Billet d’humeur politique : En Mai fait ce qu’il te plait et oublie le futur !

Je me souviens que quand Tonton instaura la cinquième semaine de congés payés, mon beau-père me dit que déjà 4 semaines lui rongeaient plus du tiers des bénéfices de son entreprise. Il ajoutait que dans la pire des conjonctions de dates de jours fériés cumulés civils et religieux au mois de mai, un autre tiers de ses bénéfices partait en fumée. Le mois de mai 2015 est un mois faste en France, presque un deuxième mois d’août ! Parce qu’entre les RTT, une invention de Martine, et les arrêts de maladie pour convenance personnelle, ça va vraiment donner dans le farniente.

Alors que tous les indicateurs économiques sont dans le rouge sombre, les Français n’en ont rien à foutre, ils se mettent au vert – couleur de l’espérance pour les curés. Mais qu’y a-t-il encore à espérer ? La révolution tout simplement ! Pour mettre dans des camps de travail la « nouvelle noblesse » politique que les sans-culottes avaient joyeusement massacré après la prise de la Bastille et qui bafoue les principes de la République Française (Thévenoud est toujours député). Ou alors une grave crise économique qui ferait prendre conscience aux 6 millions et demi de fonctionnaires qu’il leur faut aussi être enfin productifs et travailler un peu plus de 25 heures par semaine, aux cent mille politiciens qu’ils doivent se reconvertir à des travaux manuels d’utilité publique obligatoires pour rembourser aux contribuables leurs salaires mirifiques et leurs retraites dorées exempts d’impôts qu’ils se sont octroyé sans que le peuple n’ait jamais été consulté alors que c’est ce même peuple qui finance leur enrichissement abusif depuis, disons, le rétablissement de la noblesse d’Empire par Napoléon dont on fêtera bientôt le bicentenaire de sa reddition aux Britishs, et cette situation n’a fait qu’empirer par la suite.

La France est un pays crypto-communiste qu’on le veuille ou non et cette situation s’est lourdement aggravée depuis le régime de Pétain et les ordonnances scélérates de 1946. La France est devenue avec les années l’ombre d’elle-même. Son rayonnement à l’étranger s’est évanoui, son industrie est vendue par appartements aux firmes étrangères les plus offrantes (voir notes), les comptes publics, la balance du commerce extérieur, les caisses de retraite, la santé, les collectivités territoriales plus mafieuses que la ville de Naples, les chemins de fer, le métro, … tout est en déficit, dans le rouge, en cessation ce paiement.

Et pendant ce temps-là les Français n’en ont strictement rien à faire, ils applaudissent un mois de mai particulièrement généreux en jours fériés sans penser un instant aux lendemains qui seront durs, très durs pour tous sans exception.

Chers lecteurs, au Japon, en mai, il y a la « Golden Week », une semaine avec trois jours fériés consécutifs, traditionnellement la première semaine de mai. Ce dimanche 3 mai, premier jour de la Golden Week, la poste a assuré son service, les livreurs ont fait leur travail, des maçons travaillaient sur un chantier près de l’endroit où je réside, les magasins étaient ouverts. À Tokyo les trains circulaient normalement comme n’importe quel jour de n’importe quelle semaine avec une ponctualité unique au monde … Le Japon, longtemps la deuxième économie mondiale, tient sa force industrielle et commerciale de la ténacité des Japonais au travail. Cette qualité est depuis longtemps perdue en France. Que les Français ne se plaignent surtout pas quand ils devront manger du pain noir et de la soupe de gruau comme tout potage. Ils auront, par leur fainéantise institutionnalisée, contribué à leur malheur ! Pour ce qui concerne les statistiques relatives au taux de chômage en France, la situation est carrément grave : si l’on exclut de la population active les fonctionnaires et toutes les professions « survivant » grâce à l’Etat on arrive à 19 % de chômeurs ! Mais les médias subventionnés par les impôts des contribuables n’ont pas le droit de l’écrire dans leurs lignes ou de le déclarer encore moins à la radio ou à la télévision, censure oblige comme du temps de Pétain !

Vive le mois de mai …

Note 1 : Ne parlons même plus du groupe Rhône-Poulenc qui fut démantelé purement et simplement alors que certaines de ses activités étaient à l’époque leaders mondiaux dans leur domaine, par exemple RP Chimie fine était leader mondial des terres rares, Rhône-Poulenc Agro leader européen des plantes transgéniques … Plus récemment Alstom-énergie a été vendu à Westinghouse et l’ex Framatome maintenant Areva NP pourrait tout simplement être cédé à la Chine qui est de facto devenu leader mondial de la chaudronnerie nucléaire avec CGN, CNNC et DEC. Ne parlons pas non plus de l’industrie textile qui a disparu de l’Hexagone. Des dizaines de milliers d’hectares de vignobles français parmi les plus prestigieux sont vendus à l’encan à des étrangers, à quand la vente de la Tour Eiffel, du Mont-Saint-Michel et de la Sainte-Chapelle ?

CGN : China General Nuclear, CNNC : China National Nuclear Corporation, DEC : DongFang Electrical Corporation.

Note 2 : Pour conforter ma petite retraite, je suis en train de créer une petite production de colliers confectionnés avec des noix d’un arbre local. Je n’ai aucune idée des profits que je pourrai réaliser après impôts parce qu’au Japon tout business même artisanal doit être déclaré, je ferais en France partie du club des auto-entrepreneurs que le gouvernement actuel tente de matraquer car les initiatives personnelles ne sont pas conformes aux idées du parti marxiste au pouvoir. C’est l’Etat qui décide.

http://www.youtube.com/watch?v=Iit3Kabs7QA

Chronique tokyoïte # 11

Malgré le fait que les forces d’autodéfense japonaises aient fini par céder aux Américains en installant deux batteries de missiles patriot à l’intérieur du périmètre de leur commandement, à deux pas d’Akebonobashi et près de Shinjuku, il ne faut pas croire que Tokyo ressente quelque fièvre belliqueuse que ce soit. Le fils de l’empereur s’occupe de ses papillons et pour le reste des citoyens, comme je le disais dans un précédent billet c’est le « business as usual ». Il y a même des touristes à Ginza, le quartier huppé de Tokyo le jour et plutôt chaud la nuit, mais c’est une autre histoire. Je voulais parler aujourd’hui des horaires de travail des Japonais et des Japonaises. Les « salary men » et les « office ladies » travaillent en théorie à peine plus que n’importe quel français, à la seule différence que certaines entreprises considèrent que les heures supplémentaires sont tout simplement pas rémunérées et d’autres tolèrent des heures supplémentaires déclarées jusqu’à une certaine limite, une manière de compenser les bas salaires selon un artifice tout à fait légal. Le samedi est un jour ouvrable comme les autres. Le dimanche semble aussi être un jour comme les autres jours de la semaine puisque les postiers distribuent le courrier et les livreurs ce qu’on a acheté la veille, les tokyoïtes ne s’encombrent pas de gros paquet dans les trains ou les métros. Il y a au Japon une vingtaine de jours fériés et un bon nombre de salariés considèrent que ces vingt jours leur suffisent, ils ne prennent donc pas de vacances. Les grands groupes industriels et manufacturiers exigent tout de même une à deux semaines de vacances de tous leurs employés pour effectuer des opérations de maintenance sur les sites industriels. Les Japonais accumulent des jours de congé virtuels pour pouvoir continuer à percevoir un plein salaire de leur employeur en cas d’arrêt de maladie prolongé et ce crédit de jours de congés payés n’est pas cumulable au delà d’une certaine durée et s’ils ne sont pas utilisés, en d’autres termes si on n’est pas malade durablement, une semaine ou un mois, ces jours de congé accumulés sont tout simplement perdus et dans le fonction publique il en serait de même. Quand on m’a informé de cette sorte de coutume, j’ai tout de suite repensé à la suppression de la journée de carence pour les fonctionnaires. Imaginons que les RTT, une usine à gaz très franco-française issue des 35 heures de Martine, soient utilisées pour les congés de maladie de quelque durée que ce soit, ce serait un bon début pour responsabiliser les employés qu’ils soient du public ou du secteur privé. Mais quel ministre, même plein de bonnes intentions serait capable de proposer un tel changement dans les « avantages acquis » si âprement défendus par des syndicats marxisants déconnectés des réalités du XXIe siècle ? Quand le système de protection sociale se déclarera en faillite, ce qui est déjà le cas, peut-être que de tels changements seront envisagés …