Brève. Hong-Kong, Maiden, Moscou, Caracas, … même combat

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Ça s’appelle de la politique « coup de poing » par personne interposée et c’est devenu la spécialité des Américains et des Anglais. Plutôt que d’intervenir directement il suffit de financer des groupes de pression plus ou moins occultes pour faire apparaître un abcès sociétal qui a toutes les chances, s’il est judicieusement organisé, d’aboutir à la déstabilisation d’un Etat et éventuellement de son économie voire de son système politique tout entier. C’est exactement ce qui se passe en ce moment à Hong-Kong. Le mouvement de protestation « populaire » a été depuis le début organisé par la CIA avec le soutien du MI5, les Anglais connaissant parfaitement bien leur ancienne colonie. Après la fragilisation de l’économie chinoise en instaurant des droits de douane invraisemblables sur les produits importés, après avoir organisé une « chasse aux sorcières » en tentant de ternir l’image internationale de Huawei qui a eu le malheur de damer le pion des entreprises américaines de technologie de l’information – aucune entreprise état-unienne n’est capable de développer la 5G – les cerveaux dérangés de l’administration américaine ont imaginé de créer un trouble à Hong-Kong. À l’évidence ce complot pourrait payer puisque la place financière d’Hong-Kong est d’une importance extrême pour l’économie chinoise.

L’agitation populaire à Hong-Kong dure depuis plusieurs années ainsi que le mouvement d’opposition moscovite à la politique de Vladimir Poutine. Encore une fois on retrouve la signature du « Deep State » américain que Trump s’était juré de réduire à néant mais force est de constater qu’il utilise maintenant le « marigot » pour parfaire ses propres desseins géopolitiques, en réalité par vraiment les siens, mais ceux du complexe militaro-industriel américain qui siphonne toutes les ressources budgétaires fédérales et laisse à la rue cent millions d’Américains.

Ma fille vient de visiter la Californie et les alentours. Elle a été sidérée de voir le nombre incroyable de sans-abris tant à Los Angeles qu’à San Francisco, vivant au milieu des détritus et des rats le long des autoroutes, … mais pas à Las Vegas : il sont chassés par la police car ça fait désordre. Je veux bien encore croire que les USA sont toujours la première puissance du monde mais j’ai, excusez-moi, de plus en plus de sérieux doutes. À suivre …

Voici le Vrai Régime Nazi Ukrainien mis en place par les USA

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Ce texte est la traduction d’un article du journaliste d’investigation Eric Zuesse paru sur le site The Strategic Culture Foundation. Les addenda entre parenthèses et en caractère italiques sont de mon cru pour une meilleure compréhension des propos de ce texte. Bonne lecture !

L’importance de l’illustration ci-dessus est virtuellement impubliable dans un quelconque média aux USA (et en Europe) parce que ces médias ont pour mission de tromper l’opinion en ce qui concerne les réalités internationales les plus préoccupantes – comme par exemple le fait que les USA ont installé un régime nazi en Ukraine dirigé contre la Russie – et que maintenant les USA mentent en accusant la Russie de faire ce qu’elle a le devoir faire pour se protéger de ce régime nazi qui se trouve à sa porte. Cette photo compte parmi les nombreuses autres qui ont été publiées dans l’excellent article d’Asa Winstanley le 4 Juillet 2018 sur l’ « Electronic Intifada ». Le titre de son article était  » Israël arme les néo-nazis ukrainiens » et il montrait comment Israël soutient le gouvernement raciste-fasciste (ou idéologiquement nazi) de l’Ukraine actuelle (lien en fin de billet). Ce sont des nazis non pas animés d’antisémitisme (comme ce fut le cas du régime nazi hitlérien) mais de russophobie, la vraie raison pour laquelle les USA ont mis en place ce régime.

Israël participe à cette coalition créée par les USA quand ils ont mis en place ce régime à Kiev, manoeuvre décidée par Obama dès 2011, organisée le 1er mars 2013 et finalisée en février 2014 avec le soutien total du Département d’Etat américain et de la CIA en organisant des manifestations massives anti-corruption Place Maiden à Kiev qui furent émaillées de tirs de snipers sans discernements, snipers financés par les USA – bien que ce dernier point n’ait jamais été mentionné par les médias américains (ni européens) – ni comment ils furent recrutés ni comment ils furent financés et ni de qui ils reçurent les ordres de tirer.

Comment maintenant croire les médias (tant US qu’européens) qui cachent toujours de telles réalités avérées au public ? Les sanctions américaines contre la Russie et les exercices de l’OTAN équipée de blindés et de missiles américains le long de la frontière russe sont uniquement basés sur des mensonges qui vont être explicités ci-après.

Pour les médias américains (et européens) le renversement et le remplacement du régime ukrainien démocratiquement élu fut « la révolution de Maiden » ou encore « la révolution ukrainienne de 2014 » mais jamais le « coup d’état organisé par Obama ». Ces médias mentent à l’évidence et jamais plus on ne pourra les croire. C’est ainsi que pour George Friedman, le fondateur et propriétaire de la « private CIA » appelée Stratfor (des mercenaires privés payés par le Pentagone et la CIA qui sévissent en particulier en Afghanistan), Maiden fut le coup d’état le plus flagrant de l’histoire mais seulement quand il tient ses propos à des médias russes car il nie avoir tenu de tels propos quand il est questionné par des médias américains. Les mensonges deviennent ainsi une obligation sémantique pour ces médias.

Le personnage qui se trouve au centre de la photo est Andrei Biletsky ou Beletsky dont le bataillon (qu’il a fondé) est directement financé par les contribuables américains, c’est-à-dire par le gouvernement américain. Il a publiquement déclaré que l’idéologie de ce bataillon et sa propre idéologie est le socialisme, pour lui une négation de la démocratie, le racisme qui l’anime étant dirigé contre les Sémites et les sous-humains qu’ils utilisent et finalement une affirmation de l’impérialisme devant aboutir à la création d’un Troisième Empire ukrainien, un troisième Reich ukrainien, et voici quelques traits de son idéologie directement inspirée d’Hitler mais avec le mot « German » remplacé par le mot « Ukrainian ».

Le Nationalisme Social Ukrainien. Le symbole de son bataillon qui figure sur la photo est le signe inversé du Wolfsangel nazi. L’idée maîtresse du nationalisme social mystique ukrainien est qu’il n’est pas constitué d’individus séparés et mécaniquement unis en entité appelée « ukrainienne » avec un passeport ukrainien mais plutôt un organisme biologique national qui constituera un peuple nouveau, un peuple hautement développé physiquement, intellectuellement et spirituellement. Et il attirera les autres individus pour renforcer la nation. Le nationalisme social se distingue clairement des autres mouvements politiques d’extrême droite car il se base sur un triade fondamentale : le socialisme, le racisme et l’impérialisme.

Socialisme. « Nous combattons pour créer une communauté nationale harmonieuse. Dans son principe le socialisme nie totalement la démocratie et le libéralisme qui engendrent une nation grise « rozbytthya » de second ordre avec des personnalités constituées en « ochlocratie ». Au contraire nous prônons l’idée d’une solidarité nationale, d’une hiérarchie naturelle et d’une discipline, les bases de notre nouvelle société. Inutile de considérer un foule de démocrates qui sont incapables de donner un sens à leur propre destinée et encore moins à l’Etat mais une sélection naturelle des élites de la Nation, de vrais leaders ukrainiens nés en Ukraine ».

Racisme. « Notre nationalisme n’est rien qu’un château de sable s’il n’est pas fondé sur la pureté du sang. Si la spiritualité, la culture et la langue ukrainiennes sont uniques c’est parce que notre nature raciale est unique. Si l’Ukraine doit devenir un paradis sur la Terre c’est parce que notre race le veut. Par conséquent nous devons gérer notre nation en commençant par une épuration raciale. La mission historique de notre nation, un moment décisif de ce siècle, est de mener les peuples blancs du monde vers la croisade finale pour leur survie. Nous devons diriger cette croisade contre les sémites et les sous-humains qu’ils utilisent ».

Impérialisme. « Nous allons changer les appellations « Ukraine indépendante », Ukraine Unie » et Ukrainiens » par une nation impériale qui a une longue histoire. Le devoir de la présente génération est de créer un Troisième Empire, troisième reich ukrainien, une Grande Ukraine. Tous les organismes dans la nature veulent s’étendre, se reproduire et croître en nombre. Cette loi est universelle. La supprimer signifie l’extinction, la mort. La diminution de la croissance de la population signifie la mort biologique de cette nation, l’extinction de son expansion politique et le déclin de l’Etat. Si nous devenons forts, nous prendrons ce qui nous revient de droit et plus encore, nous construirons un empire super-puissant, la Grande Ukraine ».

« Le Nationalisme Social a pour but de protéger toutes les vieilles valeurs aryennes ukrainiennes oubliées dans notre société moderne. Seule leur préservation et leur amélioration par des groupes de combattants fanatiques peut aboutir à la victoire finale de la civilisation européenne dans le combat mondial. Cette prise de position est réaliste et il ne peut en être autrement. Gloire à l’Ukraine ! ». Signé Andrei Beletsky.

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Le régime mis en place et imposé par les USA en Ukraine a déjà perpétré des massacres de masse à l’encontre des Ukrainiens russophones (à l’est de l’Ukraine, majoritairement russophone) et il (Beletsky) insiste sur le fait qu’il faudra finalement tous les tuer. Tout ça est financé par les contribuables tant des USA que d’Israël mais aussi des Pays-Bas, de la Pologne et d’autres alliés des Etats-Unis qui ont contribué à la formation des Bataillons Azov de Beletsky et qui financent aussi le gouvernement de Kiev qu’Obama a installé en 2014. La photo ci-dessus montre l’enseignement de la manipulation du lance-roquettes dans une école où figure sur un mur le portrait d’Hitler. Barack Obama était un libéral mais il était aussi en secret un raciste fasciste russophobe et ce gouvernement ukrainien n’existerait pas aujourd’hui si le gouvernement précédent, démocratiquement élu, non raciste et non fasciste (russophile) n’avait pas été remplacé sur décision d’Obama.

Tant que le parti démocrate américain continuera à soutenir cette décision d’Obama et le gouvernement nazi de Kiev le parti républicain US continuera à être en mesure d’être qualifié lui-même de nazisme, bipartisan – parce qu’il l’est – mais l’unité bipartisane sur une telle situation ne signifie pas du tout qu’elle est politiquement correcte et même pas qu’elle n’est pas tout aussi bien raciste et fasciste, en un mot nazie. C’est pour cette raison que les médias continuent à apporter leur soutien au régime ukrainien au lieu d’en dénoncer les excès : ces médias continuent à mentir.

Les « News » américaines ne cessent de clamer que si Trump condamnait le régime ukrainien actuel il agirait contre les intérêts des USA, il serait donc anti-américain, il ne serait même plus « un » Américain. À de très rares exceptions près les médias américains (et européens) soutiennent le régime de Kiev mis en place par les USA. Le quotiden « The Hill » fut en son temps et pour une fois courageux en imprimant un article exceptionnel intitulé « The Reality of néo-Nazis in Ukraine is far from Kremlin Propaganda » ( lien : thehill.com/opinion/international/359609-the-reality-of-neo-nazis-in-the-ukraine-is-far-from-kremlin-propaganda ) dans lequel il démontre à quel point le système bipartisan américain soutient le régime ukrainien nazi mis en place par Obama, c’est sinistre mais c’est la réalité qui reste cachée par les médias américains (et européens).

Il est donc facile de comprendre pourquoi ce couard de Trump continue à soutenir une telle politique plutôt que de la condamner et c’est aussi pourquoi il est clair qu’il ne veut pas condamner la politique de son prédécesseur qui a « volé » l’Ukraine et ainsi qu’il continue à accuser la Russie d’avoir « volé » la Crimée. Si Trump voulait vraiment dénoncer les mensonges de la presse américaine, alors il faudrait qu’il dénonce d’abord les manigances d’Obama (Prix Nobel de la Paix, je le rappelle à mes lecteurs) dans un discours majeur à la nation américaine illustrée par des documents vidéos montrant l’évidence actuelle de l’Ukraine qui choquerait le pays entier et ouvrirait un réel débat national, débat dont l’aristocratie américaine (entendez le complexe militaro-industriel, le « Deep State ») ne veut pas entendre parler.

Avec de tels médias comment une démocratie peut-elle encore survivre aux Etats-Unis ? Ce pays pourra-t-il éviter une troisième guerre mondiale ? La situation est fondamentalement identique à celle de la tentative de prise de contrôle de la Syrie mais les mensonges de la presse ont été plus aisément démontrés qu’au sujet de l’Ukraine. Le gouvernement américain actuel n’est pas représentatif de son peuple, c’est une réalité. Nous sommes arrivés dans une version non fictive mais historique du roman de George Orwell 1984 et ça se passe sous nos yeux, maintenant …

Article d’Eric Zuesse paru sur le site strategic-culture.org sous le titre : « This the Real, Americanized, Nazi-Dominated Ukraine » le 7 août 2018, illustration strategic-culture.org

Autre lien : https://electronicintifada.net/content/israel-arming-neo-nazis-ukraine/24876 dont je conseille vivement à mes fidèles lecteurs de recommander autour d’eux.

Brève : les récents évènements d’Arménie.

 

Les soulèvements populaires se suivent et se ressemblent étrangement. Il y a eu les manifestations à répétition à Hong-Kong pour réclamer plus de « démocratie ». Le leader des « démocrates » d’Hong-Kong a finalement été emprisonné il y a quelques jours. Il y a eu à peu près au même moment les évènements de Maiden à Kiev télécommandés par la CIA et le MI6, sans parler des « printemps arabes » et auparavant le fiasco (toujours de la CIA) en Géorgie qui se termina par une remise en ordre depuis Moscou. Maintenant c’est au tour de l’Arménie de se trouver étrangement agitée par des revendications réclamant plus de démocratie également …

Il n’y a pas d’autre possibilité que de voir encore une fois la main de la CIA car si l’Arménie venait à s’agiter socialement, ce serait du pain béni pour les USA afin d’ouvrir de nouvelles positions menaçant directement le nord-est de l’Iran, c’est-à-dire directement Ankara mais aussi, à portée de petites fusées, la Syrie où se trouvent toujours plusieurs milliers de soldats américains et d’instructeurs privés contrôlés par le Pentagone (et la CIA) pour accompagner les exactions des mercenaires terroristes djihadistes, en grande partie des mercenaires directement rémunérés par l’Arabie Saoudite, Israël, les Anglais, les Français et les Américains afin de mettre hors de nuire Bashar El Assad.

Ainsi les Américains auront le champ libre pour prendre possession de la Syrie et menacer directement l’Iran. Autant dire que l’on se trouve vraiment à l’aube d’un grave conflit au Moyen-Orient qui pourrait rapidement se généraliser car l’Arménie est un allié indéfectible de la Russie. La majorité des Arméniens parlent le russe, la religion chrétienne arménienne entretient des liens étroits avec l’Eglise orthodoxe russe et la position stratégique de ce pays est unique … À vos abris anti-atomiques si naturellement vous en avez aménagé un dans le sous-sol de votre résidence secondaire qui va bientôt être super-taxée pour payer les djihadistes …

USA-Syrie : une longue histoire de coups tordus de la CIA

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Pour les impérialistes américains l’importance stratégique de la Syrie a été prise en compte dès la fin de la deuxième guerre mondiale. En 1949 un coup d’Etat renversa le premier gouvernement et le premier président syriens démocratiquement élus depuis l’indépendance de ce pays (depuis 1918 la Syrie était un protectorat franco-anglais après la chute de l’Empire Ottaman). Selon de nombreux analystes ce coup fut fomenté par la CIA avec l’appui des Britanniques en place à Damas pour éliminer le président élu Shukri al-Quwatli (illustration) accusé de sympathies communistes. Celui-ci fut brièvement emprisonné puis déporté en Egypte. Ces premières élections avaient été considérées par les Anglais et les Américains comme entachées de fraude téléguidée par l’Iraq et la Transjordanie et des luttes internes sectaires. Bref, ce fut la première intervention de la CIA en Syrie.

Alors que le Maccarthysme était devenu une sorte de religion aux USA, le nouveau Président syrien, Husni al-Za’im, qui fut donc mis en place par la CIA, fut accusé par cette dernière de ne pas coopérer avec l’Occident pour contrer le communisme. Le Secrétaire d’Etat de l’époque, John Foster Dulles, frère du Directeur de la CIA, laissa se terminer la Guerre des Six Jours (1956), entièrement financée par les USA, pour organiser un autre « coup » en Syrie répandant la fausse information que l’armée syrienne disposait de 123 Migs offerts par l’URSS.

Les fausses informations étaient depuis longtemps déjà la manière de faire des Américains. Il faut remonter à 1898 et la mise en scène du faux attentat perpétré contre le navire USS Maine dans le port de La Havane en pleine rébellion des habitants de Cuba contre les Espagnols pour que les Etats-Unis déclenchent une guerre contre l’Espagne. Il faut souligner que la presse américaine de l’époque se fit un devoir de relayer cette fausse information – en réalité l’USS Maine avait été sciemment sabordé par les Américains eux-mêmes – afin de préparer l’opinion à une guerre inévitable avec l’Espagne, guerre qui se propagea sur tous les continents en particulier dans l’Océan Pacifique où la marine américaine prit possession des Philippines et des Marianes. Déjà à l’époque l’agenda américain ne se résumait qu’en une phrase : l’hégémonie impérialiste.

Revenons à la Syrie. Les USA firent appel à la Turquie et aux Frères Musulmans (on était en 1955 et les frères musulmans, création de la CIA existaient déjà)  et préparèrent un coup d’Etat avec l’aide des services secrets anglais (MI6). Après la guerre des 6 jours, les interventions diplomatique de l’Irak, de l’Arabie Saoudite et de l’Egypte dissuadèrent les Américains d’aller plus avant dans leur projet. En effet ces pays voyaient d’un très mauvais oeil que les USA établissent une tête de pont territoriale en Syrie sachant qu’ils étaient les alliés indéfectibles d’Israël et ce d’autant plus que tous les pays arabes détestaient (et détestent toujours) Israël. Néanmoins la CIA avait bien rodé durant deux années sa stratégie de déstabilisation et celle-ci fut mise en application l’année suivante en Indonésie après avoir été testée au Guatemala en 1954. Dans les deux cas les interventions américaines avaient été motivées par de fausses nouvelles également reprises par la presse.

Durant la première guerre d’Irak les Américains utilisèrent le territoire syrien pour détenir en tout illégalité des prisonniers irakiens qui subirent les tortures les plus iniques qu’on puisse imaginer que même les SS du régime nazi n’auraient pas envisagé. Ces évènements se déroulèrent à l’insu de toutes les chancelleries représentées à Damas entre 2001 et 2007. Le gouvernement syrien était-il au courant des atrocités commises par la CIA sur son sol ? Nul ne le sait, toujours est-il qu’en octobre 2008 la CIA organisa une opération commando sur la ville de Sukkariyeh dans l’est de la Syrie, intervention qui fut cette fois dénoncée aux Nations-Unies par Damas sans aucune suite d’ailleurs. Par la suite il fut admis que les USA avaient organisé des infiltrations d’opposants au régime de Damas dès 2004 ! Les évènements actuels ne sont donc pas nouveaux !

Après, dès 2011, ce fut la guerre civile sur le sol syrien largement organisée par l’Administration Obama avec l’aide des services secrets anglais et l’appui financier de l’Arabie Saoudite et du Qatar, l’Arabie Saoudite étant devenue au fil des années un pays totalement vassalisé par les Etats-Unis, et elle l’est toujours aujourd’hui quoiqu’en pense MBS.

Il est intéressant de relire l’histoire car elle se répète souvent de manière étrangement similaire. En réalité, depuis la fin de la deuxième guerre mondiale, la CIA n’a jamais modifié ses méthodes d’intervention dignes du pire Etat totalitaire dans des pays qui n’ont pourtant jamais menacé la sécurité domestique des Etats-Unis excepté peut-être l’Arabie Saoudite avec les attentats du 11 septembre mais curieusement les USA n’ont jamais tenté quoi que ce soit contre ce pays car Wall Street s’y serait opposé.

Note. Toutes les informations citées dans ce billet sont tirées d’articles de Wikipedia version anglaise et citées dans un article paru sur le site consortiumnews.com, illustration : Shukri al-Quwatli (Wikipedia)

La CIA et le changement du climat : un peu d’histoire pour se « rafraîchir » les idées

C’est un document daté d’août 1974 émanant de la CIA, disponible auprès de la Library of Congress à Washington sous forme de photocopie, énumérant les risques qu’encourrait l’humanité en cas de refroidissement du climat. La CIA s’intéressa à ce sujet car à la fin du premier optimum climatique du XXe siècle, vers la fin des années 1950, il y eut un cycle solaire anormalement faible (cycle #20, mais beaucoup plus robuste que celui qui se termine actuellement, #24) et qui contribua à imprimer dans nos mémoires le fameux hiver 1962 durant lequel toute l’Europe grelotta. L’hiver 1955-1956, particulièrement froid, coïncida avec la fin du cycle solaire #19. La CIA, dont l’une des missions est de prévoir les effets de l’évolution du climat sur la géopolitique, constata qu’à la fin du premier optimum moderne (1930-1950, il n’y a pas d’accord sur ces dates en raison des décalages entre observations météorologiques et activité solaire) il y eut une période d’instabilité qui poussa les limiers de cet organisme à analyser les possibles conséquences d’un refroidissement du climat. Les prévisionnistes d’alors penchaient en effet vers un refroidissement du climat. La magazine National Geographic eut vent de cette étude et publia d’ailleurs un article à ce sujet en novembre 1976 ( http://www.sealevel.info/NatGeo_1976-11_whats_happening_to_our_climate/ ).

Dans ce rapport il y a d’abord une revue des évènements liés au changement du climat et je les cite pour information.

Birmanie (1973) sécheresse et pas de riz disponible à l’exportation

Corée du Nord (mars 1973) importation record de céréales en raison des faibles récoltes de 1972

Costa Rica et Honduras (1973) pires sécheresses depuis 50 ans

USA (1973) inondations du siècle dans la région des Grands Lacs

Japon (1973) vague de froid exceptionnelle endommageant sérieusement les récoltes de riz

Pakistan (mars 1973) importation de céréales des USA en raison des faibles récoltes de grains

Pakistan (août 1973) pires inondations depuis 20 ans

Vietnam du Nord (septembre 1973) d’importantes inondations détruisent les récoltes

Philippines (mars 1974) manque de riz de grande envergure

Equateur (Avril 1974) manque de riz entrainant une crise politique

URSS (juin 1974) mauvais temps et maigres récoltes de céréales attendues

Chine (juin 1974) sécheresses et inondations

Inde (juin 1974) retard de la mousson

USA (juillet 1974) alternance de sécheresse et de fortes pluie endommageant les grandes cultures.

De nombreux pays dont la Chine, l’URSS et le Japon se sont alors (on était en 1974) munis de nouveaux services de prévisions météorologiques considérant que le facteur climatique devait être sérieusement pris en compte. L’un des facteurs alarmants était les stocks mondiaux de céréales qui sont passés entre 1969 et 1972 de 600 millions de tonnes à moins de 100 millions de tonnes en raison de divers évènements climatiques. À l’époque 100 millions de tonnes représentaient moins d’un mois de consommation mondiale. Pour la CIA climat et disponibilité en nourriture sont à l’évidence intimement liés avec les conséquences géopolitiques attendues et par conséquent surveillées de près.

Il n’existait pas à l’époque une multitude de satellites scrutant en permanence la Terre et le Soleil mais le rapport de la CIA est pourtant explicite, je cite littéralement :

« Depuis la fin des années 1960 un certain nombre de publications scientifiques dans les domaines du climat, de la météorologie et de la géologie ont montré que :

(1)un changement du climat est en cours,

(2)ce changement du climat pourrait créer des problèmes agricoles mondiaux« .

Au début des années 1970 les couvertures de neige et de glace ont augmenté dans le monde de 10 à 15 % (ce n’est pas moi qui l’affirme c’est écrit dans ce rapport à la page 7). Au nord du Québec et au Groenland des températures en dessous de la moyenne ont été observées, un phénomène jamais vu depuis un siècle (je cite encore ce rapport). La région de Moscou a souffert de sécheresses d’une intensité jamais vue depuis 300 ans. Il en a été de même en Australie, en Amérique Centrale, en Chine, en Asie du Sud-Est et en Afrique sub-saharienne. Selon les auteurs de ce rapport se référant à des études archéologiques les aléas climatiques ont provoqué la disparition de civilisations comme les civilisations de l’Indus, des Hittites, des Mycéniens et de l’Empire du Mali, toujours en raison d’un refroidissement du climat, modifiant la circulation atmosphérique et provoquant des sécheresses à répétition.

Vient alors dans ce document un résumé en trois points de la compréhension de la climatologie qu’il est opportun de citer :

1. le principe que la nature ne supporte pas une distribution hétérogène de l’énergie

2. l’énergie en provenance du Soleil est modulée par les variation de l’orbite de la Terre, des variations de son axe de rotation, des composants de l’atmosphère (poussières, nuages, etc) et des fluctuations mêmes de l’activité solaire.

3. l’atmosphère terrestre n’absorbe qu’une infime partie de l’énergie solaire.

L’atmosphère est un puits pour l’énergie radiative à toutes les latitudes alors que la Terre est une source de chaleur à l’exception des régions polaires. Afin d’éviter que la surface de la Terre ne se réchauffe et que l’atmosphère ne se refroidisse la chaleur provenant du Soleil est donc dissipée vers l’atmosphère et cet échange est principalement favorisé par la vapeur d’eau présente dans l’atmosphère (je cite toujours ce rapport, voir d’ailleurs un dernier billet de ce blog relatif à la magie de l’eau).

À l’époque où ce document a été écrit il existait trois écoles de climatologie, en Grande-Bretagne (Université d’East-Anglia, Professeur HH Lamb), aux USA (Université de Princeton, Docteur Smagorinsky) et en URSS dans le laboratoire du Professeur M.I. Budyko à Leningrad. Les Anglais professaient qu’il fallait étudier les variations climatiques du passé pour expliquer le présent et éventuellement le futur. L’école américaine prônait une meilleure compréhension de la circulation atmosphérique pour envisager des prévisions et l’école russe penchait plutôt pour une étude détaillée de la distribution globale de la chaleur sur la Terre et dans l’atmosphère. Les idées de Budyko qui à l’époque (1955) de la publication de ses premiers travaux alimentèrent une controverse dans le monde de la climatologie prirent finalement le dessus. Budyko considérait que l’ensemble des mouvements atmosphériques étaient inhomogènes et ne pouvaient pas être prédits par une approche mathématique ni simple ni complexe. On parla plus tard de théories du chaos et de fractales pour les mathématiciens.

Vint alors l’école du climat de l’Université du Wisconsin qui avait étudié en détail les variations des températures et des précipitations en Islande. À l’époque (donc à la fin des années 1960) tous les indicateurs étaient en faveur d’un refroidissement du climat. La période faste des années 1930 à 1950 qui avait permis de nourrir une population mondiale qui avait doublé, l’industrie favorisant cette révolution verte, n’allait devenir qu’un lointain mais cuisant souvenir ! L’ « école climatique » du Wisconsin se posait la question reprise dans ce document de la CIA de savoir si un retour du climat vers les conditions qui prévalaient au XIXe siècle (petit âge glaciaire) pouvait être concrètement envisagé. La réponse était déjà non car la population mondiale souffrirait presque immédiatement de famine ! Alors qu’à l’époque la population mondiale n’était « que » de 4,5 milliards – elle atteint aujourd’hui en 2017 près du double …

En étudiant le passé – 14 situations durant 1600 ans – l’école du Wisconsin remarqua qu’il fallait au moins 60 ans aux populations pour s’adapter à un changement du climat et parfois plus de 180 ans pour atteindre une stabilisation durable de ces populations. La malnutrition, les famines, les épidémies et les guerres constituèrent des facteurs de « stabilisation » comme l’évoquaient ces spécialistes de l’Université de Madison. L’émigration massive des Irlandais au cours du « petit âge glaciaire » en est un exemple emblématique : à chaque personne mourant de famine en Irlande dix autres mouraient de maladies principalement favorisées par la malnutrition !

Le rapport en arrive au constat qu’en l’état des connaissances (en 1974) il est impossible de se livrer à un quelconque pronostic sur l’évolution future du climat. Au printemps 1974 se tint à San Diego une réunion organisée par l’Office de Recherche et Développement (ORD) mandaté par la CIA pour accélérer les travaux relatifs aux prévisions climatiques. Il résulta de ce groupe de travail de très haut niveau réunissant les meilleurs climatologues du monde que le climat allait changer et que l’on ne reviendrait pas dans les conditions favorables des années 1930-1950 et qu’aucune prévision au delà de 5 ans pouvait être prise au sérieux. Devant les mises en garde de la CIA, entre autres organismes fédéraux, les USA accélérèrent les travaux de recherche sur l’évolution du climat.

La situation a bien évolué depuis, en particulier sous l’impulsion de la CIA mais quelle confiance adopter, aujourd’hui encore, aux prévisions des climatologues contemporains qui disposent pourtant de moyens techniques des millions de fois plus puissants qu’il y seulement 40 ans ? Il y eut depuis ce rapport 4 cycles solaires dont trois puissants de par leur intensité ( les cycles #21, 22 et 23, constituant le deuxième optimum solaire moderne) qui ont démenti les prévisions alarmistes de l’école du Wisconsin mais le dernier cycle, le 24e de la nomenclature est particulièrement faible et peut-être bien que ces prévisions n’avait que quarante ans d’avance … Qu’est-ce que c’est que quatre décennies à l’échelle géologique et les savants n’ont-ils pas aussi droit à l’erreur ? Toujours est-il que les variations du climat font bien entendu partie des préoccupations de la CIA et il serait intéressant de connaître l’opinion, en cette fin d’année 2017, de cet organisme à propos du « réchauffement » ou mieux encore, ce qu’ils pensent des alertes récentes de nombreux spécialistes relatives au refroidissement généralisé du climat (voir un prochain billet à ce sujet) …

Traduction libre et partielle du document de l’Office de Recherche et Développement de la CIA en accès libre auprès de la Librairie du Congrès à Washington sur simple demande.

Illustration : récents cycles solaires, source NASA

La CIA : 70 ans de crime organisé …

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Ce billet est une traduction libre mais néanmoins fidèle d’un article paru sur le site de Lars Schall (Larsschall.com). Il s’agit de questions-réponses entre Lars Schall et Douglas Valentine, auteur des livres « The CIA as Organized Crime » et « The Phoenix Program« . Quand j’écrirai « je » ce sera naturellement Valentine qui parle. Quelques ajouts entre parenthèses pour faciliter la compréhensin et bref commentaire de mon cru en fin de billet.

Photo de Tom Thai : le crépuscule de la démocratie américaine.

Le 18 septembre 1947 le National Security Act créa la CIA, un organisme qui est devenu au fil des années une organisation criminelle à la solde du gouvernement américain. Tous les agissements de la CIA sont illégaux et c’est la raison pour laquelle cette organisation bénéficie de la protection du gouvernement et d’une impénétrable culture du secret. Alors que les mythomanes de l’industrie de l’information n’ont de cesse de peindre l’Amérique comme le bastion de la paix et de la démocratie, les officiers de la CIA dirigent des organisations criminelles dans le monde entier. Par exemple la CIA recruta Santo Trafficante, un trafiquant de drogues notoire durant les années 1950 pour assassiner Fidel Castro. En échange la CIA autorisa cet individu à importer des tonnes de drogues sur le territoire américain. Depuis lors la CIA arme et facilite les activités des trafiquants pourvu qu’ils exécutent de basses besognes sur ordre et l’argent de la drogue arrive sur des comptes off-shore et devient alors indiscernable de celui de la CIA. Le trafic de drogues organisé par la CIA n’est qu’un exemple.

Ce qu’il y a de plus important à comprendre au sujet de la CIA est son organisation qui lui permet de maintenir un secret total sur ses activités. Si les USA étaient une vraie démocratie et que la liberté de parole était respectée alors nous pourrions parler librement de la CIA et serions confrontés à son racisme et son sadisme. Or ce n’est pas possible, nous sommes maintenus dans l’ignorance totale de l’histoire de notre pays et nous n’avons pas la moindre idée de ce que nous sommes en tant que nation. Quand un leader politique commence à parler des activités démoniaques de la CIA il est immédiatement réduit au silence. La CIA n’entreprend jamais rien qui ne puisse être ensuite nié. Le déni de responsabilité fait partie de la culture de la CIA.

Lorsqu’en 1984 j’ai demandé à William Cosby, ancien directeur de la CIA, de m’aider à écrire le livre « The Phoenix Program » il me présenta Donohue en 1985. Donohue avait dirigé les opérations de la branche vietnamienne de la CIA entre 1964 et 1966 et la plupart des programmes qu’il développa étaient inclus dans le programme Phoenix. Comme Donohue était chapeauté par Cosby il ne tarissa pas de détails. Donohue faisait partie de la première génération des officiers de la CIA. Il avait étudié la comparaison des religions à la Columbia (University) et comprenait parfaitement la valeur des symboles. Il était un pur produit de l’école politique du Cook County et rejoignit la CIA après la seconde guerre mondiale (à l’époque l’OSS) quand il comprit que la guerre froide était une « industrie de croissance ». Il avait été à la fin de sa carrière le chef de la CIA aux Philippines et quand j’eus des entretiens avec lui il était encore en affaires avec l’ancien ministre de la défense des Philippines. C’est ainsi qu’avec un bon carnet d’adresses la corruption fonctionne chez les anciens serviteurs de l’Etat. Donohue me confia que la CIA n’entreprenait jamais rien si les deux critères suivants n’étaient pas réunis. D’abord le potentiel du renseignement (potential intelligence) : le programme doit être profitable pour la CIA. Ce point peut revêtir plusieurs aspects comme par exemple renverser un gouvernement, comment faire chanter une personnalité officielle, quels documents dissimuler ou comment exfiltrer un agent de l’étranger. Le second critère est que toute action peut être niée et si ce n’est pas le cas il ne faut pas l’entreprendre. Dans le meilleur des cas la CIA trouvera un officier de l’armée qui en prendra la responsabilité de couverture.

La négation « plausible » est une tournure de langage. Durant les auditions par le Sénat relatives aux tentatives d’assassinat de Fidel Castro et d’autres chefs d’Etat étrangers, le directeur délégué Richard Bissell respecta le principe de la négation plausible en utilisant des périphrases et des euphémismes quand les définitions précises des activités de la CIA pourraient être exposées et devraient alors immédiatement cesser. Tout ce qu’entreprend la CIA peut être nié et c’est là le mandat que lui a confié le Congrès car le Congrès ne veut pas être tenu pour responsable des activités de la CIA. Dans de très rares cas, en dehors de circonstances exceptionnelles comme un accident ou une révélation à la suite de fuites d’informations, le Congrès ou le Président peuvent exiger qu’une action de la CIA soit rendue publique si c’est utile pour des raisons psychologiques. Par exemple, la pratique de la torture est un bon exemple. Après le 11 septembre le peuple américain appelait à la vengeance, il voulait voir le sang musulman couler et c’est ainsi que le Président Bush laissa filtrer dans les médias des images de torture perpétrées par l’armée américaine à l’encontre d’ « ennemis des USA ». Il s’agissait d’ « interrogatoires améliorés » mais tout le monde comprit le sens de ce symbole.

Personne à la CIA ne connait réellement qui fait quoi en raison de la compartimentation de cet organisme. Quand un flic est en uniforme pour l’opinion publique il est au dessus de tout soupçon. Quand un agent de la CIA opère, le fait de fréquenter des voyous fait pour lui partie de sa mission de protection du citoyen américain, c’est cette loi-là qu’il respecte. Et la CIA regorge de ce genre d’individus qui n’ont aucune contrainte. Pour Nelson Brickham, l’instigateur du programme Phoenix « le service d’espionnage (la CIA) est une manière socialement acceptable d’exprimer ses tendances criminelles. Un individu qui a des tendances criminelles mais est trop couard pour les assumer a sa place à la CIA s’il a un tant soit peu d’éducation. Les agents de la CIA sont des aspirants mercenaires qui ont trouvé l’endroit socialement acceptable pour exécuter de basses besognes et être très bien payés pour ça ».

C’est bien connu que quand la CIA recrute des agents pour diriger des milices ou des unités de police secrète dans un pays étranger les candidats sont soumis à un examen psychologique minutieux. C’est ce qui s’est passé quand la CIA a mis en place une antenne en Corée : la CIA a envoyé son psychologue en chef à Séoul. Il fallait des candidats capables de suivre les ordres, être créatifs, ne pas avoir d’états d’âme, être motivés et ne pas avoir de désordres de la personnalité. La plupart des candidats étaient motivés par l’attrait de l’argent en particulier parmi les civils. C’est exactement la même situation en Amérique du Sud, en Afghanistan ou en Irak quand il s’agit de recruter des personnels pour diriger des unités anti-antiterroristes. Mais chaque fois que la CIA investit dans la formation d’un individu il faut que ce dernier serve les projets de la CIA.

Sur le sol américain la CIA est perçue par ses dirigeants comme une organisation militaire dans laquelle chaque membre doit faire preuve d’une obéissance aveugle à la chaine de commandement qui ne peut en aucun cas être violée. Si un agent n’est pas d’accord il est immédiatement viré. Il existe donc des programmes internes d’endoctrinement et chaque agent se considère comme spécial et bénéficie d’une immunité pénale en ce qui concerne ses actes criminels. Quand ils prennent leur retraite ils trouvent des boulots très bien payés dans le secteur privé pour faire passer la culture de domination et d’exploitation d’autrui. Malgré le fait que les agents de la CIA sont presque tous des sociopathes, ils ont une haute opinion de leur mission et l’extrême compartimentation de l’organisation de la CIA fait que chaque individu se sent profondément important quand bien même mentir, voler, assassiner fait partie du succès professionnel de chacun, ce sont des outils utilisés couramment par l’administration de la CIA.

Comme chaque agent de la CIA se considère supérieur il se considère aussi comme étant susceptible de faire partie de la classe dirigeante de n’importe quel pays en s’arrogeant le droit de manipuler, exploiter et soumettre à son gré le peuple qui lui est « confié ». Ces règles autorisent toutes sortes de comportements qui ressemblent à des rackets contre une protection pour assurer leur prérogatives.

L’armée est dans tous les pays le réel pouvoir et dans tous les pays l’armée est organisée autour d’une chaine de pouvoir à laquelle chaque membre doit obéissance, une obéissance sacrée et inviolable. Dans l’armée les supérieurs ne fraternisent jamais avec les subordonnés car un jour ou l’autre ils les enverront à la mort. Dans l’armée il y a un corps d’officiers comme dans toute bureaucratie et dans toute classe dirigeante d’un pays il y a des supérieurs et des subalternes, et ces derniers sont exploités selon la volonté des dirigeants. Ainsi au sein de la CIA il existe une sorte de confrérie appelée Universal Brotherhood of Officers qui est au dessus des lois. Profitant de gardes du corps et de fausses identités, il voyagent en jet privé, vivent dans des villas de luxe et tuent en utilisant les technologies les plus sophistiquées. Ils disent aux généraux de l’armée ce qu’ils doivent faire. Ils ont la main-mise sur les comités du Congrès. Ils assassinent des chefs d’Etat et massacrent des enfants innocents en toute impunité et dans l’indifférence totale. N’importe lequel d’entre eux est remplaçable sauf naturellement ses chefs.

La question en vient maintenant au rapport entre la CIA et la drogue. Il y a deux aspects dans le contrôle et l’organisation du trafic de drogue international par la CIA qui sert les intérêts des USA. Il faut noter que l’implication des gouvernements américains dans le trafic de drogue a commencé avant même que la CIA existe car c’était un moyen de contrôler les Etats fournisseurs ainsi que les mouvement sociaux et politiques de ces mêmes Etats. Cette attitude émergea dans les années 1920 quand les Américains aidèrent le nationaliste Chiang Kai-shek à développer son petit commerce de l’opium. Durant la seconde guerre mondiale, l’OSS, précurseur de la CIA, aida la rébellion Kachin et leur procura de l’opium car ils combattaient l’occupant japonais. Au même moment l’OSS établit des liens avec la pègre nord-américaine lui promettant sa protection et lui assurant une livraison de drogue en provenance de Chine afin que cette dernière serve à l’occasion pour exécuter de basses besognes exigées par l’OSS. Quand les Nationalistes chinois furent chassés l’OSS établit des liens avec les trafiquants en Birmanie et à Taiwan. Dans les années 1960 la CIA contrôlait l’ensemble du commerce de la drogue dans toute l’Asie du Sud-Est et prenait progressivement le contrôle de ce même commerce en Amérique du Sud mais également en Europe. Au Vietnam la CIA assura de son soutien le Général Nguyen Cao Ky en 1965, alors directeur de la sécurité nationale du Vietnam du Sud afin d’installer des centres d’interrogation secrets en échange du contrôle du trafic de drogue dans toute la région. Ky et sa clique ne furent financés par la CIA que grâce au trafic de drogue organisé par cette dernière.

L’autre facette de cette activité est l’infiltration par la CIA de toute l’administration d’un pays impliquée de près ou de loin dans la lutte contre le trafic de drogue. Aux USA, sous la pression de la CIA le Narcotic Bureau fut supprimé et remplacé au sein du Département de la Justice par un bureau des narcotiques et des drogues dangereuses, une administration qui fut immédiatement infiltrée par les agents de la CIA. Cette même CIA alla même jusqu’à créer en son sein un bureau spécial de coordination de lutte contre les narcotiques confié à un certain Seymour Bolten qui devint vite conseiller de William Colby puis de George HW Bush, les directeurs successifs de la CIA à l’époque. En 1973 le réseau de la CIA était totalement bouclé, avec un centre intra muros de lutte contre les narcotiques et la totale impunité des trafiquants sur le sol des USA, tous sous contrôle …

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Aux USA, à l’époque, il y avait deux sortes de consommateurs de drogue, les blacks et les hippies. Nixon, sans trop de scrupules, ordonna la guerre contre la drogue, en d’autres termes la guerre contre les Noirs. (C’est un peu vite dit mais c’est ce que pensait réellement Nixon). Les USA sont un ancien pays esclavagiste et une société ouvertement raciste, alors oui la guerre contre la drogue, un business contrôlé par l’élite blanche, était et est encore dirigée contre les Noirs et d’autres minorités afin de les maintenir dans un état de parias de la société. Avant 1968 il n’y avait aucun agent noir au Bureau des narcotiques … La police fédérale (FBI) travaillant de concert avec la CIA se servait et se sert toujours des petits minables noirs de quartier pour leur servir d’indicateurs afin de mieux contrôler le trafic dans une ville ou un Etat tout entier et la même CIA ne s’en prend jamais à la mafia car elle est sous contrôle. Cette mafia arrange tout le monde car elle fait régner l’ordre dans les quartiers et facilite la ségrégation blancs-noirs, c’était déjà le cas dans les années 1960 et ça l’est toujours.

Si l’usage de drogues n’était pas illégal ce serait une catastrophe pour différentes raisons car chacun y trouve son compte. La mise hors-la-loi des drogues a transformé ce phénomène de société en un problème de santé publique et ainsi servi de prétexte pour réorienter les devoirs des forces de police, la justice criminelle et les institutions civiles de maintien de la santé des individus afin de contrôler les minorités, les pauvres et les classes laborieuses et leur éviter d’évoluer vers plus d’émancipation sociale. Les compagnies privées parties prenantes de la santé des citoyens se sont engouffré dans ce marché lucratif créé par la politique répressive anti-drogues. Les assistants sociaux et les éducateurs ont parfait le système en abondant dans le sens du racisme de l’élite affairiste. Tout en développant ce business à l’étranger la bureaucratie a supprimé dans le pays (les USA) toute résistance sociale ou politique au profit des compagnies pharmaceutiques et médicales. Il faudrait une bibliothèque entière pour expliquer en détail les fondements de la guerre contre la drogue et les raisons profondes du « laissez-faire » (en français dans le texte) de l’administration et de l’industrie qui en profite. L’administration américaine en profite au même titre que la mafia. Il suffit de mentionner que les investisseurs de Wall Street dans l’industrie de la drogue ont utilisé le gouvernement pour transformer leur pouvoir économique en investissements dans les activités militaires. Il ne faut pas oublier que les USA ne produisent pas un gramme d’opium ou de cocaïne mais que tout un pan de l’industrie américaine en dépend en particulier le complexe militaro-industriel, c’est une question de sécurité nationale.

En Afghanistan les officiers de la CIA contrôlent le marché de l’opium par l’intermédiaire de milices qui agissent sous l’autorité de l’armée. Quand les Américains ont créé le gouvernement Karzai la production de pavot a explosé et ils ont mis en place un réseau d’espionnage en utilisant des citoyens « amis » du chef du trafic de l’opium Gul Agha Sherzai. Le public ignore que les talibans ont déposé les armes après l’invasion américaine et que les Afghans ont été réarmés après l’installation de Sherzai à Kaboul pour aider ce dernier à combattre les adversaires de son clan et fournir un réseau d’espions à la CIA qui ciblaient non pas les talibans mais les concurrents de Sherzai dans son juteux commerce de l’opium. Le résultat fut que les Américains torturèrent et assassinèrent bon nombre d’ennemis de Sherzai ce qui eut pour conséquence de radicaliser le peuple, un excellent prétexte pour que les américains occupent durablement ce pays. Pour le remercier de ses services précieux Sherzai se vit attribuer le contrat de construction de la première grande base militaire américaine dans le pays. De plus il profita d’une large immunité vis-à-vis de la justice locale et put continuer ses trafics librement. Tous les agents de la CIA en activité en Afghanistan, bien que constatant une augmentation de la consommation d’opium et d’héroïne chez les mineurs de 15 ans et plus, ne se soucient pas le moins du monde des ravages causés par ces mêmes drogues chez la jeunesse américaine. Les officiers de la CIA contrôlent également étroitement la production locale d’héroïne et encouragent les seigneurs de la guerre qui ont la main-mise sur la drogue à infiltrer la pègre russe activement pour disséminer la drogue dans ce pays. Ces agents se comportent exactement comme les flics américains qui tolèrent les trafiquants et les dealers y compris en exemptant certains d’entre eux de figurer dans les fichiers de la DEA (Drug Enforcement Administration).

La CIA est autorisée à établir des négociations avec les pays ennemis si et seulement si ses agissements peuvent être fermement niés en cas d’investigations par des tierces parties. Ce fut le cas en Iran du temps de l’administration Reagan mais en Afghanistan ce genre de négociations permet aux services secrets américains d’approcher les chefs talibans pour obtenir des échanges de prisonniers comme ce fut le cas en Iran avec le scandale des Contras. La CIA est en première ligne quand il s’agit de négocier un cessez-le-feu même temporaire, car il s’agit toujours d’échanges de bons procédés parfois bien juteux.

Comme il y a en permanence plus de 600 agents de la CIA en Afghanistan, l’extrême compartimentation de leurs activités fait que ces dernières peuvent être très facilement niées. C’est ainsi que le programme Phoenix, développé lors de la guerre du Vietnam, y a trouvé un admirable terrain d’action. D’abord les actions de guérilla contre les leaders pour les recruter ou les assassiner fait partie du volet supérieur du programme Phoenix. En deuxième lieu il s’agit de généraliser la guerre psychologique contre la population civile. Celle-ci est informée des risques qu’elle encoure en cas de soutien à la résistance : kidnapping, emprisonnement, torture, viol, assassinat et ceci afin que cette population soutienne entièrement le gouvernement fantoche mis en place par les USA. Initialement l’armée américaine était réticente pour appliquer le plan Phoenix mais depuis le Vietnam la situation a changé car les officiers supérieurs de l’armée ont été infiltrés par les agents de la CIA comme les SS-Einsatzgruppen et la Gestapo infiltrèrent l’armée allemande. Ce type d’action fut appliqué par exemple au Salvador dans les années 1980 et cette stratégie est aujourd’hui appliquée dans le monde entier pour combattre le terrorisme y compris si ce « terrorisme » est parfois financé par la CIA … en toute conformité avec la philosophie de déni de l’organisation.

Aujourd’hui il n’y a plus de guerres conventionnelles et l’armée est devenue de facto la police de l’Empire Américain disséminée dans plus de 700 bases de par le monde sous le contrôle de la CIA. Sur le territoire américain lui-même le gouvernement est étroitement contrôlé mais aussi la population entière avec des systèmes d’écoutes sophistiqués et tout est organisé conformément aux grandes lignes du programme Phoenix y compris l’asservissement des médias afin que l’ « organisation » atteigne une main-mise totale sur l’ensemble de la population pour le plus grand bénéfices de la minorité dirigeante de l’ombre. L’industrie des médias est entièrement dévouée la CIA et elle a pour mission de répandre les fausses informations qui servent le dessein final : prendre le contrôle des institutions démocratiques. Les médias sont donc complices de cet état de fait, c’est la leçon de la guerre du Vietnam. Ces médias firent trop grand cas des carnages des populations civiles lors de cette guerre. Si la CIA, avec l’appui de l’armée massacre des civils, que ce soit en Libye, en Irak, en Syrie ou encore au Liban avec des mines anti-personnel larguées par des drones, plus jamais les Américains seront tenus pour responsables, au contraire l’ennemi sera accusé des pires exactions. C’est là le coeur de la politique de déni de la CIA qui est en charge des sales besognes qu’ont exigé les plus riches du pays.

Source : blog de Lars Schall, 22 septembre 2017

Commentaire. La CIA est au service du « Deep State », un terme qui désigne les puissances financières et industrielles américaines que Donald Trump a appelé le « marigot » qu’il a voulu naïvement assainir. Il s’est embourbé au point qu’il ne peut plus gouverner sinon en envoyant des twitts insignifiants, tout simplement affligeant … C’est ce Deep State qui gouverne et son agenda est une domination du monde entier. Tous les moyens utiles sont utilisés à cette fin comme par exemple le récent accord CETA qui a menotté l’Europe pour servir les intérêts des grandes multinationales américaines toutes implantées au Canada, un pays qui n’est qu’un vulgaire satellite des USA, mais il ne faut pas le dire car ça vexerait nos « amis » Québécois. Les Américains ne respectent plus aucunes valeurs, ils constituent un danger pour toutes les démocraties. Le mal s’est déjà bien métastasé et comme pour le programme Phoenix il n’y aura pas d’alternative : la soumission ou la mort, en d’autres termes se soumettre volontairement ou mourir sous les bombes nucléaires. Depuis des années Paul Craig Roberts alarme ses lecteurs sur ce point mais on le prend pour un vieux grincheux par trop pessimiste … Le retour à la réalité sera douloureux car il est déjà trop tard pour contrer les visées hégémoniques des USA, d’ailleurs qui oserait aller dans ce sens ?

Les dommages « collatéraux » de la guerre en Syrie

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Quand Poutine et Trump ont taillé le bout de gras à Hambourg la semaine dernière, ont-ils abordé les désastres sanitaires et humains occasionnés en Syrie par cette guerre civile largement provoquée et soutenue par les USA ? Certainement pas ! Non contents de « droner » des autobus bourrés d’enfants fuyant les zones de combat ou des hôpitaux et des écoles, de toutes les façons les Américains s’en lavent les mains (couvertes du sang d’innocents) et n’attendent tout simplement qu’une chose : que le pays soit complètement ruiné. Ils se moquent de ces dommages pudiquement appelés collatéraux par les haut-gradés du Pentagone. C’est tout simplement écoeurant !

Une information qui n’a été reprise par aucun média occidental – et pour cause ils sont tous à la botte de la CIA – concerne le désastre sanitaire syrien qui a atteint des proportions effrayantes. Dans la ville de Raqqa, tenue par ce qu’on a coutume d’appeler des rebelles, en d’autres termes des groupes de voyous financés par l’Arabie Saoudite et armés par les USA, et également dans le district de Deir-Ez-Zor, une épidémie de poliomyélite a provoqué ce printemps la paralysie irréversible de 25 enfants qui n’avaient pu être vaccinés en raison du conflit et donc du manque de vaccin. Alors que l’OMS s’est récemment félicité d’avoir pratiquement éradiqué la poliomyélite dans le monde, il s’agit ici d’un douloureux rappel à l’ordre adressé à l’humanité toute entière : ce sont surtout des innocents qui paient le plus lourd tribut aux conflits armés provoqués par Washington comme si la Syrie était un ennemi de l’Amérique !

Des équipes de volontaires, au total 416 personnes ont été dépêchées sur place, à Deir-Ez-Zor et Hasaka pour vacciner dans l’urgence plus de 300000 enfants avec des vaccins oraux en provenance d’Europe ou injectables en provenance, ironie de la situation, des USA. Le vaccin injectable en provenance des USA est dirigé contre les type 1 et 3 du virus, le type 2 ayant disparu de la planète il y a plus de 20 ans selon l’OMS, or l’épidémie syrienne actuelle est surtout provoquée par le virus de type 2, encore une ironie de la guerre … Mais infiniment préoccupante (collatéralement) car pratiquement plus personne n’est vacciné aujourd’hui dans le monde pour être protégé contre le virus de la polio de type 2. 

Seule la formulation orale immunisant contre les trois types de virus pourra donc être vraiment efficace. Cependant il n’y aura certainement pas assez de doses pour juguler l’épidémie. Déplorable situation : les Américains sont des criminels qui doivent être poursuivis par la justice internationale ! Tout simplement écoeurant.

Source et illustration (un enfant syrien recevant le vaccin oral) : STAT news