Nouvelles du Japon. Les chaussures dans l’entrée et pas dans la maison !

Dans tous les appartements et les maisons, au Japon et dans beaucoup d’autres pays d’Asie orientale, il existe une sorte de barrière entre l’extérieur et l’intérieur du logement. Entre la porte d’entrée qui s’ouvre vers l’extérieur et le reste de cet espace il y a une différence de niveau matérialisant cette barrière. On doit y laisser ses chaussures souillées en marchant à l’extérieur et ne pas introduire de miasmes. On marche donc pieds nus ou en chaussettes. Pour les Japonais l’extérieur du logement consacré aux dieux est impur et cette limite est scrupuleusement respectée. Toutes sortes de rites gravitent autour de cette sacralisation du logement. Lorsque l’on démolit une maison, l’acquéreur de la parcelle de terrain sur laquelle il va construire son logement est consacrée aux dieux. Une sorte de cérémonie a lieu sur ce terrain et on plante un grand rameau d’un arbre et parfois on y attache des petits papiers sur lesquels ont été inscrits des sortes de vœux. Il paraît qu’il faut chasser les mauvais esprits ayant pu être laissés par les anciens occupants.

Pour les chaussures laissées dans l’entrée du logement la tradition remonterait, pour le Japon au moins, au fait que l’espace de vie des maisons était recouverts de tatamis fabriqués avec de la paille de riz. Il était inimaginable de marcher sur un tatami avec des chaussures. C’est aussi l’une des raisons évoquées pour interdire les chats dans les maisons. Il a été prouvé scientifiquement que les chaussures peuvent introduire toutes sortes de polluants et d’agents pathogènes dans une maison ainsi que des poussières potentiellement allergènes. Mais il y a un revers à cet excès de précautions hygiéniques : un très grand nombre de Japonais souffrent de problèmes allergiques car leur organisme n’a pas été habitué dès l’enfance au contact de toutes sortes de composés chimiques naturels et de microorganismes présents dans les sols, par exemple. Et le résultat est une hypersensibilité aux agents microbiens du sol, aux pollens, aux piqûres de moustiques … Trop de précautions nuisent à la santé. Illustration : l’entrée de la maison de mon fils à Tokyo.