Le cholestérol alimentaire « autorisé » revu à la hausse !

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Parmi les aliments riches en cholestérol on trouve notamment les œufs, le foie de veau, la langouste et les crevettes. Une langouste quotidiennement n’est pas à la portée de toutes les bourses mais ce n’est pas le cas des œufs. Et pourtant depuis près de 50 ans, les recommandations des nutritionnistes vont dans le sens d’une diminution de la consommation d’oeufs selon le prétexte que les œufs augmentent le taux de cholestérol sanguin et que c’est mauvais pour la santé. Par exemple aux USA la consommation d’oeufs n’a cessé de chuter depuis les années 50 à la suite de recommandations répétées d’experts en nutrition et métabolisme :

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C’est une véritable révolution qui se prépare aux USA avec la prochaine publication des « Dietary Guidelines » émises par le comité fédéral qui s’occupe de nutrition et émet des recommandations que naturellement tout citoyen (ou presque) suit à la lettre. L’industrie pharmaceutique a développé le gigantesque business des statines pour réduire substantiellement le taux total de cholestérol sanguin au détriment parfois de la santé de personnes parfaitement bien portantes non pas pour leur donner bonne conscience si ces dernières dégustent deux œufs brouillés au petit déjeuner mais parce que en accord avec des « comités » de médecins le taux idéal doit se situer aux alentours de 2 g/litre (200 mg/dl). C’est bon pour la vente de statines et ce sera encore meilleur quand la nouvelle « Dietary Guideline » sera publiée dans le courant de l’année 2015.

En effet, manger un œuf par jour n’est pas aussi mauvais pour la santé qu’on a bien voulu le répéter depuis le début des années 60. Le comité a découvert, espérons-le par hasard, que finalement les milliers d’études dites de science nutritionnelle, l’un des sujets relatifs à la santé peut-être le plus complexe, ne sont pas concluantes : les œufs ne sont pas néfastes pour la santé, point barre. Ce supposé effet néfaste du cholestérol remonte justement à l’année 1961 quand l’American Heart Association déclara péremptoirement que les œufs étaient mauvais pour les artères. L’argumentation de l’époque était sinon légère du moins contestable mais les autorités fédérales émirent la première recommandation relative aux œufs. Cette décision fut reprise par de nombreux pays occidentaux quitte à mettre sérieusement en péril le business des producteurs d’ œufs, mais c’est une autre histoire … Parmi de nombreux autres sujets de nutrition qui seront modifiés dans cette nouvelle mouture des « Guidelines », le sel, la viande rouge, le sucre, les acides gras saturés et même les oméga-3 seront reconsidérés ! Pour résumer le Washington Post a synthétisé les prochain rapport comme indiqué ci-dessous.

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Cette espèce de peur du cholestérol montée en épingle par l’American Heart Association (AHA) provient du fait qu’à la fin du XIXe siècle il fut reconnu que les plaques obturant les artères étaient constituées en partie de cholestérol, mais en partie seulement. L’AHA préconisa de ne pas ingérer plus de 300 mg de cholestérol par jour, tous aliments compris. Or quand on sait qu’un seul jaune d’oeuf en contient 200 mg, il est difficile de respecter ce genre de recommandation. Les industriels de la bonne et mauvaise bouffe se sont frotté les mains car l’opportunité de vendre des produits sans cholestérol était une nouvelle poule aux œufs d’or – sans faire de jeu de mots – de même que les préparations sans gluten ou les plats sans sodium sont des mines inépuisables de bénéfices. Dans ce domaine, l’imagination est très fertile et ce sont les recommandations officielles qui favorisent ces opérations mensongères de marketing. Le métabolisme du cholestérol varie selon les individus et leur état de santé. On estime qu’une personne sur 4 « gère » mal le cholestérol alimentaire et enrichit son sang en « mauvais » cholestérol formant des petits LDL denses et la cause de cette sorte de déviance métabolique est encore largement inconnue. Ce que l’on a observé est que les lapins par exemple supportent très mal trop de cholestérol alors que les rats s’en accommodent très bien … et chez les humains cette différence est probablement d’origine génétique.

Le docteur Michel de Lorgeril, spécialiste des pathologies vasculaires et de nutrition et dont les travaux de recherche concernent les processus de formation des « plaques » artérielles riches en cholestérol ( http://michel.delorgeril.info/ ) ne blâme pas pour autant l’abus d’aliments riches en ce métabolite essentiel : une multitude d’évidences sont en faveur d’une alimentation raisonnable et surtout d’une discipline de vie favorisant un fonctionnement harmonieux de l’organisme.

Bref, la prochaine décision de « déclassifier » les aliments riches en cholestérol constitue pour de nombreux pathologistes une avancée significative après des années de fausses appréciations de ses effets supposés négatifs.

Source : Washington Post

La DMLA induite par un excès de cholestérol, ou un excès de calcium, ou les deux ?

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Une récente étude pilotée par le Docteur Imre Lengyel de l’Imperial College à Londres apporte une nouvelle information sur le développement de la DMLA ou dégénérescence maculaire liée à l’âge, cette perte de l’acuité visuelle qui touche un « vieux » sur 5. La présence de phénomènes liés à une inflammation de la rétine avec une réponse du système immunitaire n’avait toujours pas trouvé d’explication car malgré quelques indications fragmentaires cette inflammation de la rétine semblait encore mystérieuse. Ce que l’on a constaté est un dépôt anormal de protéines et de lipides au niveau de l’épithélium rétinien pigmenté, celui-là même qui est responsable de la vision. Ce dépôt amorphe (photo Wikipedia, voir le lien ci-dessous) est appelé drusen. Progressivement ces dépôts excessifs perturbent l’irrigation sanguine. Cette première conséquence pourrait expliquer l’angiogenèse au niveau rétinien (voir le lien sur ce blog) car la rétine est extrêmement gourmande en énergie et en particulier au niveau de la macula très riche en cônes et bâtonnets. Ces dépôts augmentent avec l’âge et il n’y avait qu’un pas vite franchi pour lier ces derniers avec la DMLA puisqu’ils s’accumulent justement au niveau de la partie la plus interne de la choroïde, là où arrive le réseau de capillaires issus de l’artère ophtalmique. On a par exemple retrouvé dans ces dépôts hétérogènes la protéine beta amyloïde liée à l’apparition de la maladie d’Alzheimer sans pour autant pouvoir lier la DMLA à cette maladie neurodégénérative. Un syndrome inflammatoire est signé par la présence presque systématique du facteur H du complément également retrouvé dans les drusen mais il semblait que ces diverses manifestations sans lien apparent les unes avec les autres pouvaient être le résultat d’une cause commune.

En analysant par diffraction des rayons X issus d’un synchrotron les dépôts rétiniens d’œils de cadavres de sujets ayant souffert de DMLA, il est apparu qu’au milieu de ces dépôts se trouvaient systématiquement des micro-sphères d’hydroxy-apatite, l’un des composants des os et de l’émail dentaire. Il s’agit d’un phosphate de calcium très stable qui présente la propriété d’adsorber toutes sortes de métabolites dont en particulier des protéines. L’hydroxy-apatite fait partie de mes souvenirs de biologiste pour avoir utilisé ce produit cristallin comme support afin de réaliser des chromatographies variées. Ces petites sphères (illustration tirée de la publication parue dans les PNAS, voir le DOI) se forment autour d’un granule de cholestérol puis captent autour d’elles, un peu comme dans une colonne de chromatographie au laboratoire, la protéine amyloïde beta en rouge (I) qui se recouvre de vitronectine (en jaune, J, une protéine constituante de la matrice extracellulaire) et de facteur H du complément (en vert, H) résultant en une sorte de concrétion mi-minérale, mi-protéique (L) finissant par fortement perturber la fonction de la rétine en induisant une réaction inflammatoire, la présence de facteur H le prouvant (les barres représentent 2 microns).

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Curieusement l’accumulation d’hydroxy-apatite au niveau des tendons est connue pour être la cause première des tendinites, une affection inflammatoire particulièrement douloureuse. Aussi bien pour la rétine que pour les tendons cette apparition de cristaux – ou de ces sphères dans le cas de la rétine – d’hydroxy-apatite n’a pas encore trouvé d’explication. Il est cependant intéressant de rapprocher ces dépôts d’hydroxy-apatite de ce qui a été observé dans les phénomènes de calcification des artères quand ces dernières sont encombrées par des micro-gouttelettes ou plaques de cholestérol. Peut-être qu’il y a une relation entre la teneur en cholestérol sanguin et le développement de la DMLA avec cette initiation via le cholestérol de la formation de ces sphérules d’hydroxy-apatite formant ce que l’on appelle le drusen qui finit par induire la DMLA ( http://en.wikipedia.org/wiki/Drusen ). Reste donc à percer le mystère de la formation de ces sphères de phosphate de calcium sous l’épithélium pigmenté de la rétine. Et si le cholestérol est un facteur déclenchant de la DMLA alors des études plus documentées relatives à l’usage des statines et de l’occurence de la DMLA chez les personnes âgées pourraient être envisagées. Il existe déjà quelques résultats fragmentaires de l’effet bénéfique des statines sur l’apparition de la DMLA chez les personnes âgées mais les conclusions sont controversées. Quant à établir une carence en calcium, autant ne pas y penser car il s’agit d’un composant essentiel à la vie …

Source : PNAS (www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1413347112) . Je tiens à la disposition de mes lecteurs curieux cet article aimablement communiqué par le Docteur Imre Lengyel, vivement remercié ici.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/08/06/dmla-une-avancee-dans-lexplication-de-cette-maladie/

L’open-data, avantages et inconvénients (en Grande-Bretagne)

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Inutile de préciser que ce billet ne concerne pas la France puisque l’open data des données médicales ne semble pas être à l’ordre du jour dans l’Hexagone, probablement en raison de l’opposition de l’ordre des médecins, fâcheuse réminiscence des sombres heures fachisto-communistes du régime de Vichy, bref, je ne veux pas lasser mes lecteurs sur ce sujet. Il s’agit de la Grande-Bretagne avec son institution NICE, acronyme d’un organisme étatique (il y en a aussi en GB) qu’on désignerait en France sous le nom d’Institut Nationale de l’Excellence des Soins de Santé. NICE a pour but de faire parvenir électroniquement des directives au corps médical pour la prévention ou le traitement de telle ou telle pathologie et ces directives sont mises à jour périodiquement, environ tous les 5 ans. Le dernier projet de directive concerne le cholestérol ou pour être plus précis la version intermédiaire du document qui est libre d’accès et peut à tout moment être modifié avant sa version définitive qui tiendra compte des remarques et commentaires du corps médical. Il s’agit des thérapies de modification des lipides pour la prévention des accidents cardiovasculaires. Vous avez bien lu comme moi et il n’est pas difficile de comprendre qu’il s’agit de l’usage raisonné des statines.

J’ai disserté à plusieurs reprises dans mon blog des statines et il est facile de retrouver tous les billets sur ce sujet en entrant statine dans la fenêtre « recherche ». Je ne reparlerai pas ici de ce que je pense de ces médicaments mais de la démarche de NICE qui est exemplaire de ce que l’on peut et ne pas faire avec l’open-data médical. Le gouvernement anglais par le truchement de NICE s’attaque aux dépenses de santé moins élevées qu’en France mais la chasse aux économies est mieux organisée outre-Manche et la prévention permet de réaliser des économies substantielles. Pour les maladies cardiovasculaires, troisième cause de mortalité en GB, il n’y a qu’à prescrire des statines et éventuellement donner des conseils pour améliorer un peu son style de vie, moins manger, moins fumer et picoler, faire un peu d’exercice et manger cinq fruits et cinq légumes par jour, la litanie habituelle.

Pour les statines, en terme d’économies c’est bingo selon NICE qui se base sur une définition obscure du facteur de risque d’apparition de maladies cardiovasculaires directement issu du taux officiellement admissible du « mauvais » cholestérol circulant dosé à jeun ou pas, ça n’a pas d’importance, mais si, c’est écrit en toutes lettres dans le rapport : Lipid Modification(update) : NICE guideline DRAFT – Feb 2014. Jusqu’à la lecture de ce rapport je croyais que les analyses des lipides sanguins étaient faites sur un prélèvement à jeun mais je me trompe peut-être. Aucune indication claire sur ce facteur de risque mais NICE a décidé d’abaisser ce facteur de 20 à 10 % tant pis si des statines seront prescrites à des personnes en parfaite santé (jusqu’à 80 mg par jour), le système étatique de santé anglais ne pourra que mieux s’en porter, pas vraiment les patients mais c’est un autre problème qui ne concerne pas le ministre de la santé. Les laboratoires pharmaceutiques n’ayant jamais rendu publiques leurs résultats l’open-data a tout de même fait ressortir finalement des effets secondaires plus ou moins gênants comme des douleurs musculaires et des myopathies handicapantes, des pertes de mémoire, l’apparition de diabète de type 2 ou encore des troubles de l’érection chez l’homme. Peu importe puisque le but de ces recommandations est de réaliser des économies et de grossir par la même occasion les profits des laboratoires pharmaceutiques. Sans vouloir critiquer cet organisme (NICE) on s’aperçoit tout de même qu’il préconise l’usage des statines suivantes : Pravastatine (Bristol-Myers-Squibb – 1,3 Milliard de dollars), Simvastatine (Merck, deuxième statine la plus vendue dans le monde, pas de données économiques), Atorvastatine (Pfizer 12,5 milliards engrangés depuis son AMM, première statine vendue dans le monde) ou encore Rosuvastatine (Astra-Zeneca, 2,6 milliards rien qu’en 2013), bravo NICE, c’est du bon travail !

Mais là où l’open-data a tout de même du bon c’est l’étude statistique qu’il a permis de réaliser pour évaluer les réels bénéfices des statines. D’abord on sait qu’en 2010 par exemple il y a eu 80000 morts par infarctus et 49000 par AVC en GB. Partant des données disponibles sur plusieurs années, l’open-data a eu au moins l’intérêt de montrer que la prescription de statines ne diminuait pas significativement le nombre de décès par accidents cardiovasculaires, curieux tout de même. En d’autres termes, en réalisant des études statistiques sur des grands nombres, on sait mieux ce qu’on fait et on le fait mieux, on a évalué qu’il fallait traiter au moins 345 personnes par an pour prévenir au moins 1 accident cardiaque et si on combine infarctus et AVC au moins 245 personnes doivent être traitées pour éviter l’un ou l’autre des accidents. Enfin l’open-data a mis le doigt sur un point vraiment gênant, sur les analyses sanguines des patients ayant décédé de ces maladies cardiovasculaires aucune corrélation n’a pu être établie avec le taux de cholestérol circulant peu avant la mort ou post-mortem, en d’autres termes aucun bénéfice clinique clair des statines n’a pu être formellement démontré !

La question est alors, et mes lecteurs se la poseront certainement, qui se moque de qui et les autorités de santé sont-elles vraiment indépendantes du lobby de l’industrie pharmaceutique ? Ca se passe en Grande-Bretagne mais qu’en est-il en France, bonne question !

Sources : Guardian et Harvard Medical School, illustration Fluvastatine (Wikipedia)

Malbouffe : une autre conspiration ?

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Depuis les années 70 et l’émergence des mouvements sociétaux de prise en compte des effets de la nourriture sur la santé et du souci d’une alimentation dite plus saine, non seulement les autorités de santé ont lancé des signaux d’alarme sans aucun fondement scientifique mais les industriels de l’agro-alimentaire leur ont emboité le pas pour réaliser des profits inespérés. Tout a commencé quand on a normalisé les analyses sanguines relatives à la teneur en divers corps gras, acides gras et cholestérol, et à relier ces normes à l’incidence des maladies cardio-vasculaires. Mais cette relation n’était pas prouvée ni statistiquement ni au cas par cas. Pour illustrer cette situation surréaliste, une étude portant sur 231986 patients hospitalisés pour des problèmes cardiaques vient de clairement montrer que la moitié d’entre eux avaient des taux normaux de LDL. Or les LDL, c’est la bête noire des cardiologues et des nutritionnistes qui à longueur de publicités et de recommandations affirment, donc sans preuve formelle comme le montre a posteriori cette étude (American Heart Journal (2009) 157(1), 111-117) que manger « gras » est mauvais pour la santé et pourtant ce dogme des LDL est bien ancré dans les esprits.

Pour abaisser le taux de LDL il faut manger moins de corps gras et surtout moins de produits riches en cholestérol, voilà la ligne de conduite qui a été adoptée. Si on examine en détail le problème, des protéines sanguines dont en particulier l’albumine sont chargées de véhiculer les corps gras vers leur lieu d’utilisation depuis le foie et retour vers ce dernier organe, comme les globules rouges véhiculent l’oxygène dans un sens puis le gaz carbonique dans l’autre en passant par les poumons. Pour les corps gras, acides gras libres, phospholipides (mono-, di- et tri-glycérides) et cholestérol pour faire bref, il y a des lipoprotéines de haute densité (HDL) et des lipoprotéines de faible densité (LDL) et parmi ces LDL, il y en a plusieurs catégories, celles dites légères et compactes et celles dites légères et floconneuses si on peut utiliser ce termes puisque tout est compliqué en biologie. La classification et la quantification sont aujourd’hui faites par des techniques de résonance magnétique nucléaire rapides et précises. Puisque les corps gras en général ont été incriminés une analyse sanguine permet de situer « l’état » du patient en regard de normes internationalement établies. L’analyse donne donc un profil de ce que l’on appelle d’ailleurs abusivement le bon et le mauvais cholestérol et des triglycérides. Le bon cholestérol est fixé sur des lipoprotéines de haute densité et le mauvais sur des lipoprotéines de faible densité, ces fameuses LDL et le médecin vous dira doctement, comme il sait si bien le faire et d’ailleurs on le croit sur parole, qu’il faut faire attention à l’alimentation, en un mot ne pas manger trop gras. Et si ça ne suffit pas, une louche de statines et le tour est joué, tout le monde est content et rassuré, le patient en premier lieu qui ne se pose en général pas de questions, le médecin qui n’a pas pris de risques, et au final les industriels de l’agroalimentaire qui ont pour devoir de fabriquer des produits conformes aux normes et les pharmaciens qui vendent leurs poisons. Tout est donc pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles, sauf que depuis la fin des années 70 et l’apparition de ces « normes dogmatiques », l’obésité, les maladies cardio-vasculaires et le diabète de type II ont progressé sans arrêt dans le monde occidental, au même rythme que la progression des volumes d’acides gras hydrogénés et de sucres dans l’alimentation.

Et pourtant le but était d’atteindre une meilleure hygiène alimentaire en réduisant l’apport de corps gras, à n’y rien comprendre !

On a commencé par bannir le beurre au profit de la margarine, un non sens total puisque la margarine contient des acides gras « trans » hautement toxiques apparaissant au cours de l’hydrogénation industrielle des huiles servant à fabriquer ce substitut du beurre. La margarine est dangereuse pour la santé, point ! Ensuite on a banni (au moins en partie) les œufs parce qu’ils sont riches en cholestérol. Comme si manger des œufs était malsain, on ne peut pas trouver aliment aussi complet avec le lait entier puisqu’un œuf apporte tout ce qu’il faut à un embryon constitué d’une seule cellule pour se transformer en poussin et le lait est le seul aliment du nourrisson et il lui permet de survivre et de grandir au moins dans les premiers mois de sa vie. Pour le lait, il faut presque chercher dans un supermarché le lait entier tant il se fait rare en comparaison des mètres de linéaires encombrés par toutes sortes de produits dits lactés et pseudo-lactés qu’il vaut mieux éviter pour préserver sa santé, à part peut-être les yaourts natures préparés avec du lait entier non reconstitué mais c’est devenu introuvable ! Manger ou non des œufs ne modifie en rien le taux de cholestérol sanguin, bon au mauvais, et aucune relation n’a pu être établie avec les maladies cardiovasculaires ( http://jama.jamanetwork.com/article.aspx?articleid=189529 ).

Pour remettre le vulgum pecus dans les « normes » sanguines on lui a aussi conseillé de manger moins gras d’une manière générale. Or manger « moins » gras n’entraine pas de perte de poids ni de réduction des maladies chroniques comme les maladies cardiovasculaires et c’est là où le dogme est le plus insidieusement faux : prétendre que les taux de cholestérol total et de cholestérol LDL sont de bons indicateurs du risque d’infarctus est tout simplement infondé comme cela a été mentionné plus haut. Comme pour appuyer là où ça fait mal une étude parue dans le journal Lancet en 1997 et concernant des personnes âgées de 85 ans et plus a permis d’établir une corrélation parfaite entre le taux de cholestérol total et la morbidité mais pas dans le sens attendu ! Plus ces vieillards présentaient un taux de cholestérol total élevé plus leur espérance de vie était allongée, ce qui d’ailleurs remet sérieusement en cause l’administration de statines (Lancet (1997) 350, 1119-1123) non seulement aux personnes âgées mais peut-être bien aussi aux « moins » âgées …

Puis a émergé on ne sait trop pourquoi la mode des omega-3 qu’une alimentation saine et équilibrée suffit à nous procurer et cette mode a aidé à faire passer l’idée totalement infondée que les acides gras saturés augmentaient le taux de LDL. Or les acides gras saturés ont au contraire tendance à réduire les LDL dits denses en les convertissant en LDL « floconneux » beaucoup moins nocifs que les premiers et également à augmenter le « bon » cholestérol associé aux HDL. Réduire dans son alimentation les acides gras saturés (naturels et non provenant d’une hydrogénation) est donc une absurdité puisqu’une étude portant sur près de trois cent cinquante mille personnes suivies pendant 20 ans n’a jamais pu montrer clairement un risque cardiovasculaire associé (American Journal of Clinical Nutrition, janvier 2010).

Mais bien pire dans le genre, les nutritionnistes le disent et le redisent « manger gras fait grossir », or de nombreuses études démentent ce dogme. Avec un apport calorique équivalent, corps gras + sucres, un régime riche en corps gras provoque une plus importante perte de poids qu’un régime riche en sucres avec un accroissement du « bon » cholestérol, une diminution de la glycémie et une perte de poids abdominal ( American Journal of Clinical Nutrition (2009) 90, 23-32 ) et pourtant ces nutritionnistes pour la plupart experts auto-proclamés car en la matière le charlatanisme est monnaie courante (et trébuchante) soutiennent le contraire.

Enfin, pour faire carrément dans le sordide et le glauque, avec à l’appui toutes ces recommandations infondées et largement démenties a posteriori, les industriels de l’agroalimentaire dégraissent certains aliments mais il y a un gros problème, ces produits industriels deviennent immangeables ! Qu’à cela ne tienne, pour les rendre comestibles (pour rester pudique) il suffit de rajouter du sucre. C’est ainsi qu’on trouve des hamburgers maigres mais bourrés de sirop de sucre de maïs, un produit industriel souvent enrichi en fructose ainsi que divers rehausseurs de goût et autres arômes artificiels. Il n’y a malheureusement pas que les hamburgers. Quand vous vous arrêtez dans un supermarché et que vous voyez une étiquette qui précise que le produit qui vous tente est appauvri en graisses et de qualité diététique, fuyez à grandes enjambées, ce produit contient certainement du sucre, choisissez l’équivalent naturel, s’il existe encore.

Dans cette imposture soi-disant médicalement prouvée, les industriels de l’agroalimentaire sont les grands gagnants et les médecins, les pharmaciens et les nutritionnistes ont par la même occasion créé un formidable fond de commerce en rendant délibérément malade un pourcentage considérable de la population.

Bon réveillon tout de même !

Billet inspiré d’un article paru dans Authority Nutrition (authoritynutrition.com), illustration Wikipedia

Les fibres alimentaires : que des idées reçues (et fausses) !

En termes de nombre de cellules vivantes nous ne sommes qu’à peine 10 % humains … le reste ce sont des bactéries et quelques virus et champignons. Si on part du nez, un des endroits les plus pollués de notre corps (bactériologiquement parlant), la bouche tente de faire coexister des bactéries et des champignons et heureusement que les bactéries sont majoritaires sinon on aurait de gros problèmes de muqueuses. Puis vient l’estomac où pourtant il ne fait pas bon vivre, c’est pourtant l’hôte de bactéries, certaines d’entre elles pas très gentilles comme Helicobacter pilori, le responsable des ulcères. La palme est détenue par les intestins et surtout le plus gros d’entre eux, une véritable usine à fabriquer toutes sortes de bonnes choses pour notre organisme dont, entre autres des vitamines que, comme leur nom ne l’indique pas, nous sommes incapables de fabriquer par nous-même. Avec les 500 variétés de bactéries intestinales avec lesquelles nous vivons quotidiennement sans problème, nous profitons de leurs déchets de digestion comme par exemple l’acide butyrique qui est un précurseur de nombreuses synthèses que nous sommes capables de réaliser grâce à ces bactéries principalement trouvées dans le colon.

L’estomac et l’intestin grêle ont pour rôle de couper en petits éléments tout ce qui peut l’être, comme on dit hydrolysé, ou pris en charge par l’acide chlorhydrique et les enzymes de l’estomac, puis dans l’intestin grêle les détergents puissants sécrétés par le foie mélangés avec d’autres enzymes provenant du pancréas réduisent presque tous les aliments en entités directement assimilées par le sang. Sauf ce qui résiste et qui se retrouve dans le gros intestin. C’est le cas des fibres qui facilitent le transit dans l’intestin grêle et qui sont ensuite partiellement digérées par des bactéries spécialisées dans le gros intestin.

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On dit tellement que les fibres alimentaires, les bonnes fibres, sont importantes pour la santé en général mais il faut relativiser. Par exemple une idée reçue dit que les fibres sont bénéfiques pour les sujets souffrant de constipation, ce serait plutôt le contraire selon une étude parue dans le World Journal of Gastroenterology ( http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pmc/articles/PMC3435786/ ) car les fibres essentiellement contenues dans les légumes et les céréales complètes sont constituées de cellulose. Les champignons par exemple ne sont que très partiellement digérés dans le colon par les bactéries car ils ne sont faits que de cellulose. Manger du papier aurait le même effet.

Bien d’autres idées reçues vantent les bienfaits des fibres comme de réduire le taux de cholestérol ou encore diminuer les risques de cancer colo-rectal, c’est complètement faux ! Pour la réduction des LDL, toutes les études tendent à montrer que ce n’est pas significatif et pour les cancers du colon, ce serait plutôt le contraire ( http://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/16352792 ), trop de fibres alimentaires, encore plus de cancers.

Une autre idée reçue et non des moindres serait que les fibres réduiraient la glycémie. Il n’en est rien, en tous les cas des études détaillées n’ont pas permis de conclure clairement que ces fibres tant vantées pour leurs propriétés bénéfiques présentaient un quelconque avantage.

En définitive les aliments « fibreux » comme les carottes, les asperges ou les choux ou encore les champignons sont certes bons pour le transit intestinal mais sans plus. Manger du pain dit « complet » n’apporte aucun avantage nutritionnel substantiel. En termes d’alimentation, on ne peut que constater que les idées reçues, le plus souvent fausses, font force de loi.

Bon appétit !

Source et crédit photo : Autority Nutrition 

Des tomates transgéniques pour combattre l’athérosclérose !

Il m’arrive parfois d’hésiter à écrire encore un billet relatif aux progrès incessants et multidirectionnels de la biologie appliquée à la recherche médicale. Mon hésitation tient au fait qu’il faut, pour entrer dans le vif du sujet, faire parfois des rappels fastidieux de chimie ou de biochimie pour bien comprendre ce dont j’ai décidé de disserter. Mais comme beaucoup de mes lecteurs, à n’en pas douter, ont parfois peur d’aller consulter leur médecin qui va leur dire qu’ils ont trop de tension artérielle ou trop de cholestérol ou encore trop de poids ou les trois en même temps, c’est souvent le cas, chaque fois que des scientifiques curieux font émerger par leurs travaux un espoir de traitement, même ténu, de ces inconvénients de santé, je finis par me décider à écrire quelques feuilles pour en faire partager mes lecteurs assidus et leur donner aussi quelques espoirs.

Il faut donc que je fasse quelques rappels basiques de biochimie pour arriver à comprendre ce que viennent de découvrir des biologistes de la UCLA School of Medicine. N’importe quelle cuisinière sait qu’il faut ajouter un jaune d’oeuf à l’huile pour faire monter une mayonnaise. Le constituant du jaune d’oeuf qui permet d’atteindre ce résultat magique, en fait une émulsion de l’huile, tient au fait que le jaune d’oeuf contient de la lécithine, une molécule assez simple formée de deux acides gras liés à un résidu de glycérol. Ce dernier morceau, le glycérol est phosphaté et le phosphate, chargé négativement, est lié également à une molécule de choline, elle-même chargée positivement. Ces deux charges positives et négatives à l’extrémité de l’ensemble et opposées aux deux acides gras expliquent que la lécithine présente des propriétés tensioactives, un peu comme les constituants du savon. La lécithine qu’on trouve donc dans le jaune d’oeuf mais aussi dans le soja est un composant majeur des membranes cellulaires.

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Dans l’intestin grêle, il arrive que la lécithine subisse des dégradations indésirables, comme l’enlèvement d’un des acides gras puis de la choline, le petit bout à droite avec l’atome d’azote (N) chargé positivement. On obtient alors ce qu’on appelle de l’acide lysophosphatidique (LPA). Ne pas confondre avec la Ligue de Protection des Animaux, encore que la suite de mon histoire aboutira à une protection des animaux de laboratoire qui ont servi à faire cette découverte intéressante.

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La LPA, détectée en quantités extrêmement faibles dans l’intestin pour qu’on puisse lui attribuer un rôle, a pourtant un puissant effet sur le développement de l’athérosclérose. On savait que la LPA était retrouvée dans certaines cellules cancéreuses et qu’elle semblait favoriser la multiplication des cellules en culture, mais on n’avait jamais songé à lui trouver un rôle autre que de créer parfois des dommages aux membranes cellulaires en se faufilant entre les autres lipides constituants de ces membranes. Les biologistes de UCLA ont nourri des souris avec des granulés vraiment gras contenant plus de 20 % de lipides, dont de la lécithine et du cholestérol. Et ils ont trouvé deux fois plus de LPA dans l’intestin grêle avec ce régime en comparaison d’un régime contenant peu de graisses (4%). Naturellement les souris nourries avec autant d’aliments franchement graisseux développaient très rapidement toutes sortes de symptômes comme une augmentation des LDL et une décroissance des HDL, en d’autres termes une augmentation du « mauvais » cholestérol dans le sang, mais aussi une augmentation des marqueurs d’inflammation comme la CRP (C-reactive protein), dont la présence dans le sang est, entre autres, un indicateur de dommages et d’inflammations artérielles. Quand ils ont ajouté à la nourriture normale, 4 % de graisses, une partie par million de LPA, c’est-à-dire pas beaucoup, on pourrait dire une dose homéopathique, la quantité retrouvée dans l’intestin grêle était sensiblement la même que si les souris avaient été nourries avec des granulés riches en graisses et elles présentaient rapidement les même analyse sanguines inquiétantes que les souris nourries avec beaucoup de matières grasses. La seule explication plausible est donc qu’il se passe quelque chose dans l’intestin et pas seulement dans le foie qui favorise l’apparition de l’athérosclérose et de bien d’autres désagréments.

Parallèlement à ce travail, cette équipe décidément pluridisciplinaire a mis au point une tomate génétiquement modifiée qui exprime une petite protéine appelée 6F qui mime l’action de la partie protéique de l’HDL. Inutile de préciser que HDL signifie High Density Lipoprotein, ce qui veut dire qu’il s’agit d’un complexe entre une protéine et principalement le cholestérol. La partie protéique du complexe est constituée d’une petite protéine appelée ApoA-1 et elle est très utile pour transporter le cholestérol du foie vers d’autres organes comme les glandes surrénales, mais elle enlève également le surplus de cholestérol qui tapisse physiologiquement les artères pour le renvoyer vers le foie. Bref, cette équipe de UCLA composée d’une vingtaine de personnes a donné de la poudre de tomates transgéniques lyophilisées aux souris dans les mêmes conditions que précédemment avec des régimes riches ou pauvres en graisses et addition de LPA ou non à raison de 2,2 % de poudre dans les granulés. Ils ont observé que non seulement l’augmentation de LPA dans l’intestin grêle était totalement annulée mais qu’en plus les LDL diminuaient et les HDL augmentaient et le taux de CRP restait normal. Naturellement ce petit peptide 6F ne se retrouve pas dans le sang puisqu’il est dégradé et seuls les acides aminés individuels passent dans le sang comme pour n’importe quelle autre protéine digérée dans l’intestin. Il se passe donc quelque chose de néfaste dans l’intestin grêle qui peut être l’une des causes de l’athérosclérose et qui pourrait peut-être bien être traité au moins préventivement en se gavant de tomates spécialement modifiées génétiquement à cet effet. L’illustration (Source UCLA Newsroom) montre en bas à gauche l’aorte de souris nourrie avec un régime graisseux auquel a été ajouté ou non la poudre de tomate. La coloration rouge montre les plaques d’athérome. Les souris utilisées sont noires !

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Reste à savoir ce qu’en pensera le faucheur d’OGM devenu ministre français de l’environnement (et de l’énergie) lui qui est opposé à toute culture de plantes transgéniques sur le sol français …

Encore les statines !

J’ai disserté à de nombreuses reprises sur mon blog au sujet des statines bien que n’étant qu’un modeste enzymologiste à la retraite. J’ai répété à de nombreuses reprises que ces produits sont délétères pour la santé en raison des perturbations importantes qu’ils induisent dans une voie métabolique importante intervenant tant dans la synthèse des hormones sexuelles que du pigment hématinique essentiel dans la fonction de l’hémoglobine ou encore dans la production de cortisol par les glandes surrénales, c’est dire en quelques mots quelles peuvent être les conséquences dangereuses que peuvent avoir ces médicaments de confort pour l’ensemble de l’organisme. Le Docteur Michel de Lorgeril l’a exposé magistralement et il n’est pas un polémiste mais un spécialiste des artères et de leur fonctionnalité. Le cholestérol n’a rien à voir avec l’obstruction des artères ! Cette histoire de statines est du pur business pour les grandes compagnies pharmaceutiques, des dizaines de milliards de dollars drainés chaque année sur la base de résultats d’essais cliniques pour le moins biaisés. Anne Jeanblanc relate dans le Point en ligne une estimation réalisée pour le Quotidien du Médecin par des cardiologues en partie affiliés à l’hôpital Georges-Pompidou à Paris sur la base d’une extrapolation portant initialement sur 142 patients qui conduirait à 5000 évènements cardiovasculaires majeurs en considérant l’ensemble de la population française. Ce genre de manipulation est typique de la pratique couramment admise par les laboratoires pharmaceutiques et que l’on peut considérer comme de la malhonnêteté caractérisée. Continuez à prendre des statines sinon … voilà en quelque sorte le message que ces escrocs, et je pèse mes mots, veulent faire passer. Je comprend que l’ancien ministre Even bondisse et je suppose que Michel de Lorgeril ne manquera pas de laisser un commentaire sur son blog destiné aux médecins et à des curieux comme moi. Quand on sait que les « normes » relatives au cholestérol circulant ont été revues à la baisse (pour faire vendre plus de statines) on ne peut qu’être sceptique. Certains cardiologues se comportent comme des politiciens que je ne nommerai pas qui croient sans jamais les avoir contesté les informations qui leur sont servies par des ONG dont je tairai aussi le nom aussi ici. Une sorte de fuite devant la puissance des lobbys de l’industrie pharmaceutique. Triste attitude …