OGM et poissons d’élevage

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Rothamsted Research, peut-être le plus vieil institut de recherche agronomique du monde, fondé en 1843, a mis au point un « faux colza » (Camelina sativa) qui produit une huile enrichie en acides gras dits omega-3. Pourquoi un tel projet de longue haleine a-t-il été décidé, tout simplement pour produire une matière première susceptible d’être utilisée comme nourriture dans les fermes marines. On s’est en effet rendu compte que cette nourriture devait comporter ces acides gras particuliers afin d’obtenir une croissance optimale des poissons d’élevage. Or, pour supplémenter la nourriture en omega-3 il est impératif d’ajouter des poudres de poisson, et quand on sait que plus de la moitié des poissons pêchés est utilisée pour nourrir des poissons d’élevage, non seulement on est au devant d’une aberration économique mais cette pratique aboutira à brêve échéance à l’épuisement des ressources alyeutiques et à un déséquilibre durable de ces mêmes ressources.

C’est la raison pour laquelle la mise au point de cette plante génétiquement modifiée présente un immense intérêt non seulement économique mais également environnemental car les ressources alyeutiques doivent à tout prix être préservées. Rothamsted Research a débuté les travaux relatifs à la transgénèse de la Camelina il y a plus de dix ans et la tâche était plutôt ardue puisqu’il a été nécessaire d’introduire une série de gènes étrangers avec leurs promoteurs respectifs pour que la synthèse d’acides gras omega-3 puisse avoir lieu sans modifier par ailleurs la plante. Ce tour de force a finalement été couronné de succès en 2013 avec la stabilisation en serre de plusieurs lignées. Reste l’étape suivante consistant à éffectuer des essais dits de plein champ.

Le gouvernement britannique, subissant la pression des écologistes, a interdit la culture des plantes transgéniques, or le Rothamsted Research est un organisme entièrement financé par des fonds publics et l’autorisation d’essais plein champ devrait normalement être très prochainement accordée par ces mêmes instances qui ont interdit la culture de plantes génétiquement modifiées. Malgré le fait que des plantes transgéniques aient été mises en culture depuis près de 20 ans en particulier aux USA et que jamais aucune évidence d’effets adverses n’aie pu être observée pour la santé tant animale qu’humaine, l’opposition irraisonnée des écologistes pourrait bien réduire à néant ce projet pourtant essentiel pour le simple maintien de l’ensemble des ressources marines.

L’issue de cette demande d’autorisation aura donc une valeur de test pour la crédibilité des organisations écologistes car elles seront confrontées à un choix évident : autoriser cette culture ou voir les ressources alyeutiques irrémédiablement amoindries.

Source : Thomson Reuters, illustration Wikipedia