La propagande climatique en plein essor ? Depuis déjà longtemps …

En Colombie britannique, plus précisément à Vancouver et dans sa banlieue, un décret datant de 2013 oblige les distributeurs de carburants pour automobiles à apposer un signal sur la poignée que l’on introduit dans le tube de la voiture pour faire le plein d’essence qui précise que l’utilisation de l’essence contribue à changer le climat et par voie de conséquence à provoquer des sécheresses et des famines dans le monde.

Ce n’est pas un hasard si cet exemple de propagande a été noté par des journalistes dans la province de Colombie britannique puisque le mouvement Greenpeace est justement né dans cette province (lien sur ce blog). Il y a deux affirmations erronées sur cette poignée. 1. personne n’a jamais pu démontrer que le CO2 produit par l’utilisation de combustibles fossiles contribuait à « changer le climat ». Je reprendrai ici une comparaison utilisée dans ses exposés par le Professeur François Gervais : dans un stade de 100000 places il y a 40 personnes habillées de noir dispersées parmi tous les autres spectateurs aux tenues colorées. Croyez-vous que qui que ce soit va prêter attention à ces 40 personnes et croyez-vous qu’elles vont influer sur la réaction de toute cette foule ? Il faut être fou pour le croire …

L’autre erreur dont le but est de culpabiliser les automobilistes est d’affirmer que le changement du climat, sous-entendu vers un réchauffement provoqué par l’effet de serre du climat, va provoquer des sécheresses et des famines. C’est exactement le contraire qui se produirait si le climat se réchauffait globalement. Les pluies deviendraient plus abondantes en raison d’un accroissement de la pluviométrie. Les paléo-climatologues, qui sont des scientifiques sérieux, ont bien montré que lors de la dernière grande glaciation qui a concerné en particulier l’Europe le Sahara est devenu un désert en raison d’un déficit considérable de la pluviométrie alors que cette immense étendue de sable et de roches était ponctuée par des lacs et des rivières lorsque le climat était « plus chaud » il y a une cinquantaine de milliers d’années et que l’évaporation des océans était plus intense.

Donc sur ce poignée il y a deux fausses informations. L’automobiliste culpabilisé par cette propagande mensongère a-t-il conscience que sa voiture émet chaque année 0,00000000006 % de la totalité des émissions de CO2 et que la totalité des émissions de CO2 d’origine humaine ne représente que 3,6 % de la totalité de ces émissions en considérant celles qui sont d’origine naturelle, je ne suis pas l’auteur de ce chiffre c’est l’IPCC ( https://www.ipcc.ch/report/ar4/wg1/ ). A contrario si le climat venait à se refroidir alors la situation deviendrait préoccupante. Mais ce ne sera pas encore pour 2021, fêtez donc la fin de cette année dans la joie …

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/06/24/greenpeace-un-ramassis-de-marginaux-devenu-la-plus-puissante-ong-du-monde/

Le géo-engineering ne plait pas aux écolos ! Et pourtant …

Lorsque l’on s’éloigne des côtes, l’océan devient bleu sombre, presque noir, l’eau est d’une limpidité rivalisant avec les eaux de source les plus pures et naturellement il n’y a aucune vie, pas un poisson, pas un oiseau pour éventuellement signaler la présence de nourriture. Parfois l’immense étendue marine est troublée par un cétacé remontant des profondeurs où il a tenté vainement de trouver quelque provende hypothétique. Car la haute mer est désertique en terme de vie. Et pourtant il y a du soleil et n’importe quelles bactéries ou diatomées photosynthétiques pourraient pulluler puisque le CO2 est abondant, surtout depuis que l’homme, de par ses activités industrielles, en rejette dans les airs, mais ce qui manque le plus c’est la présence de certains ions minéraux présents près des côtes en raison du lessivage de la terre ferme par les rivières mais presque totalement absents en haute mer. On peut naviguer pendant des milliers de kilomètres dans ce désert aqueux et salé sans jamais voir la moindre trace de vie. Ce qui manque à la vie c’est un peu plus de fer et aussi un peu plus de silicium, c’est à peu près tout.

L’Atlantique Nord est quelque fois ensemencé au gré des vents par la poussière provenant du désert saharien, les Canariens en savent quelque chose, ils appellent ce vent de poussière du désert « la calima », et des milliers de tonnes de particules sub-microscopiques peuvent parfois traverser l’océan depuis la Mauritanie jusqu’à la Floride. Il arrive alors qu’une « explosion » de plancton puisse être observée au large, très loin des côtes, favorisant la vie. Le plancton est en effet le premier élément soutenant la vie maritime. Le alevins de toutes les espèces de poissons s’en nourrissent comme les larves de crustacés et c’est le tout début de la chaine alimentaire marine. Pas assez de fer, pas de vie, pas de fixation de gaz carbonique par photosynthèse et dans 200 millions d’années pas de massifs des Bauges ou de Chartreuse surgissant du fond des mers …

Par les temps qui courent, le CO2 « en excès », la vraie bête noire des écologistes de tout poil, pourrait être efficacement piégé par le plancton si les conditions salines étaient favorables. Or pour ce faire, il faut engraisser la mer, comme on chaule un sol acide ou qu’on ajoute du nitrate d’ammonium, du potassium et du phosphate pour améliorer les rendements agricoles. Après tout, la mer est aussi un milieu vivant et rien n’empêche d’améliorer la vie qui pourrait s’y développer avec des apports judicieux de fer et de silicium. Pourquoi le fer, tout simplement parce qu’il entre dans la compositions de pigments impliqués dans la photosynthèse. Or un résidu abondant de la production industrielle de l’aluminium et du titane dont on ne sait quoi faire est le sulfate de fer, un candidat parfait pour fertiliser l’océan. En y ajoutant un peu de silicate c’est magique ! C’est ce qu’a fait l’Alfred Wegener Institute au milieu des années 2000 en répandant l’équivalent de 10 mg de sulfate de fer par mètre carré dans l’océan Antarctique pour ne pas énerver les écologistes qui refusent qu’on intervienne sur l’équilibre salin des océans. Il a fallu aux auteurs de cette étude près de 7 ans pour pouvoir publier leurs résultats dans le journal Nature (voir le DOI en lien) qui comme chacun sait est un des « organes » politico-scientifiques d’ONG telles que Greenpeace et WWF, l’éditeur en chef de Nature ne s’en cache d’ailleurs pas. Bref, la polémique a donc enflé jusqu’à un point tel qu’il est maintenant devenu pratiquement impossible d’obtenir une autorisation pour effectuer des recherches dans ce domaine. Et pourtant les travaux des spécialistes du Wegener Institute étaient parfaitement clairs : l’ensemencement de l’océan avec un mélange de sulfate de fer et de silicate de sodium favorisait l’apparition massive de plancton photosynthétique qui fut suivie en détail par les scientifiques. L’expérience en vraie grandeur en pleine mer montra qu’en seulement quelques jours la fixation de l’acide carbonique dissous dans l’eau de mer était réelle puisque le plancton en fin de vie tombait rapidement au fond de l’océan à plus de 3000 mètres de profondeur.

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Nonobstant les réticences des agitateurs protecteurs de la nature qui ont influencé les instances administratives américaines en obtenant que toute expérimentation en vraie grandeur d’ensemencement de l’océan avec du fer soit sévèrement réprimée ou soumise à des conditions draconiennes, ce que l’on appelle en termes savant du géo-engineering, la Haida Salmon Restoration Corporation (HSRC) basée en Colombie Britannique a réalisée une expérience du même genre qui n’est pas sans rappeler celle du Wegener Institute mais dans un tout autre but. La communauté Haida, environ 4000 personnes, vit essentiellement du saumon de rivière remontant les nombreux torrents de l’île Gwaii aussi appelée l’Île de la Reine Charlotte au large des côtes de la Colombie Britannique. Les prises de saumon varient d’une année à l’autre mais sont en déclin sensible depuis un certain nombre d’années. Ce qui a motivé l’HSRC à procéder à une expérience de géo-engineering était tout à fait fortuit. L’éruption de plusieurs volcans des îles Aléoutiennes en 2010 a eu pour résultat une augmentation notoire des prises de saumon en 2011 et 2012. Or les cendres volcaniques sont habituellement riches en fer et l’HSRC a été sponsorisée par un entrepreneur américain pour se lancer en 2012 dans une expérience en vraie grandeur d’ensemencement des eaux immédiatement au large de l’île de Gwaii avec 120 tonnes de sulfate de fer et des silicates répandus sur 35000 kilomètres carrés dans le but de stimuler la croissance du plancton et ainsi la croissance des alevins de saumon qui se nourrissent essentiellement de ce plancton au cours des premières semaines de leur vie marine après avoir redescendu le cours des rivières. Le but de cette expérimentation n’était pas de séquestrer du CO2, l’affaire aurait pu passer inaperçue et éventuellement réjouir les écologistes, mais de vérifier si la croissance des saumons, et donc leur viabilité, était vraiment stimulée par cette opération d’un nouveau genre. Au cours de la saison dernière, une année après cet essai en vraie grandeur, le nombre de saumons capturés a quadruplé, passant de 50 à 226 millions autour de l’île Gwaii et dans la rivière Fraser, plus au sud mais aussi en Colombie Britannique, les captures sont passées de 25 à 72 millions de saumons. Pas besoin de faire plus de commentaires les chiffres parlent d’eux-mêmes.

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Le sulfate de fer est virtuellement sans valeur commerciale, seuls les coûts de transport et d’épandage dans la mer doivent être considérés en regard des profits potentiels pour la pêche au saumon. De plus la séquestration concomitante du CO2 peut être aussi prise en compte comme un plus économique. Or l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (International Union for Conservation of Nature) s’est immédiatement insurgée en clamant haut et fort que cette pratique était illégale car elle ne devait pas être réalisée dans un but commercial mais uniquement dans un but scientifique. Pire, l’ETC Group, un groupement d’activiste dont le slogan pour le moins ambigu est « la conservation et le développement durable de la diversité culturelle et écologique et des droits de l’homme », considère que tout doit être évité pour que l’humanité n’échappe à la nécessité du rationnement carboné ! En d’autres termes, enrichir même de manière infinitésimale les océans avec du fer, 10 mg par mètre carré ou mètre cube – c’est du pareil au même, l’humanité toute entière pourrait être déculpabilisée et continuerait alors à brûler des combustibles fossiles, et ça c’est pas politiquement correct ! La situation est devenue à ce point surréaliste qu’on se demande bien quelle en sera l’issue. A court d’arguments les irréductibles de la protection de la nature utilisent des moyens de persuasion qui vont à l’encontre des principes basiques de l’économie et aussi des droits de l’homme qu’ils veulent pourtant protéger jalousement. Depuis des millénaires, l’homme n’a cessé de domestiquer la nature, au nom de quel principe faudrait-il qu’il régresse et choisisse de s’appauvrir ? Que ces idéologues illuminés par je ne sais quelle révélation aillent demander leur avis aux Indiens Haida, ils seront certainement bien reçus !

Liens :

http://www.haidasalmonrestoration.com/index.php/science/geoengineering

Illustration : Chaetoceros atlanticus (Alfred Wegener Institute)

doi:10.1038/nature11229