Brèves.

Le prix de l’essence dans l’archipel des Canaries

Ici à Tenerife où j’ai choisi de vivre ma retraite paisiblement loin des frimas hivernaux et des chaleurs étouffantes estivales car le climat y est printanier toute l’année il se prépare une révolte type « gilets jaunes » et les premiers à manifester seront les chauffeurs de taxi. La situation des chauffeurs de taxi à Santa Cruz de Tenerife – je fais cette précision car il existe une autre ville dans l’île de La Palma également appelée Santa Cruz – est catastrophique. Il y a eu trop de licences accordées par la mairie au moment de la grande crise de 2008 pour combattre le chômage et tous ces hommes et femmes, endettés pendant des années pour rembourser leur banquier qui leur avait accordé un crédit pour acheter, qui une Prius, qui une Mercedes, et être promus chauffeurs de taxi, crèvent la faim car il y a trop de concurrence puisqu’il y a trop de taxis. J’avais un rendez-vous ce mercredi 8 janvier avec un médecin tôt le matin dans le centre de santé dont je dépends et j’ai choisi de faire appel à un taxi pour me conduire dans cet endroit situé à deux kilomètres et demi de mon domicile d’autant plus que le temps était exceptionnellement maussade.

Ayant tout de suite identifié que j’étais un Français en raison de mon accent le chauffeur entama la conversation et je répondis dans mon espagnol approximatif. Il me parla des « gilets jaunes » avec admiration. Et il m’avoua qu’ici, dans cette île paisible, la révolte couvait. Il me parla du prix du carburant et de l’augmentation programmée de son prix. Le gouvernement local a décidé que cette augmentation aurait lieu après la rentrée des classes en septembre prochain pour ne pas perturber la saison touristique. Le prix du super sans plomb va passer de un euro zéro cinq le litre à un euro cinquante.

Il avait déjà fait le calcul : 43 % d’augmentation ! Je lui ai expliqué que cette augmentation était le résultat des agissements des écologistes locaux qui ont obtenu la fermeture de la raffinerie de pétrole justement située à l’orée de la ville et qui existe depuis les années 1930 qui selon eux est polluante mais contribuait à une fiscalité très avantageuse pour tout l’archipel en ce qui concerne les carburants, ce que ces mêmes écologistes ont semblé oublier.

Mais j’ai ajouté que non seulement lui et collègues allaient souffrir de ces augmentations car il y aura aussi le gaz de pétrole pour les cuisines, le carburant pour les bateaux, le kérosène pour les avions qui augmenteront dans les mêmes proportions. Au final, dans l’archipel qui dépend largement d’importations tant de l’Espagne péninsulaire que de l’Europe, de l’Amérique du sud ou d’autres pays pour vivre tout va augmenter en conséquence puisque tous ces carburants étaient détaxés. En passant le long du port où il y a en permanence des plate-formes pétrolières en maintenance il m’a avoué (ce que je connaissais déjà) que le Maroc pompait du pétrole dans ses eaux territoriales. Je l’ai informé qu’il y avait aussi du pétrole au large des îles de Fuerteventura et de Lanzarote. Pourquoi alors avoir fermé cette raffinerie ?

En septembre prochain la situation pourrait bien être explosive ici aux Canaries et les écologistes locaux devront opter pour l’absentéisme et rester cachés chez eux. Mêmes causes et mêmes effets puisque l’élément qui a fait bondir les provinciaux français était une augmentation somme toute modeste des carburants en raison des idées stupides de ces même écologistes …

En France : le grand débat sur l’ « âge pivot » de départ à la retraite et les « régimes spéciaux ».

Juste deux exemples pour démontrer la stupidité de cet âge pivot qu’aux dernières nouvelles le gouvernement français aurait abandonné. Pourquoi, comme dans la plupart des pays de l’OCDE, le gouvernement français ne laisse-t-il pas le choix aux travailleurs, qu’ils soient employés d’une entreprise, leur propre employeur ou salariés de la fonction publique, prendre leur retraite quand ils le désirent. Pourquoi les fonctionnaires français veulent absolument légiférer sur tout ce qui concerne la vie des citoyens ? Qu’il y ait des régimes spéciaux, je veux bien, mais il faut tout de même rappeler l’origine par exemple des régimes spéciaux des agents roulants de la SNCF :

Capture d’écran 2020-01-12 à 22.39.20.png

Pour l’un de mes neveux, toute sa carrière a consisté à nettoyer les égouts de la ville de Lyon, c’est tout à fait normal qu’il ait profité de sa retraite à l’âge de 50 ans. Pour ce régime très spécial il n’y aura jamais, par décence, d’âge pivot et c’est bien normal ! A contrario l’autre exemple parle encore plus en ce qui concerne cet âge « pivot » : ma fille a commencé sa carrière à l’âge de 19 ans. Jusqu’à quel âge devra-t-elle travailler pour disposer de sa pleine retraite ? À 64 ans après avoir transpiré pendant 45 ans ? … Cette histoire de réforme des retraites françaises est stupide et pleine d’arrières pensées vraiment malsaines de la part du gouvernement français, d’autant plus que ces retraites sont, cerise sur le gâteau, taxées avec des impôts appellés pudiquement contributions (CSG) alors qu’il s’agit d’une deuxième imposition rétroactive sur le salaire perçu lors de la vie active, ce qui est parfaitement illégal en regard de la loi puisque quelle que soit cette retraite, système public ou retraite complémentaire, elle a été constituée à titre onéreux dans les deux cas. Je m’étonne d’ailleurs qu’aucun retraité ne s’émeuve de cette situation …

Illustration : Gabin dans le film « La bête humaine » de Jean Renoir

Où on se fait rançonner sans le savoir …

Depuis les Iles Canaries, cette histoire de portiques destinés à collecter l’écotaxe sur les poids-lourds qui a été mise en place avec succès par les Allemands sous la pression des partis écologistes depuis plusieurs années semble complètement surréaliste, cf « les Bonnets rouges ». La raffinerie de pétrole de Santa Cruz qui alimente en carburants les véhicules automobiles de tout l’archipel ainsi que les bateaux en fuel lourd sans oublier les GPL, propane et butane, fonctionne à plein régime et l’essence coûte environ 1 euro le litre de 98. Si on considère que le prix englobe le coût FOB et la livraison du pétrole brut, les frais de stockage, de raffinage et de distribution, auxquels il faut ajouter la taxe que paie la raffinerie à la ville de Santa Cruz et à la Province de Tenerife et enfin les frais variés engendrés par l’usine, salaires des employés et maintenance, on doit rapprocher ce prix à celui du même litre de 98 en France, par exemple. J’ignore quel est le prix actuel du carburant dans l’Hexagone mais la différence peut alors être considérée comme une taxe sur le carbone émis, disons pour que mon argument soit parlant 40 centimes d’euro par litre de super 98. Si je suis en dehors de la réalité, que mes lecteurs me corrigent. Or l’Etat a voulu surajouter une autre taxe dite écologique sur les pollueurs (ou soi-disant tels) alors que le même Etat a supprimé la vignette automobile qui aurait très bien rempli ce rôle. J’oubliais, la vignette auto existe en Espagne comme dans la plupart des pays européens, pourquoi a-t-elle été supprimée en France, mystère … Non, pas vraiment un mystère mais un prétexte pour instituer de nouvelles taxes comme le malus et cette écotaxe qui est en définitive un nouvel impôt.

Je viens de lire un article de l’IFRAP qui énumère les autres écotaxes et c’est carrément terrifiant : d’abord l’écotaxe sur l’électricité dont j’ai parlé dans un précédent billet avec des augmentations progressives du prix du kWh par incréments de 5 % pratiquement tous les six mois (trois milliards d’euros par an dès 2013 et cinq en 2017) pour financer les projets délirants écolo-bisou comme dit H16, moulins à vent et autres panneaux solaires made in PRC.

Il y a pire avec l’électricité. Les ampoules électriques, une grosse arnaque ! Garanties pour une durée de vie de 10 ans elles claquent au bout de six mois, en attendant les LED qui coûtent encore plus cher. C’est une taxe déguisée sous forme de TVA sur un produit de 10 à 50 fois plus coûteux dont l’usage est obligatoire par décision européenne. C’est dire à quel point le lobbying verdâtre est actif à Bruxelles !

L’écotaxe sur les vélos écolos dits Velib : 19000 vélos ont été détruits ou endommagés à Paris et ce sont les contribuables, même s’ils n’ont jamais posé leur cul sur un Velib qui paient avec leurs impôts ! Mais ce n’est pas terminé, il y a aussi le malus automobile qui peut atteindre des sommes rondelettes allant jusqu’à 5000 euros pour une berline haut de gamme fabriquée Outre-Fessenheim, une taxe qui camoufle un protectionnisme qui ne veut pas dire son nom, n’importe quoi !

Pour les logements, neufs ou anciens, c’est encore pire, les normes écolos aboutissent à des renchérissements dépassant parfois 20 % avec, cerise sur le gâteau, une incitation malhonnête à recourir à des corps de métier spécialisés pour économiser quelques litres de gaz ou quelques kW ne serait-ce que pour obtenir un certificat écolo-bisou pour pouvoir revendre son bien le cas échéant. On avait déjà préparé les propriétaires avec l’amiante et le plomb …

Restent les agro-carburants qui eux ne sont pas du tout écolo-bisou contrairement à ce que les écologistes ont prétendu et même la Commission de Bruxelles fait maintenant marche arrière car au final, cette élucubration des partis verts émet plus de carbone qu’elle n’en fixe, le but initial. On en arrive donc tout naturellement à la taxe carbone qui a été rebaptisée écotaxe « climat-énergie », mais si, c’est vrai ! Alors là on nage dans un flou incontrôlable qui est pris en main par des mafias, surtout au niveau des industriels qui utilisent cette taxe un peu comme des « Bitcoin » et je trouve la comparaison tout à fait appropriée. Demandez à Lafarge, le plus gros cimentier de France, combien il rejette de CO2 dans l’atmosphère, il n’en sait rien. Demandez-lui comment il gère cette taxe « climat-énergie », n’attendez pas de réponse car il ne vous répondra pas …

Tout ceci pour insister encore une fois sur le fait que les exigences climatiques des écologistes ont abouti à un surenchérissement considérable de l’énergie qui naturellement aggrave l’état de santé des entreprises et érode le pouvoir d’achat des ménages. Et c’est le but recherché : appauvrir les Européens. Merci les écolos.