La maladie de Lyme, une bombe à retardement !

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C’est dans le village de Lyme, Connecticut, 2400 habitants, que fut pour la première fois, au début des années 1970, diagnostiquée la borreliose, une maladie infectieuse causée par une bactérie dont le vecteur est la tique commune, un acarien appelé ixode. Mais cette bactérie et donc son vecteur existait bien avant ce diagnostic puisqu’elle a été retrouvée chez l’homme d’Ötztal datant de 5300 ans dont la dépouille en parfait état fut retrouvée en 1991 dans les Alpes autrichiennes. La maladie de Lyme est l’une des pathologies transmises par des insectes suceurs de sang en plus forte croissance dans le monde occidental puisqu’on dénombre chaque année plus de 300000 cas aux USA et plus de 65000 cas en Europe occidentale. Ces estimations sont probablement éloignées de la réalité car le dépistage de la bactérie n’en est encore qu’à ses balbutiements et la maladie elle-même est souvent mal diagnostiquée.

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La maladie de Lyme est provoquée par une bactérie dite spirochète, de la famille des tréponèmes, car elle ressemble à un tire-bouchon et est appelée Borrelia burgdorferi du nom de son découvreur Willy Burgdorfer en 1982. La bactérie, si on ne se traite pas préventivement après avoir été mordu par une tique, se développe lentement dans l’organisme et provoque, parfois des années plus tard, des cardiopathies sévères, des douleurs articulaires et éventuellement des paralysies faciales entre autres neuropathies et à l’extrême limite des méningites mortelles. Cette bactérie a mis au point un système ingénieux qui lui permet d’échapper à la surveillance du système immunitaire et c’est la raison pour laquelle l’apparition des premiers symptômes, en dehors d’un érythème autour de la piqûre, est retardée.

La borreliose n’est pas seulement transmise par les tiques puisqu’il est reconnu que la bactérie est aussi véhiculée par les poux, les puces et certains moustiques, une autre raison de s’inquiéter de sa progression qui fait que le CDC (Center for Disease Control) s’en préoccupe au plus haut point classant la borreliose parmi les trois premières maladies transmises le plus rapidement par des insectes après la malaria et la dengue. Pire encore la bactérie se transmet par la salive, les relations sexuelles et le lait maternel. Puisqu’il n’existe pas de vaccin contre cette maladie et que lorsque les premiers symptômes apparaissent les traitements antibiotiques doivent durer parfois plusieurs années, si on est piqué par une tique, il est tout à fait préférable de se faire immédiatement traiter par un cocktail d’antibiotiques de choc en particulier quand se développe progressivement un érythème circulaire caractéristique autour de la piqûre.

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Compte tenu de la progression rapide de cette maladie et son caractère contagieux d’homme à homme les autorités sanitaires américaines préconisent une vigilance accrue afin d’éviter une pandémie. Ces dispositions sont transposables à l’Europe. Si vous vous faites piquer par une tique au printemps lors d’un pique-nique sur l’herbe tendre au milieu des pâquerettes, n’hésitez pas une seconde, allez voir votre médecin qui vous prescrira un traitement antibiotique puissant afin d’éviter de vous retrouver dans quelques années dans un état de santé délabré.

Source : The Conversation, illustrations : CDC et Wikipedia

USA : Après le SIDA la syphilis

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En 2000, 5979 cas de syphilis ont été répertoriés aux USA. La répartition était de 59 % pour les hommes et 41 % chez les femmes. En 2010 ce sont 13774 cas puis en 2014 19999 cas qui furent enregistrés par le CDC (Center for Disease Control). La répartition entre hommes et femmes a changé puisque les cas de syphilis étaient de 91 % chez les hommes et 9 % chez les femmes. Le nombre des cas répertoriés a augmenté de 15 % en seulement une année !

Qu’en pense le CDC ( www.cdc.gov/std/stats14/default.htm ), la réponse est claire. Puisque la trithérapie arrive à venir à bout du virus de l’immunodéficience (HIV) cette augmentation du nombre de cas avec une répartition 9 fois plus élevée chez les hommes que chez les femmes fait dire aux spécialistes que l’ « épidémie » actuelle est liée à l’homosexualité sans protection. Ce sont les Etats de Louisiane et de l’Oregon qui sont les plus touchés. Un site web de ce dernier Etat (syphaware.org) vante la beauté naturelle des paysages, le Pinot noir et met en garde contre les risques de syphilis ! Mais l’augmentation des MSTs ne concerne pas seulement la syphilis car les cas de chlamydia et de gonorrhées sont également en forte augmentation.

Pour les épidémiologistes du CDC l’une des causes serait la multiplication des sites de rencontre (avec des inconnus) facilement accessibles avec un téléphone portable. Avant l’apparition de la pénicilline, la syphilis était une maladie redoutable qui était présente dans toutes les couches de la population. Van Gogh, Schubert, Robert Schumann, Baudelaire, Flaubert, Oscar Wilde, Nietzsche … furent des syphilitiques célèbres. Les spécialistes considèrent que Beethoven, Mozart et James Joyce souffraient probablement de la syphilis tout comme Hitler, quant à Al Capone il avait atteint le stade tertiaire de la maladie et devint complètement dément … Aux XIVe et XVe siècles la syphilis tuait rapidement les malades puis la virulence du tréponème s’atténua progressivement mais la maladie, malgré les antibiotiques n’a jamais disparu, son diagnostic devient de plus en plus tardif quand la maladie est malheureusement bien installée chez le malade.

Aujourd’hui, tout au moins aux USA, la syphilis est essentiellement liée à l’homosexualité et il n’y a plus de contrôles systématiques ni de sensibilisation à l’école. Qui se souvient aujourd’hui du test de Bordet-Wassermann de dépistage de la syphilis qui était obligatoire quand on voulait se marier ? Il a été abandonné et jamais remplacé car il n’était pas reconnu comme spécifique et les antibiotiques ont remisé la vérole au rang des vieux souvenirs …

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Contrairement à la légende, le « mal turc », le « mal français », le « mal polonais » ou encore le mal de Christophe Colomb, des dénominations successives de la syphilis selon l’endroit où on se trouvait en Europe, était déjà présent en Europe en 1320 comme l’a montré une étude sur un squelette retrouvé en Croatie. Il s’agissait d’un cas de syphilis congénitale qui induit une malformation caractéristique des dents chez l’enfant. Les soupçons ont été définitivement levés avec l’examen de squelettes retrouvés à la suite de fouilles dans la cathédrale de St Pölten en Autriche. Plusieurs d’entre eux sur plus de 8000 squelettes examinés ont confirmé la présence de la maladie bien avant le retour de Christophe Colomb du Nouveau-Monde.

Source : CDC et Daily Mail, illustration « Syphilis » du peintre Richard Tennant Cooper (1912).

Un vaccin contre la grippe pas aussi efficace qu’attendu : les « anti-vaxxers » se frottent les mains !

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Une fois l’an, au mois de février, une dizaine de spécialistes du monde entier se réunit dans les locaux du CDC (Center for Disease Control) à Atlanta en Géorgie pour décider du choix des souches de virus de l’influenza qui seront utilisées pour la préparation du vaccin anti-grippe qui sera proposé à l’approche de l’hiver suivant. Afin d’éviter les erreurs, parmi des dizaines de souches de virus répertoriées au cours de l’année précédente et l’étude épidémiologique qui a été entreprise, il est alors pris la décision de produire un vaccin tétravalent, c’est-à-dire permettant d’activer les défenses immunitaires contre 4 souches de virus différentes. Le choix n’est pas simple car d’une part l’épidémiologie de la grippe est extrêmement complexe et d’autre part le virus a tendance à muter et les mutations créent une « dérive antigénique ». En d’autres termes, le choix de ces 4 souches, 8 à 10 mois avant la saison grippale, tient parfois à un fil, un peu comme si un météorologue prédisait trois mois à l’avance quelle serait la couche neigeuse au sommet des pistes d’une station de sports d’hiver au mois de janvier en Slovénie depuis son bureau de Sapporo à Hokkaido.

En cette fin d’année 2014 le CDC a reconnu que le choix des souches effectué en début d’année n’était pas optimal et que la protection contre le virus de la grippe n’atteindrait, au mieux, que 60 % et ce dans le meilleur des cas. Les recommandations du CDC datant de décembre 2014 sont donc on ne peut plus claires ( http://www.cdc.gov/media/releases/2014/p1204-flu-season.html ) : il faut tout de même se faire vacciner (on ne sait jamais), il faut rester chez soi quand on est grippé aussi longtemps qu’on est fiévreux afin de diminuer les risques de propagation de l’épidémie et les personnes à haut risque doivent pouvoir disposer de médicaments anti-rétroviraux. Naturellement la poignée d’experts internationaux ayant décidé en février 2014 de la nature des souches utilisées pour l’élaboration du vaccin ne pouvaient pas prévoir que la « dérive antigénique » redoutée apparaîtrait déjà à la fin du mois de mars. Le processus industriel long et coûteux de production du vaccin était engagée et il était alors impossible de faire machine arrière. Malgré les récents progrès des investigations rapides des modifications du matériel génétique viral, dans le cas du virus de la grippe il s’agit d’ARN, la décision se fait toujours selon un protocole datant du début des années 60 !

Autant dire que les pourfendeurs de la vaccination ont sauté sur l’occasion pour défendre leur prise de position, on les appelle des « anti-vaxxers » aux USA. Leurs arguments sont toujours les mêmes, les vaccins sont dangereux parce qu’ils peuvent favoriser l’apparition de l’autisme, entre autres symptômes délicieusement servis par ces activistes d’un genre particulièrement dangereux sans qu’ils ne puissent jamais apporter de preuves scientifiques à leurs allégations délirantes. Ils sont déjà à l’affut d’une saison grippale désastreuse pour renforcer leur argumentation. Le CDC a pourtant insisté sur le fait qu’une efficacité réduite à 60 % pour la souche H3N2 permettrait de sauver plusieurs dizaines de milliers de vies. Les statistiques indiquent en effet que la très grande majorité des décès dus à la grippe ces dix dernières années a frappé des personnes non vaccinées alors que la dérive génétique (et donc antigénique) ne date pas de cette année 2014. Pour être objectif, la vaccination contre la grippe permettra encore cette année de sauver des dizaines de milliers de vie. Si un laboratoire mettait au point un vaccin efficace contre le virus du SIDA qui a tué près de 15000 personnes aux USA en 2011 il obtiendrait immédiatement le Prix Nobel de Médecine. Quelle serait alors la position des « anti-vaxxers », mais au fait quelle est leur position pour les vaccins protégeant contre la rougeole ou l’hépatite B qui sont efficaces à plus de 99 % ? Force est de constater que l’anti-science a encore de beaux jours devant elle …

Sources : CDC et Daily Beast, illustration Wikipedia (virus de la rougeole)

Le grand retour de la chtouille qui a de beaux jours devant elle !

 

Ca tombe à point nommé puisque l’éducation sexuelle dans les écoles revient sur la sellette et il ne s’agit pas de savoir si on doit revenir sur le droit à l’avortement, sur la pilule, la procréation assistée ou encore la grossesse pour autrui, un business qui est très en vogue en Espagne, non il faut aussi informer les petits collégiens des dangers des maladies sexuellement transmissibles et il y en beaucoup, des champignons aux virus en passant par des bactéries pas vraiment gentilles.

Des dizaines de milliards de dollars ont été investi pour comprendre puis tenter la mise au point de traitements contre le SIDA. On ne dispose cependant d’aucunes statistiques fiables sur le nombre réel de malades ou de porteurs du virus apparemment sains et susceptibles de le transmettre à leur partenaire, homme ou femme. Dans ce cadre, la théorie du genre trouve une application inattendue, le virus ne fait aucune distinction …

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Parmi les autres maladies sexuellement transmissibles il y a le virus du papillome qui se décline en toute une famille et pour lequel il existe maintenant un vaccin efficace, d’autres tréponèmes, chlamydia ou champignons mais aussi la blennorragie encore appelée « chaude-lance », « chaude-pisse », « chtouille », « clap » et que sais-je encore. Pour les spécialistes il s’agit de la gonorrhée, une maladie infectieuse des voies uro-génitales dont le responsable est la bactérie Neisseria gonorrhoeae. Inutile de faire une description de la maladie et de son évolution dangereuse si elle n’est pas traitée, mais c’est justement ce dernier point qui est préoccupant.

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Autant dire qu’il y a bien longtemps que cette bactérie est complètement résistante à la pénicilline (voir l’illustration tirée de Wikipedia) mais plus inquiétant, les super-Neisseria, comme les super-Klebsiella (voir un précédent billet), ont commencé à sévir d’abord à Hawaï puis en Californie mais en Thaïlande ça doit bien le faire aussi. Les données médicales du CDC concernent les USA et seulement quelques grandes villes comme Denver, Honolulu ou encore San Diego. La Neisseria est particulièrement douée pour déjouer le système immunitaire puisqu’on peut être réinfecté plusieurs fois au cours de la vie mais cette bactérie a aussi mis au point un système ingénieux pour se déplacer le long de l’urètre et remonter les canaux déférents pour s’installer au niveau des testicules. Il s’agit d’une sorte de tentacule qui est propulsé au loin, toutes proportions microscopiques gardées, s’accroche comme un genre de harpon sur les tissus et se rétracte pour que la bactérie puisse ainsi parcourir de longues distances. C’est ainsi que le gonocoque peut remonter jusqu’à la vessie et les reins, sans parler des formes de gonorrhée au niveau du pharynx mais c’est pour une toute autre raison.

Les deux dernières armes de la dernière chance sont devenues inefficaces. Il s’agit des cefixime et ceftriaxone, des céphalosporines qui permettaient de traiter la maladies en une seule injection intramusculaire. C’est devenu un doux rêve ! Quand on sait que les statistiques font état d’environ 800000 cas par an aux USA et que cette donnée est probablement largement sous-estimée, il y a vraiment beaucoup de souci à se faire d’autant plus que 80 % des femmes infectées ne présentent aucun symptôme, ce qui n’encourage justement pas leur partenaire à prendre une précaution élémentaire comme l’usage d’un préservatif. Pour terminer la peinture de ce sombre paysage, l’incidence des résistances est exactement identique à l’augmentation du nombre de cas déclarés par les médecins traitant auprès du CDC (Center for Disease Control, à ne pas confondre avec la Caisse des Dépôts et Consignation). Comme le Directeur de ce centre, Tom Frieden, le dit : « Si on ne fait pas attention, nous allons nous trouver bientôt dans une ère post-antibiotiques ». En d’autres termes le confort apporté par les antibiotiques souvent abusivement prescrits va devenir un amer souvenir.

Source : CDC

Nager en piscine c’est bon pour la santé !

Le CDC (Center for Disease Control) basé à Atlanta s’est intéressé à quelques 161 piscines publiques ou de clubs nautiques privés dans le district de la ville et les résultats sont étonnants. Dans 93 d’entre elles on a retrouvé des Escherichia coli, une bactérie fécale. Le rapport du CDC insiste sur le fait que’une douche avec du savon avant d’aller dans l’eau est recommandée. Fort heureusement la souche hautement pathogène O157:H7 n’a pas été détectée, ça rassure un peu. Dans plus de la moitié des piscines analysées on a trouvé des Pseudomonas aeruginosa, bactérie responsable des inflammations parfois douloureuses de l’oreille externe et de démangeaisons persistantes sur la peau. Une amibe a aussi été caractérisée, il s’agit de Giardia intestinalis responsable de diarrhées. Pour les virus, deux types de norovirus (GI et GII) responsables de gastro-entérites et un adénovirus (responsable de pharyngites, de conjonctivites et de complications respiratoires type pneumonie) ont été détectés dans quelques piscines. Juste pour rassurer les adeptes des piscines, le CDC a aussi indiqué que la sueur et l’urine contiennent des amines qui au contact du chlore de l’eau des piscines se transforment en chloramines irritantes pour les yeux, la peau et les voies respiratoires. Les piscines des copropriétés, très populaires aux USA et naturellement les piscines privées par exemple des hôtels ou de simples particuliers n’ont pas été analysées par le CDC mais on peut extrapoler.

Tout pour plaire, je préfère de loin la marche à pied …

 Source : Los Angeles Times