Biodiversité, biosphère et biomasse : c’est « tendance » et c’est trompeur …

Capture d’écran 2018-05-31 à 17.39.08.png

Si vous voulez être branché(e) vous devez absolument parler de biodiversité, de biosphère et aussi et surtout de biomasse, c’est encore plus « chébran » ! À la lecture de ce billet vous disposerez de tous les arguments pour soutenir que finalement l’homme dont les écologistes malthusiens dénoncent la surpopulation n’entre que pour infime partie dans cette biosphère et cette biomasse dont il est dit et répété qu’elle est en danger. Mais bon, je ne voudrais pas troubler les esprits par des affirmations gratuites car encore une fois je n’invente rien. Tout est dit dans un article paru dans les PNAS (voir le lien en libre accès).

Qu’entend-t-on par biosphère ? Il s’agit de tous les êtres vivants sur notre planète, depuis les virus et les archéobactéries jusqu’à l’éléphant et naturellement nous-mêmes les bipèdes. Des scientifiques du CalTech à Pasadena en Californie ont évalué en compilant les données disponibles relatives, donc, à la biomasse les contributions de tous les êtres vivants et ont exprimé les résultats de leurs travaux en gigatonnes de carbone (1 Gt C = mille milliards de kilos de carbone). Il suffit donc d’observer l’illustration ci-dessus. Le carré de gauche représente 550 Gt C c’est-à-dire la totalité de la biomasse terrestre. La plus importante part de cette biomasse est constituée de végétaux (y compris le phytoplancton) à hauteur de près de 82 % du total du carbone immobilisé. Les levures et les champignons (fungi), un monde à lui tout seul, représentent une biomasse 6 fois supérieure à toute celle des animaux, dont nous faisons partie comme les coraux (famille des cnidaires), les nématodes et les insectes (arthropodes). Tous les animaux ne contribuent qu’à hauteur de 0,36 % de toute la biomasse terrestre.

Quant à l’espèce humaine c’est tout simplement du pipi de sansonnet, rien du tout, puisque toute la « viande humaine » rassemblée ne représente que 0,01 % de tout le carbone immobilisé par des êtres vivants sur la planète Terre. Autant dire qu’il faut mettre un gros bémol à nos prétentions extravagantes de domination du monde vivant et qu’il faut aussi bien garder en mémoire que notre « activité humaine » si décriée par les écologistes est tout simplement ridiculement faible. Si on part du principe que chaque organisme vivant émet pour la bonne marche de son métabolisme autant de CO2 toutes proportions gardées en ce qui concerne sa taille, l’exhalaison de gaz carbonique par nous autres bipèdes ne peut en aucun cas interférer avec l’équilibre de l’atmosphère planétaire et ceci d’autant plus que le principal représentant de la biomasse terrestre (et océanique) – et de très loin – est constitué par les végétaux et le phytoplancton qui utilisent le CO2 comme aliment de base. Donc, pas de souci à se faire en ce qui concerne notre respiration, elle servira d’aliment aux plantes de même que tout ce mauvais gaz carbonique que nous produisons en consommant du carbone fossile, pétrole, charbon ou gaz. D’ailleurs à ce sujet les observations satellitaires sont formelles : la Terre « reverdit » pratiquement partout !

Ce qui est enfin intéressant de noter est l’importance des animaux d’élevage – veaux, vaches, cochons et couvées – tout simplement 1,6 fois plus que la population humaine. Ce phénomène est récent dans l’histoire de la planète puisque l’élevage n’a pris une importance notoire puis irremplaçable il n’y a qu’une douzaine de milliers d’années quand nos ancêtres ont découvert qu’il était plus simple d’élever des animaux plutôt que de se fatiguer à les chasser avec un résultat aléatoire. Ce changement dans les habitudes des humains a coïncidé avec l’apparition de l’agriculture.

Une autre remarque vient à l’esprit à la lecture de cet article et elle peut avoir de multiples conséquences dans cette ambiance délétère de culpabilisation de l’humanité toute entière au sujet de ses rejets intempestifs de CO2. Je me suis bien gardé de poser ma question aux auteurs de l’article afin de ne pas passer pour un terroriste ou un épouvantable négationniste climatique. Limitons-nous à de la physique basique et ma digression peut être largement contestée mais j’assume pleinement mes approximations. Quand un véhicule automobile pesant une tonne et demi parcourt dix kilomètres pour transporter le plus souvent une seule personne on peut connaître quelle quantité de CO2 il émettra. Une tonne et demi correspond en poids à environ 20 personnes. Quelle quantité de CO2 ces 20 personnes exhaleront en parcourant la même distance ? Les lois fondamentales décrivant le « travail » au sens physique du terme répondront que ce sera à peu de choses près équivalent. Si, donc, on poursuit le raisonnement quelle quantité de CO2 cette « biomasse humaine » dégage quotidiennement ? Voilà une question qui, au regard de cet article, n’a jamais été posée clairement par les écologistes. Je sais très bien qu’il s’agit d’une comparaison, telle que je l’ai formulée, dénuée d’intérêt puisqu’elle ne tient aucun compte d’une multitude de facteurs, mais quelle que soit la réponse que m’auraient envoyé les auteurs de l’article l’incidence de l’humanité dans le « bio-équilibre » de la planète est totalement insignifiant et ne représente que 60 % de la biomasse de tous les animaux d’élevage réunis et 3 fois moins que tous les mollusques !

Les auteurs de l’article ont clairement précisé qu’il existait de nombreuses incertitudes dans leur évaluation globale mais celle-ci a le mérite de remettre les idées au clair. Dorénavant il faudra revoir notre copie en tenant compte du fait que nous sommes, nous les humains, bipèdes arrogants, une poussière dans le monde vivant terrestre.

Source et illustration : PNAS, http://www.pnas.org/cgi/doi/10.1073/pnas.1711842115 en accès libre.

Crise climatique : les biocarburants et les moulins à vent, une grosse arnaque idéologique

Capture d’écran 2016-08-27 à 17.46.09.png

Dans le registre des « énergies renouvelables » dont la finalité est de « sauver le climat » tous les spécialistes dans le domaine de l’énergie savent que les moulins à vent et les panneaux solaires ne pourront jamais remplacer une bonne vieille centrale électrique à charbon ou à uranium. Ces investissements ne servent qu’à pomper de l’argent du porte-monnaie des contribuables abrutis par la propagande écologiste pour enrichir des multinationales et des investisseurs qui se moquent totalement du « bilan carbone » désastreux de ces installations.

Mais il y a bien pire ! Dans la catégorie, donc, des renouvelables les biocarburants font figure de champions de l’escroquerie idéologique mise en place par les écologistes ultra-politisés qui imposent leurs délires aux gouvernements.

Venons-en donc aux biocarburants, essentiellement l’éthanol ajouté jusqu’à 10 % dans l’essence dans de nombreux pays dont par exemple le Brésil et les USA. Les biocarburants accélèrent le cycle naturel du carbone puisque le CO2 immobilisé par les plantes, canne à sucre ou maïs, est réémis instantanément à l’échelle géologique ce qui n’est évidemment pas le cas des combustibles fossiles immobilisés depuis des centaines de millions d’années dans la croute terrestre. En théorie, un concept défendu par les écologistes, le bilan carbone des biocarburants est nul. Pourtant toutes les études sérieuses réalisées par exemple au Laboratoire National d’Oak Ridge ou à la Duke University ont montré sans ambiguïté que ce n’est pas du tout la réalité. Dans le cas de l’éthanol produit à partir de maïs la prétendue « neutralité carbone » de ce biocarburant est un doux rêve : seulement 37 % du CO2 séquestré par la plante doit être effectivement pris en compte dans le bilan carbone si toutes les étapes de production du dit biocarburant jusqu’à l’utilisateur final sont prises en compte. en d’autres termes les biocarburants produisent deux fois plus de CO2 qu’ils ne sont supposés en économiser, si je peux me permettre d’utiliser une telle image.

Capture d’écran 2016-08-27 à 17.53.18.png

Les biocarburants à base de canne à sucre ou de maïs augmentent donc paradoxalement (pour les écologistes c’est le terme qui conviendra) la teneur en CO2 de l’atmosphère en perturbant le cycle naturel du carbone et en tenant compte du bilan global de leur production qui est pour le moins catastrophique. Il en est exactement de même pour le méthane produit à partir de biomasse de quelque provenance que ce soit. Le bilan carbone est tout aussi catastrophique. On se trouve donc devant une autre imposture organisée par les écologistes et reprise par les politiciens qui sont devenus totalement prisonniers de l’idéologie écologiste maintenant mondialisée : non seulement les contribuables de tous les pays vont se trouver appauvris pour financer ces énergies renouvelables mais ce n’est pas malgré ces efforts que le gaz carbonique atmosphérique, supposé présenter un effet de serre, diminuera, apparemment c’est le contraire qui se produit en ce qui concerne les biocarburants …

Pour ce qui concerne les moulins à vent, l’expérience de l’Ile d’El Hierro dans l’archipel des Canaries est l’exemple emblématique du fiasco idéologique des énergies dites renouvelables. Les moulins à vent étaient censés rendre cette île « propre » pour sa production d’électricité, c’est-à-dire n’utilisant que le vent … C’est effectivement du vent (!) car la consommation de fuel léger pour faire tourner les groupes électrogènes n’a pas diminué d’une goutte depuis la mise en place de l’installation très coûteuse supposée rendre cette île « zéro carbone ». À méditer.

Source et illustrations : Climate Central (climatecentral.org) et fermenteur de biomasse en Grande-Bretagne

La biomasse, source d’énergie renouvelable ? Pas tant que ça !

cD1hMWQzNjMzZjJkNWM5Y2U3ZWZiOGQ2OWU5NTQ4YTVjZiZnPWNhYTk2OWQ3OWU1ZWM4NGFkNTQ1N2I1NzgyNTg2OTJi

La biomasse, cette tarte à la crème si l’on peut parler ainsi de cette supposée source d’énergie considérée comme inépuisable, n’est pas aussi reluisante qu’on l’affirme en termes de rejets de CO2, ce gaz dangereux pour le climat dont on ne dit donc que du mal alors qu’il est aussi essentiel pour la photosynthèse que l’oxygène que l’on respire pour rester en vie. Inutile de faire encore un cours de biochimie. La biomasse, dans l’esprit des écologistes qui veulent à tout prix remplacer le pétrole, le charbon et l’uranium par du « renouvelable », c’est le bois, la paille, les fanes de maïs et de rutabaga, surtout le rutabaga puisqu’il n’y aura bientôt plus de maïs car celui-ci sert déjà de plus en plus à produire de l’éthanol pour faire rouler les voitures. En 2013 quarante pour cent du maïs nord-américain a été utilisé pour produire de l’éthanol, et donc on peut s’attendre à une aggravation mondiale du marché du maïs vers la hausse sachant que les USA produisent aussi 40 % du maïs mondial. Tout ça pour dire que les rutabagas ont un bel avenir devant eux ! Les rutabagas, alias topinambours me rappellent personnellement de mauvais souvenirs. Quand j’étais enfant, il m’arrivais de déterrer quelques tubercules de cette plante et de croquer avidement dans la chair blanche légèrement violacée et sucrée sachant pourtant que je souffrirais de violents maux de ventre quelques heures plus tard.

Les fanes de nombreuses cultures vivrières constituent donc une source d’éthanol moins immorale que le maïs, encore que … Imaginons que les Japonais produisent de l’éthanol avec leur riz qui est pour eux comme un dieu, imaginons les Français convertissant 80 % de la production de vin en alcool, tout ça pour remplir les réservoirs des voitures … mais comme c’est renouvelable, c’est politiquement correct de se lancer dans des projets de ce genre. La biomasse est un terme vague qui englobe le lisier de porc, les bouses de vache et le fumier, des trucs qui puent déjà au départ et avec lesquels on peut produire du méthane qui est chargé en produits soufrés et qu’il faut purifier soigneusement avant de l’utiliser. La biomasse c’est aussi les copeaux de bois ou la sciure avec les fanes des cultures, dont les rutabagas et la paille. Mais faire de l’éthanol avec ces déchets n’est pas du tout simple même si sur le papier la cellulose et la lignine sont constituées de sucres, mais mettez de la sciure de bois dans de l’eau, ajoutez des levures, il ne se passera rien, alors qu’avec de la farine de maïs ou de toute autre céréale, la même tentative aboutit à un jus alcoolisé exploitable facilement à peu de frais.

Les résidus ligneux doivent être convertis en sucres susceptibles d’être consommés par les levures pour produire de l’alcool. Ce processus dégage du CO2 – ça les écolos oublient d’en parler, c’est dérangeant – selon l’équation chimique ci-dessous qui schématise la fermentation alcoolique :

Capture d’écran 2014-04-21 à 19.01.28

Si on englobe l’énergie nécessaire pour hydrolyser les résidus ligneux avec de l’acide sulfurique, les traitements catalytiques et enzymatiques nécessaires pour rendre ensuite ces sucres fermentescibles, la note est plutôt douloureuse et de nombreuses études ont clairement montré que les biocarburants produits par cette filière émettent globalement, y compris la combustion finale de l’alcool par le moteur d’une voiture, 7 % de CO2 de plus que de l’essence traditionnelle obtenue à partir du pétrole. Ces 7 % sont obtenus dans la situation la plus optimiste consistant à produire de l’alcool à partir de biomasse dans une région de culture intensive, par exemple de maïs, afin de minimiser au mieux les coûts d’acheminement des fanes et des rafles. C’est un peu comme les sucreries qui se trouvent dans les régions productrices de betteraves et non pas à des centaines de kilomètres ou les distilleries dans les îles qui sont toutes situées au beau milieu des champs de cannes à sucre, ce qui est par exemple le cas aussi au Brésil, premier producteur d’éthanol du monde. Toutes les études réalisées sur le bilan carbone de l’utilisation de la biomasse (University of Nebraska-Lincoln, crédit photo de la même source) pour produire de l’éthanol sont défavorables mais rien n’arrêtera le mouvement puisqu’il en a été décidé ainsi pour épargner, soit dit en passant de manière totalement erronée, l’état de l’atmosphère. L’EPA (Environmental Protection Agency, USA) a édicté une contrainte qui stipule que la production de biocarburants à partir de biomasse agricole doit être de 60 % inférieure aux carburants issus du pétrole en terme de rejet global de CO2, combustion finale incluse. On est encore très loin de cet objectif !

Imposer par des mesures fiscales ou tarifaires les biocarburants a d’ors et déjà pour conséquence de voir une série de petites entreprises de raffinage de pétrole tout simplement mettre la clé sous la porte car l’adjonction d’un pourcentage (au moins 10 %, mais ce pourcentage varie selon les Etats américains) d’éthanol dans l’essence réduit à néant leur marge bénéficiaire déjà restreinte dans le meilleur des cas et ces raffineurs perdent chroniquement de l’argent. Tous les arguments idéologiques erronés des écologistes, en premier lieu Obama, ont conduit à la production massive d’éthanol à partir du maïs et les projections pour 2014 font frémir : les USA convertiront 5 milliards de boisseaux (35,2 litres soit 25,4 kg) de maïs, en termes compréhensibles 125 millions de tonnes, pour produire 13 milliards de gallons (3,78 litres) d’éthanol soit environ 50 millions de mètres cube (les puristes pourraient convertir en barils soit 315 millions de barils d’éthanol), ce qui ne représentera QUE 12 % de tout le carburant utilisé sur le territoire américain. Mais les conséquences sur le marché mondial du maïs seront gigantesques pour peu que se greffe une mauvaise récolte dont la cause sera naturellement attribuée immédiatement au changement climatique. Il faut se souvenir que les cours du maïs fixent aussi ceux du lait, du fromage, des œufs, de la viande, des sirops de sucre et des autres céréales, or les réserves mondiales de céréales couvraient au début de ce mois d’avril 2014 à peine deux mois de consommation, le plus bas niveau depuis 30 ans.

Puisque les écologistes sont si soucieux de l’environnement, ils devraient admettre que la culture du maïs orientée vers l’éthanol, et qui est lourdement subventionnée par l’administration Obama, a aussi pour effet de fragiliser les sols et de détruire en grande partie les haies qui avaient été à grand peine reconstituées pour réduire l’érosion afin d’augmenter la production. Mais au Brésil, c’est bien pire. L’appât du gain a eu pour résultat la destruction pure et simple de millions d’hectares de forêt pour planter de la canne à sucre et du soja dans le but de produire des agrocarburants. Une étude réalisée à l’Université de Sao Paulo a montré que l’effet sur l’empreinte carbone globale était catastrophique : tout l’éthanol produit après la destruction des forêts émet globalement 50 % de carbone de plus dans l’atmosphère que les carburants classiques dérivés du pétrole. Qu’à cela ne tienne, le Brésil, à la recherche de cash, exporte de l’éthanol, tant pis pour la forêt amazonienne !

Que ce soient le maïs ou la canne à sucre qui produisent facilement un éthanol à un prix abordable ou l’utilisation des déchets agricoles et forestiers qui constituent une aberration économique, ces choix ont été fait dans la précipitation, une conséquence de la peur du réchauffement climatique profondément ancrée dans la tête des politiciens par les experts de l’IPCC, une précipitation injustifiée en terme de préservation de l’environnement alors que l’arrivée au stade industriel d’algues et de bactéries génétiquement modifiées permettra, dans un très proche avenir et à moindre coût et surtout sans monopoliser des terres noblement destinées à l’alimentation humaine et animale, de produire un biodiesel satisfaisant. Mais encore une fois ce sont les pays dont les ressources agricoles sont limitées, en particulier les pays pauvres, qui subiront les contre-coups de plein fouet de ces politiques absurdes et criminelles.

Sources : University of Nebraska-Lincoln et Forbes Magazine