Testostérone et civilisation : un rapprochement inattendu !

140801171114-large

Si l’Homo sapiens sapiens apparut de façon incontestable il y a 200000 ans en Afrique de l’Ouest et dans diverses régions du sud du même continent, ce même homme moderne n’atteint l’Eurasie qu’il y à un peu moins de 100000 ans, à 20000 années près ce n’est si important pour comprendre l’évolution de notre ancêtre direct. En effet, au cours de ces deux cent mille années, nous avons continué à évoluer avec parallèlement l’apparition du langage et de la création artistique mais aussi la confection d’armes pour assurer aux cellules familiales une subsistance carnée qui contribua au développement harmonieux du cerveau. Cette longue période de transition estimée à environ 150000 années vit en effet l’apparition de comportements impliquant un certain esprit innovant, l’émergence de la notion d’abstraction et la symbolique telle qu’on a pu en découvrir quelques preuves avec l’activité artistique présente de manière continue depuis 80000 ans, en gros la première datation incontestée des plus anciennes œuvres d’art abstrait trouvées en Afrique du Sud. Mais ce n’est pas tout, la propension à vivre en groupes organisés a conduit nos ancêtres à devenir socialement tolérants, ce qui est une condition importante pour que puissent apparaître la possibilité de vie dans des groupes humains plus nombreux capables de coopérer culturellement. Cette évolution a été mise en évidence indirectement en étudiant quelques 1400 crânes anciens, de la dernière période du Pléistocène jusqu’à nos jours.

Cette étude réalisée par une équipe de paléo-anthropologues de l’Université Duke aux USA a montré que l’évolution de nos proches ancêtres révélait une « féminisation » progressive du crâne. Or quand on dit « féminisation » de crâne, en particulier la disparition progressive des arcades sourcilières proéminentes, on pense tout de suite à une diminution des taux de testostérone circulant dans l’organisme. En effet, la testostérone intervient dans la mise en place des caractères sexuels secondaires tels que l’ossature plus robuste chez l’homme que chez la femme, personne ne peut le contester. Il apparaît aussi que le crâne lui-même devint plus arrondi et selon les résultats de cette étude plus féminisé. Or la testostérone joue un rôle central dans l’agressivité d’une manière générale et de forts taux de cette hormone sexuelle ne joue pas en faveur des rapprochements sociaux et de l’harmonie des groupes humains. L’étude ne mentionne pas si cette évolution provient d’une diminution de la synthèse de testostérone ou d’un abaissement de la densité de ses récepteurs. C’est ce qui explique cet aplanissement du front et la forme arrondi du crâne, cette « féminisation » de l’homme qui apporta plus de civilité et donc une plus forte propension au développement de sociétés organisées et harmonieuses.

Pour argumenter leur étude les anthropologues de la Duke University ont établi un parallèle avec l’évolution des renards de Sibérie qui après quelques générations de sélection sont devenus moins peureux et moins agressifs au fur et à mesure que leur production de testostérone diminuait. Et il en est de même chez les primates : par exemple le taux de testostérone des bonobos qui agrémentent leur vie quotidienne de civilités à caractère sexuel et sont dénués de toute agressivité ont un taux de testostérone bien inférieur à celui des chimpanzés, par nature beaucoup plus agressifs alors que ces deux espèces de primates ont divergé il y a moins de deux millions d’années. Les chimpanzés sont soumis à de fortes « bouffées » de testostérone durant leur puberté ce qui n’est pas du tout le cas chez les bonobos. Parallèlement les bonobos, au cours d’un épisode de stress à caractère social ne produisent pas plus de testostérone mais au contraire des chimpanzés du cortisol, un autre hormone stéroïde ayant un effet plutôt relaxant.

Cette évolution se traduit presque visuellement entre le chimpanzé et le bonobo. Il est en effet rare que les deux arcades sourcilières se rejoignent chez le bonobo alors qu’au contraire ce trait est la règle chez le chimpanzé. L’étude a porté sur 13 crânes de plus de 80000 ans, 41 crânes datés entre dix et trente-huit mille ans et 1367 crânes d’hommes modernes du XXe siècle répartis entre 30 ethnies différentes. Les résultats ont montré une évolution de l’ossature crânienne en faveur d’une diminution du taux de testostérone apparaissant clairement il y a environ 50000 ans. Cette période correspond à l’apparition d’outils sophistiqués confectionnés avec des bois de cervidés, des éclats de silex chauffés pour en améliorer la dureté, l’apparition également de matériel de pêche sophistiqué tels que des harpons et aussi et surtout la maîtrise du feu et donc de la consommation de viandes cuites, le feu ne servant plus uniquement à effaroucher les bêtes sauvages et les éloigner mais aussi et surtout à renforcer la cohésion sociale des groupes humains. On peut sans peine imaginer que l’apparition du langage est concomitante à cette évolution qui favorisa donc l’émergence de groupes humains plus structurés et plus denses, l’agressivité naturelle due à de trop forts taux de testostérone ayant été atténuée par une diminution de cette dernière. Chaque individu devenait ainsi plus social, plus ouvert à des collaborations avec les autres et en définitive plus à même d’apprendre des autres membres de son groupe, ce qui eut pour conséquence un développement continu de ce qu’on pourrait appeler le génie de l’homme.

Il va sans dire, mais cette étude ne le dit pas, que beaucoup de politiciens produisent de nos jours beaucoup trop de testostérone et que leur agressivité est devenue un commun dénominateur mettant en péril les acquis de centaines de milliers d’années d’évolution.

Source : Duke University Press Release

Pourquoi le pénis de l’homme est plus gros que celui de tous les autres primates ?

God's Doodle

Il y a un peu plus de deux millions d’années nous n’étions déjà plus des singes mais nous n’étions pas encore des hommes. Nous marchions encore le plus souvent à quatre pattes comme nos cousins primates qui nous ressemblaient probablement beaucoup. Nous ne sommes pas très différents des chimpanzés et des bonobos, génétiquement s’entend, puisque nos gènes ne diffèrent que de 2 % et c’est d’ailleurs la preuve que nous descendons d’un ancêtre commun, n’en déplaise aux créationistes. Mais quand notre ancêtre a appris à marcher sur les deux pattes arrières il s’en est suivi toute une évolution qui fait qu’aujourd’hui nous ne sommes plus des singes mais des hommes. Seule la bipédie a fait que notre squelette a évolué, notre habileté à trouver de la nourriture et à fuir les prédateurs ont fait le reste. Un nourriture agrémentée de quelques morceaux de charogne ou de viande crue d’un animal fraichement abattu a permis à notre cerveau d’évoluer rapidement, encore qu’il faille s’entendre sur le terme « rapidement » car il nous a fallu pas loin de deux millions d’années pour être ce que nous sommes aujourd’hui et non pas des singes.

La bipédie a eu aussi pour résultat, certes anecdotique, de mettre en évidence les organes sexuels de l’homme et de dissimuler le sexe de la femme qui quand elle marchait encore à quatre pattes était parfaitement visible comme le sexe d’un femelle bonobo est complètement découvert. Mais ce n’est pas tout. La posture verticale a modifié également l’agencement des organes internes, en particulier les intestins et d’autres tissus mous et variés qui sont retenus par le péritoine et la musculature du ventre chez les singes qui présentent naturellement un ventre rebondi du fait de la simple action de la gravité, mais pour l’homme (et la femme) qui a appris à marcher sur ses deux membres postérieurs, outre les modifications profondes de l’articulation des hanches et de la courbure de la colonne vertébrale, ces organes ont eu tendance à peser sur le bas du ventre. Et qu’y a-t-il au bas du ventre de la femme, le vagin, orifice jouant un rôle central dans le processus de la reproduction.

Et là réside l’explication de la taille nettement supérieure du pénis de l’homme si on établit une comparaison avec nos cousins les singes. Par exemple le gorille impressionne par sa musculature mais son pénis est si petit qu’au repos il est à peine visible. Cette observation enlève d’ailleurs toute crédibilité à la célèbre chanson de Brassens mais c’est hors sujet. Quant aux bonobos qui pratiquent les joies de l’accouplement à répétition à longueur de journée dans des postures n’étant pas sans rappeler celles que les humains imaginent dans le secret d’une alcôve n’ont pas non plus un pénis impressionnant, loin de là, à peine augmente-t-il de taille entre la flaccidité et l’érection.

Venons en donc à cette fameuse taille du pénis. Tout a été dit à tort ou à raison mais les statistiques sont là pour le prouver : la taille du pénis de l’homme n’est pas exceptionnelle, tout au plus en moyenne 5,4 pouces en érection, soit 13,9 centimètres. Mais il y a un problème ! Plus les statistiques concernent des grands nombres avec des mesures dûment constatées par le corps médical, plus la taille moyenne diminue. Les premières données datent de la collecte organisée par Mac Kinsey (sponsorisé par la firme Durex) et arrivaient à cette étonnante taille de 16,2 centimètres en moyenne puis ce fut 15,8, 14,6 et finalement 13,9 centimètres. En s’en tenant à cette dernière étude portant sur plusieurs milliers d’homme volontaires pour ce petit jeu, et en toute objectivité, on arrive à cette taille moyenne de 13,9 centimètres pour une circonférence moyenne de 12,7 centimètres conduisant à un diamètre d’environ 4 centimètres tout au plus à la base du pénis. Ces études statistiques agrégées ont enfin montré que seulement 18 hommes sur 1000 dépassaient cette mensuration moyenne. Les vantards sont donc beaucoup plus nombreux qu’on a tendance à le croire, toutes origines ethniques confondues et ce n’est pas parce qu’on a un ancêtre Zoulou qu’on est mieux « monté ».

Mais à la question de savoir pourquoi le pénis de l’homme est plus long et, disons, plus large que celui des quelques 190 espèces de primates dont nous faisons partie, il faut faire preuve d’imagination et les médecins qui se sont penché sur ce problème n’ont pas trouvé d’autres explications qu’une courbure du vagin vers l’avant et vers le bas sous le poids des viscères obligeant le pénis de l’homme à s’adapter à cette situation un peu comme la girafe a vu son cou grandir et grandir encore pour atteindre les hautes branches des arbres dont elle se nourrit. En d’autres termes le pénis de l’homme s’est adapté à la géométrie du vagin pour optimiser le dépôt de sperme aussi près que possible du col de l’utérus étant sous-entendu naturellement que le vagin n’est pas une structure figée mais un tissu souple, contrairement au pénis en érection, donc un vagin qui s’adapte autant à la longueur qu’au diamètre de ce dernier. La nature, encore une fois, fait bien les choses.

Source : Definitive Penis Internet Survey