Quand un philosophe parle de ce qu’il ne connaît pas !

Je suis tombé par hasard sur une interview de Bernard Stiegler qui est passé du braquage de banques à la philosophie, on pourrait plutôt dire pseudo-philosophie, drôle de parcours, mais bon chacun son truc. Stiegler émet l’hypothèse que l’économie moderne fonctionne sur le modèle newtonien alors que ce modèle ignorait la notion d’entropie. Puisque l’axe principal de ses réflexions totalement délirantes est l’anthropocène dont il soutient véhémentement l’existence – une ère géologique nouvelle créée par l’homme – rien que ça ! – il réintroduit donc dans le modèle newtonien de l’économie moderne, allez comprendre ce que cela signifie, la notion d’entropie. L’entropie est une grandeur physique exprimée en Joule/°K qui s’applique aux systèmes thermodynamiques ouverts. Mes lecteurs curieux pourront se reporter à l’excellent article de Wikipedia à ce sujet ( https://en.wikipedia.org/wiki/Entropy ). En d’autres termes, et pour faire bref, l’entropie est une forme d’énergie irréversiblement perdue puisqu’elle n’est plus récupérable sous forme de travail.

Selon Stiegler, si j’ai bien compris sa thèse, l’humanité produit trop d’entropie, donc trop d’énergie dissipée pour rien et par conséquent irrécupérable. Les conséquences présentées par ce philosophe de pacotille sont exaspérantes de par leur nullité. La Terre, planète habitable parmi peut-être des milliards d’autres planètes habitables dans l’Univers, tire son énergie du Soleil et accessoirement des énergies fossiles qui se sont formées grâce à l’énergie solaire incidente sont exploitées par l’homme. Le système solaire est un système thermodynamiquement ouvert puisqu’il est isolé dans l’espace ouvert et l’énergie dissipée par le Soleil sous forme de rayonnement corpusculaire et électromagnétique disparaît dans cet espace sous forme d’entropie. Apparemment Stiegler ignore cet état de fait. Quand il veut réconcilier l’économie moderne avec la thermodynamique moderne tenant compte de l’introduction de l’entropie par Clausius dans les années 1850 on se rapproche du délire métaphysique.

Cet homme ne sait pas de quoi il parle, il veut que le monde entier prenne conscience que la civilisation de l’ « anthropocène » prenne conscience que l’augmentation de l’entropie provoquée par l’activité humaine est néfaste pour la planète toute entière. Je veux bien mais il y a comme une confusion dans les termes employés par ce monsieur et ses thèses sont pour le moins fumeuses. Non ! la Terre va prendre en charge le carbone dégagé par l’activité humaine, non ! nous ne grillerons pas, non ! le supposé réchauffement global d’origine anthropique ne conduira pas à la catastrophe, non ! l’économie moderne n’a que faire de l’entropie, elle continuera à fonctionner comme elle l’a fait depuis l’empire de Babylone, non ! 70 % des espèces vivantes n’ont pas disparu depuis que l’homme a inventé la machine à vapeur (ce qu’il affirme droit dans ses bottes, j’aimerais connaître ses sources). Bref, ce monsieur est un imposteur qui se gonfle le jabot en avançant des arguments qui ne tiennent pas debout … Et beaucoup de gens le croient … puisqu’il se prend au sérieux !