Le déclin de l’économie américaine : ce que la presse main-stream dit et la réalité

Traduction d’un article de Paul Craig Roberts paru sur son site le 25 JUIN 2019.

Depuis Juin 2009 les Américains vivent dans la fausse réalité d’une économie florissante. Des « fake-news » et des statistiques truquées ont entretenu cette fausse impression car les vrais chiffres ont été ignorés. Par exemple il serait normal dans une économie remise de la crise ou en croissance de voir le nombre d’emplois augmenter puisqu’il devrait y avoir plus d’offres d’emploi. Pourtant durant la décennies passée Juin 2009-Mai 2019 le taux des emplois n’a cessé de diminuer, passant de 65,7 à 62,8 % de la population en âge de travailler. Une autre caractéristique d’une économie prospère est un fort investissement dans les entreprises. Pourtant les entreprises américaines ont en grande majorité utilisé leurs profits non pas pour se développer mais pour réduire leur capitalisation sur les marchés en rachetant leurs actions. Pire encore d’autres entreprises ont emprunté de l’argent pour racheter encore plus leurs propres actions, manoeuvre ayant pour conséquence un plus fort endettement alors qu’elles réduisaient leur capitalisation boursière ! C’est-à-dire que les conseils d’administration, les dirigeants et les actionnaires de ces entreprises ont choisi de piller leurs propres compagnies, ce qui indique clairement que les dirigeants et les propriétaires de ces entreprises ne considèrent plus que l’état de l’économie justifie de nouveaux investissements.

Dans ces conditions comment peux-t-on considérer que l’économie est en plein essor si les entreprises ne voient pas d’opportunités d’investissements ? Pendant toute cette décennie de supposée croissance économique les vraies consommations de détail ont décliné pour se retrouver aujourd’hui à 1,3 %, et encore, ce chiffre est surévalué puisque le calcul de l’inflation a été modifié pour faire croire qu’elle était plus faible que dans la réalité. Par exemple l’indice des prix à la consommation, indice qui normalement devrait refléter le prix réel d’un standard de vie constant, mesure maintenant un standard de vie variable. Si le prix d’un bien de consommation pris en considération dans ce calcul augmente, ce prix est remplacé par une alternative moins coûteuse, manoeuvre qui réduit arithmétiquement l’indice de l’inflation. Si le prix d’un bien de consommation augmente ce dernier est considéré comme entrant dans la catégories de l’augmentation de la qualité et il n’est pas pris en compte dans le calcul de cet indice.

Les prix des biens de consommations au détail ne peuvent pas augmenter quand la plupart des salaires n’ont pas augmenté depuis plusieurs dizaines d’années, selon une enquête de Pewresearch parue en août 2018. Les salaires des employés à plein temps ont chuté de 4,4 % depuis 1973 en dollars actualisés. Les experts en économie éludent cette évidence. Par exemple ils font remarquer que les gens travaillent plus longtemps et donc que leurs revenus réels sont en hausse mais pas leurs salaires nominaux. Ces mêmes experts à la solde du gouvernement affirment aussi que les départs massifs à la retraite des « baby-boomers » ont réduit la force de travail globale mais ils semblent ignorer que si vous allez dans un grand magasin vous verrez beaucoup de retraités travailler pour arrondir leurs fins de mois difficiles car leur retraite, compte tenu de la fraude sur les statistiques de l’inflation qui n’a pas permis de revaloriser leurs maigres pensions, ne leur suffit plus pour vivre.

Ces mêmes experts gouvernementaux affirment que le faible taux de chômage signifie qu’il y a un manque de main-d’oeuvre et donc que quiconque désire travailler peut trouver un emploi mais ils oublient de dire que des millions de chômeurs, découragés car ne trouvant pas d’emploi, ne sont plus pris en compte dans les statistiques. En effet, selon la loi, si vous n’avez pas recherché activement un emploi pendant 4 semaines consécutives vous n’êtes plus considéré comme chômeur et donc vous n’êtes plus pris en compte dans les statistiques.

C’est coûteux de rechercher un emploi. Quand on dispose de peu d’argent il faut le dépenser pour se déplacer et se montrer pour une interview et rapidement il ne reste plus d’argent pour continuer à chercher. C’est également émotionnellement onéreux car plus on essuie des échecs plus on perd confiance en soi et on finit par ne plus avoir d’espoir. Les gens se rattrapent alors sur des petits boulots payés cash pour pouvoir survivre. Comme conséquence de cet état de fait beaucoup de sans-abri trouvent des petits boulots qui leur suffisent pour vivre car ils ne peuvent même pas payer un loyer et ils vivent dans la rue. Le taux de chômage officiel de 3,5 % n’est que de la propagande. En incluant tous les chômeurs découragés et ceux qui ont des petits boulots payés cash, donc non déclarés, leur permettant de survivre difficilement, on arrive plutôt à un taux de chômage de 21 %. Ces 21 % expliquent pourquoi un tiers des jeunes de 18 à 34 ans vivent toujours chez leurs parents : ils ne gagnent pas assez d’argent (ou n’en gagnent pas du tout) pour avoir une existence indépendante. Dans le même sens la Réserve Fédérale a indiqué que 40 % des ménages américains ne disposent pas d’économie supérieures à 400 dollars.

L’économie américaine a été poussée vers le déclin par des capitalistes avides sans aucune vue de long terme. Lorsque l’Union soviétique s’est effondrée au cours de la dernière décennie du XXe siècle, l’Inde et la Chine ont ouvert leurs économies aux pays occidentaux. Les entreprises de ces pays ont trouvé tant en Chine qu’en Inde une main-d’oeuvre à bon marché pour accroître leurs profits en produisant à l’étranger des biens et des services destinés à leurs marchés intérieurs. Les entreprises qui hésitaient à délocaliser leurs productions ont été menacées par Wall Street de prises de contrôle dans leur pays à moins de réaliser encore plus de bénéfices grâce à ces délocalisations de leurs productions.

Le transfert de millions d’emplois américains à haute productivité et à forte valeur ajoutée en Asie a détruit les carrières et les perspectives de millions d’Américains et a eu de graves répercussions sur les budget nationaux et locaux ainsi que sur les fonds de pension. Les coûts externes de la délocalisation des emplois ont été extrêmement élevés. Ces coûts ont largement dépassé et de loin les bénéfices tirés de cette délocalisation. Presque du jour au lendemain des villes américaines prospères qui constituaient jadis une force industrielle et manufacturière sont devenues des friches économiques. La « guerre commerciale » avec la Chine est une gesticulation visant à dissimuler le fait que les problèmes économiques des Etats-Unis sont le résultat des agissements de ses propres entreprises et du fait que Wall Street a orchestré la délocalisation des emplois américains et du fait que le gouvernement américain n’a rien fait pour arrêter la déconstruction de son économie.

La politique économique de l’administration Reagan axée sur l’offre, systématiquement mal présentée et mal décrite, a permis de remédier à la « stagflation », au malaise de la hausse de l’inflation et du chômage décrit à l’époque comme une aggravation des compromis entre inflation et chômage. Personne n’a vu de courbe de Phillips (cf. note en fin de billet) depuis que l’administration Reagan s’est débarrassée de cet écueil. La Réserve Fédérale n’a même pas été capable de la ressusciter avec des années d’impression monétaire. L’administration Reagan avait mis l’économie américaine sur les rails vers une croissance à long terme non inflationniste, cette perspective a été contrecarrée par la hausse de la délocalisation des emplois.

Normalement l’objectif d’un gouvernement est de protéger les emplois de son pays parce que le gouvernement a besoin des revenus provenant des taxes et des impôts plutôt que de devoir verser des indemnités de chômage et d’entretenir un système de protection sociale. Normalement les politiciens préfèrent les succès économiques aux échecs. Mais la cupidité a triomphé des jugements rationnels et les perspectives de l’économie ont été sacrifiées aux sociétés « court-termistes » et à la cupidité de Wall Street.

En effet les profits tirés de la délocalisation des emplois sont à court terme car la délocalisation des emplois repose sur une erreur d’appréciation qui suppose que ce qui est vrai pour un acteur économique est aussi vrai pour l’ensemble des autres acteurs. Une société individuelle peut tirer avantage de l’abandon de sa main-d’oeuvre nationale et opter pour une production à l’étranger de ses produits pour son marché intérieur. Toutefois lorsque de nombreuses entreprises font de même l’impact sur le revenu des consommateurs domestiques est grave. Alors comme les petits emplois du genre employé d’un supermarché comme Walmart ne rémunèrent pas comme le secteur manufacturier la demande globale des consommateurs est affectée par la baisse des revenus et la demande pour les produits des entreprises délocalisées est moindre. Par conséquent la croissance économique faiblit et lorsque cela s’est produit Alan Greenspan, le Président de la FED à l’époque, a alors décidé de substituer un accroissement de l’endettement des consommateurs à la croissance manquante de leurs revenus. Le problème avec la solution de Greenspan est que la croissance de cette dette privée des consommateurs est limitée par le montant de leurs revenus et lorsque la dette ne peut plus être remboursée elle ne peut plus augmenter. En outre, le service de cette dette absorbe une partie du pouvoir d’achat des consommateurs. Ainsi la délocalisation des emplois a limité l’expansion de la demande globale des consommateurs. Alors que les entreprises rachètent leurs actions au lieu d’investir rien ne peut plus stimuler l’économie. Les chiffres produits plus haut ne sont que des illusions produites par la sous-estimation de l’inflation réelle.

Une grande partie de la prospérité et de la puissance des Etats-Unis après la seconde guerre mondiale est due au rôle du dollar comme monnaie de réserve mondiale. Ce rôle garantit une demande mondiale en dollars et cette demande signifie aussi que le monde finance les déficits budgétaires et commerciaux des Etats-Unis en achetant de la dette américaine. Le monde donne des biens et des services aux USA en échange d’une monnaie de papier. Les USA paient leurs factures en imprimant de la monnaie ! N’importe qui serait capable de comprendre qu’un gouvernement protégerait un tel avantage et n’encouragerait pas au contraire des pays étrangers à abandonner ses dollars. Mais le gouvernement américain, insouciant dans son arrogance, son orgueil et sa totale ignorance, a fait tout ce qui était en son pouvoir pour provoquer la fuite du dollar.

Les Etats-Unis utilisent leur système financier basé sur le dollar pour contraindre les autres pays à tenir compte des intérêts américains à leurs dépens. Les sanctions imposées à d’autres pays, les menaces de sanctions, le gel des avoir et les confiscations, etc, ont conduit de grandes parties du monde, Russie, Chine, Inde, Iran, à des transactions non monétaires qui réduisent la demande de dollars. Par exemple les menaces américaines à l’égard de l’Europe qui achètent de l’énergie russe et des produits technologiques chinois sont des éléments qui déstabilisent l’appartenance de l’Europe à l’Empire américain. Si la valeur du dollar s’effondrait en raison du manque de demande sur les marchés, les Etats-Unis, massivement sur-endettés, se retrouveraient relégués à l’état de pays du tiers-monde.

Il est vrai que de nombreux pays dans le monde ont des leaders politiques mauvais mais les leaders politiques des Etats-Unis sont les pires de tous. Jamais très bon, le leadership américain est tombé dans un déclin abrupt avec l’avènement des Clinton, se poursuivant par Bush, Obama et Trump. La crédibilité des Américains est au plus bas. Des imbéciles comme John Bolton et Pompeo pensent pourvoir restaurer cette crédibilité en explosant un ou des pays. À moins que ces imbéciles dangereux ne soient licenciés nous devrons tous faire l’expérience de leurs erreurs.

Auparavant la Réserve fédérale suivait une politique monétaire dans le but de réduire l’inflation et le chômage, mais aujourd’hui et au cours des dix dernières années sa politique monétaire consiste à protéger les bilans des grandes banques « trop grosses pour faire faillite » et d’autres institutions financières privilégiées par le pouvoir. Par conséquent il est problématique d’attendre des résultats sur le chômage et l’inflation. Il est aussi possible de faire face à une récession et de maintenir des prix élevés des instruments financiers grâce au soutien de la FED à ces instruments. Il est aujourd’hui possible pour la FED d’empêcher une baisse des marchés boursiers en achetant des contrats à terme sur l’indice S&P et d’empêcher une hausse du prix de l’or en faisant en sorte que ses agents fassent basculer des positions nues sur le marché des contrats à terme. De telles manoeuvres ne se sont jamais produites quand j’étais au Trésor. Ce type d’intervention a son origine dans l’équipe de protection anti-crise créée par le clan Bush au cours de la dernière année de l’administration Reagan. Une fois que la FED a appris à se servir de ces instruments elle l’a fait de manière plus agressive.

Les observateurs des marchés qui suivent les tendances du passé oublient que la manipulation du marché par les autorités centrales joue aujourd’hui un rôle plus important que par le passé. Ils s’attendent à tort à ce que les tendances établies par les forces du marché se maintiennent dans cet environnement économique manipulé.

Liens figurant dans l’article de PCRoberts :

https://www.bls.gov/charts/employment-situation/civilian-labor-force-participation-rate.htm

https://www.multpl.com/us-real-retail-sales-growth

https://www.pewresearch.org/fact-tank/2018/08/07/for-most-us-workers-real-wages-have-barely-budged-for-decades/

https://www.businessinsider.com/record-median-household-income-is-hiding-a-chilling-fact-2017-9

http://shadowstats.com/

https://www.cnbc.com/2018/05/22/fed-survey-40-percent-of-adults-cant-cover-400-emergency-expense.html

https://www.claritypress.com/product/the-failure-of-laissez-faire-capitalism/

Note. La courbe de Phillips illustre une relation empirique négative entre le taux de chômage et l’inflation, c’est-à-dire le taux de croissance des salaires nominaux. En d’autres termes, au delà d’un certain niveau de chômage les salariés ne sont plus en position de force pour exiger une hausse de salaire. Lire aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Phillips_curve

Note. Pour ceux qui ne savent pas qui est Paul Craig Roberts : https://en.wikipedia.org/wiki/Paul_Craig_Roberts .Cette personnalité réalise des analyses froides et non partisanes. Qu’on n’aille pas me taxer d’anti-américanisme primaire mais les faits sont là et ils parlent d’eux-mêmes. La situation économique de l’Europe est également loin d’être enviable. En dehors de l’Allemagne et dans une moindre mesure des Pays-Bas toutes les économies européennes seraient en récession profonde si celles-ci n’étaient pas adossées à de la dette alimentée par de la fausse monnaie. Un jour ou l’autre le système économique implosera et alors on entrera dans une « terra incognita ».

Statistiques de l’emploi, de la croissance et des prix : toutes frauduleuses !

 

Vendredi fut encore une journée grise pour les bourses tant européennes qu’asiatique mais également pour la bourse de N-Y. Pourtant toutes les places financières attendaient, des filets de salive d’envie à la commissure des lèvres, la publication mensuelle de la situation de l’emploi américaine. Bingo ! Presque 300000 emplois créés en décembre. Les bourses ont réagi en s’enfonçant dans le rouge : SMI -2,28, CAC -1,59 et le Dow -1,02. C’est à n’y rien comprendre. Une des très rares bonnes nouvelles de la semaine n’a pas réjoui les investisseurs.

Mais que se passe-t-il ? L’explication est limpide : les investisseurs ne croient plus aux statistiques publiées par les gouvernements et pas seulement celles de la Chine – tout le monde sait que le gouvernement chinois fraude depuis des années – mais bel et bien celles des USA, surtout en ce qui concerne les chiffres de l’emploi. En France la manipulation de ces statistiques est devenue un exercice de style dans lequel excelle l’INSEE, organisme gouvernemental mandaté par le gouvernement pour que sa bonne gouvernance soit reconnue par le péquin moyen sans moufeter.

Pour ce qui concerne les USA la fraude a pris une ampleur cosmique. Entre décembre 2014 et décembre 2015 la population active américaine a diminué de 1185000 emplois. Au jour d’aujourd’hui il y a 94691000 (je l’écris en toutes lettres quatre-vingt-quatorze millions, il n’y a pas d’erreurs de zéros) d’Américains en âge de travailler qui n’ont pas d’emploi et la Maison-blanche prétend que tout va bien, c’est du grand foutage de gueule. L’ « embellie » de décembre concerne 165000 jobs de personnes âgées de 46 à 54 ans qui ont trouvé un travail à temps partiel de manœuvres, de plongeurs dans un restaurant ou de serveurs dans un bar parce qu’ils se sont soudain retrouvés au chômage et qu’ils n’ont aucune pension. Il y a eu en un an un accroissement de 527000 personnes ayant deux ou plusieurs jobs à temps partiel. Ce dernier mois de décembre, seulement 16000 personnes âgées de 25 à 54 ans ont retrouvé un emploi stable. Enfin dans cette embellie de décembre il faut inclure les 142000 retraités qui ont du retrouver en toute urgence un job pour faire face à leurs dépenses comme par exemple le remboursement des hypothèques sur leur maison ou celui de leurs emprunts de jeunesse (qu’ils n’ont toujours pas fini de rembourser) pour financer leurs études car leur caisse de retraite a diminué leur pension. Et la raison est très facile à comprendre : ces caisses de retraite perdent de l’argent en raison de la politique des taux zéro de la FED.

L’autre aspect de cette fraude est le fameux – et fumeux – ajustement saisonnier des données statistiques qui autorise les administrations à amalgamer dans une sorte de modèle totalement déconnecté du bon-sens des prévisions disparates afin de « lisser » comme disent les statisticiens les données brutes. Sur les 292000 nouveaux emplois de décembre 2015 décrétés par l’administration 281000 d’entre eux sont dus, comme par une espèce de magie arithmétique, à l’ajustement saisonnier ! Le même type de fraude sur les chiffres est également appliqué pour l’évolution du prix du panier de la ménagère. En d’autres termes les gouvernements, tous sans exception, nous mentent à longueur de jours et de semaines pour dissimuler leurs mauvaises décisions et l’état de plus en plus dégradé des économies dans leur ensemble. Et cette arrogante propagande est naturellement reprise par les médias asservis par le pouvoir.

Paul Craig Roberts peint la situation de l’emploi nord-américain dans une analyse réaliste en ces termes : « La prétendue augmentation du nombre d’emplois concerne toujours les services domestiques non commerciaux, c’est-à-dire des emplois qui ne contribuent pas à l’exportation de biens et qui n’entrent pas en compétition avec les biens importés. C’est exactement le profil d’emplois qu’on rencontre dans les pays du tiers-monde. C’est ce qui arrivera dans quelques décennies aux USA, une tiers-mondialisation de son économie ».

Inutile de chercher d’autres raisons au total manque d’intérêt des milieux financiers pour les statistiques gouvernementales : ils ont sanctionné ces statistiques frauduleuses.

Source : PCR

La crise économique mondiale ? Avant la fin de l’année !

Paul Craig Roberts, alarmiste notoire dont j’adore la prose, ne s’est pas trompé dans ses prévisions économiques au sujet des USA : la chaine de magasins Wallmart a décidé, faute de clients, de fermer 600 magasins et de mettre « en vacances » pour six mois 6000 employés. Il est d’ors et déjà acquis qu’après ces vacances ils seront au chômage, taux de chômage 23 % aux USA selon PCR si on analyse la situation sans tenir compte des statistiques truquées du gouvernement. Il en est exactement de même en France, pays de la bidouille et du système D statistique, à peu près le même taux si on fait abstraction des nantis employés de l’Etat et vivant des impôts que paient les autres, y compris eux-mêmes, il y a tout de même un semblant de justice. Plus de 40 millions d’Américains ne peuvent plus boucler leurs fins de mois, à peu près autant sont dépendants de la soupe populaire pour survivre. Qu’en est-il de l’Italie, de l’Espagne ou de la France. Je ne parle même pas du Portugal ou de la Grèce ou encore de la Slovénie, citée en exemple il y a quelques années et qui a plongé dans un marasme invraisemblable. Tout part à vau l’eau puisque le mensonge et la désinformation (c’est presque la même chose encore que la désinformation procède d’une reprise des mensonges des politiciens par des médias asservis par le pouvoir) sont devenus des habitudes chez les politiciens.

Bref, il n’y a aucun signe de réjouissance à l’horizon. Les Français sont en congé toute l’année ou presque, tout baigne pour eux, ils paient leurs impôts servilement, se font tondre fiscalement sans rechigner. Il y a environ 20 ans j’avais calculé avec un collègue combien on payait de taxes diverses et d’impôts variés et nous étions arrivé, lui dans le secteur privé et moi dans le secteur public, au même pourcentage, environ 60 % ! Nous avions inclus, après examen minutieux de nos feuilles de paie respectives, les charges payées par nos employeurs, en ce qui me concernait l’Etat et pour lui une grande société française maintenant disparue, Rhône-Poulenc. Aujourd’hui, les classe moyennes « supérieures » en termes de revenus doivent arriver à 70 %. Ce qui veut dire clairement que travailler 7 jours sur dix pour l’Etat est tout simplement décourageant. Ce qui est le plus invraisemblable est que personne ne proteste, personne n’ose plus dépaver les rues pour ériger des barricades (il est vrai qu’on a macadamé toutes les rues pour prévenir ce genre d’agissement contraire à la démocratie), personne n’osera prendre d’assaut le Palais Bourbon, repaire de justiciables comme Thévenoud, ou le Palais du Luxembourg, un nid de fraudeurs et de profiteurs, encore pire ! Il apparaît à point nommé de rappeler que le système de retraites des politiciens atteint un budget annuel de 6 milliards d’euros, vraiment de quoi dépaver les rues et faire la révolution.

Aux USA, puisque j’ai initié ce billet en parlant de Wallmart, des villes comme Chicago sont littéralement en dépôt de bilan, l’indice de la consommation ne cesse de se détériorer, la chute vertigineuse des prix du pétrole et du gaz, organisée de concert entre les USA et l’Arabie Saoudite et supposée acculer l’Iran, la Russie et le Vénézuéla à la faillite, des régimes ennemis des idéaux américains, se retourne contre l’économie américaine qui bat de l’aile tellement sérieusement que des signes comme la débâcle de Wallmart ou encore la chute des bénéfices de MacDonald ne sont pas trompeurs. Il faut agréger diverses informations glanées ici ou là pour se rendre vraiment compte que la situation est terriblement préoccupante. Je ne parle pas encore une fois du bellicisme insensé et insupportable des Américains mais tout simplement de la chute du BDI, en décodant : le Baltic Dry Index, qui a atteint depuis janvier un plus bas jamais vu :

Cet indice est un des meilleurs indicateurs de l’évolution à moyen terme de l’économie mondiale ( http://www.investmenttools.com/futures/bdi_baltic_dry_index.htm ) et à n’en pas douter un seul instant cette économie est en train de s’effondrer non pas régionalement comme c’est le cas de la Grèce, mais mondialement. Cet indice ne ment pas, il reflète la réalité de l’économie en ce sens qu’il prend la température de l’activité des échanges commerciaux réalisés avec le fret maritime.

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Pas de quoi se réjouir, la récession mondiale est à notre porte et bien malin celui qui pourra s’en sortir. Nous allons tous être ruinés, les actionnaires des grandes sociétés sont déjà à l’ombre de cocotiers accueillants avec leurs coffres remplis de lingots d’or (j’en ai rencontré personnellement trois) et ils se contrefoutent royalement de ce qui pourra arriver au « bas-peuple », aux « sans-dents », aux esclaves du système qui l’ont bien voulu puisqu’ils ont élu ces politiciens véreux pour prendre le pouvoir et les asservir. Relisez mon biller sur Estienne de la Boétie et écoutez son pamphlet, tout y est dit …

Le point de vue géopolitique de Paul Craig Roberts : pas réjouissant !

Chers lecteurs, contrairement à ce que vous pourriez croire, mon billet d’humeur politique daté du 13 mai fut rédigé le 12 quand je vis la dépêche d’agence (Reuters si je me souviens bien) relative aux Ospreys que l’armée américaine va installer à Tokyo. Avec les différences d’horaire il m’était alors impossible d’avoir accès à ce billet de Paul Craig Roberts paru le 11 mai selon le calendrier américain. Je n’en ai eu connaissance que le 13, décalage horaire défavorable entre le Japon et les USA aidant. C’est un peu alambiqué comme explication mais toujours est-il que PCR, dans son analyse de la situation européenne, a omis de mentionner De Gaulle comme je l’ai fait dans le billet de mon blog. Cependant, et comme je suis un lecteur assidu du blog de PCR, je vous livre la traduction de mon cru de son dernier article intitulé « War Threat Rises As Economy Declines », en français : les menaces de guerre se précisent avec le déclin de l’économie (lecture inaugurale de la Conférence Annuelle du Groupe Financier de l’Ouest, New-Orleans, 7 mai 2015).

Les évènements notoires contemporains sont la chute de l’Union Soviétique, le 11 septembre 2001, la délocalisation de l’emploi et la dérégulation financière. Dans ces quatre évènements on trouve les problèmes de politique étrangère et les problèmes économiques auxquels sont confrontés les USA.

Les USA ont toujours eu une excellente opinion d’eux-mêmes mais avec la chute de l’Union Soviétique ce sentiment s’est exacerbé. Nous sommes devenus le peuple exceptionnel, le peuple indispensable, le pays choisi par l’histoire pour exercer son hégémonie sur le monde. La doctrine des néoconservateurs libère le gouvernement des USA de toutes les contraintes internationales et autorise Washington à utiliser des moyens coercitifs à l’égard d’Etats souverains afin de refaire le Monde à son image.

Pour protéger le statut d’unique puissance mondiale depuis la chute de l’Union Soviétique, en 1992, Paul Wolfowitz écrivit de qui est maintenant décrit comme la Doctrine Wolfowitz qui est le fondement de la politique étrangère de Washington :

« Notre objectif premier est d’éviter la ré-émergence d’un nouveau rival aussi bien dans l’ancien territoire de l’Union Soviétique que partout ailleurs qui puisse être une menace de l’ordre de celle que constituait l’Union Soviétique. C’est une considération dominante sous-entendant la nouvelle stratégie de défense régionale et nécessite que nous nous efforcions d’éviter l’émergence de toute puissance hostile pouvant contrôler une région de la planète dont les ressources pourraient être suffisantes pour favoriser l’émergence une autre puissance globale ».

En mars de cette année (2015) le Conseil des Relations Extérieures a élargi cette doctrine à la Chine.

Washington est maintenant décidé à freiner l’émergence de deux grandes puissances nucléarisées. Cet objectif est exactement la raison pour laquelle Washington a créé la crise ukrainienne pour l’utiliser dans sa propagande anti-russe. La Chine est maintenant confrontée à la politique asiatique des USA et la mise en place de nouvelles bases militaires pour assurer à Washington le contrôle de la Mer de Chine du Sud qui est maintenant considérée comme un intérêt national américain.

Le 11 septembre initia la guerre pour l’hégémonie des néocons au Moyen-Orient. Le 11 septembre au aussi rendu possible la mise en place de l’Etat policier aux USA. Tandis que les libertés ont été bafouées dans le pays (les USA) celui-ci a toujours été en guerre depuis le début du XXIe siècle, des guerres qui ont coûté aux citoyens américains selon Joseph Stiglitz et Linda Bilmes au moins six mille milliards (trillions) de dollars. Ces guerres ont été catastrophiques. Elles ont déstabilisé des gouvernements dans une zone productrice d’énergie importante et ces guerres ont catalysé l’émergence considérable de « terroristes », l’éradication de ces derniers étant l’objectif premier de ces guerres.

Au moment même où la chute de l’Union Soviétique favorisa l’hégémonie américaine, le phénomène de délocalisation du travail apparut. Cet événement incita la Chine et l’Inde à s’ouvrir aux investissements américains massifs pour créer des emplois pour la tout aussi massive main d’oeuvre disponible de ces pays. Les compagnies américaines, encouragées par Wall Street et les grandes firmes commerciales d’investissement, délocalisèrent leurs activités dans tous les domaines comme par exemple la création de logiciels vers ces pays.

L’immédiate conséquence fut l’appauvrissement de la classe moyenne américaine et la disparition de la promotion sociale de cette dernière. En quelque sorte le produit intérieur brut américain et le revenu des taxes afférentes émigra vers l’Inde et la Chine. Le revenu réel médian des Américains déclina. Sans croissance interne pour stimuler l’économie Alan Greenspan favorisa une expansion de la dette des consommateurs qui aboutit à ce que l’on sait. Actuellement aucun facteur ne stimule l’économie (américaine).

Quand les biens et les services produits par la main-d’oeuvre délocalisée arrivent aux Etats-Unis ils entrent en tant qu’importations ce qui aggrave la balance commerciale. Les étrangers disposant alors d’excédents de dollars achètent des obligations, des actions, des biens immobiliers, des sociétés sur le sol américain et par voie de conséquence les intérêts, les dividendes, les bénéfices financiers quittent les USA pour être redirigés vers ces pays. Et pour protéger la valeur d’échange du dollar devant de tels déséquilibre monétaires et contrecarrer l’effet de l’impression de monnaie pour aider les banques « too big to fail » Washington a incité sinon contraint l’Europe et le Japon à créer de la monnaie, processus qui renchérit la valeur d’échange du dollar.

Le Glass-Steagall Act qui était censé séparer les activités commerciales de celles d’investissement des banques a été vidé de sa substance jusqu’à être complètement ignoré dès la fin du mandat de Clinton. Cette abrogation de fait et l’échec des régulations sur les produits financiers dérivés ainsi que la suppression des limites de position des spéculateurs et la gigantesque concentration du secteur financier dans le mépris total des lois anti-trust a créé non pas l’utopie du marché libre mais une crise financière sérieuse et toujours bien présente. Les liquidités disponibles de par cette politique monétaire n’a eu pour effet que de favoriser l’apparition de bulles financières sur le marché des actions et des obligations.

Implications, conséquences et perspectives :

Quand la Russie s’est opposée à l’invasion planifiée par l’administration Obama de la Syrie et les tentatives de bombardement de l’Iran, les néoconservateurs se sont rendus à l’évidence que tandis que les USA étaient occupés avec leurs guerres au Moyen-Orient et en Afrique Poutine avait restauré la puissance économique et militaire russe. Quand la Russie a dit « niet » aux USA, suivie par le parlement britannique, le premier objectif de la doctrine Wolfowitz a été sérieusement ébranlé. C’est cet événement qui redirigea l’attention des néoconservateurs vers la Russie. Durant la décennie passée, Washington avait investi 5 milliards de dollars pour financer une nouvelle classe politique en Ukraine ainsi que des ONGs susceptibles d’être envoyées dans la rue pour manifester. Quand le Président Ukrainien fit un bilan économique de l’adhésion possible de son pays à l’Union Européenne il s’aperçut que la note était trop élevée et il rejeta cette adhésion. C’est alors que Washington se servit de ces ONGs dans la rue et les néo-nazis y ajoutèrent la violence à laquelle le gouvernement n’était pas du tout préparé. Ces évènements entrainèrent sa chute.

Victoria Nuland (Secrétaire d’Etat US pour les Affaires Européennes) et Geoffrey Pyatt (Ambassadeur US en Ukraine) choisirent leurs politiciens et établirent un régime vassal dans le pays. Washington espérait pouvoir mettre la main sur la base navale russe de Crimée, le seul port toujours libre de glaces de la Russie. Cependant, la Crimée, partie intégrante de la Russie pendant des siècles, choisit démocratiquement de retourner dans le giron de la mère patrie. Washington, dépité, déclara qu’il s’agissait en fait d’une invasion russe suivie d’une annexion. Dès lors les USA organisèrent une propagande en Europe pour casser les liens économiques et commerciaux entre l’Europe et la Russie et en obligeant l’Europe à mettre en oeuvre des sanctions contre la Russie.

Etant donné que ces sanctions ont eu des effets négatifs sur l’économie européenne, les Européens se sentent de plus en plus concernés par la belligérance américaine car cette Europe n’a rien à gagner d’un conflit avec la Russie tout en redoutant d’être poussée à la guerre. De plus en plus de signes indiquent que certains gouvernements européens désirent se désolidariser de la politique étrangère américaine. La virulente propagande anti-russe et la diabolisation de Poutine ont altéré la confiance de l’Ouest envers la Russie. Le Commandant de l’OTAN Breedlove demandant plus d’argent, plus de troupes, plus de bases près des frontières avec la Russie fait que la situation devient dangereuse. Dans une confrontation directe avec la Russie, Washington cherche à incorporer l’Ukraine et la Géorgie dans l’OTAN, pourtant deux anciennes provinces russes.

Sur la scène économique le dollar comme monnaie de réserve constitue un problème pour le monde entier. Les sanctions et d’autres manifestations de l’impérialisme financier américain poussent certains pays y compris de grandes nations à s’affranchir des paiements en dollars. Et tandis que de plus en plus de transactions commerciales se concluent sans avoir recours au dollar, la demande pour cette monnaie chute malgré une disponibilité accrue en billets verts à la suite des QEs successifs. Et compte tenu de la production délocalisée et de la dépendance des USA des importations, une chute de la valeur du dollar résulterait en une inflation domestique dramatique conduisant à une paupérisation des citoyens américains et menaçerait les marchés largement manipulés des actions, des obligations et des métaux précieux.

La vraie raison des Quantitative Easings est d’aider les banques à boucler leurs bilans. Cependant, la raison officielle a toujours été de stimuler l’économie. Le seul résultat positif est l’évolution du produit intérieur brut américain qui paraît embellir car l’indice implicite d’évolution des prix n’a pas été pris en compte ou sous-estimé. Il est évident qu’il n’y a pas eu de reprise économique et avec un premier trimestre sans progression et un deuxième trimestre qui s’annonce tout aussi terne il paraît évident que les USA s’enfoncent dans un autre cycle de récession. Le taux de chômage de 23 % (ce n’est pas moi qui invente ce chiffre c’est PCR qui le tire de sources d’information non truquées) n’a rien à voir avec celui des années d’après-guerre. La réserve fédérale combattait l’inflation en ralentissant l’économie et quand le taux de chômage augmentait à nouveau, la FED lâchait du lest. Mais aujourd’hui il n’y a plus d’emplois, ils ont été délocalisés, il n’y a plus d’usines, elles ont aussi été délocalisées.

Restaurer l’économie demande un rapatriement du tissu industriel et des emplois recréés sur le sol américain. Cela peut être atteint en modifiant la fiscalité qui charge les produits des entreprises délocalisées et importées aux USA : de fortes taxes sur les produits importés et peu de taxes sur les produits Made in USA, une approche qui réduirait l’avantage des délocalisations. Si on se souvient du lobbying intense des compagnies transnationales et de celui de Wall Street, une telle réforme fiscale a peu de chances d’aboutir. En conclusion l’économie américaine continuera à décliner.

Sur le plan de la politique étrangère, l’égocentrisme et l’arrogance dans la manière dont les Américains perçoivent leur image de pays exceptionnel et indispensable avec, donc, des droit hégémoniques sur les autres pays signifie que le monde entier est prêt à faire la guerre. Ni la Chine ni la Russie n’accepteront d’être vassalisés comme le Royaume-Uni, l’Allemagne, la France et le reste des pays européens, le Canada, le Japon et l’Australie. La doctrine Wolfowitz est claire : Le prix de la paix dans le monde est l’acceptation de l’hégémonie de Washington. En conséquence, à moins d’une crise du dollar affaiblissant la puissance américaine ou à moins que l’Europe ait le courage de se désolidariser des USA et poursuive sa propre politique étrangère en supprimant l’OTAN, une guerre nucléaire semble très probable. L’agressivité et la propagande américaines ont suffi à catalyser le rapprochement stratégique entre la Chine et la Russie pour contrer les intentions belliqueuses américaines. La célébration du soixante-dixième anniversaire de la défaite d’Hitler le 9 mai dernier à Moscou est un tournant historique car aucun pays occidental n’était présent mais les officiels chinois dont Xi-Jinping auprès de Poutine dans la tribune officielle et des régiments de l’armée chinoise étaient présents et ont défilé avec les soldats de l’armée russe. Le nombre de soldats russes morts au combat par rapport à celui des Anglais, des Américains ou des Français rend parfaitement clair que ce sont les Russes qui ont vaincu Hitler. Les pays de l’Ouest ont réécrit l’histoire, ce n’est pas nouveau, et Obama n’a mentionné que les troupes américaines dans le déroulement de cette guerre lors des commémorations du 8 mai. Poutine a, au cours de cette célébration, remercié les Anglais, les Français et les USA pour leur contribution à la victoire ( http://thesaker.is/15865/ ). Pourtant depuis de nombreuses années Poutine ne cesse de déclarer aux vassaux de Washington : « Ne nous agressez pas, nous ne sommes pas votre ennemi. Nous voulons être vos partenaires ». Les années ont passé sans que Washington ait écouté un seul instant le message de Moscou et au final la Russie et la Chine ont réalisé que leur choix était limité entre cette vassalisation ou la guerre. S’il y avait au moins une personnalité intelligente au Département d’Etat ou au Pentagone pour alerter de la dangerosité des néoconservateurs, l’avenir de l’espèce humaine pourrait être préservée.

J’ajouterai qu’une telle analyse rend dérisoires les gesticulations vides de sens au sujet du changement climatique. Tout simplement la nature humaine n’a pas changé et ne changera jamais : le seul passe-temps qui intéresse l’homme est de s’entretuer après avoir appris à marcher au pas et manipulé une arme de guerre

Source : Paul Craig Roberts blog. Le prologue et mes commentaires personnels sont en italiques.

Notes : Joseph Stiglitz, Prix Nobel d’économie, ancien économiste en chef de la Banque Mondiale, adversaire notamment de la globalisation, activiste anti-néocons, en très résumé. Linda Bilmes, professeur d’économie à l’Université d’Harvard, économiste ancien membre de l’administration Clinton, coauteur avec Stiglitz du livre « The Three Trillion Dollar War » (ISBN : 978-0-393-06701-9 )

Billet d’humeur politique : En Mai fait ce qu’il te plait et oublie le futur !

Je me souviens que quand Tonton instaura la cinquième semaine de congés payés, mon beau-père me dit que déjà 4 semaines lui rongeaient plus du tiers des bénéfices de son entreprise. Il ajoutait que dans la pire des conjonctions de dates de jours fériés cumulés civils et religieux au mois de mai, un autre tiers de ses bénéfices partait en fumée. Le mois de mai 2015 est un mois faste en France, presque un deuxième mois d’août ! Parce qu’entre les RTT, une invention de Martine, et les arrêts de maladie pour convenance personnelle, ça va vraiment donner dans le farniente.

Alors que tous les indicateurs économiques sont dans le rouge sombre, les Français n’en ont rien à foutre, ils se mettent au vert – couleur de l’espérance pour les curés. Mais qu’y a-t-il encore à espérer ? La révolution tout simplement ! Pour mettre dans des camps de travail la « nouvelle noblesse » politique que les sans-culottes avaient joyeusement massacré après la prise de la Bastille et qui bafoue les principes de la République Française (Thévenoud est toujours député). Ou alors une grave crise économique qui ferait prendre conscience aux 6 millions et demi de fonctionnaires qu’il leur faut aussi être enfin productifs et travailler un peu plus de 25 heures par semaine, aux cent mille politiciens qu’ils doivent se reconvertir à des travaux manuels d’utilité publique obligatoires pour rembourser aux contribuables leurs salaires mirifiques et leurs retraites dorées exempts d’impôts qu’ils se sont octroyé sans que le peuple n’ait jamais été consulté alors que c’est ce même peuple qui finance leur enrichissement abusif depuis, disons, le rétablissement de la noblesse d’Empire par Napoléon dont on fêtera bientôt le bicentenaire de sa reddition aux Britishs, et cette situation n’a fait qu’empirer par la suite.

La France est un pays crypto-communiste qu’on le veuille ou non et cette situation s’est lourdement aggravée depuis le régime de Pétain et les ordonnances scélérates de 1946. La France est devenue avec les années l’ombre d’elle-même. Son rayonnement à l’étranger s’est évanoui, son industrie est vendue par appartements aux firmes étrangères les plus offrantes (voir notes), les comptes publics, la balance du commerce extérieur, les caisses de retraite, la santé, les collectivités territoriales plus mafieuses que la ville de Naples, les chemins de fer, le métro, … tout est en déficit, dans le rouge, en cessation ce paiement.

Et pendant ce temps-là les Français n’en ont strictement rien à faire, ils applaudissent un mois de mai particulièrement généreux en jours fériés sans penser un instant aux lendemains qui seront durs, très durs pour tous sans exception.

Chers lecteurs, au Japon, en mai, il y a la « Golden Week », une semaine avec trois jours fériés consécutifs, traditionnellement la première semaine de mai. Ce dimanche 3 mai, premier jour de la Golden Week, la poste a assuré son service, les livreurs ont fait leur travail, des maçons travaillaient sur un chantier près de l’endroit où je réside, les magasins étaient ouverts. À Tokyo les trains circulaient normalement comme n’importe quel jour de n’importe quelle semaine avec une ponctualité unique au monde … Le Japon, longtemps la deuxième économie mondiale, tient sa force industrielle et commerciale de la ténacité des Japonais au travail. Cette qualité est depuis longtemps perdue en France. Que les Français ne se plaignent surtout pas quand ils devront manger du pain noir et de la soupe de gruau comme tout potage. Ils auront, par leur fainéantise institutionnalisée, contribué à leur malheur ! Pour ce qui concerne les statistiques relatives au taux de chômage en France, la situation est carrément grave : si l’on exclut de la population active les fonctionnaires et toutes les professions « survivant » grâce à l’Etat on arrive à 19 % de chômeurs ! Mais les médias subventionnés par les impôts des contribuables n’ont pas le droit de l’écrire dans leurs lignes ou de le déclarer encore moins à la radio ou à la télévision, censure oblige comme du temps de Pétain !

Vive le mois de mai …

Note 1 : Ne parlons même plus du groupe Rhône-Poulenc qui fut démantelé purement et simplement alors que certaines de ses activités étaient à l’époque leaders mondiaux dans leur domaine, par exemple RP Chimie fine était leader mondial des terres rares, Rhône-Poulenc Agro leader européen des plantes transgéniques … Plus récemment Alstom-énergie a été vendu à Westinghouse et l’ex Framatome maintenant Areva NP pourrait tout simplement être cédé à la Chine qui est de facto devenu leader mondial de la chaudronnerie nucléaire avec CGN, CNNC et DEC. Ne parlons pas non plus de l’industrie textile qui a disparu de l’Hexagone. Des dizaines de milliers d’hectares de vignobles français parmi les plus prestigieux sont vendus à l’encan à des étrangers, à quand la vente de la Tour Eiffel, du Mont-Saint-Michel et de la Sainte-Chapelle ?

CGN : China General Nuclear, CNNC : China National Nuclear Corporation, DEC : DongFang Electrical Corporation.

Note 2 : Pour conforter ma petite retraite, je suis en train de créer une petite production de colliers confectionnés avec des noix d’un arbre local. Je n’ai aucune idée des profits que je pourrai réaliser après impôts parce qu’au Japon tout business même artisanal doit être déclaré, je ferais en France partie du club des auto-entrepreneurs que le gouvernement actuel tente de matraquer car les initiatives personnelles ne sont pas conformes aux idées du parti marxiste au pouvoir. C’est l’Etat qui décide.

http://www.youtube.com/watch?v=Iit3Kabs7QA

Des drones de partout pour combattre le chômage ? Pas vraiment …

Capture d’écran 2015-01-22 à 17.09.00

On peut presque prédire que le chômage ne va pas décroître dans les années à venir. En dehors des plombiers, des électriciens, des plaquistes, ébénistes, carreleurs et éventuellement tailleurs de pierre, le secteur du bâtiment doit s’adapter à la pénurie de main-d’oeuvre, en particulier au Japon. Il y a bien des imprimantes 3D capables de construire une maison en 24 heures mais ce ne sont encore que des projets de démonstration. L’un des postes les plus ingrats dans le bâtiment est celui des fouilles et des fondations. La société Komatsu, basée à Tokyo, vient de mettre en place un projet très sérieux de construction de pelleteuses sans conducteurs commandées par des drones de la société Skycatch connectés effectuant des relevés en temps réel au centimètre près du terrain et envoyant ces derniers à un ordinateur qui calcule également en temps réel la tâche à accomplir par ces machines ou plutôt ces robots-pelleteuses. En cas de problème un assistant pourra toujours sauter dans la cabine de l’engin et remédier à la situation. Le salaire horaire d’un conducteur d’engin est en effet exorbitant, mais là n’est pas le problème.

Il existe déjà des machines automatiques et des petits véhicules sans conducteur dans certaines mines mais le projet de Komatsu semble revêtir une toute autre dimension car un chantier de construction n’a rien à voir avec une galerie de mine. Il s’agit d’un site dynamique sur lequel d’autres personnes interviennent. Les drônes de la société Skycatch Inc, basée à San Francisco, reviennent automatiquement à leur base quand leur batterie d’accumulateurs a besoin d’être rechargée ! Ils permettent pour un investissement modique de se passer de conducteurs d’engins et ce genre de personnel est tout simplement en voie de disparition au Japon et dans bien d’autres pays …

Le fossé se creuse donc rapidement entre les politiciens qui veulent à tout prix combattre le chômage endémique et la course à la rentabilité en particulier dans un pays comme le Japon où la pénurie de main-d’oeuvre est critique. Et cette course est favorisée par la politique des banques centrales qui impriment de la monnaie et ont réduit les taux d’intérêt à leur minimum, c’est-à-dire zéro et la politique démagogique et suicidaire pour la création d’emploi de revalorisation systématique des salaires comme en France, en Allemagne ou encore aux USA. Il y a déjà des robots fabriquant des robots et la tendance va s’accélérer à n’en point douter.

Les camionneurs organisent des opérations escargot car ils exigent une augmentation de leur salaire. Savent-ils que dans dix ans, peut-être un peu plus, je le leur souhaite, leur métier aura disparu ? Les camions seront conduits par des ordinateurs connectés à des drones avec suivi en temps réel de leur progression sur des routes et autoroutes spécialement équipées de bornes sans fil, alimentées par des panneaux solaires (au moins une utilisation intelligente de cette technologie) qui guideront le véhicule par simple interaction avec l’ordinateur de bord. Toutes les tâches répétitives et dégradantes seront progressivement remplacées par des machines. Le chômage, quoiqu’en pensent les politiciens qui n’ont jamais été capables d’appréhender intelligemment l’avenir, continuera d’augmenter. Pourquoi maintenir deux pilotes dans un avion alors que durant 90 % du temps de vol tout est automatique ? Combien de trains et de rames de métro pourraient fonctionner automatiquement ? Le taxi sans chauffeur va bientôt devenir une réalité !

Sources : WSJ ( http://www.wsj.com/articles/drones-next-job-construction-work-1421769564 ) et http://blog.skycatch.com/2015/01/20/skycatch-partners-with-one-of-the-largest-and-most-innovative-heavy-machinery-makers-komatsu-to-automate-constructor-job-sites-world-wide/