Orgasme féminin : après le clitoris le périnée …

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Dans la rubrique du nirvana sexuel de la femme il y a aussi des éléments anatomiques relativement méconnus qui pourtant contribuent (ou pourraient contribuer) largement à l’atteinte du plaisir sexuel. Il s’agit de l’ensemble de muscles assez complexe qui constitue ce que le spécialiste appelle le plancher pelvien. Entre l’os du pubis et le coccyx il n’y a rien pour soutenir tous les organes de la partie inférieure du ventre et cette zone anatomique n’est pas uniforme puisqu’elle comporte aussi la verge chez l’homme et le vagin chez la femme mais aussi l’anus chez l’une comme chez l’autre. Pour tenir compte de ces éléments la musculature de soutien est donc assez compliquée et pour plus de détails voici un lien utile : https://en.wikipedia.org/wiki/Perineum .

Il s’agit donc du périnée qui joue un rôle souvent ignoré, surtout par les femmes, dans l’atteinte du plaisir sexuel. En effet, si des muscles du périnée entourant la base du pénis chez l’homme permettent à ce dernier de contrôler (plus ou moins) son érection, ces mêmes muscles entourent également l’entrée du vagin chez la femme et se trouvent donc directement à proximité de la partie interne du clitoris. Ils ferment le vagin en jouant le rôle de sphincter et s’ils sont commandés volontairement peuvent contribuer largement à la stimulation de cette partie interne du clitoris et donc à l’atteinte d’un orgasme.

Cette redécouverte du rôle du périnée dans l’orgasme féminin est mise en avant par certains organismes comme par exemple kegelness.com et fait l’objet de rééducation ou d’éducation tout court chez les femmes éprouvant des difficultés au niveau sexuel par certains physiothérapeutes conscients de l’importance de ces muscles délaissés par les sexologues (lien). Bien que les médecins connaissent parfaitement l’existence du périnée et son rôle central en particulier dans l’incontinence et les troubles de l’érection chez l’homme, peu de femmes osent en parler à leur praticien, d’où l’opportunité de ce genre de site (suisse) ne serait-ce que pour que les femmes s’informent, prennent conscience de leur anatomie et décident d’une approche personnalisée pour améliorer leur plaisir sexuel.

L’un des exercices simples préconisé par les spécialistes pour les femmes afin de renforcer la musculature du périnée consiste à se mettre debout, en chaussettes, sur un parquet glissant, d’écarter les jambes et d’introduire une grosse règle en plastique dans le vagin. L’exercice musculaire consistera à éviter que la règle ne tombe sous son propre poids et d’éviter également que les jambes aient tendance à s’écarter …

Inspiré d’un article paru dans le très respecté quotidien genevois Le Temps et aussi https://kegelness.com/le-secret-du-plaisir-le-perinee/ , ilustration : Le Temps, https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/09/07/complement-au-billet-de-ce-jour/

Le clitoris retrouve ses lettres de noblesse, enfin !

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Dans la ville de Calvin les commentaires vont bon train au sujet des nouveaux manuels scolaires de SVT à l’usage des élèves des collèges de France : on y découvre pour la première fois l’anatomie de la partie cachée du clitoris dans le manuel de SVT des Editions Magnard car en vertu du respect de l’égalité des sexes puisque l’anatomie du pénis était à peu près décrite dans le détail, celle du clitoris était cruellement absente (voir lien sur ce blog). Pendant des siècles le clitoris a alimenté les débats et les controverses – surtout auprès des hommes – jusqu’à la découverte récente de sa structure interne beaucoup plus importante qu’on ne l’imaginait jusqu’alors. Pour Hippocrate la stimulation du clitoris augmentait la fertilité des femmes. Pour les médecins de la fin du Moyen-Age le clitoris était comparé à la luette qui selon eux tempérait l’air pénétrant dans le corps. Il faudra attendre la seconde moitié du XVIe siècle pour que le clitoris soit décrit dans les planches anatomiques du Sieur Realdo Colombo qui appela le clitoris « amor veneris » après avoir effectué des expériences de toucher pour prouver que ce petit appendice de chair était lié au désir sexuel de la femme.

Colombo se risqua à appeler le clitoris « frénésie de Vénus » que Fallope, un autre anatomiste italien, renomma cleitoris, une dénomination qui a perduré. Mais les controverses se multiplièrent quant à la fonction véritable de cet organe à part entière. André Vésale (1514-1564) considérait que le clitoris était une malformation, un reliquat d’hermaphrodisme, rien que ça ! Le grand Ambroise Paré considérera que le clitoris est une partie obscène, dangereuse et honteuse de l’anatomie féminine … Quand il apparut que sans aucun doute cette petite proéminence anatomique était le siège du plaisir féminin l’Eglise, comme il fallait s’y attendre, s’en mêla après avoir admis que le « frisson » que procurait le clitoris était nécessaire pour la fécondation et qu’il participait à une sorte de double semence de concert avec le pénis de l’homme. La situation devint plus sujette à controverse quand il fut reconnu que l’ovulation n’avait rien à voir avec ce « frisson » et qu’elle était la conséquence d’un cycle d’environ 28 jours, alors l’Eglise, tant catholique que protestante, stigmatisa définitivement l’utilité du clitoris car après tout il n’était plus que la source du plaisir féminin.

Influencés par les prises de position des autorités religieuses certains médecins allèrent jusqu’à préconiser l’excision pour traiter l’épilepsie, la catalepsie et la nymphomanie. Des campagnes de propagande agressive diabolisèrent le clitoris car il était considéré comme la cause numéro un de l’hystérie, un argument repris par Sigmund Freud dans les années 1930 pour expliquer les névroses des femmes immatures et déviantes qui pratiquaient à outrance l’onanisme … Tout un programme ! Aujourd’hui le clitoris a été magnifiquement banalisé et presque glorifié dans une amusante vidéo de la réalisatrice canadienne Lori Malépart-Traversy que je conseille à mes lecteurs (et lectrices) de visionner tant elle est réaliste et humoristique ( https://youtu.be/J_3OA_VZVkY ). Les spécialistes de sexologie ne font plus de distinction entre l’orgasme dit vaginal et l’orgasme appelé par opposition clitoridien. Selon eux la pression du pénis sur les parois latérales de l’entrée du vagin stimule les corps caverneux internes (cachés) du clitoris conduisant à un orgasme que l’homme a trop tendance à considérer comme vaginal, donc provoqué par la nécéssaire présence de son pénis, une interprétation bien machiste de l’orgasme féminin.

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Le clitoris a donc, dans les livres de SVT français retrouvé ses lettres de noblesse, du moins en partie car il n’est nulle part mentionné qu’il est beaucoup plus innervé (plus de 8000 terminaisons neuronales) que le pénis de l’homme.

Inspiré d’un article paru dans les colonnes du quotidien genevois Le Temps. Illustrations : première description anatomique du clitoris, traité d’anatomie de Charles Estienne, 1546, le clitoris et les corps caverneux cachés (manuel de SVT des Editions Magnard, en violet dans l’illustration). Et aussi sur ce blog :

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/09/07/vous-saurez-tout-tout-sur-le-clitoris/

Le mystère de l’orgasme féminin enfin dévoilé

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C’est une étude « très sérieuse » qui le prouve : l’orgasme féminin est différent de l’orgasme masculin … comme si on l’ignorait encore. L’étude a été réalisée auprès de 6151 hommes et femmes âgés de 21 à plus de 65 ans mais restreinte à 2850 hommes et femmes célibataires ayant eu une activité sexuelle régulière avec un partenaire stable durant les 12 mois précédant la mise en place de cette étude. Il est apparu que 85 % des hommes avaient régulièrement un orgasme lors d’une relation sexuelle avec leur partenaire régulière alors que seulement 63 % des femmes étaient satisfaites. Dans la catégorie des gays le pourcentage était sensiblement identique et pour les lesbiennes ce « taux de réussite » atteignait 75 %. Ce résultat paru dans le Journal of Sexual Medicine (voir le lien) a rendu perplexes les auteurs de cette étude qui se sont finalement posé la question de savoir à quoi peut bien servir l’orgasme féminin. Que mes lectrices se rassurent les auteurs de cette étude étaient toutes des femmes !

En entrant dans les détails, les lesbiennes déclarent avoir une relation sexuelle avec leur partenaire qui dure en moyenne entre 30 et 45 minutes alors que les femmes hétérosexuelles ont rarement une relation durant plus de 30 minutes avec leur partenaire masculin (plutôt pas plus de dix minutes), ceci pouvant expliquer la différence de satisfaction entre les femmes hétérosexuelles et les lesbiennes. Mais la question centrale qui aurait pu être décryptée par cette étude est l’utilité de l’orgasme féminin. Une autre étude parue cette fois dans le Journal of Experimental Zoology (voir le lien) tente d’apporter une explication à cette signification de l’orgasme féminin outre le fait qu’il est une source de plaisir physique que mes lectrices ne réfuteront certainement pas.

Aristote avait déjà remarqué que l’orgasme féminin n’était pas lié à la reproduction alors qu’au contraire l’orgasme de l’homme, synonyme d’éjaculation et donc de transfert de gamètes, est par définition corrélé à cette fécondation. De plus la femme est sexuellement réceptive tout au long du cycle menstruel comme certains primates, mais ce n’est généralement pas le cas des autres mammifères. L’orgasme féminin qui s’accompagne d’une « bouffée » de prolactine et d’ocytocine n’a donc, pour les scientifiques, pas de raison d’être d’un point de vue strictement physiologique puisqu’il n’entraine pas automatiquement d’ovulation … Ça laisse rêveur !

Sigmund Freud en rajouta une couche au début du XXe siècle en considérant que l’orgasme clitoridien était une déviation relevant de la psychiatrie. Ce sombre individu, lui-même obsédé sexuel, reporta sur ses patientes ses obsessions malsaines tout au long de sa carrière de charlatan et fit malheureusement pour un grand nombre de femmes des dégâts irréparables. Pour Freud les femmes étaient toutes plus ou moins des nympho-maniaques qu’il fallait traiter en conséquence. Pour Freud l’orgasme féminin était une déviation des sens … On croit encore aux théories absconses de ce sinistre individu, c’est dire à quel point l’opinion généralement masculine de l’orgasme féminin est encore entachée d’a priori défavorables et d’erreurs !

Il faut donc rechercher l’origine de l’orgasme féminin du côté de l’évolution darwinienne. Par exemple les singes macaques femelles se masturbent et cet acte provoque une ovulation qui les conduira naturellement à s’accoupler en vue d’être fécondées. Il est intéressant de noter que la position du clitoris par rapport à l’entrée du vagin se trouve être corrélée phylogénétiquement au mode d’ovulation. En d’autres termes lorsque le clitoris, l’un des éléments anatomiques centraux favorisant l’orgasme – du moins sa partie visuellement apparente – est éloigné de l’entrée du vagin, l’ovulation est spontanée et non réflexe en association avec un rapport sexuel. C’est le cas chez la plupart des primates dont la femme. L’origine embryonnaire du clitoris est identique à celle du pénis et au cours de l’évolution le clitoris a perdu ses fonctions liées à la fécondation en se retrouvant éloigné du vagin et de l’orifice urinaire. Chez la femme cet organe ne joue donc plus de rôle dans l’initiation de l’ovulation et n’est plus présent que pour le plaisir … Comme la nature a bien fait les choses pour les femmes qui ont l’immense privilège de pouvoir jouir (sans jeu de mot) de plusieurs orgasmes, ce qui n’est certainement pas le cas de l’homme !

Sources en accès libre : http://dx.doi.org/10.1111/jsm.12669

http://dx.doi.org/10.1002/jez.b.22690

Les USA : un pays moyenâgeux …

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Les USA se targuent d’être le pays le plus représentatif des libertés, de la démocratie et du respect des droits de l’homme en faisant la leçon à des dizaines de pays de par le monde. Pour de basses raisons économiques ils flirtent avec des royaumes comptant parmi les plus rétrogrades du monde comme l’Arabie Saoudite. Mais qu’en est-il exactement dans l’Amérique profonde puritaine jusqu’à la nausée ?

Un rapport datant de 2012 publié par le CDC (Center for Disease Control) faisait état de 513000 mutilations génitales de jeunes filles d’origine afro-américaines pour cette seule année 2012. On n’est pas loin des mêmes statistiques de la Guinée, de l’Ethiopie ou de la République Centrafricaine. Il faut rappeler ici qu’en Egypte, un autre grand pays ami des USA, 98 % des femmes sont excisées. La loi américaine interdit cette pratique et pourtant … Sous prétexte de revenir aux sources de nombreux afro-américains vont en quelque sorte en pèlerinage dans les pays putatifs d’où sont originaires leurs ancêtres avec leurs gamines pour soumettre ces dernières à une excision dans les règles de l’art des ancêtres. On appelle ce genre de voyage le « vacation cutting », littéralement les vacances pour couper !

Ces jeunes filles excisées en Afrique pour les besoins de la cause plus traditionnelle que religieuse sont pour la majorité nées aux USA ainsi que leurs parents. Leurs grands-parents immigrèrent dans le pays dans les années 40 quand les USA faisaient appel à de la main-d’oeuvre bon marché afin de pourvoir l’industrie de l’armement en personnel peu rémunéré. Malgré un semblant d’assimilation, cette coutume perdure après deux générations en dépit des campagnes de sensibilisation organisées par les églises et les gouvernements des Etats … Ça laisse rêveur.

Sources : bioedge.org et Unicef. Illustration bioedge.org (FGM : female genital mutilation)