Haro sur les benzodiazépines !

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Les Français comptent parmi les plus gros consommateurs d’anxiolytiques du genre Lexomil ou Tranxène, des benzodiazépines bien connues avec le Valium. Autorisés à la vente depuis les années 60, les benzodiazépines amplifient les effets d’un neurotransmetteur, le GABA (Gamma Amino-Butyric Acid) dans le cerveau et les effets sont variés : sédatifs, hypnotiques, anxiolytiques, anti-convulsifs, relaxants musculaires et anti-dépresseurs. Globalement les « benzos » semblent être la panacée pour les « vieux » qui souffrent d’anxiété, de troubles du sommeil, de douleurs variées, de contractures musculaires, de pertes de mémoire et d’angoisses existentielles. Apparemment tout irait bien à un petit détail près, quand une personne décide de se sevrer, c’est la catastrophe car les benzodiazépines créent rapidement un état de dépendance : les « benzos » sont des drogues psychoactives au même titre que la cocaïne ou l’héroïne mais on n’ose pas trop le dire car il s’agit d’un très gros business de plusieurs dizaines de milliards de dollars …

Là où la situation devient franchement alarmante c’est d’abord un déclin de l’efficacité des « benzos » au cours d’un traitement de plusieurs mois qui conduit l’individu devenu dépendant à augmenter les doses. Or, dans les situations où les « benzos » sont utilisées chez les « vieux » pour soigner les dépressions et l’anxiété, il se trouve que l’efficacité devient rapidement nulle et le passage vers un autre médicaments révèle les dégâts causés par les « benzos » genre Lexomil. L’Association Américaine des Neurologistes et Psychiatres vient de tirer la sonnette d’alarme au sujet des traitements de plus d’un mois chez les seniors avec des « benzos » et c’est terrifiant !

Une étude réalisée sur 9000 patients canadiens a montré que prendre des « benzos » de un à trois mois n’avait aucun effet significatif pour le traitement de l’anxiété et de la dépression. Les traitements étant généralement plus longs pour cette raison, il s’est avéré qu’un traitement de 3 à 6 mois augmentait le risque d’apparition de la maladie d’Alzheimer de 32 % et au delà de 6 mois de traitement ce risque était augmenté de 84 %. Une étude similaire sur 1000 patients âgés réalisée en France a conduit aux mêmes conclusions. Pour le Docteur Alphonso de l’hôpital universitaire de Fort Worth au Texas, il devient donc impératif pour les médecins de prescrire d’autres classes d’antidépresseurs en particulier chez les seniors.

Si la corrélation observée avec ces deux études semble claire il ne faut pas en déduire que les « benzos » puissent être des molécules chimiques causant la maladie d’Alzheimer, mais dans le doute il est préférable de limiter l’utilisation de cette classe de médicaments considérée depuis 2012 par l’American Geriatric Society comme inappropriée pour les seniors. Qu’en est-il pour les personnes n’entrant pas (encore) dans cette classe d’âge ? Puisque le « principe de précaution » est stupidement inscrit dans la Constitution française, que chacun l’applique pour lui-même et dans le cas des benzodiazépines ce serait tout à fait opportun car il n’existe aucune étude sur les effets des « benzos » sur le long terme quand on commence à s’en gaver vers la quarantaine … Les médecins traitants sont incités par les laboratoires pharmaceutiques à prescrire ces poisons. Plus ils « font du chiffre » plus ils ont de compensations du genre congrès aux Bahamas ou à Tahiti tous frais payés et voyage en première classe pour les plus méritants. C’est çà la médecine d’aujourd’hui, la vente à outrance de saletés vantées pour leur efficacité en général non prouvée auprès des cabinets médicaux par des filles dites « visiteuses médicales » ressemblant à des hôtesses de l’air de Thaï Airways. Quel gâchis pour l’ensemble de la population servile et crédule au détriment de sa santé …

Source : EurekAlert, illustration Wikipedia : observez bien cette illustration, il s’agit d’un condensé des fabricants de poisons !

Benzodiazépines et Alzheimer : un gros pavé dans la mare.

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Depuis la mise sur le marché du Valium (Diazepam) en 1963, toute une série de benzodiazépines a vu le jour pour de nombreuses applications depuis les troubles du sommeil jusqu’aux crises d’épilepsie en passant par des relaxants musculaires et des antidépresseurs, l’une des principales applications pharmacologiques de cette classe de produits. Les benzodiazépines agissent sur le cerveau par synergie avec le récepteur de l’acide gamma-aminobutyrique (GABA), un important neurotransmetteur qui a pour rôle de réduire l’excitabilité neuronale. Alors que l’on connait très bien les effets négatifs de cette classe de produits sur la mémoire et les facultés cognitives, peu d’études sur le long termes et en fonction de la nature et de la posologie des benzodiazépines prescrites ont été entreprises avec un échantillon suffisamment large pour valider la présence effective d’une relation de cause à effet entre la prise de ces médicaments et l’apparition de démence type maladie d’Alzheimer.

C’est ce genre d’étude qui vient d’être publiée dans le British Medical Journal du 9 septembre : doi: http://dx.doi.org/10.1136/bmj.g5205 , réalisée en collaboration entre les Universités de Bordeaux et de Montréal et portant sur 1796 personnes diagnostiquées comme souffrant de la maladie d’Alzheimer en regard de 7184 autres personnes indemnes de cette maladie toutes originaires de la Province du Québec sur la période 2000-2009 en regard de l’utilisation ou non de benzodiazépines, de leur nature et des durées de traitement.

Dans cette étude, le premier point important était de classer les personnes étudiées selon les benzodiazépines prescrites, qu’elles soient des anxiolytiques, des relaxants ou des hypnotiques, en fonction de leur temps de persistance dans le sang ou demi-vie, celle-ci pouvant varier de quelques heures comme le Temazepam à une semaine comme le Flurazepam. Le deuxième critère important considéré était la durée des traitements qui ont été homogénéisés à des fins de comparaison en doses journalières prescrites faisant ressortir au moins trois types de traitements sur la durée, 3 mois, de trois à 6 mois et plus de 6 mois. Toutes les personnes à qui il n’avait jamais été prescrit une quelconque benzodiazépine ont servi de contrôle. Au cours de l’étude 894 personnes diagnostiquées comme souffrant de la maladie d’Alzheimer sur les 1796 (49,8%) avaient été ou étaient toujours traitées avec des benzodiazépines et 2873, parmi les 7184 servant de contrôles utilisaient des benzodiazépines. Toutes ces personnes étudiées étaient âgées de plus de 66 ans.

Il ressort très clairement de cette étude que, quelle que soit la méthode d’analyse statistique utilisée, la prise de benzodiazépines, quelle que soit également leur nature, augmente significativement le risque d’apparition de la maladie, ce risque augmente linéairement en fonction des doses quotidiennes prescrites et également en fonction des durées de vie des produits dans le sang. Pour des traitements ayant duré plus de 6 mois, le risque est doublé ! Pour les benzodiazépines à longue demie vie, ce risque est accru de 70 %. En moyennant tous les résultats il ressort que la prise de benzodiazépines, en agrégeant leur nature et la durée de traitement, augmente de 50 % le risque d’apparition de la maladie d’Alzheimer.

Reste à trouver une explication à cette découverte carrément alarmante sur des modèles animaux car la seule observation qui a pu être avancée est que l’usage prolongé de benzodiazépines induit une baisse du nombre de récepteurs de l’acide gamma-aminobutyrique du système nerveux central.

Source : British Medical Journal

L’alcoolisme, c’est génétique, docteur ?

L’acide gamma-aminobutyrique (GABA) est synthétisé dans le cerveau à partir du glutamate et ces deux acides aminés sont d’importants neurotransmetteurs agissant sur les flux d’ions au niveau des jonctions synaptiques qui sont au cœur même de l’apparition de l’influx nerveux essentiel par exemple pour l’activité musculaire mais aussi dans de nombreux autres fonctions cérébrales. Le GABA, pour faire simple parce que tout est compliqué dans le système nerveux (voir le schéma de Wikipedia), diminue la résistance « électrique » au niveau des jonctions synaptiques en ouvrant les vannes des canaux ioniques permettant aux ions chlore et potassium de circuler presque librement. Le GABA est donc un inhibiteur de la transmission synaptique de l’influx nerveux contrairement au glutamate qui a un effet globalement inverse.

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Le GABA agit en se fixant sur un récepteur appelé GABA-A associé au niveau de la membrane synaptique au canal ionique spécifique de l’ion chlore et avec l’ouverture du canal ionique cet ion chlore fuit vers le neurone (en vert dans la figure) provoquant un arrêt de la transmission synaptique. Comme si ce n’était pas déjà passablement compliqué, ce récepteur A du GABA est en fait un complexe de cinq protéines qui subissent des changements de structure conduisant à l’ouverture du pore par lequel s’échappe l’ion chlore. Mais ce récepteur est aussi sensible à toutes sortes de drogues dont par exemple les benzodiazépines, certains barbituriques ou encore tout simplement l’alcool. Ces drogues, dont l’alcool, ont des effets sédatifs ou relaxants comme les benzodiazépines telle que le Myolastan (Tétrazépam), un décontractant musculaire bien connu des sportifs ou encore le Valium (Diazépam) bien connu pour ses propriétés relaxantes.

Le but de récentes recherches sur la sous-unité beta-1 du récepteur A du GABA effectuées à l’Université de Newcastle était de tenter de trouver une explication à l’apparition de l’alcoolisme. Certes l’alcoolisme est un phénomène complexe résultant de la conjonction de multiples causes mais l’intérêt d’une étude plus détaillée de cette sous-unité du récepteur du GABA a été justifiée par la découverte fortuite qu’une infime mutation du gène codant pour cette protéine rendait des souris complètement alcooliques, en quelque sorte une preuve lointaine et indirecte d’une origine génétique de l’alcoolisme. Cette sous-unité du récepteur est codée par le gène Gabrb1 et en soumettant des souris à un agent mutagène puissant (N-éthyl-N-nitroso-urée) les biologistes ont finalement pu développer un modèle de souris alcooliques qui refusent catégoriquement de boire de l’eau à moins que celle-ci contienne au moins 10 % d’alcool, deux fois plus qu’une bière courante dont je suis un gros consommateur. Cette mutation induit le changement d’un seul acide aminé de la protéine, c’est-à-dire tellement peu de chose que cette découverte est une vraie chance pour aller plus en avant dans la connaissance de l’addiction à l’alcool.

J’avais parlé il y a quelques semaines (voir le lien) de la dépendance aux sucreries qui s’expliquait par une stimulation du noyau accumbens, le centre cérébral du plaisir. Cette mutation qui rend les souris alcooliques a justement un effet marqué sur ce noyau en y augmentant l’activité électrique spontanée, ce qui a pour effet d’amplifier le désir d’alcool à un point tel que les souris sont prêtes à dépenser de l’énergie en faisant des exercices physiques leur permettant d’atteindre la boisson alcoolisée et boire plus qu’elles n’en ont besoin jusqu’à devenir complètement ivres. Ce résultat explique que certains traitements contre l’alcoolisme impliquent entre autres médicaments des benzodiazépines qui agissent alors comme antidépresseurs tout en interagissant avec le récepteur du GABA. Une piste de recherche est donc ouverte pour trouver de nouvelles approches pharmacologiques malgré l’extrême complexité du mode d’action du GABA.

Source : University of Newcastle press release

https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/10/17/oui-lobesite-est-une-maladie/