Géopolitique : la guerre du lithium a déjà commencé

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Pour équiper une voiture électrique Tesla modèle S de batteries délivrant une puissance de 70 kWh il faut 63 kilos de lithium. La firme américaine Tesla produit aujourd’hui des voitures électriques en Chine contribuant de ce fait aux quelques 1 million et demi de ce type de voiture déjà fabriquées dans ce pays, le premier producteur du monde. En outre la Chine prévoit qu’en 2040 toutes les voitures neuves vendues dans son pays seront électriques. La demande en lithium va donc croître exponentiellement ainsi que la consommation d’électricité et dès 2025 la Chine aura besoin de 800000 tonnes de lithium puis cette demande continuera à augmenter. La principale préoccupation de la Chine est donc d’assurer ses sources d’approvisionnement en dépit du fait que ce pays compte parmi les rares pays possédant des gisements de lithium avec le Chili, la Bolivie, l’Argentine et l’Australie. La Chine a donc ces dernières années mis en place des contrats d’exploitation avec la plupart de ces pays, dont en particulier le Chili et la Bolivie.

Avec la Bolivie qui possède près de 60 % des réserves mondiales de lithium connues la Chine était sur le point de finaliser un contrat d’exploitation du haut plateau d’Uyuni à l’extrême sud-est du pays à 4000 mètres d’altitude, une étendue de désert salé de près de 10000 km2. La NSA, organisme d’écoute américain, a constitué un solide dossier relatif aux tractations entre l’administration chinoise et le gouvernement bolivien d’Evo Morales qui avaient été initiées dès le début de l’année 2018. Il s’agissait d’un accord gagnant-gagnant entre la Bolivie et la Chine puisque ce dernier pays s’engageait à investir dans une usine de production de lithium métal et ultérieurement dans une unité de production d’accumulateur Li-ion en Bolivie. Comme il est facile de l’imaginer tout ceci n’a pas vraiment plu à l’administration américaine. La CIA a donc financé l’opposition politique bolivienne essentiellement d’origine hispanique pour fragiliser le gouvernement d’Evo Morales d’origine aymara amérindienne, les Amérindiens étant largement majoritaires dans la population bolivienne. De plus le passé de syndicaliste de Morales et sa politique socialiste ouvertement affichée dans le pays le plus pauvre d’Amérique latine a aggravé son cas. Le véritable coup d’Etat organisé par la CIA a conduit Morales à l’exil et à l’annulation de tous les contrats miniers passés ou sur le point d’être conclus avec la Chine.

Pour l’administration américaine le lithium est considéré comme un métal stratégique et toute tentative d’exploitation échappant au contrôle de Washington met en danger la sécurité des Etats-Unis. La population bolivienne d’origine amérindienne est la première à en subir les conséquences et ses espoirs d’amélioration de son niveau de vie ont disparu. Les troubles que vit actuellement le Chili sont du même ordre et sont également organisés par la CIA, sous le faux prétexte que tous les pays de la sphère d’influence américaine sur les deux partie du continent doivent être des pays « démocratiques » et si ce n’est pas le cas ils sont considérés comme des menaces pour la sécurité des USA. La guerre du lithium a bel et bien commencé …

Source partielle : globalresearch.ca, illustration Wikipedia