Autant en emporte le vent …

Electricité: les industries électro-intensives contre la hausse de la taxe CSPE PARIS – L’Union des industries utilisatrices d’énergie (Uniden) a demandé lundi la suppression d’une disposition budgétaire votée vendredi à l’Assemblée nationale qui entraînera une augmentation pour certaines entreprises de la CSPE, une des taxes prélevées sur les factures de courant.

L’Uniden demande au gouvernement et au Parlement de supprimer, lors de la suite de la procédure parlementaire, cette mesure sans doute adoptée par méconnaissance de ses conséquences, a indiqué dans un communiqué l’association des industries françaises fortement consommatrices d’énergie. 

La CSPE est payée par les ménages et les entreprises, mais des exonérations profitent aux industries dites électro-intensives, qui représentent presque 20% de la consommation totale d’électricité.

Au grand dam du gouvernement, ce mécanisme d’exonérations a été retouché vendredi par l’adoption à l’Assemblée nationale d’un amendement du rapporteur général du Budget Christian Eckert (PS), augmentant le plafond de la taxe par site de consommation, dans le cadre du projet de loi de finances rectificative pour 2013.

Dans un communiqué, l’Uniden y a vu encore un mauvais coup pour la compétitivité industrielle française, notamment face à l’Allemagne. 

La conséquence immédiate, dès 2014, est d’augmenter de 22% la CSPE de nombreux sites industriels fortement consommateurs d’énergie, souvent déjà en situation difficile, a déploré l’organisation. Au-delà de 2014, l’évolution de la CSPE étant imprévisible mais toujours à la hausse, cette mesure aggravera l’imprévisibilité de la politique énergétique et l’instabilité fiscale qui pénalisent les entreprises françaises.

L’Uniden a dit attendre un plan global cohérent en faveur de la compétitivité des industries électro-intensives, qui représentent selon elle 50.000 emplois directs, et 100.000 à 120.000 emplois indirects.

La CSPE, contribution au service public de l’électricité, sert à couvrir les charges des missions de service public de l’énergéticien EDF, dont celles liées au rachat à un prix bonifié de l’électricité d’origine renouvelable et les tarifs sociaux. 

En janvier 2013, l’Etat avait promis à l’électricien national de lui rembourser une ardoise de près de 5 milliards d’euros liée à la CSPE, qui ne rapportait plus assez alors que les charges que cette taxe est censée couvrir ont explosé avec l’envolée de la production d’électricité solaire et éolienne.

(©AFP / 09 décembre 2013 14h37)

On n’en est qu’au projet de loi de finances rectificative du budget 2013 et les grincements de dents se font déjà entendre. Puisque l’argent ne rentre pas dans les caisses (percées) de l’Etat yaka !!! Et ce sont les particuliers (hausse du prix du kWh programmée à 5 % en janvier 2014) et les industriels qui paieront. Les industries fortement consommatrices d’électricité, aluminium s’il y a encore une production sur le sol français, aciers spéciaux, industrie automobile, téléphonie et serveurs, transports, c’est l’Etat qui se reverse la taxe dite CSPE, ça ne ferait de mal à personne sauf que les billets de train et de métro vont aussi augmenter le premier janvier 2014, etc … Le gouvernement n’en est pas à un tour de passe-passe près puisqu’il n’a jamais rétrocédé les 5 milliards d’euros collectés en 2012 à EDF dans le cadre de la CSPE pour sa contribution contrainte et forcée au développement des énergies alternatives (solaire et éolien) alors que cette taxe est supposée destinée à ce type d’investissement totalement non rentable. L’Uniden (Union des industries utilisatrices d’énergie) voit dans l’augmentation prévue de 22 % de cette taxe un mauvais coup porté à la compétitivité de l’industrie française déjà moribonde. L’arrêt programmé par l’ancien faucheur d’OGM de la centrale nucléaire de Fessenheim n’arrangera pas la situation ni au niveau des tarifs d’électricité ni au niveau de la balance commerciale de la France. Les écolos finiront par réussir à paupériser l’ensemble du pays, qui est définitivement foutu comme le dit H16. Autant en emporte le vent …

La France ne peut pas être la France sans grandeur (C. De Gaulle)

La France est sur le point d’atteindre le seuil critique où le service de sa dette va s’accroître plus rapidement que ses revenus. Pour les quelques mois à venir, compte tenu des intérêts très bas consentis par les financiers (inférieurs à l’inflation) il reste paradoxalement quelques euros pour encore stimuler l’économie, ce que s’est empressé de faire le gouvernement en prenant de petites mesures stimulant l’emploi afin de tenter in extremis de réduire l’augmentation du chômage. Mais cette situation artificielle ne peut pas durer car inévitablement les milieux financiers non résidents dont est dépendante la France à plus de 60 % pour couvrir ses emprunts vont sanctionner l’inaction du gouvernement en termes de réformes structurelles afin d’améliorer la productivité et la compétitivité des entreprises. Il n’est pas besoin d’être un analyste professionnel pour comprendre qu’il en est tout autrement avec l’augmentation des impôts, charges et taxes diverses décidées par l’administration actuellement au pouvoir. De deux choses l’une, soit la dette et le service de la dette continuent à augmenter (ce qui est le cas pour le moment) et à un moment ou à un autre la bulle de cette dette explosera, soit le gouvernement décide de réaliser de réelles économies budgétaires afin de réduire l’accroissement de cette dette dans la souffrance, ce qui est improbable compte tenu des pressions corporatistes et syndicales, alors cette bulle va exploser. Si on considère l’ensemble des charges hors bilan consolidés de la France, essentiellement les programmes sociaux, celles-ci atteignent déjà 260 % du PIB, à peu de choses près la situation de la Grèce ou du Portugal, deux pays qui vont très certainement appeler l’Europe à l’aide dès les élections allemandes terminées, tant qu’Angela Merkel n’est pas reconduite dans ses fonctions, il ne se passera rien en Europe … Pour préciser la situation plus que précaire de la France la Commission Européenne a chargé le Research Center for Generational Contracts en 2009 de quantifier les engagements de divers pays européens dans leurs programmes sociaux.

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Ce rapport a estimé que la France avait le « hors bilan », c’est-à-dire le poste de dépenses non adossé à des recettes correspondantes, le plus élevé d’Europe, atteignant 362,2 % du PIB, soit 6500 milliards d’euros, à fin 2006 à laquelle il faut ajouter la dette financière, ou fiscale, comme vous voudrez, qui frôle les 95 % du PIB. Difficile d’imaginer que la situation se soit magiquement améliorée depuis cette date ! Au contraire, elle s’est détériorée puisqu’il y a de moins en moins d’actifs pour financer cette structure genre Ponzi qui a fonctionné durant les trente glorieuses – il y avait plus d’actifs que d’inactifs – mais la tendance s’est inversée avec l’arrivée à l’âge de la retraite des baby-boomers. Le refus du gouvernement français de modifier les modalités de départ à la retraite et le financement de cette dernière ne peut pas améliorer cette situation. La Cour des Comptes s’évertue à tirer le signal d’alarme, rien n’y fait. A ce triste tableau se surimpose l’érosion de le compétitivité de l’Entreprise France pour faire court. Depuis 1999, les salaires ont augmenté de 53 % en France et de 35 % en Allemagne, ce n’est qu’un exemple, mais le plus inquiétant est la perte de compétitivité de la France vis-à-vis de l’Italie et de l’Espagne qui grignotent mois après mois les parts de marché de la France car ces deux pays ont réalisé les réformes structurelles nécessaires. Plus inquiétant encore, la dette française détenue par des non résidents est deux fois plus élevée qu’en Italie et quatre fois plus qu’en Espagne. Si les investisseurs étaient lucides (selon Bridgewater) le « spread » entre la France et l’Allemagne ne serait pas de 50 points de base comme c’est actuellement le cas mais 350 points, soit 3,5 %, auquel cas la France serait rapidement asphyxiée. Pour encore aggraver cette situation, le déficit commercial de la France est chroniquement dans le rouge, or on ne peut pas, mathématiquement, réduire simultanément la dette et le déficit commercial. C’est ce qu’ont appris à leurs dépens la Grèce, le Portugal, l’Espagne et l’Italie en engageant de vastes réformes structurelles et des diminutions de salaire autant dans les secteurs publics que privés afin de redonner une certaine compétitivité industrielle et réduire les déficits commerciaux. L’Espagne et l’Italie viennent d’atteindre l’équilibre au prix d’efforts sociaux douloureux, réduction du secteur public, réduction des salaires, des allocations de chômage, des remboursements médicaux, etc. Pour terminer la peinture très sombre de ce tableau, la France n’a plus beaucoup de marges de manœuvre fiscales, l’impôt tuant l’impôt, il est donc inévitable que les investisseurs se détournent de la France dans les mois à venir. Il est hautement improbable que l’Allemagne accepte que la BCE se lance dans l’aventure des QE à la Bernanke, à moins que chaque membre de la zone euro accepte une harmonisation fiscale, condition sine qua non fermement martelée par l’Allemagne et elle n’a pas tort, c’est-à-dire une perte brutale de souveraineté que la France n’acceptera pas. Que pourrait-il alors arriver ? D’abord, le Portugal pourrait faire défaut avant la fin de l’année, il n’y a plus d’argent dans les caisses et les taux sont asphyxiants (voir supra à propos de la France) et les investisseurs perdant confiance en la France, les taux monteront comme on peut s’y attendre, alors ce sera la mise sous tutelle par le FMI et les lendemains ne seront ni chantés ni enchanteurs ! « La France ne peut pas être la France sans grandeur » avait dit Charles de Gaulle, ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui …

Bonne fin de vacances !

Billet librement inspiré d’un article paru dans Business Insider