL italiens. Les investisseurs dans ces prêts non performants titrisés devraient gagner leur rendement en grande partie sur le produit de la vente de la garantie sous-jacente.

Le processus de titrisation dépendait de deux conditions fondamentales qui sont maintenant en cause : 1. la volonté des investisseurs d’investir dans des dettes toxiques tranchées et découpées en morceaux à la mode italienne et 2. la capacité des agents de recouvrement de recouvrer et de vendre les actifs sous-jacents.

Le confinement a rendu la condition 2 pratiquement impossible. Les tribunaux ont été fermés. Le marché italien du logement, où la garantie des prêts liés au logement devrait être vendue, a été bloqué. Et les agents de recouvrement n’ont pas pu joindre les emprunteurs pour négocier des paiements, même partiels, sur les prêts impayés.

Si les encaissements en Italie continuent de baisser, les revenus générés pourraient ne pas suffire à payer les investisseurs qui ont acheté les prêts non performants titrisés. Dans ce cas, selon le Wall Street Journal, les investisseurs dans les titres mezzanine et junior perdraient leurs investissements et le gouvernement italien, déjà en difficulté financière, qui garantissait les titres seniors pour rendre les transactions attractives, devrait payer une partie de la facture.

Le système bancaire italien sera bientôt englouti par une nouvelle vague de prêts non performants alors que des légions d’entreprises, de ménages et de particuliers manqueront à leur dette pendant la période postérieure au blocage. Lorsque cela se produit et que les ratios de NPL dans le secteur bancaire italien montent à nouveau en deux chiffres, tout comme le marché des NPL italiens titrisés commence à s’effriter, le système bancaire italien ne sera pas seulement de retour où il était vers 2015, il sera encore pire.

Le gouvernement italien est déjà en difficulté budgétaire. À la fin de cette année, sa dette aura déjà atteint environ 155% à 160% du PIB, contre 136% l’année dernière. C’est le résultat de trois processus simultanés : une croissance massive des dépenses publiques pour contrer la crise du virus, une chute vertigineuse des recettes fiscales et une forte baisse du PIB.

Si le gouvernement italien n’est pas en mesure de faire face au tsunami imminent de créances irrécouvrables, une aide extérieure sera bientôt nécessaire. D’autres membres de la zone euro seront dans le même bateau, c’est pourquoi la BCE parle tranquillement de créer une mauvaise banque pour «stocker» des centaines de milliards d’euros de dettes impayées. Obtenir la bénédiction de certains pays d’Europe du Nord, en particulier l’Allemagne, pour mettre en place ce projet sera une tâche difficile, en particulier compte tenu de l’impasse actuelle entre la Cour constitutionnelle allemande et la BCE. Mais pour l’économie italienne, le temps est de la plus haute importance.

Par Nick Corbishley, journaliste free-lance, paru sur le site WOLF STREET le 17 juin 2020.

Bref commentaire. La France et l’Espagne sont dans la même situation que l’Italie et si l’Union européenne ne trouve pas d’accord pour colmater les conséquences des erreurs des politiciens dans la gestion de la grippe à coronavirus alors on peut dire adieu à l’Union monétaire et à l’Europe unie qui a toujours été une union de façade.

Qui gouvernera le monde occidental ?

La crise sanitaire du coronavirus devenue maintenant une crise économique organisée par le monde politique avait pour but, d’une part, de déterminer quelles pourraient être les conditions évènementielles, provoquées ou spontanées, susceptibles d’asservir des populations entières. L’autre objectif, caché celui-la, était de provoquer une crise financière, économique et sociale par voie de conséquence. L’arrêt total et autoritaire de toutes les liaisons aériennes a profondément et durablement impacté toutes les relations commerciales mondiales puisqu’en 2019 par exemple près de 1,8 milliard de personnes ont utilisé un avion pour se déplacer d’un point à un autre de la planète soit environ 1/5e de la population mondiale. Les effets de cette seule décision prise de concert par de nombreux gouvernements a conduit à des désastres économiques. Le confinement afin de réduire l’intensité du pic épidémique de la grippe coronavirale (oui, je continue à classer cet épisode de grippe et je persisterai) a été du jamais vu dans l’histoire de l’humanité. Même en temps de guerre aucune autorité politique n’avait osé prendre une telle décision. Elle a été avalée aveuglément par les populations car la propagande jouait sur la peur de la mort et dans une telle situation même le plus éduqué des citoyens se plie aux diktats de ses représentants politiques.

Tous ces politiciens, quels qu’ils soient, quel que soit leur passé éducationnel, n’ignoraient pas que leurs décisions allaient conduire à un désastre économique. Si ces politiciens étaient pleinement conscients des conséquences de leurs décisions surannées alors il faudra les mettre en prison à vie. La question que se pose légitimement n’importe quel individu dont je fais partie est la suivante : pourquoi avoir anéanti l’économie et dans quel but ?

Le fonctionnement du monde occidental, Amérique du Nord, Europe et quelques autres pays faisant partie de ce club comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, ont fidèlement suivi les ordres de confinement dictés par un pouvoir supra-national dont le seul but est d’asseoir son hégémonie sur ce monde « anglo-saxon », les pays européens latins, les PIGS, étant absorbés depuis des décennies par ce pouvoir anglo-saxon dont les leaders sont les USA et la Grande-Bretagne. C’est depuis ces deux pays, toujours main dans la main depuis la fin de la première guerre mondiale, que la finance internationale est contrôlée. Tout, absolument tout, se passe à la City et à Wall-Street sur le plan financier mondial. Tout le monde financier dépend de ces deux places financières, les autres bourses, banques centrales et autres institutions sont aux ordres de la City et de Wall-Street. Il existe néanmoins quelques pays qui font exception comme la Russie, peut-être le seul pays du monde à ne pas dépendre du circuit financier anglo-saxon pour la raison évidente et enviée qu’elle n’est pas endettée et la Chine qui a mis en place deux monnaies, l’une domestique, le renminbi, et l’autre cotée sur les marchés internationaux, le yuan. Le pouvoir central chinois module selon les circonstances le taux de conversion entre le yuan et le renminbi et aucun citoyen chinois ne pâtit des décisions de la banque centrale chinoise.

Pour en terminer avec ce bref tour d’horizon de la finance, plutôt des monnaies, le dollar US remplit la fonction artificielle de monnaie de référence mondialement reconnue pour toutes les transactions internationales depuis les accords de Bretton Woods. Or cette référence est de plus en plus remise en question avec l’instauration contraire à tous les traités internationaux de l’extraterritorialité de la juridiction américaine relative au dollar. Les Etats-Unis confondent leur dollar domestique avec le dollar international. Et cette situation n’est plus supportable pour de nombreux pays. La première conséquence est le mouvement de dédollarisation amorcé par la Chine avec de nombreux pays ou encore, mais timidement, par le Japon qui achète des titres de dette souveraine de pays comme la France avec des dollars, un phénomène peu connu des Français puisqu’un tiers de la dette de la France entre les mains de non-résidents est détenue par le Japon. Mais la Chine fait de même ! Tous les investissements réalisés à l’étranger par ce pays ne sont payés ni en or ni en yuans mais en dollars US.

Le deuxième volet de la mise en place de l’hégémonie anglo-saxonne sur le monde, au mieux sur l’Europe, est le complexe militaro-industriel américain soutenu encore une fois par la Grande-Bretagne via l’OTAN, une organisation qui n’a plus d’objectif précis comme cela avait été défini au cours de la « guerre froide ». Depuis la chute du mur de Berlin les pays européens membres de l’OTAN ont été entrainés dans des conflits qui ne les concernaient pas, les plus significatifs étant la guerre en Afghanistan et le démantèlement de la Yougoslavie. La stratégie américaine était claire : obliger les pays européens à devenir complices des exactions américaines sur le continent européen et au Moyen-Orient dans le seul but de satisfaire l’appétit sans limite du complexe militaro-industriel américain. Depuis les évènements de Kiev et le retour de la Crimée dans le giron de la Russie le nouvel ennemi de l’OTAN est la Russie « qui ne respecte rien » et surtout pas le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes … contrairement aux Etats-Unis qui, eux, respectent les traités internationaux. C’est l’hôpital qui se moque de la charité.

Le troisième volet de la mise en place de l’hégémonie anglo-saxonne sur le monde est la « soft »-puissance américaine qu’il s’agisse des GAFAM qui contrôlent le World Wide Web et le « cloud », du système de positionnement mondial (GPS) ou encore une fois des entreprises américaines qui ont mis en place une position dominante sur toutes les transactions financières avec Visa, Mastercard et le système Swift sans omettre ici le système global de surveillance contrôlé par les « cinq oreilles » anglo-saxonnes : USA, Canada, Grande-Bretagne, Australie et Nouvelle-Zélande. Tous ces outils sont prêts pour favoriser la prise de contrôle du monde occidental et des satellites américains que sont la Corée, Taïwan et le Japon. Il reste le secteur industriel de la santé dont les manigances ont été révélées lors de la grippe coronavirale. L’épicentre de la soif outrancière de pouvoir des grandes compagnies pharmaceutiques a eu lieu curieusement en France. Disposer d’un traitement préventif et efficace contre ce nouveau virus démontré incontestablement par l’équipe de médecins dirigée par le Professeur Raoult a contrecarré les projets de ce complexe industriel tentaculaire et corrupteur puisque ce traitement ne coûte rien : autant de profits substantiels qui s’évaporent pour les laboratoires pharmaceutiques. Cette « crise de la chloroquine » a également montré à quel point le monde politique français est compromis dans cette affaire déplorable.

Avec la marchandisation de la santé favorisée par la peur de la maladie et de la mort et la marchandisation du changement climatique (que l’on attend depuis plus de 20 ans) tout est prêt pour asservir les démocraties occidentales et si elles osent protester la propagande mettra un terme à leur insoumission car il y a encore tout un arsenal de propagande comme la peur du changement climatique, la peur de la disparition des espèces, la peur des sécheresses, la peur d’un autre virus, la peur du CO2, de la pollution, de la surpopulation, de la viande rouge, etc …

Bienvenue dans un monde meilleur ?

Les pandémies passées montrent que les confinements et non les virus ont provoqué le chaos économique présent.

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Traduction d’un article paru sur le site du Mises Institute

Les « experts » des médias et des politiciens ont désormais l’habitude de prétendre que c’est la pandémie elle-même qui a fait monter le chômage en flèche et fait chuter la croissance économique. L’affirmation est que les travailleurs malades et mourants, les consommateurs craintifs et les chaînes d’approvisionnement perturbées provoqueraient un chaos économique. Certains ont même prétendu que les fermetures économiques aidaient réellement l’économie, car on prétend que permettre la propagation de la maladie détruirait à elle seule l’emploi et la croissance économique.

Mis à part le fait qu’il n’y a aucune preuve que les blocages fonctionnent réellement sur le plan strictement épidémiologique, néanmoins si on considère les pandémies passées – où les interventions gouvernementales coercitives étaient tout au plus sporadiques – nous devrions constater alors d’énormes dégâts économiques. Plus précisément, nous pouvons considérer la pandémie de grippe « asiatique » de 1957-58, qui a été plus meurtrière que la pandémie de COVID-19 ne l’a été jusqu’à présent. Nous pouvons également nous tourner vers la pandémie de 1918-19. Pourtant, nous verrons que ni l’une ni l’autre n’a produit de dommages économiques à une échelle que nous voyons maintenant à la suite des blocages imposés par les gouvernements. Cela remet en cause sérieusement les affirmations selon lesquelles les blocages ne sont qu’un facteur mineur de destruction économique et que le virus lui-même est le véritable coupable.

Réactions économiques en 1957-1958 et en 1918-1919

Le CDC estime qu’au 18 mai de cette année, environ quatre-vingt-dix mille Américains sont morts du COVID-19. Ajusté en fonction de la taille de la population, cela se traduit par un taux de mortalité de 272 par million.

Il s’agit (jusqu’à présent) de moins de la moitié du taux de mortalité pour la pandémie de grippe de 1957-1958. Dans cette pandémie, on estime que jusqu’à 116 000 Américains sont morts. Pourtant, la population américaine était alors beaucoup plus petite, ne totalisant que 175 millions d’habitants. Ajustée en fonction de la taille de la population, la mortalité due à la pandémie de « grippe asiatique » de 1957–58 était supérieure à 660 par million.

C’est l’équivalent de 220 000 décès aux États-Unis aujourd’hui.

Pourtant, en 1957, les Américains n’ont pas réagi en fermant les commerces, en forçant les gens au confinement ou en poussant le chômage jusqu’aux niveaux de l’ère de la grande dépression (de 1929). En fait, les rapports montrent que les Américains ont pris peu de mesures au-delà des mesures habituelles pour ralentir la propagation de la maladie : se laver les mains, rester à la maison en cas de maladie, etc.

 

Bien que le virus semble avoir été un facteur dans la récession de 1958, les effets économiques étaient minimes par rapport à ce que les États-Unis font face maintenant en raison de la réaction au virus COVID-19. Cela suggère que la plupart des dommages économiques que subissent actuellement les travailleurs et les ménages aux États-Unis sont davantage le produit de la réaction politique au virus qu’au virus lui-même.

La pandémie de 1957-1958 a été un problème grave et mortel pour beaucoup. Alors que les cas de grippe asiatique commençaient à se répandre, il est devenu clair pour de nombreux scientifiques et autres observateurs qu’il y avait quelque chose de différent et de mortel dans cette grippe. En effet, selon D.A. Henderson, et al. Dans «Public Health and Medical Responses to the 1957–58 Influenza Pandemic» (doi : 10.1089/bsp.2009.0729 en accès libre), «Les humains de moins de 65 ans ne possédaient aucune immunité contre cette souche H2N2. Ceci signifie que les enfants scolarisés et les jeunes adultes jusqu’à 35 ou 40 ans étaient les plus vulnérables ». Le nombre total de décès dus à la grippe au cours de cette période varie de 70 000 à 116 000 (voir l’estimation actualisée de 220000 ci-dessus). C’est pour le moins inquiétant. Avec des Américains plus jeunes, beaucoup d’entre eux en âge de travailler, sensibles à cette maladie, on pourrait anticiper des coûts importants en termes de croissance économique et de santé.

Quelle a été la réaction politique à cela ? Henderson et al. ajoutaient :

« La pandémie de 1957-1958 était une maladie à propagation si rapide qu’il est rapidement devenu évident pour les responsables de la santé des États-Unis que les efforts pour arrêter ou ralentir sa propagation étaient vains. Ainsi, aucun effort n’a été fait pour mettre en quarantaine des individus ou des groupes, et une décision délibérée a été prise de ne pas annuler ou reporter de grandes réunions telles que des conférences, des rassemblements religieux ou des événements sportifs dans le but de réduire la transmission. Aucune tentative n’a été faite pour limiter les voyages ou pour filtrer les voyageurs. L’accent a été mis sur la fourniture de soins médicaux à ceux qui ont été affligés et sur le maintien du fonctionnement continu des services communautaires et de santé …. aucun rapport n’indique que des événements majeurs ont été annulés ou reportés, à l’exception des matchs de football des lycées et des collèges, qui ont souvent été retardés en raison du nombre de joueurs atteints par la maladie. »

En 1957-1958, la disponibilité des services médicaux était préoccupante. Mais l’accent était alors mis sur l’augmentation des services médicaux plutôt que sur les quarantaines imposées par l’État et les mesures de « distanciation sociale ». Un vaccin n’offrait pas non plus une issue facile:

« Les agents de santé espéraient que des quantités importantes de vaccins pourraient être disponibles en temps voulu, et des efforts particuliers ont été faits pour accélérer la production de vaccins, mais les quantités devenues disponibles arrivèrent trop tard pour modifier l’impact de l’épidémie. »

Les écoles et les lieux de travail étaient affectés par les élèves et les travailleurs absents, mais l’absentéisme dans les écoles était un facteur plus important, certaines écoles étant même fermées pour de courtes périodes en raison du nombre élevé d’élèves absents. L’absentéisme n’a pas atteint un niveau pouvant provoquer des pénuries :

« Les données disponibles sur l’absentéisme industriel indiquent que les taux étaient bas et qu’il n’y avait eu aucune interruption des services essentiels ou de la production. L’impact global sur le PIB était négligeable et probablement dans la fourchette des variations économiques normales. »

Dans l’ensemble, l’économie a baissé d’environ 2 pour cent au cours du premier et du deuxième trimestre de 1958, mais cela ne peut pas être attribué aux effets du virus. Le chômage à l’époque a également augmenté, atteignant un sommet de 7,5% en juillet 1958. La croissance économique a cependant été de nouveau positive au quatrième trimestre de 1958 et a grimpé à plus de 9% en 1959. Le chômage était tombé à 5% en juin 1959.

Mais l’impact économique global du virus lui-même n’était guère désastreux. Henderson et al. de conclure :

« Malgré le grand nombre de cas, l’épidémie de 1957 ne semble pas avoir eu d’impact significatif sur l’économie américaine. Par exemple, une estimation du Congressional Budget Office a révélé qu’une pandémie dont l’ampleur s’est produite en 1957 réduirait le PIB réel d’environ 1%  » mais ne provoquerait probablement pas de récession et pourrait ne pas se distinguer de la variation normale de l’activité économique. »

La pandémie de 1918-1919, qui a fait dix fois plus de morts par million que la pandémie de 1957-1958, n’a pas non plus provoqué de catastrophe économique. Bien que les États-Unis soient entrés dans la pandémie de 1918-1919 dans une forme économique médiocre en raison de la Grande Guerre, selon les économistes Efraim Benmelech et Carola Frydman ( https://voxeu.org/article/1918-influenza-did-not-kill-us-economy) :

« La grippe espagnole n’a laissé quasiment aucune trace perceptible sur l’économie globale des États-Unis… Selon certaines estimations, le produit national brut réel a en fait augmenté en 1919, quoique d’un modeste 1%. Dans de nouveaux travaux, Velde (2020) montre que la plupart des indicateurs de l’activité économique globale ont légèrement souffert, et ceux qui ont baissé de manière plus significative juste après l’épidémie de grippe, comme la production industrielle, se sont rétablis en quelques mois. »

On ne peut pas non plus reprocher à la pandémie la récession de 1921, car « entre temps, la baisse de la production était due à l’effondrement des prix des matières premières lorsque la production européenne d’après-guerre a finalement repris. »

Comment les pandémies affectent-elles la croissance économique?

Il n’est donc pas surprenant que nous trouvions des estimations relativement modérées dans un rapport de la Banque mondiale de 2009 estimant les conséquences économiques des nouvelles pandémies (lien en fin de billet). Les auteurs ont conclu que des pandémies modérées et graves entraîneraient une baisse du PIB de 2 à 5%. Ou, comme le résume un rapport de 2009 de Reuters (voir le lien):

« Si nous sommes frappés par quelque chose comme la grippe asiatique de 1957, dites au revoir à 2% du PIB. Quelque chose d’aussi grave que la grippe espagnole de 1918-1919 réduirait la production économique mondiale de 4,8% et coûterait plus de 3 000 milliards de dollars. »

On ne s’attendait même pas à ce qu’une pandémie de 1918 produise le genre de carnage économique que nous voyons maintenant avec COVID-19.

La réaction en 2020

Il va sans dire que l’économie semble aujourd’hui dans une bien pire situation après la pandémie de 2020 que dans les jours qui ont suivi la flambée de 1957-1958, ou même en 1919.

En avril 2020, le taux de chômage a grimpé à 14,4%, le taux le plus élevé enregistré depuis la Grande Dépression. La Réserve fédérale d’Atlanta, quant à elle, prévoit une baisse du PIB de plus de 40%. Des estimations plus douces suggèrent des baisses de 8 à 15%. Si les prévisions plus douces s’avèrent vraies, alors la récession actuelle n’est « que » la pire depuis la Grande Dépression de 1929. Si la Fed d’Atlanta a raison, alors nous sommes dans une catastrophe économique sans précédent.

Les estimations de la Banque mondiale d’une pandémie, même « grave », qui prévoyait une baisse du PIB d’environ 5%, n’arrivent même pas aux estimations de l’effondrement de 2020. Et pourquoi ces estimations pourraient-elles être réalistes ? Le rapport de la Banque mondiale ne prévoyait pas la fermeture économique mondiale imposée à des milliards d’êtres humains par les régimes politiques du monde entier. Ainsi, les estimations de la Banque mondiale supposaient que les pertes économiques se limiteraient à l’absentéisme, à la perturbation du commerce et des voyages et à la baisse de la demande directement due à la maladie ou à la peur de la maladie.

Alors pourquoi cette énorme différence dans les effets économiques ? La réponse réside presque certainement dans le fait que les gouvernements en 2020 – contrairement à toute autre période de l’histoire – se sont engagés dans des fermetures d’entreprises généralisées, ont promulgué des ordonnances de « confinement à la maison » et d’autres actions mandatées par l’État et imposées par l’État qui ont conduit à des licenciements généralisés et à une chute de la production économique.

Les défenseurs des «fermetures» forcées par le gouvernement ont insisté sur le fait que la peur du virus aurait détruit l’économie même sans les fermetures, mais il n’y a aucun précédent historique pour justifier cette affirmation, et aucune preuve actuelle pour la soutenir. Bien que certaines données d’enquête aient pu indiquer que plus de 60% des Américains déclarent avoir l’intention de se conformer aux ordonnances de séjour à domicile, cela nous indique simplement comment les gens font des plans lorsqu’ils sont menacés d’amendes, de harcèlement policier et d’autres mesures coercitives.

En réalité, l’expérience de la pandémie de 1957-1958 – ou même de la pandémie de 1918-1919 – ne nous donne aucune raison de croire que le chômage devrait augmenter à des taux sans précédent et que le PIB s’effondrerait à des niveaux catastrophiques. Dans une économie industrialisée moderne, ce type de dommages économiques ne peut être atteint que par l’intervention du gouvernement, comme les coups d’État socialistes, les guerres et les fermetures économiques forcées au nom de la lutte contre la maladie.

Le coût en termes de vie humaine sera important. Une étude soutient que le ralentissement économique actuel pourrait entraîner soixante-quinze mille «morts de désespoir». Cela n’est cependant pas choquant, car les effets fatals du chômage et du déclin économique sont connus depuis des décennies.

Les défenseurs des confinements continueront probablement à prétendre que « nous n’avions pas le choix » sinon de continuer ces confinements pendant de longues périodes. À tout le moins, nombreux sont ceux qui affirment que cela en valait jusqu’à présent la peine. Pourtant, l’efficacité des confinements reste une question ouverte qui n’a guère été prouvée. Pendant ce temps, le monde est confronté à la pire catastrophe économique connue depuis des siècles. Il n’aurait pas dû en être ainsi.

Article de Ryan McMaken, éditeur senior au Mises Institute paru le 21 mai 2020 sur le site mises.org

Autres liens. http://documents.worldbank.org/curated/en/977141468158986545/pdf/474170WP0Evalu101PUBLIC10Box334133B.pdf

https://www.reuters.com/article/us-reutersmagazine-davos-flu-economy/flu-conomics-the-next-pandemic-could-trigger-global-recession-idUSBRE90K0F820130121

Illustration : Mises Institute.

Billet d’humeur : Vous avez dit reprise économique ?

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J’ai lu je ne sais plus dans quel journal en ligne qu’il y avait lieu de se réjouir car l’économie mondiale frémit sensiblement avec une remontée des cours du pétrole. Certes le Brent est passé de 30 à 37 dollars le baril en quelques jours, et tous les analystes ont clamé qu’enfin le spectre de la grande crise s’éloignait … comme s’il n’y avait que le pétrole pour prendre la température de l’économie. C’est d’ailleurs assez surprenant que les indices boursiers soient apparemment adossés au prix du baril : quand le pétrole monte légèrement les indices boursiers suivent et vice-versa. Je ne suis pas du tout économiste mais cette situation me paraît pour le moins suspecte. Schématiquement et pour faire bref, je n’y comprends plus rien.

Pour se faire une idée de l’état de santé de l’économie mondiale il suffit d’observer l’évolution de l’indice du coût du fret maritime, le BDI ou Baltic Dry Index. Cet indice a encore battu un record à la baisse. Les analystes, afin de camoufler le désastre économique mondial à venir, prétendent qu’il y a trop de bateaux en circulation. Pourquoi alors les cours du minerai de fer, du cuivre ou encore du soja sont-ils aussi orientés à la baisse ? Parce qu’il y a aussi trop de bateaux ?

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Un autre indice significatif est le PMI de Markit. Pour l’Eurozone, la première économie mondiale, il vient d’être publié et ce n’est pas joli-joli. Non seulement l’Europe s’enfonce dans la récession comme le montre l’indice des prix de détail qui se situe de nouveau en dessous de 50 (en dessous de 50, contraction, au dessus expansion) après un balbutiement courant 2015 probablement explicable par la chute des cours du pétrole. Les mauvais « élèves » sont l’Italie et la France.

On ne peut que constater qu’on s’achemine vers une récession et une déflation. Il ne reste plus dans l’esprit des économistes que la créativité de « super » Mario Draghi, comprenez l’impression de monnaie, pour tenter de relancer l’ économie européenne. Hollande, le grand timonier pédalesque, peut dire définitivement adieu à l’inversion de la courbe du chômage et si par un effet du hasard – qui devient jour après jour une certitude – les agences de notation venaient à dégrader la note de la France, ce serait alors tout simplement la faillite du pays, comme d’ailleurs pour l’Italie et le Portugal. Il n’y a donc absolument aucune raison de se réjouir …

Sources et illustrations : Markit et InvestmentTools.com

Billet d’humeur économique

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Le carnaval, ici à Santa Cruz de Tenerife, bat son plein dans une totale inconscience et c’est un tout autre carnaval sur les places financières mondiales qui se déroule à l’occasion aussi du nouvel an chinois. Des milliers de milliards de dollars se sont évaporées ce lundi 9 février 2015, peut-être même des centaines de milliers de milliards. Un vent violent a soufflé sur les bourses européennes comme sur les côtes bretonnes et ce n’est pas fini : le Nikkei chute à l’ouverture de 2 % en suivant Wall Street dans sa chute, certes modérée mais pourtant alarmante.

La finance est devenue planétaire et donc totalement incontrôlable. Les Banques centrales ont perdu tout pouvoir pour remédier au mal qu’elles ont semé en imprimant de la monnaie de singe. Février 2016 va être une date dans l’histoire, celle d’un désastre annoncé, le simple réajustement aux réalités économiques du monde financier qui est parti dans des délires aussi incertains que dangereux en spéculant à outrance pour réaliser des profits fictifs.

Le monde entier va-t-il enfin devenir conscient que cette situation artificielle ne peut pas (et ne pouvait pas) durer ? Malheureusement ce seront tous les sans-dents (expression de François Hollande) qui vont encore une fois payer pour les extravagances du monde financier.

Toutes les banques européennes ont été à la peine : Deutsche Bank (ma banque), la plus grande banque d’Allemagne et d’Europe, a perdu 9,5 %, soit la bagatelle de 170 milliards d’euros en quelques heures de cotation ! Toutes les banques italiennes ont été très malmenées, normal, c’est la panique bancaire dans ce pays depuis des semaines. Les banques espagnoles et portugaises comme les banques britanniques ont connu une grosse bourrasque. Qu’en sera-t-il mardi et les jours suivants, qui sait ? La grande crise terminale : fin du carnaval !

Illustration : vue du carnaval depuis le balcon de mon modeste logement

Note : à l’heure tardive où j’écris ces quelques lignes en raison d’une insomnie créée par la rumeur du carnaval sous mes fenêtres, le Nikkei chute lourdement de 4 % à l’ouverture avec un renchérissement du yen, tout pour plaire à Shinzo Abe …

 

MH17 : L’Allemagne dans ses petits souliers !

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L’agence allemande Wifka spécialisée dans l’investigation financière vient d’émettre un avis public récompensant tous ceux qui contribueraient à apporter des preuves tangibles au sujet des auteurs de l’assassinat en plein vol des passagers et de l’équipe du vol MH17 parti d’Amsterdam pour rejoindre Kuala-Lumpur le 17 juillet dernier. Les premières conclusions des « experts » néerlandais ont été pour le moins évasives sinon mensongères et on en est resté là, politique oblige. L’agence Wifka offre 30 millions de dollars à qui apportera des preuves irréfutables concernant les auteurs de la catastrophe. Wifka veut savoir qui a abattu l’avion, qui en a donné l’ordre, qui dissimule cet événement, qui peut procurer des détails sur ce qui est réellement arrivé, quelles armes ont été utilisées et enfin qu’est-il arrivé à ceux qui ont dissimulé cet événement. Rien que ça. Il y a même l’e-mail à contacter : mh17@wifka.de , trente millions de dollars ça va en faire réfléchir plus d’un. On va peut-être connaître enfin la vérité.

L’agence Wifka ne fait aucune mention de l’identité de ses commanditaires, c’est un peu normal pour ce genre de situation. Mais il ressort tout de même que quelque part Angela Merkel doit commencer à se ronger les ongles en constatant que l’économie allemande plonge, privée d’un de ses principaux clients (la Russie) puisqu’elle a suivi servilement les injonctions de la Maison-Blanche au risque de plonger son pays dans une crise économique grave et durable. Un signe avant-coureur de la crise économique à venir, le pétrole a dévissé de plus de 12 % en moins de deux mois, mais ça ne fait pas la une de la presse main-stream, c’est trop inquiétant ! Ce serait vraiment révélateur des mensonges répétés des Occidentaux de découvrir peut-être demain qui a détruit l’avion.

Pour rappel ce billet du présent blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/09/04/vol-mh17-connaitra-t-on-la-verite-pas-si-sur/