Changement climatique : le problème des 75 % selon Bill Gates

Bill Gates tient un blog (gatesnotes) et on y trouve des pépites comme celle qu’il a laissé le 17 Octobre 2018 et que je relate ici. Quelles innovations viennent à l’esprit quand on veut combattre le « réchauffement du climat » partant du principe que ce réchauffement est provoqué par le CO2 rejeté dans l’atmosphère par l’activité humaine ? Il vient immédiatement à l’esprit que les moulins à vent et les panneaux solaires c’est exactement ce à quoi presque tout le monde pense. Les prix des turbines des éoliennes et des panneaux solaires ont considérablement diminué ces dix dernières années et de nombreux pays ont décidé que ces sources d’énergie électrique contribueront à la maîtrise du climat. C’est une bonne nouvelle pour les pays qui sont très ensoleillés ou qui sont traversés par des vents constants. Mais la nuit et sans vent il y a un problème toujours pas résolu et qui ne le sera peut-être jamais : on ne sait pas stocker l’énergie électrique à grande échelle et il faudra peut-être attendre des dizaines d’années pour voir apparaître des technologies permettant de maîtriser ce problème.

En réalité, comme le souligne Bill Gates, et il a raison, la production électrique dans le monde n’est responsable que de 25 % des émissions du CO2 accusé d’être la cause du réchauffement observé depuis le milieu du XXe siècle. Si toute l’énergie électrique produite devenait par un coup de baguette magique totalement exempte de rejets de carbone par quel autre coup de baguette magique pourra-t-on gérer les 75 % de rejets de CO2 restant ? Selon l’IPCC il y a urgence et dans dix ans il faudra disposer de technologies adéquates pour atteindre les objectifs fixés d’une réduction de 80 % des émissions de carbone à l’horizon 2050.

D’où proviennent les émissions de carbone ? Je ne sais pas si le vieux Bill est végétarien mais le graphique qu’il a mis sur son blog laisse rêveur :

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À noter que les flatulences et les pétulences des animaux à corne sont considérées comme des gaz à effet de serre et sont exprimées ici en équivalents de CO2, ce qui fait que l’agriculture représente 24 % des émissions (en équivalent) de carbone. Si Bill Gates était honnête avec lui-même il devrait soustraire de cette estimation tout le carbone immobilisé sous forme d’herbe, de maïs et d’autres aliments proposés au bétail par la photosynthèse végétale … Il est raisonnable de penser que le bilan global en carbone de l’élevage est proche de zéro. Il n’empêche que des commandos de « vegans » n’en pensent pas moins et organisent des actions terroristes à l’encontre des boucheries et des abattoirs pour sensibiliser l’opinion au problème des pêts des bestiaux !

Bill Gates a bien appris sa leçon (?) quand il prétend que les transports ne représentent que 14 % des émissions de carbone et les bâtiments avec des gens qui y vivent ou y travaillent seulement 6 % de ces émissions. Naturellement Gates ne cite pas ses sources, il a probablement sorti ces chiffres de son chapeau. Quant à quantifier l’industrie de seulement 21 % des émissions totales de carbone, on peut encore se poser des questions. Gates, qui est un grand voyageur dans son jet privé considère que le poste d’émissions de carbone transports est fortement alourdi par les bateaux, les avions et les camions, ben voyons !

Finalement en dehors des oeuvres humanitaires supervisées par son épouse Melinda, le vieux Bill écrit n’importe quoi.

Source et illustration gatesnotes daté du 17 octobre 2018

Les êtres vivants les plus dangereux ne sont pas ceux que l’on croit !

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C’est une illustration parue sur le blog de Bill Gates (oui, ce vieux Bill tient un blog ! : gatesnotes.com ) qui a été reprise et précisée par une journaliste de Business Insider classant les êtres vivants sur la planète selon le nombre de morts qu’ils occasionnent chaque année en moyenne.

Les requins si redoutés sur la Gold Coast en Australie ne tuent que 6 personnes par an dans le monde. Viennent ensuite les loups, l’ennemi numéro un de l’homme durant des millénaires, qui battent les requins au poteau en ne tuant « que » 10 personnes par an en moyenne dans le monde. Puis les lions, surtout les lionnes en réalité, sont un danger pour tout amateur de photos exotiques mais les statistiques sont difficiles à établir. Seulement en Tanzanie les lions ont dévoré 563 personnes entre 1990 et 2005, soit 22 personnes par an. Les éléphants c’est pire ! Cinq cent personnes meurent chaque année chargées et piétinées par des éléphants mais il y a beaucoup plus d’éléphants qui meurent fusillés par des braconniers qui convoitent leur ivoire. À égalité on remarque les hippopotames qui ont pourtant l’air d’animaux plutôt placides et mangeurs de plantes aquatiques mais les femelles avec leur petit sont particulièrement agressives et malheur à celui qui se risque avec un frêle esquif sur une rivière peuplée de ces « chevaux des fleuves » munis de grosses dents (illustration source Reuters).

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On en arrive aux vers parasites, l’un des sujets de choix du vieux Bill, comme le ver plat dont le tribut payé par l’homme est estimé à 700 personnes par an dans le monde, moins que le crocodile qui compte à son palmarès macabre 1000 personnes chaque année pour la grande majorité en Afrique mais également le long des côtes du nord du Queensland en Australie. Un autre ver pourtant très commun, l’ascaris, est considéré comme tuant environ 4500 personnes par an, plus de deux fois moins que la mouche tsé-tsé qui provoque la maladie du sommeil et arrive à bout de plus de 10000 individus chaque année bien que ce nombre soit en déclin constant.

La mouche assassine transmet la maladie de Chagas due à un ver parasite, le Trypanosome cruzi, qui provoque des dommages cardiaques, 12000 personnes en meurent chaque année. La bilharziose provoquée par un autre ver parasite tue quant à elle, selon des statistiques récentes entre 20000 et 250000 personnes par an. Il n’existe pas de données plus précises.

Maintenant savez-vous combien de personnes meurent attaquées par des chiens ? L’OMS attribue 35000 morts par an à la suite de morsures par des chiens … enragés ! Statistique assez effrayante car la vaccination des chiens contre la rage n’est pas obligatoire dans de nombreux pays et le sérum contre la rage n’est plus disponible car aucun laboratoire pharmaceutique ne s’intéresse à cette production qui n’est pas rentable et c’est regrettable. On arrive à l’animal qui détient la médaille de bronze des décès, le serpent toutes espèces confondues qui tue 100000 personnes par an. Depuis qu’il est devenu pratiquement impossible de se procurer des sérums anti-venin (comme pour la rage) l’homme, en particulier en Inde, paie un lourd tribut à ces reptiles par ailleurs sacrés dans ce pays.

On en arrive à la « médaille d’argent » : l’homme. L’homme, l’Homo sapiens sapiens c’est-à-dire supposé être porteur du savoir, tue un demi-million de personnes chaque année dans des conflits armés nombreux et variés, nombre de décès auquel il serait logique d’ajouter les accidents de la circulation en ville comme sur route mais l’OMS ne tient pas de statistiques relatives à ce grave phénomène des temps modernes probablement encore plus mortel que les conflits armés eux-mêmes. Même les voitures autonomes tuent des piétons …

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Enfin la palme d’or revient toujours et encore au moustique (illustration Thomson Reuters) avec un peu plus d’un million de morts par an dont la moitié en raison de la malaria, maladie parasitaire, et bien d’autres maladies virales depuis la fièvre de Zika jusqu’à la dengue, au total plus de 15 maladies.

Source : Business Insider

Crise climatique : Quand Bill Gates se prend pour Al Gore

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Les 12 juillet et 29 septembre 2015 j’ai laissé sur ce blog des billets précisant la prise de position de Bill Gates sur l’avenir énergétique de la planète et ses investissements dans la R&D pour promouvoir une énergie nucléaire sécurisée et à un prix abordable. Dans sa récente lettre annuelle Bill Gates reprend ses arguments tout en avouant haut et fort qu’il est un climato-alarmiste convaincu. Pour lui, comme pour Al Gore qui fut le promoteur de la théorie de l’effet de serre du CO2, ce CO2 émis pour produire de l’électricité avec des combustibles carbonés fossiles doit être drastiquement réduit afin d’éviter une catastrophe climatique. L’argumentation de Bill Gates, présentée à des élèves d’un lycée du Kentucky, se résume en une équation :

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P est la population mondiale qui devrait selon les prévisions (encore des prévisions onusiennes …) atteindre plus de 9 milliards en 2050. Inutile de préciser que le facteur P continuera donc à croître à moins que le Machin onusien ne prenne des mesures malthusiennes contraignantes à l’échelle planétaire, ce qui est encore et fort heureusement improbable.

S représente les services dont nous pouvons disposer comme par exemple – selon Bill Gates – la nourriture, les vêtements, l’électricité, le chauffage, les maisons, les réfrigérateurs, les voitures, la télévision, les brosses à dent et les albums de bandes dessinées. Difficile d’imaginer que le facteur S diminue puisque les pays « pauvres » (selon le richissime Bill Gates) aspirent à un développement et très légitimement à l’accès à ces services. Or la disponibilité en tous ces services dépend évidemment de la disponibilité en énergie …

Sans énergie E il sera impossible de produire tous ces services. En dehors de l’énergie hydraulique, de l’énergie nucléaire, des éoliennes et des panneaux photovoltaïques cette énergie dépend essentiellement (plus de 80 %) du carbone C. Certes il est probable qu’on puisse améliorer l’efficacité de l’utilisation de l’énergie comme par exemple en isolant les logements, en promouvant les voitures électriques ou en limitant l’usage des conditionneurs d’air ou des appareils de chauffage, mais ces actions ne représenteront jamais que quelques points de pourcentage de diminution.

Comme toute équation mathématique, si l’un des termes P, S, E ou C est égal à zéro alors il n’y aura plus d’émission de CO2 et le « climat sera sauvé », toujours selon Bill Gates. Puisque les termes P, S et E ne peuvent pas tendre vers zéro, alors la seule solution est de réduire le terme C jusqu’à ce qu’il devienne égal à zéro. La conclusion de Bill Gates est limpide il faudra réaliser des progrès considérables pour ne plus utiliser d’énergie fossile carbonée avant la fin de ce siècle et ainsi ne plus rejeter dans l’atmosphère ce vilain gaz mortel pour le climat.

Pour Bill Gates il faut que l’humanité toute entière réalise donc un « miracle énergétique » comme le furent les ordinateurs (ce qui lui a permis de s’enrichir « miraculeusement ») le vaccin contre la polio ou le téléphone portable (qui a aussi miraculeusement enrichi Bill Gates). Sans le déclarer explicitement dans sa lettre annuelle, Bill Gates prêche pour sa propre église, l’énergie nucléaire, car pour lui, le problème des énergies renouvelables, nommément le stockage, ne pourra pas être résolu à grande échelle avant longtemps. Or pour Bill gates, sacré Bill ! le temps passe et plus le temps passe plus on émet de CO2 et plus le climat va se réchauffer et plus on aura besoin de conditionneurs d’air …

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Dans la lettre de Bill et Melinda, Madame Gates enfonce le clou en dissertant de la différence entre les « genres », comprenez entre les femmes et les hommes. Juste ce graphique justifiant ses actions humanitaires en particulier en Afrique et en Asie :

Source et illustrations : https://www.gatesnotes.com/2016-Annual-Letter

La technologie du nucléaire civil français est en retard d’une guerre !

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C’est officiel maintenant AREVA a perdu la main. Il faudrait plutôt dire le CEA, actionnaire majoritaire d’AREVA, cet agglomérat de fonctionnaires imbus de leur supériorité, mangeant au ratellier du Ministère de la Défense pour assurer l’entretien des bombes atomiques et à celui d’EDF, de facto contrôlé par ce même organisme également étatique puisque les réacteurs nucléaires produisent du plutonium, lorgné de très près par les militaires. Bref, le CEA, principal actionnaire (c’est-à-dire l’Etat) d’AREVA, est en retard d’une guerre. Et c’en est malheureusement terminé pour la France en ce qui concerne les nouvelles orientations incontournables de l’énergie nucléaire civile figées en France dans le gigantisme coûteux de l’EPR qui n’a toujours pas fait ses preuves de faisabilité économique.

Au mois de juillet dernier je relatais dans ce blog les décisions de Bill Gates d’investir dans les réacteurs nucléaires de nouvelle génération par le biais de la société TerraPower entièrement financée par l’ancien propriétaire de Microsoft. Il s’agit de la technologie des réacteurs dits à vague voyageuse (travelling wave reactor, TWR). Ma traduction n’est pas fidèle en français à la réalité mais le terme anglo-saxon est explicite : il s’agit de réacteurs à neutrons rapides utilisant de l’uranium naturel non enrichi avec un cœur émettant des neutrons rapides qui transforment cet uranium en plutonium progressivement. Les assemblages de combustible sont alors déplacés de la périphérie vers le cœur au fur et à mesure que l’enrichissement en plutonium permet de maintenir le flux de neutrons. C’est la raison pour laquelle on parle de « voyage » des assemblages vers le cœur du réacteur. Les modélisations informatiques ont validé cette technologie qui a échappé à la sagacité des ingénieurs du CEA préoccupés uniquement par l’enrichissement de l’uranium en isotope 235 sans s’être jamais penchés un seul instant sur l’intérêt de cette technologie pourtant décrite sur le papier aux alentours des années 1950.

Il s’agit d’un « breeder » en termes techniques, genre Super-Phénix, qui transforme in situ l’uranium directement extrait des mines en combustible sans rechargement pendant des dizaines d’années, pour faire simple. Or le CEA, c’est-à-dire avec AREVA, n’ont aucun intérêt à développer cette technologie qui est pourtant la plus économique en termes d’investissement initial et également en terme de consommation en combustible. La vocation d’AREVA est d’enrichir à 4 % d’isotope 235 l’uranium (usine Georges Besse II) puis d’extraire un peu de plutonium du combustible usagé (retraitement) pour réaliser quelques économies sur le processus d’enrichissement étant entendu que les tranches 900 MWe type Fessenheim sont capables de gérer le combustible enrichi en plutonium appellé MOX. C’est le business d’AREVA et le CEA n’a jamais voulu entendre parler d’autres approches technologiques. Normal ! Au départ la vocation du CEA était l’armement et les réacteurs graphite-gaz étaient une source inépuisable de plutonium pour les bombes et la mentalité de cette administration n’a pas réussi à s’adapter aux exigences énergétiques modernes … Il faut rappeller que ce sont EDF et Framatome qui à l’époque achetèrent la licence Westinghouse pour les réacteurs à eau pressurisée (PWR) et non pas le CEA qui avait la main-mise seulement sur le combustible.

Bill Gates a adapté les agissements des militaires tant américains, russes que français et finance le développement du TWR et les Chinois qui manifestent une soif d’énergie sans limite, viennent de signer (CNNC) un mémorandum avec TerraPower pour la construction d’un prototype d’une puissance de 600 MWe susceptible d’être opérationnel aux alentours de 2018 avec la collaboration de Babcock & Wilcox pour le design de ce réacteur refroidi avec du sodium liquide.

Bel exemple illustrant la totale incurie des politiciens français qui ont arrêté le réacteur Super-Phénix dont le principe de base était justement celui du TWR, une migration des assemblages de combustible de la périphérie du réacteur vers le centre de ce dernier et réciproquement. Ironie de l’histoire, je connaissais bien l’usine de Creys-Malville ainsi que son principe de fonctionnement et j’ai personnellement fait visiter le site de NERSA il y a un peu plus de 25 ans à une délégation d’ingénieurs de B&W qui étaient franchement impressionnés par l’avancée technologique de la France …

Juste retour de la situation, dans le domaine de la technologie nucléaire et de son évolution la France est définitivement dépassée alors qu’elle était à l’époque leader mondial incontesté. Mais le breeder utilisant de l’uranium naturel n’entrait pas dans le plan de développement du CEA à l’époque et ce projet grandiose fut proprement saboté par le gouvernement socialiste de Jospin appuyé par les écologistes avec la contribution déplorable d’une certaine Corinne Lepage dont l’action néfaste fut éclipsée par une autre écologiste du nom de Voynet qui pour l’histoire portera le chapeau avec le sombre Jospin de cette déplorable décision de l’arrêt de l’usine de Creys-Malville. Le CEA est stupidement passé à côté de cette même histoire car cet organisme est un ramassis de fonctionnaires n’ayant plus aucune connexion avec la réalité économique et la technologie de l’éléctricité d’origine nucléaire est depuis lors frappée d’un anathème idéologique. Pour la France, c’est terminé, la partie est perdue, merci aux politiciens gangrennés de l’intérieur par les écologistes qui n’ont jamais rien compris à l’énergie nucléaire … Triste constatation.

Source : bulletin de l’IAEA et Reuters, illustration : usine de Creys-Malville.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/07/12/bill-gates-mise-sur-le-nucleaire-de-quatrieme-generation-et-il-a-bien-raison/

Bill Gates mise sur le nucléaire de quatrième génération … et il a bien raison !

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En marge de la préparation du grand raout parisien au sujet de la perturbation climatique anthropogénique Bill Gates, l’homme le plus riche du monde, s’en prend aux énergies dites « vertes » ou renouvelables. Et il n’y va pas par quatre chemins ce sacré Bill, il vient d’investir 1 milliard de dollars prélevés dans son porte-monnaie pour la recherche & développement dans sa firme nouvellement créée, TerraPower. On s’en doutait, il s’agit d’un réacteur nucléaire à neutrons rapides brûlant de l’uranium 238 appauvri dont les pays fabricant leur propre combustible à base d’uranium 235 enrichi à 4 % disposent en quantités telles que cette technologie permettra de fournir de l’électricité pendant des centaines d’années à l’humanité avec des coûts très faibles. TerraPower travaille en collaboration étroite avec le MIT pour la construction d’un réacteur prototype d’une puissance de 500 MW électriques. La technologie existe, le design du réacteur et son fonctionnement en continu permettront d’utiliser de manière optimale les neutrons afin d’atteindre des rendements améliorés. Ces améliorations permettront de « brûler » également les actinides à haute activité et c’est la raison pour laquelle le réacteur prototype qui coûtera 1,5 milliard de dollars – on est très loin des coûts monstrueux de l’EPR – est appelé le WAMSR, acronyme de Waste Annihilating Molten Salt Reactor. Ce réacteur « brûlera » en effet non seulement de l’uranium appauvri mais aussi le combustible usagé des réacteurs à neutrons lents, on y reviendra.

Pourquoi Bill Gates s’intéresse soudainement à l’énergie nucléaire, tout simplement parce que, dit-il « Il n’existe à l’heure actuelle aucune technologie de stockage avec des batteries permettant de fournir toute l’énergie électrique dont on a besoin exclusivement à partir des renouvelables car il est impératif de tenir compte des alternances jour-nuit et des longues périodes, inévitables également, de ciel couvert et d’absence de vent ». Gates considère à juste titre que les sommes colossales d’argent investies dans les énergies renouvelables telles qu’on les conçoit aujourd’hui, éolien et photovoltaïque, sont perdues d’avance car elles n’atteindront jamais leur but qui est de remplacer le pétrole et le charbon dans la production d’électricité, non seulement pour l’industrie, les services et les ménages mais également pour les transports à moins d’une diminution brutale de la population mondiale de plusieurs milliards d’habitants. Gates insiste sur le fait que c’est exactement ce que veulent les « verts » car ils savent, du moins ceux qui ne mentent pas, que le 100 % renouvelable est impossible à atteindre. Ce système mis en place ne peut perdurer qu’avec des subventions provenant de taxes que paient les utilisateurs finaux et il ne profite qu’à une petite poignée d’industriels. Le tournant politique pris ces dernières années pour développer les énergies renouvelables est une utopie vouée à une impasse. Ce gâchis doit donc, toujours selon Bill Gates, cesser et être réorienté vers la R&D dans les technologies nucléaires de quatrième génération.

Il est intéressant de noter que le CEO de TerraPower, John Gilleland, était avant d’occuper ce poste Managing Director pour les USA du projet ITER. Gilleland n’utilise pas non plus de périphrases à propos du projet ITER, je cite : « C’est un truc (ITER) sur lequel je ne peux même pas espérer pour mes petits-enfants. À TerraPower nous nous sommes focalisé sur la fission plutôt que sur la fusion parce qu’il faudra (pour la fusion) encore énormément de temps et d’investissements ». TerraPower a donc repris la technologie du MSR (Molten Salt Reactor) d’Oak Ridge qui fonctionna en continu et sans aucun indicent de 1965 à 1969 mais n’a pas encore déposé de brevets malgré le fourmillement d’idées nouvelles émanant de la collaboration du staff de la société avec les laboratoires du MIT.

L’autre direction de R&D est le TWR pour Travelling Wave Reactor, une technologie imaginée dans les années 1950 par Saveli Feinberg et qui ne nécessite aucun rechargement de combustible, donc aucun arrêt, pendant plus de 50 ans en « brûlant » de l’uranium 238 avec des neutrons rapides provenant d’uranium 235 enrichi à environ 10 %. Les supercalculateurs ont validé l’idée de Feinberg. Ce réacteur également de IVe génération sera aussi refroidi avec du sodium liquide et un prototype de 500 MW prévu aux alentours de 2020 (voir le lien).

TerraPower collabore étroitement avec la Chine et la Russie dans ces deux approches. Bill Gates nous réserve encore de belles surprises …

Lien : http://terrapower.com/pages/technology?/Technology.aspx

Source et illustration : The Register

Légende de l’illustration : « Pour Bill Gates, les énergies renouvelables sont inutiles. Il n’arrivera probablement pas à convaincre les passionnés de Linux ». Jeu de mots en direction de Windows 10, of course …