Préserver la biodiversité ? Eliminer les hommes !

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Le nouveau dada des écolos bobos des pays développés est la protection de la biodiversité. Celle biodiversité est déjà menacée par le climat dont on nous dit qu’il se réchauffera inexorablement si l’homme ne fait pas tout ce qu’il peut – surtout financièrement – pour le sauver mais cette biodiversité est surtout menacée encore une fois par l’homme lui-même. Nous sommes donc – nous humains – tous concernés par ce problème d’équilibre des espèces animales, végétales et microbiennes parce que nous sommes trop nombreux sur la Terre, bien que ne représentant qu’une infime partie de la biosphère terrestre : 0,011 % (voir le lien sur ce blog). Et comme le monde politique a décidé haut et fort que le sauvetage de la biodiversité, comme celui du climat, constituait une urgence absolue il ne reste qu’une solution efficace : réduire la population humaine.

Va-t-on ressortir les vieilles idéologies malthusiennes reprises par le Club de Rome pour que nous nous donnions bonne conscience ? Va-t-on interdire l’agriculture intensive pour redonner à la nature ses droits ? Va-t-on interdire aux être humains le droit de faire des enfants afin de libérer des espaces pris sur la nature ? C’est selon les résultats d’une étude coordonnée par le TREE Project ce qui apparaît clairement : nous sommes trop nombreux sur la planète, il faut donc réduire la population humaine et créer des « parcs mondiaux » de préservation de la biodiversité en éliminant toute population humaine d’espaces réservés à la biodiversité. Il n’y a aucun autre moyen !

Le TREE (acronyme de Transfer-Exposure-Effects, http://tre.ceh.ac.uk ) est un organisme dépendant du Centre d’Écologie et d’Hydrologie britannique qui a collecté toutes les données disponibles au sujet des zones interdites mises autour de la centrale nucléaire de Tchernobyl qui a lourdement contaminé une zone située incluant la ville de Prypiat. La « création » de cette zone a nécessité l’évacuation sans retour possible de 350000 personnes car plus de 400 fois la quantité de radioactivité correspondant à celle de la bombe d’Hiroshima s’y dissémina. Ces études ont clairement montré que si la présence de l’homme est autoritairement éliminée la nature reprend ses droits rapidement et très efficacement.

L’accident de Tchernobyl révèle au moins un point important : la radioactivité tant décriée par les écolos bobos des pays occidentaux n’est pas aussi dangereuse qu’il n’y paraît. Il ressort que des doses massives de radiation tuent tout, les animaux, les arbres, les lichens et les mousses mais ces doses massives n’ont été observées et mesurées que lors de l’accident lui-même et des quelques jours suivants. Nul ne connaît précisément le nombre de décès d’êtres humains, les rumeurs mentionnent que 500000 personnes seraient mortes des suites de l’accident, directement ou à la suite de séquelles provoquées par les radiations. Quant à la population animale et la végétation elles semblent se comporter parfaitement bien dans les zones encore interdites. Comme on pouvait s’y attendre les mouvements opposés à l’usage de l’énergie nucléaire ont exigé que les statistiques concernant les décès soient « gonflées » pour bien faire passer leur message mais force est de constater que les animaux ont prospéré d’une manière inattendue dans des endroits pourtant déclarées après l’explosion « déserts pour la vie et pour des siècles ». Ce n’est évidemment pas le cas comme le montrent quelques illustrations :

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Le bison d’Europe semble tout à fait heureux, vivant en harmonie avec les lynx, les ours bruns, les élans et les chevaux de Przewalski, tous considérés comme des espèces hautement menacées avant l’accident nucléaire. Même certains amphibiens comme la grenouille arboricole se sont accommodés des fortes doses de radiations. Les enquêteurs scientifiques objectifs ont noté des cas d’albinisme chez certains oiseaux mais jamais ils n’ont pu observer des malformations comme celles qui circulèrent sur les réseaux sociaux quelques années après l’accident.

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Pour conclure ce billet la décision du gouvernement ukrainien de déclarer la zone interdite de Tchernobyl « réserve radiologique et environnementale de la biosphère » paraît être un geste hautement politique dans le contexte mondiale de préservation des écosystèmes, zone devenue en effet au cours des années du plus grand intérêt pour l’étude de la la conservation de la biodiversité dans un environnement radioactif déclaré hostile pour l’homme … à l’exception de toute autre forme de vie.

Au final il faut nuancer la culpabilité humaine tant en ce qui concerne le climat que la biosphère et encore et surtout tenir compte de l’immense capacité de résilience de la planète qui a vécu par le passé des situations climatiques beaucoup plus froides ou chaudes qu’aujourd’hui et la disparition d’espèces vivantes comme l’apparition d’autres espèces, ce que le monde politique refuse de prendre en considération. L’homme a l’outrecuidance d’avoir le pouvoir de modifier l’évolution de ce système planétaire complexe. Alors qu’il a abandonné toute croyance religieuse il s’est arrogé celui, divin, de vouloir influencer la nature en confondant politique et science ou plutôt en utilisant la science à des fins politiques.

Inspiré d’un article paru sur le site The Conversation. Prochain billet mardi 21 mai.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2018/06/05/biodiversite-biosphere-et-biomasse-cest-tendance-et-cest-trompeur/

Biodiversité, biosphère et biomasse : c’est « tendance » et c’est trompeur …

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Si vous voulez être branché(e) vous devez absolument parler de biodiversité, de biosphère et aussi et surtout de biomasse, c’est encore plus « chébran » ! À la lecture de ce billet vous disposerez de tous les arguments pour soutenir que finalement l’homme dont les écologistes malthusiens dénoncent la surpopulation n’entre que pour infime partie dans cette biosphère et cette biomasse dont il est dit et répété qu’elle est en danger. Mais bon, je ne voudrais pas troubler les esprits par des affirmations gratuites car encore une fois je n’invente rien. Tout est dit dans un article paru dans les PNAS (voir le lien en libre accès).

Qu’entend-t-on par biosphère ? Il s’agit de tous les êtres vivants sur notre planète, depuis les virus et les archéobactéries jusqu’à l’éléphant et naturellement nous-mêmes les bipèdes. Des scientifiques du CalTech à Pasadena en Californie ont évalué en compilant les données disponibles relatives, donc, à la biomasse les contributions de tous les êtres vivants et ont exprimé les résultats de leurs travaux en gigatonnes de carbone (1 Gt C = mille milliards de kilos de carbone). Il suffit donc d’observer l’illustration ci-dessus. Le carré de gauche représente 550 Gt C c’est-à-dire la totalité de la biomasse terrestre. La plus importante part de cette biomasse est constituée de végétaux (y compris le phytoplancton) à hauteur de près de 82 % du total du carbone immobilisé. Les levures et les champignons (fungi), un monde à lui tout seul, représentent une biomasse 6 fois supérieure à toute celle des animaux, dont nous faisons partie comme les coraux (famille des cnidaires), les nématodes et les insectes (arthropodes). Tous les animaux ne contribuent qu’à hauteur de 0,36 % de toute la biomasse terrestre.

Quant à l’espèce humaine c’est tout simplement du pipi de sansonnet, rien du tout, puisque toute la « viande humaine » rassemblée ne représente que 0,01 % de tout le carbone immobilisé par des êtres vivants sur la planète Terre. Autant dire qu’il faut mettre un gros bémol à nos prétentions extravagantes de domination du monde vivant et qu’il faut aussi bien garder en mémoire que notre « activité humaine » si décriée par les écologistes est tout simplement ridiculement faible. Si on part du principe que chaque organisme vivant émet pour la bonne marche de son métabolisme autant de CO2 toutes proportions gardées en ce qui concerne sa taille, l’exhalaison de gaz carbonique par nous autres bipèdes ne peut en aucun cas interférer avec l’équilibre de l’atmosphère planétaire et ceci d’autant plus que le principal représentant de la biomasse terrestre (et océanique) – et de très loin – est constitué par les végétaux et le phytoplancton qui utilisent le CO2 comme aliment de base. Donc, pas de souci à se faire en ce qui concerne notre respiration, elle servira d’aliment aux plantes de même que tout ce mauvais gaz carbonique que nous produisons en consommant du carbone fossile, pétrole, charbon ou gaz. D’ailleurs à ce sujet les observations satellitaires sont formelles : la Terre « reverdit » pratiquement partout !

Ce qui est enfin intéressant de noter est l’importance des animaux d’élevage – veaux, vaches, cochons et couvées – tout simplement 1,6 fois plus que la population humaine. Ce phénomène est récent dans l’histoire de la planète puisque l’élevage n’a pris une importance notoire puis irremplaçable il n’y a qu’une douzaine de milliers d’années quand nos ancêtres ont découvert qu’il était plus simple d’élever des animaux plutôt que de se fatiguer à les chasser avec un résultat aléatoire. Ce changement dans les habitudes des humains a coïncidé avec l’apparition de l’agriculture.

Une autre remarque vient à l’esprit à la lecture de cet article et elle peut avoir de multiples conséquences dans cette ambiance délétère de culpabilisation de l’humanité toute entière au sujet de ses rejets intempestifs de CO2. Je me suis bien gardé de poser ma question aux auteurs de l’article afin de ne pas passer pour un terroriste ou un épouvantable négationniste climatique. Limitons-nous à de la physique basique et ma digression peut être largement contestée mais j’assume pleinement mes approximations. Quand un véhicule automobile pesant une tonne et demi parcourt dix kilomètres pour transporter le plus souvent une seule personne on peut connaître quelle quantité de CO2 il émettra. Une tonne et demi correspond en poids à environ 20 personnes. Quelle quantité de CO2 ces 20 personnes exhaleront en parcourant la même distance ? Les lois fondamentales décrivant le « travail » au sens physique du terme répondront que ce sera à peu de choses près équivalent. Si, donc, on poursuit le raisonnement quelle quantité de CO2 cette « biomasse humaine » dégage quotidiennement ? Voilà une question qui, au regard de cet article, n’a jamais été posée clairement par les écologistes. Je sais très bien qu’il s’agit d’une comparaison, telle que je l’ai formulée, dénuée d’intérêt puisqu’elle ne tient aucun compte d’une multitude de facteurs, mais quelle que soit la réponse que m’auraient envoyé les auteurs de l’article l’incidence de l’humanité dans le « bio-équilibre » de la planète est totalement insignifiant et ne représente que 60 % de la biomasse de tous les animaux d’élevage réunis et 3 fois moins que tous les mollusques !

Les auteurs de l’article ont clairement précisé qu’il existait de nombreuses incertitudes dans leur évaluation globale mais celle-ci a le mérite de remettre les idées au clair. Dorénavant il faudra revoir notre copie en tenant compte du fait que nous sommes, nous les humains, bipèdes arrogants, une poussière dans le monde vivant terrestre.

Source et illustration : PNAS, http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1711842115 en accès libre.