Brève chronique politique vespérale

Catherine Ashton, en quelque sorte la ministre des affaires étrangères de l’Union Européenne, a donc fait prévaloir ses idées d’ancienne activiste anti-nucléaire, non pas anti-nucléaire civil mais contre la détention d’armes nucléaires. Fabius a avalé son dentier et ses gesticulations d’un jour sont tombées brusquement aux oubliettes. Finalement business is business et la politique moyen-orientale tant des Américains que des Allemands a prévalu. Le rééquilibrage des forces et des alliances, de part et d’autre du Golfe Persique, va vite se réaliser contre l’analyse obtuse de la France qui en définitive fait, comme en économie, n’importe quoi. Combattre les djihadistes au Mali et les soutenir en Syrie fait désordre. Les Français ont refusé jusqu’au bout de comprendre que l’Iran devait être soutenu pour calmer la situation dans la région, d’une part, mais aussi et surtout parce que ce pays représente un immense marché tant pour l’Europe que pour l’Amérique du Nord. C’est le pays le plus riche et le plus peuplé de la région. Les princes, émirs et autres rois imbibés de pétrole devront repenser leur politique tant vis-à-vis d’Israël que de la Syrie. Reste une autre mission pour super Catherine, obtenir la dénucléarisation d’Israël, mais c’est une autre histoire …

Billet de mauvaise humeur : Catherine Ashton et la Syrie

Catherine Ashton a déclaré à Vilnius que Assad devrait être condamné pour crime de guerre par la CPI. Mais au fait quelle est la définition exacte d’un crime de guerre ? Moi qui suis un antimilitariste viscéral, je n’arrive pas à saisir la nuance, s’il en existe une, entre un crime de droit commun et un crime de guerre. La guerre est par essence criminelle quelles que soient ses motivations. L’homme est le seul animal sur cette planète qui tue ses congénères sans raison. Je passe sur les infanticides chez les primates, les gorilles entre autres, dont j’ai parlé dans un billet qui n’ont rien à voir avec un crime. Mais cette espèce d’envie obsessionnelle de vouloir faire la guerre est propre à l’homme qui est fondamentalement mauvais, nuisible et destructeur. Déjà quand on parle de guerre, ça me fait nerveux, alors quand Catherine Ashton parle de crime de guerre, je suis doublement nerveux. Après la signature de la reddition de la France en 40 par Pétain, les résistants français étaient considérés comme des criminels par l’occupant allemand. On n’a jamais considéré que les résistants étaient des criminels de guerre, seulement des terroristes pour la bonne cause, et encore … J’ai pris cet exemple extrême à dessein pour sensibiliser mes lecteurs à la notion de crime de guerre. La Shoah est classée comme crime de guerre assortie du qualificatif de génocide, je suis parfaitement d’accord encore qu’on puisse contester le fait que ce soit un crime de guerre puisque cette entreprise d’élimination de Juifs, de Tziganes et d’autres ethnies n’avait rien à voir avec la guerre elle-même, c’était le résultat du délire de ce fou syphilitique qu’était Hitler. C’était lui le criminel. Quand les Hutus ont massacré les Tutsis, il s’agissait bien de crimes ethniques, à l’évidence, puisque le pays n’était pas en guerre. Pour ce qui concerne l’usage de gaz ou d’autres produits chimiques, les Américains ne se sont pas privé au Viet-Nam, je n’ai jamais entendu dire qu’ils avaient été condamnés pour crimes de guerre. Et on peut continuer pendant des pages à trouver des exemples du même genre. En ce qui concerne la Syrie et Assad, le fait d’avoir tué des gens avec un gaz neurotoxique est criminel, c’est l’arme du lâche. Malgré le fait que l’on ne sache toujours pas précisément qui a utilisé ce gaz, on accuse Assad d’être un criminel de guerre. Je veux bien mais le régime en place se bat contre des terroristes, beaucoup d’entre eux n’étant même pas des Syriens. Où est le crime ? C’est la guerre, civile, ce qui encore pire, et tout est dès lors criminel. Si Assad se défend au cas où les Américains l’attaquent et coule par exemple un ou deux bateaux de la Navy (il en a amplement les moyens) où sera le crime si crime il y a, du côté des Américains ou des Syriens ? J’aimerais bien connaître l’avis de Catherine Ashton !