Se blanchir la peau quand on est « noir », un non sens dangereux !

AFP_fd8a6291e0164f0741f47020b52ff4b18bd0809f.jpg

Dans les pays tropicaux, en particulier en Afrique, avoir la peau pigmentée est considéré comme une sorte de tare génétique. Pourtant l’évolution de l’Homo sapiens issu de l’Afrique devait donc avoir la peau pigmentée pour se protéger de l’aggression du rayonnement ultra-violet solaire. Or allez en Scandinavie ou en Islande, pays que j’ai visité lors de séjours professionnels ou touristes, il est rarissime que les natifs de ces pays aient la peau noire. Au contraire celle-çi est claire car l’organisme a besoin du rayonnement ultra-violet pour synthétiser la vitamine D à partir d’un précurseur du cholestérol. Il y a des exceptions en ce qui concerne les populations andines. Les montagnards des pays andins vivant à des altitudes supérieures à 3000 mètres ont, au cours de leur évolution qui est relativement courte, adapté la pigmentation de leur peau pour se protéger du rayonnement UV d’autant plus intense que l’on se trouve à une altitude élevée.

En Afrique les règles de la beauté féminine consistent avant tout à avoir la peau claire. Alors que le rayonnement ultra-violet est intense dès lors que l’on habite près de l’Equateur les élégantes d’Abidjan, de Konakry ou de Lagos tentent par tous les moyens d’ « éclaircir » leur peau, au moins celle de leur visage. Il s’agit d’une mode d’un nouveau genre qui a ouvert un marché lucratif à de pseudo-sociétés cosmétiques qui ont tout de suite détecté un marché particulièrement juteux pour écouler des produits le plus souvent dangereux pour la santé dont l’effet supposé est d’éclaircir la peau. Et ça marche, du moins commercialement parlant. Tous les produits chimiques, qu’ils aient une action sur la pigmentation de la peau ou non, sont vendus à grands coups de publicité (mensongère) pour établir un marché hautement lucratif. Il s’agit parfois de stéroïdes dont les effets secondaires sont redoutables comme par exemple l’apparition d’infections cutanées qui provoquent une telle dégradation de la qualité de l’épiderme que les femmes qui se sont pliées à ce genre de traitement finissent par porter une burka. C’est un peu comme si elles étaient victimes de la lèpre !

Tout faire pour se blanchir la peau est en réalité une conséquence lointaine de la période coloniale de ces pays africains. La mémoire collective a assimilé le fait qu’avoir la peau blanche était synonyme de supériorité comme l’étaient les représentants des puissances coloniales. En Afrique du Sud par exemple, alors qu’émerge un aparteid d’un nouveau genre consistant à exproprier les Blancs qui va, entre parenthèses conduire ce pays à un désastre similaire à celui que connaît toujours le Zimbabwe qui a suivi cette politique, paradoxalement les élégantes de Johannesburg se font blanchir la peau en ayant recours à des procédés dangereux pour leur santé car il n’existe aucune régulation, en quelque sorte n’importe quel escroc peut écouler un stock de produits chimiques sans être inquiété par les autorités. Pour donner une image de l’ampleur de cet engouement l’OMS a estimé en 2011 que plus de 60 millions de Nigérianes (77 % des femmes de ce pays de 180 millions d’habitants) utilisent n’importe quoi pour avoir la peau de leur visage aussi blanche que possible, depuis l’hydroquinone jusqu’à des stéroïdes de synthèse qui n’ont jamais été testés dans les conditions strictes respectées par les laboratoires de cosmétiques des pays occidentaux. Tous ces produits universellement utilisés en Afrique sont interdits aus Etats-Unis ! Serait-ce une sorte de déviance induite par la colonisation ? Nul doute que la réponse est positive et il ne fait aucun doute que des laboratoires occidentaux en profitent largement car ils échappent dans ces pays africains aux régulations de leurs propres pays.

En conclusion agir à l’encontre de l’évolution naturelle qui a habité l’humanité durant des millénaires ne peut que conduire à des catastrophes sanitaires de grande ampleur, surtout dans des pays qui n’ont pas encore assimilé la culture, disons, du respect de l’intégrité corporelle, encore qu’il y a beaucoup à dire à ce sujet.

Source et aussi illustration : très partiellement inspiré d’un article paru sur le site de l’AFP