Le début de la débandade ?

Total, la première capitalisation boursière sur la place de Paris, décide pudiquement de transférer ses activités financières à Londres.

Total/Londres: la compétitivité de la place de Paris en question  PARIS (France) – La décision de Total de transférer à Londres sa trésorerie et sa communication financière pose la question de la compétitivité de la place de Paris, a estimé mardi l’association Paris Europlace.

Dans un monde de plus en plus ouvert et concurrentiel, c’est une décision qui pose une fois de plus la question de la compétitivité de la place financière de Paris, a indiqué à l’AFP Arnaud de Bresson, délégué général de cette association qui défend les intérêts de la place parisienne.

Il rappelle que Paris Europlace a mis en avant récemment le fait que la compétitivité de notre industrie financière est une condition du financement des entreprises et de la reprise de la croissance, comme du maintien du contrôle de nos centres de décision, et donc de l’emploi.

Pointant l’urgence de la situation, Paris Europlace appelle à une mobilisation collective sur cette question des pouvoirs publics et des acteurs de la place de Paris, souligne M. de Bresson.

En particulier, il importe que les pouvoirs publics fassent de la compétitivité du financement de l’économie une priorité de leur politique et organisent un environnement réglementaire et fiscal en conséquence, ajoute-t-il.

Total prévoit de transférer à Londres la gestion de sa trésorerie et une partie de sa communication financière, soit 70 personnes au total, afin, affirme le groupe, d’être en contact direct avec la capitale financière et pétrolière européenne.

jbo/dlm/az

TOTAL


(©AFP / 06 août 2013 20h07)

On pourrait ironiser au sujet de cette décision mais il semble que Monsieur De Margerie, le CEO de Total, ait finalement opté pour un abandon de l’ensemble des activités du groupe sur le sol français. Que réalise Total en France ? Rien, pratiquement plus d’activités de raffinage qui ne sont pas rentables en dehors de quelques unités produisant des dérivés pour la chimie, pas question d’effleurer la moindre autorisation de prospection des potentialités du gaz et du pétrole de schiste, alors que plus du quart du territoire hexagonal est éventuellement riche en cette ressource, ça risquerait d’énerver le ministre faucheur d’OGMs, et le groupe d’envergure internationale ne paie pratiquement pas d’impôts en France puisque ses activités sur le sol français sont déficitaires, il ne restait donc plus, en toute logique, au groupe Total à s’expatrier purement et simplement. Bientôt ce sera Sanofi, puis LVMH, Danone, Bouygues, Vallourec, pourquoi pas l’ensemble des sociétés du CAC40 ? Ces « fleurons » de la puissance industrielle et commerciale de la France réalisent plus de 60 % de leur chiffre d’affaire hors de l’Hexagone. La politique fiscale calamiteuse du gouvernement socialo-marxiste au pouvoir commence à porter ses fruits : dans moins d’un an, peut-être même moins de six mois, la France ira quémander auprès du FMI une aide financière car aucun investisseur ne voudra prêter à ce gouvernement outrageusement dépensier et alors on commencera à réaliser dans quel abysse le pays est tombé …

Terra incognita …

Je ne suis pas un analyste financier, heureusement d’ailleurs car faire des pronostics économiques ou financiers par les temps qui courent c’est comme prévoir le temps qu’il fera au mois de septembre, c’est-à-dire que la chance de faire une prévision réaliste de ce que ma petite nièce fera dans trois mois à Arcachon équivaut à lire dans le marc de café. Je m’explique : aucune de mes petites nièces, autant que je sache, n’ira à Arcachon cet été, mais ma diversion prosaïque n’est là que pour insister sur le fait que les prévisions économiques sont inutiles. Même Mario Draghi ne sait pas où il s’aventure après avoir réduit le taux directeur de la BCE d’un tiers à 0,5 % car maintenant, compte tenu d’une inflation moyenne dans la zone euro de 1,5 % le taux d’intérêt réel est négatif et Draghi, auréolé de son passé chez Goldman Sachs, ne peut pas se féliciter de conduire l’Europe dans une terra incognita qui n’encouragera certainement pas les banques à financer une quelconque initiative entrepeurneuriale et ce dans quel pays européen que ce soit y compris l’Allemagne. Ces taux d’intérêt négatifs de fait sont donc là pour paralyser l’ensemble de l’économie européenne et Madame Lagarde que je regardais hier interviewée par une chaine de télévision suisse doit rêver autant que Mario Draghi en annonçant que seule la rigueur pourra faire renaître la croissance tant espérée par les Espagnols, les Italiens, les Portugais … et les Français. Car, avec des taux d’intérêt négatifs, les investisseurs iront vers d’autres pays que ceux de l’Union européenne et lorsque les gouvernements européens, comme la France, dispendieux, ne trouveront plus d’acquéreurs pour leurs émissions d’obligations pour lesquelles ces derniers seront certains de perdre de l’argent, il ne faut pas les prendre pour des imbéciles, alors le système se bloquera de lui-même et le FMI ne pourra plus faire face à la débandade européenne généralisée tant politique que sociale. Car non seulement les banques qui voient maintenant leur mises en pension auprès de la BCE réduites également à un taux égal à zéro et donc compte tenu de l’inflation (qui diminue ce qui n’est pas bon signe) ces banquiers perdent de l’argent en le déposant même à très court terme, alors ils n’ont plus d’autre choix que de consolider leur bilan mais au détriment de toute espèce de relance de l’économie totalement atone en Europe.

C’est donc vers l’inconnu que l’Europe a choisi d’aller et les conséquences sont imprévisibles tant socialement que politiquement. Il y a dix huit mois environ (il faut que je mette de l’ordre dans mon blog pour que mes lecteurs s’y retrouvent) je prévoyais une récession en double-dip, elle est maintenant dans les faits et la décision de la BCE, masquée un temps par l’augmentation des indices boursiers, ne fera in fine qu’aggraver la situation. J’ose espérer que je me trompe, au moins pour l’Europe, mais j’ai peine à croire que la bourse ne réflète pas la réalité des fondamentaux et qu’elle est sous-évaluée. Les investisseurs, c’est-à-dire l’ensemble des citoyens quoiqu’en pensent le gouvernement français socialo-communiste, ne s’y trompent pas car les nations ne sont plus solvables et encore pour quelques mois les bourses sont leur seule source de profit potentiel, mais cette situation ne durera pas non plus, alors ce sera la chute. 

Réflexions boursières …

Ce matin, la bourse de Paris s’envole et pourtant les indicateurs sont toujours dans le rouge virant progressivement au noir, c’est à n’y rien comprendre. L’activité économique chinoise ralentit plus que prévu par les analystes qui n’analysent plus rien et s’en remettent aux boules de cristal et autres marcs de café tant leurs prévisions atteignent des degrés d’incertitude comparables aux prévisions météorologiques à dix jours, c’est-à-dire le flou savamment dosé pour ne pas trop affoler l’opinion publique. Et il y a aussi cette histoire de bail in. Je m’explique, dorénavant et depuis l’escroquerie chypriote, les déposants clients de leur banque donc prêteurs puisque l’argent des comptes courants ou d’épargne est utilisé par ces banques, se verront dans l’obligation de subir une tonsure de leur épargne (on dit hair cut en anglais) au cas où leur banque se trouverait dans une situation de faillite. En d’autres termes votre argent sagement déposé sur votre compte en banque ne sera plus garanti. Si les politiciens en sont arrivés à cette extrémité, ce doit être parce que la fin est proche, la grande crise financière se profile à l’horizon …

Comme si la bourse de Paris voulait saluer une hypothétique reprise économique en France, il semble que les financiers n’ont pas encore eu sous les yeux le PMI flash de Markit que je me permets de soumettre à l’appréciation de mes lecteurs : 

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Et comme si ça ne suffisait pas, voilà un autre graphique tout aussi explicite :

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L’emploi dans les secteurs manufacturiers et des services chute depuis maintenant plus de 16 mois et la tendance n’a pas vraiment l’air de s’inverser.

Donc, les investisseurs sont dans une attitude attentiste et vivent dans l’instant présent pour réaliser les quelques profits encore possibles dans une bourse très volatile. Mais l’avenir reste bien sombre …

Source: Business Insider