Brève : nouvelles de la centrale solaire d’Ivanpah (Californie)

Il y a quelques semaines (voir le lien) je relatais les déboires de la centrale solaire géante d’Ivanpah dans le désert de Mojave en Californie. La situation s’est aggravée il y a 48 heures avec la quasi destruction de l’un des fours. Des tubulures ont été endommagées par la surchauffe hors de contrôle provoquée par une focalisation défectueuse du rayonnement solaire.

Privée du tiers de ses capacités pour une durée indéterminée il est vraisemblable que Pacific Gas & Electric, la compagnie d’électricité sous contrat avec la centrale solaire, dénonce ce dernier pour non respect des clauses initiales. Encore un fiasco à 2,2 milliards de dollars pour satisfaire les rêves des écologistes …

Source : Los Angeles Times

https://jacqueshenry.wordpress.com/2016/03/20/crise-climatique-le-soleil-refroidit/

Le nec plus ultra des sex-toys

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Une petite société de Californie du sud s’est lancée avec succès dans la production de poupées grandeur nature avec tous les détails anatomiques – comme il se doit – pour la plus grande satisfaction des hommes esseulés. Vous pouvez, messieurs, pour une somme avoisinant les 6000 dollars, vous offrir une compagnie silencieuse obéissant à tous vos fantasmes. Ces objets sont fabriqués avec du latex et leur structure possède une sorte de squelette interne qui permet à l’utilisateur de choisir la posture qui conviendra à ses penchants personnels. Sur catalogue, la couleur des yeux et de la chevelure de même que le caractère ethnique, la taille des seins, mous car emplis de silicone, et la couleur et le diamètre des aréoles peuvent être choisis selon les gouts et les désirs de même que l’aspect de la vulve. C’est vrai ! Si vous ne me croyez pas allez sur le site de Abyss Creations.

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Le plus extravagant est la clientèle s’adressant à cette société par internet interposé. Il s’agit souvent d’hommes veufs qui n’arrivent pas à se décider à chercher une autre partenaire ou encore des couples qui entendent rompre leur monotonie conjugale. Un client d’Abyss Creations a même déclaré qu’ayant été gravement brûlé il n’osait plus se dénuder devant une femme et qu’une poupée lui permettait de se contenter.

Abyss Creations a implanté des détecteurs au niveau des zones érogènes féminines de ses poupées et lorsque le possesseur de cet objet l’utilise la poupée réagit vocalement … tout un programme ! L’étape suivante sera une poupée capable de bouger, ce que l’on appelle déjà un « sexbot », un robot sexuel. On n’arrête pas le progrès !

Source et illustrations : Vanity Fair

Crise climatique : le Soleil refroidit ?

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La centrale solaire d’Ivanpah est l’image même de la démesure catastrophique des énergies vertes ou renouvelables. Elle a coûté au contribuable américain la coquette somme de 2,2 milliards de dollars. elle comprend trois tours de 140 mètres au sommet desquelles se trouvent les chaudières qui produisent de la vapeur à 550 degrés qui est envoyée vers les turbines. En sortie de turbine la vapeur est refroidie à l’aide d’échangeurs eau-air. L’installation comprend 170000 miroirs de 7 m2 répartis sur 15 hectares chacun pilotés par un ordinateur pour focaliser le rayonnement solaire vers les fours. Cette installation a été réalisée dans le désert de Mojave, à 50 kilomètres au sud de Las Vegas par la société d’ingénierie Bechtel. Les équipement spécifiquement utilisés pour la production d’électricité ont été construits et installés par Siemens.

Voilà pour la fiche technique de cette installation monstrueuse de 392 mégawatts de puissance nominale qui appartient à la société BrightSource Energy. L’électricité est revendue à la société Pacific Gas & Electric (PGE) dans le cadre d’un contrat sur le long terme. Le fonctionnement requiert de brûler du gaz naturel chaque matin pour minimiser le délai de montée en puissance de l’installation, ce n’est donc pas tout à fait écologique comme on peut le constater. D’autre part, les sociétés locales de conservation de la faune ont déploré la mort de 28000 oiseaux sédentaires ou migrateurs depuis que l’installation est opérationnelle, c’est-à-dire en seulement deux ans. Les oiseaux sont attirés par les insectes eux-mêmes attirés par la lumière émise par les fours et passant près du sommet des tours se font littéralement griller par le rayonnement lumineux concentré par les miroirs. Ça fait combien d’oiseaux par mégawatt produit morts sur l’autel de l’Eglise de Scientologie Climatique ?

Le gros souci avec cette installation mirifique devant résoudre tous les problèmes environnementaux chers aux écologistes est qu’elle n’est jamais arrivée à remplir le contrat passé avec PGE. Si le rendement thermique des turbines est satisfaisant, le gros problème est que le Soleil ne brille pas la nuit comme chacun sait. Bien qu’étant située en plein milieu du désert, le taux de charge net n’a jamais dépassé 28 % de la puissance nominale. Selon le Wall Street Journal PGE a mis en demeure BrightSource Energy afin de satisfaire les termes du contrat en procédant aux améliorations nécessaires. Dans le cas où d’ici une année le contrat n’était toujours pas respecté, la centrale d’Ivanpah serait alors définitivement fermée ! Mais la question soulevée par certains analystes critiques dont les journalistes du Wall Street Journal, quotidien qui n’est pas particulièrement tendre avec les énergies dites « vertes », serait que le Soleil se refroidit et que la poussière déposée sur les miroirs réduirait également l’énergie atteignant les fours.

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On peut trouver un début de commencement d’explication en examinant le cycle solaire 24 qui se termine. Il n’était déjà pas très « brillant », sans jeu de mot, par rapport au précédent et comme la différence entre le maximum d’un cycle solaire et son minimum est d’environ 3 watts par m2 en terme d’irradiance au sol, il y a donc une « perte » de 3,6 mégawatts, en gros 1 % de la puissance nominale de l’installation d’Ivanpah, qui n’a pas été prise en compte ni par Bechtel ni par Siemens avant 2014, date de mise en fonctionnement de cette installation.

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Mais c’est bien sûr ! L’activité solaire ne varie jamais puisque le Soleil n’a aucune influence sur le climat selon l’IPCC. Voilà une belle démonstration du fiasco retentissant des énergies renouvelables … Entre les moulins à vent et les miroirs solaires il ne restera bientôt plus beaucoup d’oiseaux sur Terre, mais heureusement le climat sera sauvé.

Source : Wall Street Journal, Market Watch et G. Kopp, spot.colorado.edu/-koppg/TSI/TSI_Composite.jpg

La sécheresse en Californie (et ailleurs) un phénomène tout à fait normal …

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Lorsqu’au cours de pluies abondantes des sédiments s’accumulent dans une vallée ils forment des couches successives qui compressent les sédiments plus profonds. Il se forme alors des strates compactes qui protègent les couches préexistantes appelées caliches, un mot originaire du créole haïtien, qui se forment naturellement quand le climat est aride. Ces couches contiennent des graviers, de l’argile, des restes de plantes et naturellement des grains de pollen fossilisés. Les grains de pollen, dans un environnement salin sec, le plus souvent riche en nitrates, sont relativement bien préservés et il est aisé de les identifier (voir un article de ce blog en lien) car chaque fleur disperse un pollen différent, une sorte d’empreinte digitale non ambigüe. Les couches de caliche se forment durant les périodes de sécheresse persistante et deviennent suffisamment résistantes pour résister à l’arrivée de sédiments provenant d’une montée soudaine des rivières. On peut alors remonter dans le temps et en combinant si possible la datation avec du carbone-14 reconstituer les conditions climatiques et hydrologiques du moment.

Une équipe de géologues et de paléontologues privés, travaillant pour le compte d’entreprises de construction mais entretenant des liens avec des universitaires a eu l’idée d’analyser les caliches du sous-sol de la vallée centrale de Californie lors de fouilles préparatoires aux fondations d’un bâtiment et une partie des travaux a été conduite en collaboration avec la State University de Chico en Californie. Il a été ainsi possible de déterminer quels étaient les conditions climatiques prévalant en Californie durant les période interglaciaires comme celle que nous vivons actuellement depuis 11000 ans. La figure ci-dessous représente la teneur en CO2 dans la glace antarctique, donc dans l’atmosphère, permettant de décrire les périodes glaciaires en bleu et interglaciaires en jaune. L’augmentation de la teneur en CO2 atmosphérique ne provoque pas la fin d’une période glaciaire mais provient du dégazage des eaux océaniques qui se réchauffent.

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Il existe en effet une latence entre la fin d’une période glaciaire et l’augmentation de ce CO2 atmosphérique de l’ordre de plusieurs centaines d’années. Notons d’ailleurs l’échelle des temps dans ce graphique dont l’unité est 100000 ans …

Bref, ce n’est pas tout à fait l’objet de ce billet que de parler encore et encore de CO2 mais du climat qui régnait dans la vallée centrale californienne durant les périodes interglaciaires car on incrimine la sécheresse qui sévit depuis plusieurs années dans cet Etat américain au réchauffement climatique actuel qui a débuté, faut-il le rappeler, il y a 11000 ans avec quelques épisodes de « froidure » que l’on a bien identifié.

L’étude dirigée par Lanny Fisk a montré que durant les périodes interglaciaires les conditions climatiques dans la plaine californienne étaient très arides, voire complètement désertiques car il a été impossible de retrouver des pollens de végétaux tels que ceux poussant actuellement dans cet Etat dans les couches de caliches. À chaque période de réchauffement, les glaciers de la Sierra Nevada fondaient, entrainant des alluvions dans la vallée qui emprisonnaient les couches de caliche successives. Entre 500000 ans et l’ère présente il y eut 4 épisodes interglaciaires et le climat californien devenait systématiquement désertique, au moins dans la vallée centrale et le marqueur incontestable de ces épisodes de sécheresses prolongées est justement les pollens emprisonnés dans les couches de caliche. La riche vallée centrale californienne ressemblait plutôt à la vallée de la Mort !

Ces résultats sont à rapprocher de la disparition des grands mammifères tels que le mammouth. On a accusé l’homme comme ayant exterminé ces animaux d’une autre époque appelée mégafaune. Ce n’est pas le cas. Ces animaux en fin d’évolution ne survécurent pas aux petites périodes de réchauffement qui ponctuèrent la dernière grande glaciation, entre cent et dix mille ans avant l’ère présente, dite du Würm, et ils ne survécurent pas au réchauffement qui intervint brutalement il y a 11000 ans.

Finalement le climat a toujours varié entrainant la disparition d’espèces animales et des modifications profondes des conditions de vie végétale. La grande sécheresse qui sévit actuellement en Californie est un phénomène « normal » qui ne peut pas être incriminé à l’activité humaine supposée perturber le climat …

Source : Geological Society of America Newsroom, illustration : caliche dans l’île de San Miguel au large de la Californie ( https://en.wikipedia.org/wiki/Caliche )

https://jacqueshenry.wordpress.com/2014/02/27/la-melissopalynologie-au-secours-des-abeilles-avec-laide-des-douanes/

L’agriculture « Ça a eu payé mais ça paie » … encore

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Comme le melon et la citrouille, la courgette est une cucurbitacée. J’ai vu des courgettes de forme cubiques faciles à conditionner sur un plateau pour le transport l’étal d’un marchand de légumes à Tokyo. Il s’agissait en fait d’une variété de courgette (ou de citrouille) appelée potimaron spécialité d’Hokkaïdo.

Pour arriver à donner une forme cubique à une cucurbitacée il suffit de la mettre dans un moule et le fruit, puisqu’il s’agit d’un fruit et non d’un légume, épouse au cours de sa croissance la forme du moule. C’est une propriété de cette famille de fruits qui a été mise à profit avec succès après plusieurs années de mise au point par Tony Dighera pour produire des citrouilles (pumpkins) spéciales Halloween ayant la forme du visage de l’inoubliable Boris Karloff. Elle se vendent 100 dollars pièce mais ne tentez pas d’en trouver sur votre marché les 80000 citrouilles spéciales Halloween produites cette année dans la ferme Cinagro en Californie ont toutes été vendues :

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Comme disait Fernand Raynaud « l’agriculture ça a eu payé » … mais ça paie encore !

https://www.youtube.com/watch?v=81TYKUOekdM

Source : Forbes.com , lien : http://www.moldedmelons.com

La gigantesque gabegie de l’écologie politique française

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En dehors de la Suède, si on considère que la Californie est un Etat au même titre par exemple que l’Espagne ou la France, cet « Etat », donc, est le deuxième meilleur élève au monde dans le classement des émissions de carbone après … la France ! Le classement se fait en considérant le nombre de dollars générés dans le produit intérieur par unité de carbone émis dans l’atmosphère. Les incitations de l’Etat de Californie à développer des technologies moins voraces en énergie ont porté leurs fruits puisqu’en 25 ans la quantité totale d’énergie consommée a diminué de 20 % alors que durant la même période l’économie s’est accrue de 40 %.

Dans cette optique la Californie s’est engagée à poursuivre sa politique d’efficacité énergétique et de développement de l’énergie photovoltaïque dans les zones désertiques ainsi que l’optimisation de la smart-grid électrique en d’autres termes la mise en place d’un réseau intelligent de distribution de l’électricité. La société Pacific Gas and Electric (PG&E) produit déjà 50 % de son électricité à partir de sources n’émettant pas de carbone : nucléaire et hydroélectrique. Un autre volet est l’incitation à l’achat de voitures électriques. Le parc de voitures électriques californien représente déjà plus de 30 % de tous les véhicules de ce type dans le monde.

Qu’en est-il en France ? La politique politicienne électoraliste de Hollande a conduit à décider de la fermeture de la centrale nucléaire de Fessenheim et cette décision est sans appel comme vient EDF de se le voir signifier sèchement par Ségolène, fermeture devant être effective dès la mise en fonctionnement de l’EPR de Flamanville. Or EDF a constaté que la construction de cette usine a encore pris du retard et qu’il est inenvisageable qu’elle puisse être raccordée au réseau avant au mieux 2020, au mieux voulant dire s’il n’y a pas d’autres retards comme pour l’EPR de Finlande dont la construction accuse un retard de 10 ans ! Alors que la France compte 35 millions de véhicules automobiles et que la puissance moyenne de ces derniers est de 136 chevaux, soit 100 kW, (ou encore 50 fers à repasser !) les deux réacteurs de la centrale de Fessenheim permettraient de recharger chaque jour 9 millions de voitures électriques dans l’hypothèse où ces dernières ne seraient utilisées que 2 heures par jour, c’est-à-dire comme le quart du parc de véhicules de tourisme français. Quand on sait que près de 40 % des émissions de carbone françaises proviennent des véhicules automobiles, on peut raisonnablement se demander de quelle manière les écologistes, dont l’emblématique Ségolène, raisonnent. Ça ne doit pas être très clair dans leur tête : seule l’idéologie est importante, les réalités économiques passent au second plan. L’histoire récente fourmille d’exemples catastrophiques de ce genre quand on mélange l’idéologie et l’économie.

Elon Musk est un entrepreneur visionnaire et ce n’est pas un idéologue, CQFD.

Source : San Francisco Gate ( blog.sfgate.com/ ) et (re)voir aussi les billets de ce blog datés du 17 février 2012 et du 18 mars 2014, illustration Tesla modèle S

Climat : la rhétorique change

Selon Barack Obama, prix Nobel, qui comme chacun sait est un expert en climat, il ne faut plus parler de changement climatique ou de réchauffement climatique d’origine humaine, c’est désuet, c’est démodé, ce n’est tout simplement plus tendance ! Il faut désormais parler, deviser, converser dans les salons et autres raouts onusiens de « perturbation climatique anthropogénique », c’est le vrai terme qu’il faut adopter. Le « d’origine » est exclu puisque le mot anthropogénique dit bien ce qu’il veut dire. C’est la faute des hommes qui copulent comme des bêtes et finissent par être trop nombreux sur cette minuscule planète bleue. Et Obama, en bon président de tous les Américains, ne mâche pas ses mots, entre autres à propos de la sécheresse californienne « unique » dans les annales météorologiques, cette sécheresse est tout simplement le résultat d’une surpopulation effrayante qui utilise des quantités massives d’eau pour faire un simple petit pipi. L’Etat de Californie n’a pas les moyens ni financiers ni physiques pour mettre fin à ce désastre écologique d’origine humaine. La sécheresse persistante, les feux de forêts (on ne va tout de même pas parler de feux de brousse en Californie, encore que …), la pollution à cause des free-ways encombrés jour et nuit, et j’en passe. Tout ça parce que le « Golden State » a attiré trop de monde et ça suffit !

Que les Pakistanais meurent de chaud et non plus de faim, c’est aussi à cause de ces Californiens totalement inconscients qui mettent leur conditionneur d’air à fond sans se rendre compte qu’ils ont aussi signé leur propre arrêt de mort, c’est sidérant !

Selon des études très sérieuses les souris des champs meurent en Californie par centaines de milliers à cause de la perturbation climatique anthropogénique, les séquoias presque millénaires dépérissent sur pied les uns après les autres au nord du Mount Tamalpai. Et c’est pire dans les environs de Monterrey et des Seventeen Miles, les pins meurent les uns après les autres. Toutes les stars et les milliardaires qui possèdent une villa luxueuse dans cet endroit sont vraiment désolés et il y a de quoi, ce sont eux qui précipitent la perturbation climatique avec les émissions délirantes de CO2, avec leurs saunas, leurs jacuzzi et leurs énormes 4X4 munis de conditionneurs d’air surdimensionnés pour pouvoir aller dans les déserts du Nevada sans mettre en danger la vie du conducteur en cas de grosse chaleur. Le gouverneur de Californie devient nerveux et il a prié poliment ses administrés de mettre la pédale douce sur les tuyaux d’arrosage, les chasses d’eau et les piscines car quand il n’y aura plus d’eau tous les habitants de l’Etat commenceront à crever de faim. Ça fait peur et ce n’est que sur les registres de la peur et de la culpabilisation qu’on peut faire passer le message.

Les écolos, Sierra Club en tête et jamais en retard d’une saison, dénoncent par ailleurs les pratiques pourtant licites mais contestables selon eux de certains agriculteurs de la Central Valley qui s’étale de Sacramento à Bakersfield, le plus grand verger des USA. Pour faire pousser des salades, des fraises ou des tomates il faut de l’eau, c’est sûr. Or les puits s’assèchent les uns après les autres, les nappes aquifères ne sont plus ce qu’elles étaient mais … il y a aussi du pétrole dans pas mal d’endroits et en particulier au nord de Los Angeles, justement dans les alentours de Bakersfield. Ça fait des années qu’on pompe du pétrole dans ce coin. Dans 20 ans ce sera peut-être la même chose dans le Vaucluse, mais bon, la région PACA ce n’est pas la Californie. Or ce pétrole contient jusqu’à 40 % d’eau qu’il faut séparer de l’huile parce qu’on n’a encore jamais vu que l’eau était un combustible sauf si à grands renforts de taxes et de subventions en tous genres on s’en sert pour fabriquer de l’hydrogène qui sera convertie en électricité avec une pile ad hoc et un rendement minable pour les voitures des bobos ultra-fortunés de la Silicon Valley. Mais bref, je me détourne du sujet.

Les compagnies pétrolières du coin ont donc proposé aux agriculteurs du même coin de leur vendre cette eau après séparation du pétrole et purification pour qu’elle soit quasiment potable quoiqu’un peu chargée en divers sels minéraux pour irriguer leurs champs. Cette pratique a été organisé par un syndicat d’agriculteurs de la région il y a une trentaine d’années et tout le monde est content. La société Chevron qui ne s’est jamais intéressée à l’eau mais seulement au pétrole revend donc une grande partie de cette eau aux agriculteurs à prix coûtant soit deux centimes et demi de dollar le mètre cube alors que l’eau distribuée aux populations coûte plus de 50 fois plus cher. On comprend donc que les fermiers se frottent les mains et que Chevron et d’autres compagnies pétrolières soient contents car ils fournissent jusqu’à cent mille m3 de cette eau chaque jour à une cinquantaine d’exploitations agricoles ! Les écolos du coin qui n’ont jamais touché de leur vie à une motte de terre se sont émus de cette pratique qu’ils considèrent comme dangereuse pour les consommateurs de poivrons et autres concombres car il pourrait bien y avoir des résidus d’hydrocarbures dans les légumes et les fruits, on ne sait jamais. Et leur réaction est d’autant plus agressive que les agriculteurs et les pétroliers marchent la main dans la main, les analyses sont faites par des organismes indépendants financés par les syndicats d’agriculteurs et les pétroliers ferment les yeux, ils font confiance aux paysans sur les terrains desquels ils ont installé des pompes à pétrole.

Alors que faire ? Satisfaire les écolos et interdire cette pratique nécessaire de récupération de l’eau remontant du sol profond avec le pétrole pourtant parfaitement légale ou laisser la situation en l’état ? En attendant, la perturbation climatique anthropogénique pourrait aboutir aussi à des pluies diluviennes et des chutes de neige abondantes puisque perturbation il y a … et il y aura encore du pétrole à pomper dans la Central Valley californienne et de l’eau en abondance et à bas prix pour les agriculteurs.

Sources : Bloomberg et AFP

La couleur caramel (E150) un cancérigène ?

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Le caramel est l’un des colorants alimentaires les plus utilisés. Sa fabrication est simple, on chauffe des sucres, n’importe lesquels, en présence d’acide ou d’ammoniaque et le produit résultant est une sorte de liquide dense, brun sombre, très visqueux et utilisé pour colorer toutes sortes de produits alimentaires, depuis les boissons gazeuses bien connues jusqu’au whisky en passant par certaines variétés de pain, certaines bières, boissons à base de malt et thés glacés, des confiseries et autres gâteaux et même du chocolat …

En Californie, après les résultats d’une étude montrant que le caramel était carcinogène sur les souris quel que soit leur sexe, et sur les rats femelles seulement, parue en 2007, un intense lobbying fit voter en 2011 un amendement appelé proposition 65 qui renforçait l’acte relatif aux substances toxiques datant de 1986. Selon cet amendement tout produit comportant une substance suspectée carcinogène devait être étiqueté en spécifiant que la teneur en cette substance était inférieure à la dose définie comme ne comportant pas de risque significatif sur une vie entière supérieur à l’apparition d’un cancer pour 100000 personnes. Une substance reconnue comme cancérigène se trouvant dans le caramel préparé en présence d’ammoniaque était mentionnée dans cette liste. Il s’agit du 4-methylimidazole (4-MEI) dont la quantité ingérée ne doit pas dépasser 29 microgrammes par jour et par kg de poids corporel. Après le passage de la proposition 65 les fabricants de boissons légères se sont engagés à réduire la quantité de cette substance dans leurs produits, et pourtant …

Une étude parue dans le journal PlosOne (voir le DOI) a passé en revue toutes sortes de sodas et autres boissons contenant du caramel et analysé leurs teneurs en 4-MEI en Californie et dans le Grand New-York. Parallèlement l’étude a englobé une large collecte de données sur les habitudes par tranches d’âge des consommateurs de boissons non alcoolisées, genre soft-drink, en Californie et autour de New-York où il n’existe pas d’équivalent à la proposition 65 qui limite la teneur en 4-MEI de ces boissons. L’analyse statistique des habitudes des buveurs de soft-drinks a été standardisée en tenant compte d’une série de paramètres pour finalement exprimer l’ingestion de 4-MEI en mg/kg de poids corporel/jour et les surprises ne se sont pas fait attendre.

La limite de consommation de 4-MEI fixée à 29 microgrammes/kg/jour est dépassée chez les adolescents et les jeunes adultes, ramenant le risque de cancer de 1 pour 100000 à 1 pour 10000 en particulier pour le Pepsi-Cola et les boissons à base de malt, très populaires aussi en Europe du Nord, pour lesquels le risque pourrait être beaucoup plus élevé. Si les résultats ne sont pas alarmants en eux-mêmes, ils n’ont pris en compte que 25 % des sources alimentaires de 4-MEI avec les soft-drinks car en effet on retrouve également ce composé chimique dans de nombreux plats pré-cuisinés notamment dans les sauces de ces préparations industrielles. Il est donc encore très difficile de se prononcer sur la dangerosité des soft-drinks colorés en brun. Enfin, les organismes officiels, FDA aux USA et EFSA en Europe, ont contesté les expériences en laboratoire relatant l’apparition de cancers du poumon avec les rongeurs, souris et rats, pour d’obscures raisons. Il n’en demeure pas moins qu’une certaine prudence doit être de mise en particulier avec les jeunes enfants, on ne sait jamais.

Source : PlosOne doi:10.1371/journal.pone.0118138

Les producteurs de foie gras peuvent à nouveau vendre leur produit en Californie

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La Californie, l’Etat de toutes les hautes technologies est aussi celui de toutes les extravagances, avait depuis plus de deux ans interdit le foie gras sur les tables des bons restaurants en raison d’une revendication des protecteurs du « droit des animaux à la dignité ». La loi interdisant le foie gras avait pourtant été votée en 2004 mais des problèmes constitutionnels avaient retardé son application. Cette fois-ci c’est la décision d’un juge fédéral qui a annulé la loi après la plainte de l’Association des Eleveurs de Canards et d’Oies du Québec, du syndicat de la New-York’s Hudson Valley Foie Gras et de la chaine de Restaurants Hot’s de Los Angeles. Il faut noter que les producteurs de foie gras français ne se sont pas associé à cette action en justice.

Le juge a formulé son rejet de la loi en stipulant que la Californie ne peut pas légiférer sur la manière dont les foies gras sont obtenus. Les ligues de protection des animaux sont d’ors et déjà en embuscade avec à leur tête un dénommé Paul Shapiro, décidé à faire appel de cette décision basée sur une loi fédérale qui interdit à un Etat d’interférer dans le commerce entre Etats. L’un des chefs d’un Hot’s restaurants de Los Angeles a évoqué de son côté « le droit à la liberté de cuisiner » comme une valeur fondamentale.

La lacune dans la démarche des protecteurs des animaux résiderait dans leur ignorance de l’avis des oies et des canards eux-mêmes. Allez dans une petite ferme du Périgord qui élève en semi-liberté une vingtaine d’oies pour produire du foie gras. Il n’y a pas besoin de gaver manuellement ces animaux qui se goinfrent naturellement à s’en faire péter le jabot tant qu’il y a de la nourriture disponible. Le gavage manuel ne constitue qu’une amélioration de cette propension innée au gavage car les oies se nourrissent avec tellement de voracité qu’elles gaspillent la nourriture en la répandant partout et dès qu’elle est polluée par des fientes cette nourriture est perdue car l’oie la dédaigne. Les associations de protection des animaux se sont encore une fois engagées dans un faux combat basé sur des idées fausses, la simple observation du comportement d’une oie le prouve.

On pourrait citer de nombreux exemples de l’incongruité des associations de protection des animaux. La commune de Saint-François en Guadeloupe avait décidé de l’extermination des chiens errants qui chaque année blessent gravement des promeneurs ou des touristes. On peut réellement sentir sa vie en danger si on est attaqué par une meute de ces animaux extrêmement agressifs et qu’on n’a pas de moyens de défense disponibles rapidement. La Ligue de Protection des Animaux locale a fait interdire cette décision. La dernière disposition en date est l’interdiction de disséquer des souris ou des grenouilles en travaux pratiques de science naturelle au lycée, ça se passe aussi en France, pays de moins en moins contrasté car il a choisi délibérément la régression dans tous les domaines …

Source : Reuters, illustration Wikipedia (gavage d’oies à l’époque des pharaons)

Au Texas, de l’huile dans le sous-sol mais aussi en surface !

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Les USA figurent parmi les plus gros consommateurs d’huile d’olive au monde mais la production domestique représente à peine 3 % des besoins, le reste est importé principalement d’Espagne et d’Italie. Ce marché représentant 1,1 milliard de dollars annuellement il est tout à fait compréhensible que des agriculteurs se diversifient dans la production d’olives. Des oliviers il y en a quelques deux millions en Californie et ça ne date pas d’hier car ce sont des missionnaires espagnols qui ont initié la culture de l’olivier dans cet Etat dès la fin du XVIIIe siècle. Mais c’est au Texas, l’Etat pétrolier nord-américain par excellence, que l’engouement pour l’olivier est le plus sensible aujourd’hui ! Non contents de pomper du pétrole de leur sous-sol les propriétaires de ranchs texans se sont récemment lancé dans le business de l’huile d’olive. Toute la partie centrale et méridionale de cet Etat se prête à la culture de l’olivier. En 2013 pas moins d’un demi-million d’oliviers ont été plantés par plus de 70 agriculteurs. Dans quelques années, à ce rythme, le Texas exportera aussi de l’huile d’olive dans les autres Etats américains. La chute récente et spectaculaire du prix du pétrole va favoriser cet essor de l’huile d’olive d’autant plus que la durée de vie des récents puits d’extraction d’hydrocarbures est estimée à moins de 25 ans, la belle âge pour un olivier ! Néanmoins, l’olivier ne créera jamais autant d’emploi que le récent boom pétrolier mais pour quelques propriétaires terriens cette diversification constitue un gage de sécurité à long terme favorisée par les récents revenus du pétrole extrait par fracturation comme dans la région d’Eagle Ford où la terre est parfaitement adaptée à la culture de l’olivier. Heureux ranchers texans qui non contents de pomper du pétrole dans leur sous-sol produisent maintenant de l’huile en surface … Il faudra attendre longtemps pour assister à la même situation dans le sud de la France où la culture de l’olivier est relativement répandue et dont le sous-sol est potentiellement riche en hydrocarbures.

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Source et illustrations : Bloomberg