Migraines : il faudra attendre

L’irrigation sanguine du cerveau est faite de telle manière que le flux sanguin est en permanence contrôlé par des interconnections entre les principales artères, carotides et autres afin d’éviter un déficit même momentané pour une partie du cerveau qui pourrait être désastreux. En effet, le cerveau est l’organe le plus énergivore du corps et la vascularisation y est donc très importante et complexe. Comme je ne suis ni médecin ni physiologiste et encore moins neuro-physiologiste, je me contenterai juste de mentionner, illustration à l’appui obtenue par résonance magnétique, que toutes ces artères sont interconnectées par ce qu’on appelle le cercle de Willis, une boucle reliant entre elles les carotides internes, les artères cérébrales antérieures, médianes et postérieures et les artères basilaires. Les artères vertébrales ne sont normalement pas connectées au cercle de Willis. Ca fait beaucoup d’artères et tout se passe bien heureusement dans la majorité des cas. Par IRM en champ élevé (3 Tesla) on peut obtenir une image très fine de l’agencement de ce cercle de Willis, il s’agit d’angiographie non invasive. Une équipe de médecins de l’Université de Pennsylvanie a examiné par IRM 170 personnes âgées de 25 à 50 ans réparties en trois groupes, un tiers de patients souffrant de migraines, un autre tiers souffrant de migraines avec aura, c’est-à-dire un genre d’hallucinations visuelles colorées liées aux migraines et un tiers de volontaires témoins. Même si les résultats ne sont pas vraiment tranchés, il faut toujours se méfier des statistiques comme par exemple en climatologie, il apparaît tout de même que les personnes sujettes à des migraines présentaient plus de défauts au niveau du cercle de Willis que les sujets sains et cela significativement malgré la faiblesse du nombre d’échantillons. L’interprétation de cette étude est difficile du fait que près de 50 % des sujets normaux, c’est-à-dire non sujets à des migraines, présentaient un cercle de Willis incomplet. Néanmoins, les perturbations des flux sanguins étaient également plus fréquents dans la partie postérieure du cerveau où se trouve justement le cortex visuel, ce qui selon ces chercheurs pourrait expliquer l’apparition d’auras au cours des épisodes de migraines. De là à intervenir sur le cercle de Willis, il y a un grand pas impossible à franchir. Cette étude ne peut que faciliter le choix d’un traitement mais la plupart des migraines sont malheureusement incurables.

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Source : PlosOne et University of Pennsylvania School of Medicine