Invraisemblable, la tuberculose tue près de 2 millions de personnes par an.


En 2015, année des dernières statistiques mondiales publiées par l’OMS (organisation mondiale de la santé ou WHO), 10,4 millions de nouveaux cas de tuberculose ont été recensés entrainant la mort de 1,8 millions de décès directement liés à cette maladie. L’Inde se trouve à l’épicentre de cette catastrophe sanitaire puisque toujours la même année il y a eu dans ce pays un demi-million de morts en raison de cette maladie infectieuse pour laquelle il existe pourtant un vaccin, le BCG, dont l’efficacité a été prouvée dès 1908 par les Professeurs Calmette et Guérin à l’Institut Pasteur de Lille en France.
Le BCG reste le vaccin le plus utilisé dans le monde, 170 millions de doses sont produites chaque année, mais son efficacité requiert des « rappels » périodiques, protocole que la plupart des pays n’ont pas mis en place, et en particulier en Inde. Ce qui devait arriver … arriva. Aujourd’hui certaines souches du Mycobacterium tuberculosis sont devenues résistantes à tous les antibiotiques connus et il s’agit pour l’Inde de tenter une éradication de la maladie. Or un tel programme est immense et extrêmement coûteux puisqu’il a été évalué à 2,5 milliards de dollars par an dans ce seul pays. Il n’y a pas d’autre solution viable que la vaccination obligatoire avec des rappels périodiques, le dépistage des foyers infectieux par les personnels para-médicaux opérant dans les dispensaires, comme cette approche permit au XXe siècle de circonscrire la syphilis par simple identification des personnes porteuses de cette maladie afin qu’elles se soumettent à un traitement adéquat.
Dans la recherche de l’excellence sanitaire dans un pays comme l’Inde qui a pourtant réussi à pratiquement éradiquer la poliomyélite – aucun cas déclaré depuis 5 ans – il s’agit d’un challenge qui peut être atteint à force d’opiniatreté et de civisme.
Source : adapté d’un article paru dans The Conversation, illustration : Reuters

 

Et pourtant le BCG est bien efficace !!!

Des membres de l’école londonienne de médecine tropicale ont décortiqué des données datant pour la plupart d’avant les années 80 relatives à l’efficacité du BCG. On sait que cette vaccination n’est plus obligatoire dans de nombreux pays malgré l’apparition de souches de bacille de la tuberculose résistantes à pratiquement tous les antibiotiques connus. Le BCG est le seul vaccin homologué pour combattre la tuberculose. Il est peu coûteux et son efficacité a été mise en doute partant du fait que par exemple au sud de l’Inde, plus précisément au Kerala, vaccination ou pas, les enfants contractaient la tuberculose sans différence significative. Pourtant en Grande-Bretagne la même vaccination a fait pratiquement disparaître l’occurrence de cette maladie. Toutes sortes de théories ont été échafaudées pour tenter d’expliquer ces différences qui semblent proportionnelles à la distance à l’équateur, mais si, c’est vrai et prouvé statistiquement ! Cette étude récente a permis au contraire de montrer qu’il n’en était rien et que l’efficacité du BCG était d’autant plus grande que la vaccination avait lieu très tôt après la naissance. Comme on dit souvent « le plus tôt sera le mieux » et cet adage s’applique parfaitement au BCG. Encore fallait-il trouver une explication à cette observation rendue possible par traitement informatique de centaines de milliers de données provenant de dispensaires parfois éloignés de tout centre urbain mais soigneusement conservées par les soins des médecins anglais depuis des décennies.

Ce qui a permis de lever le voile sur le mystère de l’efficacité du BCG est d’abord le fait que les enfants qui avaient été en contact avec le bacille de Koch sans pour autant développer la tuberculose (primo-infection bénigne) ne réagissaient que faiblement au BCG, réaction suivie par le test à la tuberculine. Par comparaison, les enfants vaccinés très tôt après la naissance, quelques jours seulement, développaient une réaction normale à la tuberculine. L’étude a montré qu’en réalité l’efficacité du BCG diminuait si l’enfant était tardivement vacciné et cette observation a été expliquée par le fait que très tôt dans la vie on peut se trouver en contact avec des mycobactéries, famille dont fait partie le bacille de Koch, qui se retrouvent dans l’eau du robinet, sur les aliments et aussi dans les poussières de maison ! La vaccination contre la tuberculose avec le BCG n’a donc pas perdu sa réputation et administré très tôt après la naissance est un gage d’efficacité durable.

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Déclarer que le BCG est « devenu » inefficace est donc une contre-vérité que tous les médecins doivent éliminer de leur mémoire alors que le bacille fait de plus en plus de ravages y compris dans les pays développées.

Pou rappel le test à la tuberculine, mis au point par Koch avec les controverses qui s’ensuivirent, est un extrait dans du glycérol de bacille qui après injection sous-cutanée entraine une inflammation bien visible si je sujet a été préalablement en contact avec le bacille vivant au cours d’une primo-infection. Ce test est utilisé pour valider l’immunité acquise après la vaccination avec le BCG.

Source : London School of Hygiene and Tropical Medicine, illustration Wikipedia (appareil utilisé pour la vaccination BCG au Japon)

Voir aussi sur ce blog : https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/08/22/le-bacille-de-la-tuberculose-va-tres-bien-merci/

Le bacille de la tuberculose va très bien, merci …

La tuberculose, l’un des fléaux sanitaires des siècles derniers n’a pas disparu malgré la mise au point par Calmette et Guérin en 1920 du vaccin qui porte leur nom, le BCG. On estime que la tuberculose affecte plus de 2 milliards de personnes dans le monde et que cette maladie souvent mortelle puisque le bacille (de Koch) est devenu multi-résistant aux antibiotiques affecte une nouvelle personne chaque seconde ! Le bacille ne peut pas vivre à l’air libre et il est obligatoirement transmis par l’aérosol que le malade diffuse autour du lui en toussant ou en éternuant. Le bacille s’est répandu au cours des XVII et XVIIIe siècles lors de l’intensification des colonisations et des grands mouvements de population vers, par exemple, les Amériques. En Océanie, certaines îles indemnes de tuberculose ont vu leur population quasiment disparaître en quelques années avec la venue des colonisateurs. Mais on vient de découvrir par des analyses génétiques détaillées qu’en réalité ce bacille (B.tb) aime les foules : plus il y a de monde, plus il s’adapte et plus sa virulence augmente. Comme toute bactérie, le B.tb est en constante mutation et les analyses ont montré que c’est au cours de la période 1620-1713 qui vit une augmentation significative de la population humaine que le B.tb a acquis l’essentiel de ses mécanismes d’adaptation à l’hôte, en l’occurrence l’homme. La vaccination n’est pas obligatoire puisqu’on considère que l’efficacité du BCG n’est pas prouvée sur le long terme, elle est seulement vivement conseillée mais comme les laboratoires pharmaceutiques n’ont pas vraiment intérêt à produire ce vaccin car il ne rapporte aucun bénéfice financier et de ce fait aucune réelle publicité n’atteint les populations à risque, prisons, camps de réfugiés, banlieues surpeuplées et insalubres ou encore les écoles ! En France on a recensé cette année une vingtaine de cas dans une école en banlieue parisienne … Une fois que la maladie est déclarée, il faut plusieurs années d’antibiothérapie lourde pour s’en débarrasser. Pourquoi ne pas se faire vacciner et surtout vacciner systématiquement les enfants en bas âge et éventuellement conseiller un rappel de vaccination tous les dix ans, au moins chez les populations à risque puisque le B.tb est assez vicieux pour s’adapter rapidement à tout nouvel environnement. Les études génétiques de B.tb ont en effet montré que ce bacille est capable d’améliorer sa capacité d’infection, sa fonction de production de protéines et d’élimination des mutations indésirables qui est environ 1000 fois supérieure à celle observée chez d’autres bactéries pathogènes. 

 

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L’avant-bras de mon petit-fils quelques jours après la vaccination par le BCG (obligatoire au Japon).

Source : PlosOne