Être climato-réaliste est une vraie mission (épisode 3) : évolution du climat depuis 20000 ans

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Les paléoanthropologues ont acquis une bonne connaissance des fluctuations des populations de l’Homo sapiens au cours des années précédant la dernière grande glaciation qui provoqua une baisse du niveau des océans de plus de 120 mètres. La Grande-Bretagne actuelle n’était pas une île et de nombreux archipels sud-asiatiques étaient reliés aux autres par de la terre ferme. La Mer rouge était en partie découverte et le détroit de Gibraltar, parsemé d’îlots favorisa des mouvements de population de l’Afrique vers la péninsule ibérique. Si la glaciation recouvrait une grande partie de l’Europe il ne faisait pas toujours très froid. Parfois des périodes de réchauffement permirent à nos ancêtres de remonter vers le nord ou inversement être obligés de se déplacer vers le sud et ces mouvements de populations ont été relativement bien documentés notamment dans le sud-ouest de la France. La disparition de la grande faune représentée par les mammouths laineux ou les panthères à dents de sabre fut provoquée par des épisodes brutaux de refroidissement qui privèrent les mammouths de nourriture et les panthères de gibier. Il faut reconnaître qu’un mammouth était contraint de manger plus de 50 kilos d’herbe chaque jour pour survivre et si l’enneigement était trop abondant il n’avait pas d’autre choix que de mourir. Des esprits chagrins ont attribué à tort la disparition des mammouths à la prédation des hommes, ce qui est totalement faux.

Comme l’indique cette illustration, captée d’une conférence dont j’ai égaré la référence, jusqu’à la fin du Dryas récent (8000 ans avant l’ère commune) il y eut donc de nombreux épisodes de « réchauffement » brutaux mais brefs sans que jamais les calottes glaciaires recouvrant la majeure partie de l’Amérique du nord et de l’Europe fondent significativement. Puis cette période climatique prit fin au cours d’un réchauffement brutal qui dura environ 500 ans et provoqua un retrait des glaciers comme en France celui recouvrant la majeur partie du Massif Central et du Jura. Ce changement du climat coïncida avec l’apparition de l’agriculture, la sédentarisation des groupes humains et ce que la Bible appela le Déluge. Le détroit des Dardanelles avait été longtemps à sec et le niveau de la Mer Noire, un lac fermé, avait baissé à tel point que des humains s’étaient installé dans des zones aujourd’hui submergées lors de la remontée du niveau des océans. Il est opportun de rappeler ici que lors d’une période très froide les épisodes de sécheresse prolongée étaient fréquents en raison de la rareté des pluies. C’est ce type de situation redoutable qui pourrait sévir au cours des prochaines décennies. Ce graphique est issu des carottages glaciaires dans le centre du Groenland.

À partir de 10000 ans avant l’ère commune il semble que le climat se stabilise mais il est utile de « zoomer » sur cette période qui appelle divers commentaires. Vers 2800 avant l’ère commune (moins 4500 ans dans le graphique) il y eut un changement brutal du climat qui eut des conséquences dramatiques provoquant la chute de l’empire égyptien ancien et une désertification du Sahara. Mais revenons au tracé de l’évolution des températures à la surface du sommet de la calotte glaciaire du Groenland au cours du temps depuis la fin du Dryas récent jusqu’à aujourd’hui. Les « réchauffements » aussi appelés optima climatiques : Minoïen, Romain, Médiéval et Contemporain, favorisèrent l’apogée de la civilisation minoïenne et de la civilisation néo-assyrienne (j’y reviendrai ci-dessous), puis de l’Empire romain, puis aux XIe et XIIe siècles l’optimum médiéval qui a favorisé le doublement de la population européenne et la construction des cathédrales et enfin l’optimum moderne (1920-1990) qui vit un accroissement jamais atteint de la population humaine et une diversification technologique sans précédent dans l’histoire de l’humanité.

L’optimum climatique minoïen favorisa le développement de l’empire crétois qui rayonna sur l’ensemble de la Méditerranée entre les années 1800 et 1600 avant l’ère présente. Il s’agissait d’un empire de marchands qui dominait le commerce entre l’Orient et les pays bordant la partie ouest de la Méditerranée, pour faire court. Si l’explosion cataclysmique du Santorin en 1650 avant l’ère présente n’avait pas eu lieu, explosion suivie d’un d’un tremblement de terre créant un gigantesque tsunami qui détruisit la plupart des grandes villes de Crète, la disparition de cet empire aurait fini par avoir eu lieu en raison du refroidissement du climat qui provoqua des sécheresses et par conséquent des famines plus destructrices encore que le tremblement de terre, exactement comme la disparition de l’empire égyptien ancien. Ce refroidissement du climat qui dura près de 1000 ans provoqua ensuite l’effondrement de l’empire néo-assyrien dont la principale ville était Ninive. Cet empire comprenant l’Irak, la Syrie, l’Egypte et le sud-est de la Turquie d’aujourd’hui était très dépendant de ses ressources agricoles, elles-mêmes tributaires de la pluviométrie. Or qui dit refroidissement sous-entend aussi une plus faible évaporation des océans et des mers et donc moins de précipitations. L’empire, pour faire bref encore, se désagrégea, fragilisé par des périodes de disette répétées.

Pourquoi de telles disparités dans l’évolution du climat ont-elles toujours existé, à des échelles de temps longues ou plus en détail des changements qualifiés de discrets à l’échelle géologique ? Les climatologues se perdent en conjectures. Il semble qu’il y ait une périodicité approximative de 1000 ans décrivant ces optima climatiques mais quelle en est la raison ? Première réponse évidente en examinant le graphique ci-dessus l’effet d’une quelconque augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique est à exclure puisque le charbon et le pétrole étaient inconnus. Il n’y avait donc aucune intervention humaine dans l’évolution du climat.

Il fa ut échafauder des hypothèses comme les oscillations multidécadales des océans qui sont encore très largement inexpliquées. La seule tentative d’explication de ces fluctuations du climat qui paraissent erratiques est la modélisation de la variation de l’activité magnétique du Soleil réalisée par la mathématicienne Valentina Zharkova de l’Université de Northumbria. Pour plus de détail voir sur ce blog le billet du 31 octobre 2015 précisant les propos du billet de ce blog du 5 septembre 2015. Si l’incidence de l’irradiance solaire totale ne change en apparence que très peu il s’avère néanmoins que cette infime variation – de quelques fractions de watt/m2 – peut avoir un effet global non nul sur le climat. La prouesse mathématique réalisée par Madame Zharkova et ses collaborateurs montre que, contrairement à tous les modèles présentés par l’IPCC, son modèle de prédiction de l’évolution de l’activité solaire est aussi valable en « remontant dans le temps ». Ces prédictions expliquent clairement le « petit âge glaciaire » ainsi que l’optimum climatique médiéval alors qu’aucun des modèles, aussi fameux soient-ils, émanant de l’IPCC ne peuvent être extrapolés vers le passé. Ils sont donc purement spéculatifs voire fantaisistes. Il apparaît donc que les variations du climat terrestre seraient liées aux seules variations de l’activité magnétique du Soleil. Le lien de cause à effet est malheureusement, dans l’état actuel des connaissances, difficile à établir clairement.

Suite dans un prochain billet.

https://wattsupwiththat.com/2016/07/31/a-warm-period-by-any-other-name-the-climatic-optimum/

https://arxiv.org/pdf/1804.01302.pdf