Covid-19 : politisation, corruption et suppression de la science.

Quand la bonne science est supprimée par le complexe politico-médical, les gens meurent (Editorial du British Medical Journal du 13 Novembre 2020). Les politiciens et les gouvernements suppriment la science. Ils le font dans l’intérêt public, disent-ils, pour accélérer la disponibilité des diagnostics et des traitements. Ils le font pour soutenir l’innovation, pour mettre des produits sur le marché à une vitesse sans précédent. Ces deux raisons sont en partie plausibles. Les plus grandes déceptions sont fondées sur une part de vérité, mais le comportement sous-jacent est troublant.

La science est supprimée à des fins politiques et financières. Le Covid-19 a déclenché la corruption de l’État à grande échelle, et il est nocif pour la santé publique (1, se reporter à l’article pour les références). Les politiciens et l’industrie sont responsables de ce détournement de fonds opportuniste. Il en va de même pour les scientifiques et les experts en santé. La pandémie a révélé comment le complexe politico-médical peut être manipulé en cas d’urgence – un moment où il est encore plus important de sauvegarder la science.

La réponse à la pandémie au Royaume-Uni fournit au moins quatre exemples de suppression de la science ou des scientifiques. Premièrement, la composition, la recherche et les délibérations du Groupe consultatif scientifique pour les urgences (SAGE, Scientific Advisory Group for Emergencies) étaient initialement secrètes jusqu’à ce qu’une fuite de presse force la transparence (2). La fuite a révélé une implication inappropriée de conseillers gouvernementaux dans le SAGE, tout en révélant une sous-représentation de la santé publique, des soins cliniques, des femmes et des minorités ethniques. En effet, le gouvernement a également reçu récemment l’ordre de publier un rapport de 2016 sur les lacunes de la préparation à une pandémie, l’opération Cygnus, à la suite d’un verdict du Bureau du commissaire à l’information (3,4).

Ensuite, la publication d’un rapport de Public Health England sur le Covid-19 et les inégalités a été retardée par le ministère de la Santé d’Angleterre. Une section sur les minorités ethniques a été initialement suspendue, puis, à la suite d’un tollé général, a été publiée dans le cadre d’un rapport de suivi (5,6). Les auteurs de Public Health England ont reçu pour instruction de ne pas en parler aux médias. Troisièmement, le 15 octobre, le rédacteur en chef du Lancet s’est plaint qu’un auteur d’un article de recherche, un scientifique du gouvernement britannique, a été empêché par le gouvernement de parler aux médias en raison d’un « paysage politique difficile » (7).

Maintenant, un nouvel exemple concerne la controverse relative aux tests d’évaluation des anticorps dirigés contre le Covid-19 (8). L’opération Moonshot du Premier ministre dépend de la disponibilité immédiate et large de ces tests de diagnostic rapides et précis (9). Elle dépend également de la logique discutable du dépistage de masse – actuellement testé à Liverpool avec un test PCR sub-optimal (10,11).

L’incident est lié à des travaux de recherche publiés dans le BMJ, qui révèle que le gouvernement a acheté un test d’anticorps qui, dans le monde réel, est bien en deçà des déclarations de performance faites par ses fabricants (12,13). Des chercheurs du Public Health England et des institutions collaboratrices ont raisonnablement poussé à publier les résultats de leur étude avant que le gouvernement ne s’engage à acheter un million de ces tests, mais ont été bloqués par le ministère de la Santé et le bureau du Premier ministre (14). Pourquoi était-il si important de se procurer ce produit sans un examen préalable minutieux ? La pré-publication des recherches sur un serveur de pré-impression ou sur un site Web gouvernemental est compatible avec la politique de publication du BMJ. Comme s’il avait été nécessaire de prouver quelque chose le Public Health England a ensuite tenté en vain de bloquer le communiqué de presse du BMJ sur cet article scientifique.

Les politiciens prétendent souvent suivre la science, mais c’est une simplification excessive et trompeuse. La science est rarement absolue. Cela s’applique rarement à tous les contextes ou à toutes les populations. Il n’est pas logique de suivre servilement la science ou les preuves qu’elle avance. Une meilleure approche consiste pour les politiciens et les décideurs nommés publiquement, à être informés et guidés par la science lorsqu’ils décident de la politique pour leur public. Mais même cette approche n’attire la confiance du public et des professionnels que si la science est disponible pour un examen minutieux et sans ingérence politique, et si le système est transparent et non compromis par des conflits d’intérêts.

La répression de la science et des scientifiques n’est ni nouvelle ni un phénomène particulièrement britannique. Aux États-Unis, le gouvernement du président Trump a manipulé la Food and Drug Administration pour approuver à la hâte des médicaments non prouvés (voir note en fin de billet) tels que l’hydroxychloroquine et le Remdesivir (15). À l’échelle mondiale, les gens, les politiciens et les responsables des achats sont corrompus par des agendas politiques et commerciaux (16).

La riposte du Royaume-Uni à la pandémie repose trop largement sur des scientifiques et d’autres personnes nommées par le gouvernement aux intérêts concurrents inquiétants, y compris des participations dans des entreprises qui fabriquent des tests de diagnostic, des médicaments et des vaccins anti-Covid-19 (17). Les personnels nommés par les gouvernements peuvent ignorer les données scientifiques ou pire faire leur propre choix parmi ces données, une autre forme de malhonnêteté, et se livrer à des pratiques anticoncurrentielles qui favorisent leurs propres produits et ceux d’amis et d’associés (18).

Comment la science pourrait-elle être sauvegardée en ces temps d’exception ? La première étape est la divulgation complète des intérêts concurrents du gouvernement, des politiciens, des conseillers scientifiques et des personnes nommées, tels que les responsables des tests et du traçage, de l’approvisionnement en tests diagnostiques et de la livraison des vaccins. La prochaine étape est une transparence totale sur les systèmes de prise de décision et leurs processus afin de savoir qui est responsable de quoi. Une fois que la transparence et la responsabilité sont établies en tant que normes, les personnes employées par le gouvernement ne devraient idéalement travailler que dans des domaines sans rapport avec leurs intérêts personnels. L’expertise n’est possible qu’en l’absence de conflits d’intérêt. Si une règle aussi stricte devient irréalisable, la bonne pratique minimale est que les personnes étant en position de conflit d’intérêts ne doivent pas être associées aux décisions sur les produits et les politiques dans lesquels elles ont un intérêt financier.

Les gouvernements et l’industrie doivent également cesser d’annoncer une politique scientifique critique par communiqué de presse. De telles mesures mal jugées laissent la science, les médias et les marchés boursiers vulnérables à la manipulation. Une publication claire, ouverte et préalable des bases scientifiques de la politique, des achats et des médicaments miracles est une exigence fondamentale (19).

Les enjeux sont élevés pour les politiciens, les conseillers scientifiques et les personnes nommées par le gouvernement. Leur carrière et leurs soldes bancaires peuvent dépendre des décisions qu’ils prennent. Mais ils ont une responsabilité et un devoir plus élevés envers le public. La science est un bien public. Il n’est pas nécessaire de la suivre aveuglément, mais il faut en tenir compte de manière équitable. Il est important de noter que la suppression de la science, que ce soit en retardant la publication, en choisissant des recherches favorables ou en bâillonnant les scientifiques, est un danger pour la santé publique, causant des décès en exposant les gens à des interventions dangereuses ou inefficaces et en les empêchant de bénéficier de meilleurs traitements. Lorsque tout ceci est mêlé à des décisions commerciales, il s’agit également d’une mauvaise administration de l’argent des contribuables.

La politisation de la science a été déployée avec enthousiasme par certains des pires autocrates et dictateurs de l’histoire, et elle est malheureusement courante dans les démocraties (20). Le complexe politico-médical tend vers la suppression de la science pour favoriser et enrichir ceux qui sont au pouvoir. Et, au fur et à mesure que les puissants réussissent, s’enrichissent et s’enivrent davantage de pouvoir, les vérités peu pratiques de la science sont supprimées. Lorsque la bonne science est supprimée, les gens meurent.

Pour les références il faut se reporter à l’éditorial signé de Kamran Abbasi, CEO du BMJ, dont le lien est le suivant : https://www.bmj.com/content/371/bmj.m4425

Note. Des essais en double aveugle randomisés ont été effectués sur les deux produits Remdesivir et hydroxychloroquine. Les résultats obtenus n’ont jamais été rendus publics, on ne sait pas pourquoi certains essais n’ont pas été finalisés. En ce qui concerne le Remdesivir sa toxicité au niveau des reins a été largement montrée empiriquement par les praticiens hospitaliers. Pour l’hydroxychloroquine, l’efficacité de ce produit a également été prouvée par l’observation clinique. La Chine, qui avait découvert l’efficacité de ce produit sur le SARS-CoV-1 il y a près de 20 ans, a toujours considéré que des tests en double aveugle randomisés sur des malades était contraire aux règles éthiques fondamentales. En d’autres termes le devoir d’un médecin est de soigner le malade et non pas de risquer sa vie en effectuant des tests placebo. Et puisque j’y suis aucune publication des essais cliniques relatifs aux vaccins dits « à ARN messager » n’a été rendue publique. C’est contraire à l’éthique fondamentale. Le chaland va devoir se faire vacciner sur la foi de communiqués de presse des grandes compagnies pharmaceutiques : invraisemblable, tout simplement … J ‘approuve le courage de Kamran Abbasi qui a dénonçé les dysfonctionnements dans la crise coronavirale en Grande-Bretagne !

Crise climatique : Les anticonceptionnels c’est bon pour le climat !

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Pour une fois le British Medical Journal ne fait pas dans la dentelle. Ce périodique prestigieux vient de s’illustrer bassement en osant publier un infect pamphlet écrit par John Guillebaud que mes lecteurs anglophones peuvent retrouver ici : http://dx.doi.org/10.1136/bmj.i2102 , en libre accès pour la bonne cause, intitulé « Voluntary family planning to minimise and mitigate climate change ». Ce titre aiguillonne l’attention car « volontary » peut aussi bien dire aux niveaux individuel et du couple qu’imposé par une volonté supranationale.

Je me fais donc un plaisir, compte tenu de mes convictions contrariennes relatives au « changement climatique » justifiées par la validité incontestable des lois fondamentales de la physique qui sont allègrement ignorées par les « spécialistes » de l’IPCC, de me révolter au sujet de cet article qui prouve clairement les visées malthusiennes de la mouvance écologiste que j’ai déjà dénoncé dans mon blog. C’est tout simplement écoeurant !

Je me fais aussi un plaisir de traduire quelques passages de cet article monstrueux, relevant du plus pur esprit fasciste, de cet individu qui devrait être interdit de parole dans le monde (encore) libéral dans lequel nous vivons tous chaque jour mais peut-être pour plus très longtemps.

« Simplement dit, le changement climatique est la conséquence de la production excessive de gaz à effet de serre. Comme cela a été bien indiqué par le Professeur Tony McMichael, la cause des causes de ce changement climatique ne doit pas être ignorée. Le changement climatique a déjà atteint un point de non retour et il est urgent d’agir pour non seulement réduire nos émissions de carbone mais aussi et surtout pour réduire la population« .

Déjà en lisant le début de cet article je commence à halluciner mais je me permets d’insister :

« Une approche raisonnée dans un esprit de compassion de l’usage de contraceptifs accompagnée d’une bonne éducation dans un contexte culturel adapté peut offrir une réduction substantielle des coûts de la stratégie globale de réduction de l’émission des gaz à effet de serre« .

Je n’ai pas sollicité le BMJ pour reproduire dans mon blog l’illustration ci-dessus car je n’en ai rien à foutre mais cette image vaut son pesant de milliards de dollars. À gauche « La bonne nouvelle : chaque semaine de plus en plus de gens réduisent leur empreinte carbone« 

À droite « La mauvaise nouvelle : chaque semaine encore plus de monde« .

Je me suis demandé si j’allais continuer à traduire et commenter pour vous, mes chers lecteurs, le contenu de cet article et je me suis finalement persuadé qu’il était de mon devoir, en accord avec mes convictions, de réagir à l’aide d’une prose aussi posée que possible à cet ignominieux article de propagande dans la droite ligne idéologique du Prince Charles, un ami très cher d’Al Gore, pour ne pas les nommer ! Le premier paragraphe de l’article s’intitule tout simplement :  » Quelle est la relation entre la population et son impact sur l’environnement ? » Vous n’allez pas être surpris ! Au cours des années 70 l’impact de la population sur l’environnement (y compris sur le climat) fut parfaitement identifié comme répondant à la simple équation suivante :

I = P x A x T

I est ce fameux impact, P la population, A la création de richesse (affluence en anglais, un terme difficile à traduire) dont la conséquence est par opposition l’effluence, c’est-à-dire la production de polluants dont le CO2, et enfin T l’impact de la technologie, y compris les combustibles fossiles, sur cet impact. Comme n’importe quel élève de sixième pourrait le faire remarquer le facteur P, la population, multiplie les facteurs A et T, il est donc digne d’un sophisme éculé d’en déduire que limiter la population ne pourra qu’être bénéfique pour le climat ! Là où cet article a commencé à me faire nerveux c’est l’argument totalement extravagant consistant à prétendre que réduire la consommation de viande était vital pour préserver le climat. En quelques mots, manger moins de viande permettrait de réduire de 30 % les émissions de gaz à « effet de serre » car la déforestation serait ralentie, la production de méthane par le cheptel bovin serait également réduite et la formation d’oxydes d’azote provenant des engrais également …

Vient ensuite – c’est toujours dans le BMJ, je n’invente rien, l’article est en accès libre – un magnifique camembert qui documente la production de « gaz à effet de serre » :

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Maintenant je vais un peu résumer les propos de cet article scandaleux pour éviter à mes lecteurs de se lasser. Il y a une dissertation sur les taux de natalité qui sont effroyablement élevés dans les pays sous-développés en particulier en Afrique sub-sahélienne où on rencontres des fertilités allant jusqu’à plus de 5 enfants par femme. Je cite : « selon les Nations-Unies, dans les 48 pays les moins développés du monde la population va tripler à l’horizon 2100 et si rien n’est fait pour enrayer ce phénomène : en 2100 la population de la planète atteindra 28 milliards de personnes« .

Bon, comme chacun sait l’IPCC est une émanation onusienne, mais il ne faut tout de même pas abuser ! S’en suit un aveu, on l’attendait sans vraiment de surprise : la COP21 a « omis » de mentionner le planning familial dans la liste des résolutions urgentes pour lutter contre le changement climatique. Ben voyons ! Enfin les idéologues du climat dévoilent leurs objectifs qui consistent tout simplement à établir un contrôle autoritaire sur les habitudes fornicatoires de peuples entiers. Georges Brassens qui n’était pas avare de mots sur ce sujet serait proprement révolté … et je le suis car je suis un admirateur inconditionnel de cet immense poète et philosophe à sa manière pour qui le sexe (j’avais soudain envie de ne pas édulcorer mes propos tant je ne sens offusqué par cet article) fait partie de la vie, du quotidien, de la nature, de l’instinct.

Comment imposer à des populations entières le contrôle des naissances ? Tout simplement en imposant autoritairement des méthodes contraceptives efficaces allant jusqu’à la stérilisation volontaire des hommes. N’est-ce pas là l’avènement d’un totalitarisme planétaire sous prétexte que le climat change parce que la population croit trop vite ?

Alfred Sauvy, l’un des plus fameux démographes des cent dernières années, doit se retourner dans sa tombe. Il n’a pas assisté au renversement récent de la politique chinoise désastreuse d’un enfant par couple, désastreuse non pas aujourd’hui même mais dans 30 ans. Il se trouve que le mal est déjà fait pour la population chinoise qui ne récupérera de cette catastrophe, si l’on peut formuler la situation ainsi et si cela est encore possible, que dans deux générations. Sauvy, dont j’ai lu avec délectation quelques ouvrages, déclarait que toute intervention autoritaire sur la natalité ne pouvait conduire qu’à un désastre qu’il était difficile de programmer.

Vient ensuite un sommet de la mauvaise foi malthusienne si chère aux écologistes. Si une femme américaine mariée décide d’avoir un enfant de moins qu’elle ne l’avait prévu, l’empreinte carbone du couple sur toute leur vie sera réduite de 486 tonnes et la conséquence sur les générations futures, du fait d’une descendance moins nombreuse résultera en une « économie de carbone » de 9441 tonnes c’est-à-dire 20 fois plus que n’importe quel comportement écolo le plus scrupuleux : recyclage, chauffage et conditionnement d’air strictement limités, etc … même si par ailleurs les Américains ou les Britanniques émettent 35 fois plus de carbone que les habitants du Bangladesh !

La mission des Nations-Unies est donc d’introduire volontairement un planning familial à l’échelle planétaire selon Guillebaud et la responsabilité en revient aux médecins qui ont contribué largement à l’augmentation de l’espérance de vie périnatale. À la limite et dans ce contexte les médecins seraient coupables des émissions de gaz à effet de serre !!! Les médecins doivent éduquer les populations, préconiser les contraceptifs et les stérilets. Il est du devoir des gouvernements de soutenir massivement ces initiatives par l’intermédiaire d’ONGs comme Population Matters (www.populationmatters.org) ou encore le WWF. Que les femmes finissent par comprendre qu’il est préférable d’avoir un (seul) enfant par choix plutôt que par chance. Pour Guillebaud (et l’IPCC en 2014 mais pas à la COP21) si les femmes – qui le désirent – avaient accès à des contraceptifs gratuitement, les émissions de gaz à effet de serre pourraient être réduites de 30 %. Guillebaud déplore qu’il n’y ait pas eu la moindre mention à la dernière conférence de Paris de l’urgence d’un planning familial mondial y compris auprès des adolescents des pays développés.

L’effort mondial pour une gratuité des moyens contraceptifs représenterait selon Guillebaud moins de 6 jours du budget américain de la défense qui s’élève à 598 milliards de dollars.

Note : le Docteur Guillebaud est conseiller auprès de l’OMS et Professeur émérite de planning familial et de santé de la reproduction. Il a au moins le courage de se déclarer malthusien pur et dur …