La fièvre anti-vaccins a atteint l’Espagne et se répand en Europe.

Ce sont des prédicateurs, des colporteurs de fausses nouvelles, de faux médecins, des journalistes d’une crasse ignorance qui osent déclarer sans aucune espèce de preuve scientifique à l’appui que la vaccination, c’est mal, c’est contre nature, ça rend malade et qu’il faut donc arrêter au plus vite avec ce délire moderne. Il y a là un retour à l’obscurantisme des alchimistes du fin fond du Moyen-Age et si Pasteur était encore de ce monde il serait désolé de constater que la bêtise humaine a dépassé toutes les limites de l’imaginable.

Tout se passe à Barcelone, donc en Europe et plus aux USA où les antivaxxers ont obtenu le droit de répandre leur idéologie malsaine jusqu’aux plateaux télévisés des chaines câblées réservées aux abonnés branchés. Et comme il s’agit d’un effet de mode s’appuyant sur des faits qui n’ont jamais été prouvés par une quelconque étude scientifique mais qui alimentent la peur, alors ça paie – comme toutes les peurs – et les conséquences sont plutôt catastrophiques. Un enfant de 5 ans est entre la vie et la mort dans un hôpital de Barcelone parce que ses parents ne l’ont pas fait vacciner contre le tri-vaccin diphtérie-tétanos-polio. Ce gamin s’est ramassé une bonne et belle diphtérie que les médecins ont eu du mal à diagnostiquer car on croyait cette maladie éradiquée grâce à la vaccination. Aucun praticien n’avait été en présence de la diphtérie depuis des années. On meurt de cette saloperie, surtout un enfant ! Les parents sont doublement coupables et devraient être emprisonnés sans procès. Non seulement ils ont mis en danger la vie de leur enfant mais aussi celle d’une dizaine d’autres enfants en contact avec leur enfant malade par leur soin, leur négligence et leur idéologie débile.

J’étais déjà persuadé que les Américains filent un très mauvais coton avec leurs médias asservis par des groupes de pression politico-religieux, mais de constater que ce mal se propage aussi en Europe, c’est proprement hallucinant et surtout très inquiétant.

N’importe quel quidam mal ou pas du tout informé va s’engouffrer dans cette idéologie qui consiste à prétendre que toute modification de la nature est mauvaise : les vaccins, la plus grande et la plus significative révolution biomédicale des ces cent et quelques dernières années qui a d’ors et déjà permis de sauver des centaines de millions de vies, modifie la nature humaine. Il y a comme un relent sordide de l’idéologie malthusienne entretenue par des groupes de pression actifs dans d’autres domaines du déni de la science et de la technologie comme l’énergie nucléaire, les pesticides, les OGMs, le CO2 ou encore le climat pour répandre cette peur infondée. Ce sont ces mêmes criminels pourvoyeurs de fausses peurs et de mauvaise science qui favorisent des évènements de ce genre : un enfant entre la vie et la mort parce qu’il se débat contre la bactérie de la diphtérie, et ça se passe à Barcelone.

Fort heureusement les quelques bambins qui ont été en contact avec cet enfant ont été aussi en contact avec la bactérie mais ils n’ont pas développé la maladie car ils étaient vaccinés. Cette seule observation montre à quel point la vaccination est efficace et personne ne peut ni est en droit de le nier sauf ces fous écolos de la dernière heure qui veulent retourner vivre dans des cavernes …

Triste, très triste régression généralisée de la civilisation. Heureusement que la majorité de l’humanité est opposée à ces élucubrations iniques.

Vers une moralisation de l’industrie pharmaceutique ? On peut encore en douter.

Une étude émanant de l’Institut de Recherche en Biomédecine de Barcelone a recensé parmi plus de 1600 effets secondaires de divers médicaments 1162 d’entre eux identifiés sur la base des structures chimiques de ces médicaments, et parmi ceux-ci 446 ont pu être clairement expliqués biologiquement, 68 chimiquement et pour les 648 autres biologie et chimie devaient être combinées pour expliquer ces effets souvent indésirables voire invalidants. Cette étude minutieuse a été conduite car les effets secondaires des médicaments sont l’une des premières causes d’hospitalisation dans les pays occidentaux.

Un exemple parmi d’autres est le syndrome buccoglossal, un désordre invalidant provoqué par des mouvements désordonnés. La cause très probable de cet effet secondaire est la présence d’un noyau pipérazine dans le structure du médicament interagissant avec le récepteur de la 5-hydroxytryptamine (sérotonine) un neuromédiateur important impliqué notamment dans la régulation de la température du corps ou encore du sommeil. Treize autres médicaments provoquent une xanthopsie, syndrome de la vision en jaune, ce dont souffrait peut-être Van Gogh, d’autres encore provoquent des insuffisances rénales graves ou un assèchement de la langue. Bref, on se demande pourquoi les laboratoires pharmaceutiques, pourtant informés des risques d’effets secondaires de leurs produits, n’alertent pas plus fermement le corps médical. Devant ces résultats publiés dans le numéro du 18 avril 2013 de Chemistry and Biology et dont j’ai glissé une illustration tirée de cet article dans le présent billet, on se demande quelle peut être la validité des essais préliminaires obligatoirement réalisés pour toute nouvelle molécule afin d’obtenir son autorisation de mise sur le marché. Ou bien les laboratoires pharmaceutiques biaisent volontairement les résultats de leurs études, ou bien ils cachent sciemment la vérité sur les effets secondaires parfois délétères de ces médicaments afin de réaliser le maximum de profits. On se souvient de l’affaire du Vioxx (Merck) un médicament supposé traiter l’ostéoarthrose mais qui s’est avéré provoquer des infarctus du myocarde chez des sujets n’ayant aucune prédisposition pour cette pathologie. Les laboratoires Merck ont mis ce produit sur le marché en 1999 et il ne fut interdit qu’en 2004 après des dizaines de milliers de morts alors que Merck savait depuis 2001 qu’il provoquait des infarctus. Belle illustration de la malhonnêteté des laboratoires pharmaceutiques. Inutile d’insister sur le Mediator et bien d’autres médicaments dont les effets curatifs sont moindres que les effets secondaires souvent mortels ! Patrick Aloy, l’un des auteurs de l’étude écrit : « Nous proposons à la communauté scientifique la liste des protéines (le plus souvent des récepteurs ou des enzymes interagissant avec ces médicaments) et les structures chimiques associées avec les effets secondaires. Nous les définissons comme des « alertes ». Elles peuvent être utilisées par les chimistes pour essayer d’éviter certaines interactions et/ou structures (chimiques spécifiques) afin de développer des drogues plus sûres ». (Les annotations entre parenthèses sont de mon cru).

1-s2.0-S107455211300121X-gr4

 

Mais il s’agit d’un vœu pieux. Comme à leur habitude les laboratoires continueront leur course effrénée au profit en procédant à de soit-disant essais cliniques en toute opacité, souvent sur des cobayes humains rémunérés ou non dans des pays dits pauvres, et en masquant soigneusement au monde médical les effets secondaires de leurs nouvelles molécules géniales. Il faut ici relater le cas des statines, ces produits supposés diminuer le taux de cholestérol sanguin, j’indique à mes lecteurs le lien ci-dessous pour se faire une idée de la quasi obscénité de la commercialisation des statines qui ne présentent qu’un effet thérapeutique statistique en regard des effets secondaires invalidants et reconnus. L’usage des statines est très probablement le prochain grand scandale sanitaire à l’échelle mondiale !

http://www.youtube.com/watch?feature=player_embedded&v=Pt64YzmHlqg

Contact : http://www.irbbarcelona.org

Note : mon blog n’a aucune vocation lucrative, je n’ai jamais sollicité mes lecteurs pour une aide financière et je ne le ferai jamais contrairement à certains autres sites de la blogosphère, et l’utilisation de cette illustration tirée d’une préview de Chemistry & Biology sans la permission des auteurs ne peut que leur être favorable.