Pourquoi les femmes crient quand elles font l’amour ?

Il y a quelques jours, j’étais assis au soleil à une terrasse savourant autant le soleil que ma tasse de café et en bavardant de choses et d’autres avec un ami français. Il ne quittait pas des yeux l’arrière train et les autres rondeurs de la serveuse, une Péruvienne fort avenante, résultat d’un métissage improbable, et il me dit tout d’un coup, un peu sans que je m’y attende alors que je connaissais ses pensées libidineuses à propos de cette belle fille : « j’aimerais savoir si elle crie quand elle fait l’amour ».

Vaste question ! Y répondre de manière sensée relève d’un exercice de sémantique réservé aux spécialistes de la sexologie mais on peut essayer de chercher des éléments de réponse. Il faut d’abord distinguer les cris et les râles que beaucoup de femmes poussent en faisant l’amour. Il est difficile d’imaginer qu’un râle puisse être une expression du plaisir à moins d’admettre que la sexualité féminine est tellement intense que la femme en est réduite à râler et non crier ouvertement. De plus combien de femmes poussent des cris perçants ou râlent en se masturbant lorsqu’elles atteignent l’orgasme (ou les orgasmes) dont elles savent très bien se gratifier. Pas beaucoup, on pourrait parier que les femmes, toutes les femmes, sans exception, se masturbent en silence.

En réalité les manifestations sonores de la femme ne sont que conviviales et n’ont d’autre but que de convaincre leur partenaire qu’il est un bon amant car quoi de plus gratifiant pour l’homme que de constater qu’il fait chavirer sa partenaire dans un abime de plaisir sexuel. C’est une pure mise en scène de la femme qui flatte la volonté de puissance et de domination de l’homme et qui a aussi un autre but inavoué, garder son mâle pour elle toute seule en lui faisant croire qu’il lui procure, et lui seul, des extases tellement irrésistibles qu’elle ne peut que crier ou râler.

Or, si on rapproche le cri de plaisir du cri de douleur, on se rend compte bien vite que le cri de plaisir ne peut qu’être simulé. Le cri de douleur a pour but de créer en quelque sorte une diversion qui permet de mieux supporter la douleur. Pourquoi en serait-il de même avec le plaisir sexuel car le but recherché serait alors une diminution de la sensation de plaisir. Quand un homme et une femme s’embrassent, ils ferment généralement les yeux et ils s’embrassent en silence, c’est évident, mais quand ils font l’amour, au moment d’atteindre un orgasme et afin de profiter de cet instant particulier ils ferment aussi les yeux, quoique ce ne soit pas une règle générale, mais ils restent silencieux. Ils peuvent crier avant ou après mais pas pendant, je parle de l’orgasme, durant les quelques secondes que dure l’orgasme aussi bien chez la femme que chez l’homme, c’est le silence radio ! On crie dans un stade de football pour exprimer sa joie, dans une fête pour créer une ambiance plaisante, le cri procure alors un certain plaisir, mais l’inverse est difficile à imaginer, comment le plaisir pourrait-il provoquer des cris.

En définitive les cris et les râles poussés par la femme en train se se faire besogner par son partenaire, époux ou amant, ne sont là que pour satisfaire une exigence de l’homme qui doit non seulement se satisfaire de son propre orgasme mais également de celui qu’il a procuré (hypothétiquement) à sa partenaire. Comme l’orgasme féminin reste secret, une femme peut vivre un ou plusieurs orgasmes sans qu’il y ait de symptômes incontestables comme l’éjaculation chez l’homme et qui est indiscernable de l’orgasme, à moins de souffrir de graves problèmes génito-urinaires, la femme se croit obligée de pousser des cris pour satisfaire son partenaire, ou à la limite pour lui donner bonne conscience, en lui faisant croire qu’elle a joui.

Cette réflexion peut aller encore bien plus loin car, se croyant l’auteur de ces manifestations bruyantes, l’homme finit par se focaliser uniquement sur ces dernières en oubliant complètement de se soucier du plaisir sexuel de sa partenaire, si tant est qu’il croit être capable de lui en procurer. C’est ce qui se passe précisément quand un homme fait appel aux services d’une prostituée, frigide par obligation mais disposée à dispenser des câlins suffisants pour satisfaire son client, il se trouve dans une situation où il lui est impossible de croire au plaisir féminin, naturellement dans le cas d’une prestation complète et non pas d’une simple fellation. C’est un peu un raisonnement par l’absurde mais comme en mathématique il tendrait à prouver le fait que l’homme ne croit pas au plaisir féminin et que la femme ne fait que simuler son plaisir, alors que l’homme, lui, en est incapable.

Pour l’homme, une femme qui s’extériorise est une femme qui fait bien l’amour et qui éprouve du plaisir, que ce soit vrai ou faux, d’ailleurs ça lui est complètement égal, mais les apparences sont là pour être conformes aux attentes et à l’appétit sexuel du mâle : la femme doit s’offrir, subir et défaillir, le cas échéant, de plaisir. Quel est l’équivalent féminin du Don Juan sinon une épouvantable virago qui connait parfaitement les choses du sexe et que l’homme fuira car il redoutera de se retrouver en présence de son ignorance des mécanismes de l’orgasme féminin et ainsi de perdre tout crédibilité sexuelle, la pire humiliation qui puisse lui arriver. C’est pour cette raison que les « femmes à hommes » sont considérées comme des nymphomanes alors que les « hommes à femmes » sont parfaitement normaux. Curieuse distinction …

Voilà une explication très partielle des cris et des râles de plaisir de la femme quand elle fait l’amour.

Suite dans le prochain épisode.