Visite fortuite d’un « alien »

Le Soleil se déplace autour du centre de la Galaxie à une vitesse de l’ordre de 220 kilomètres par seconde et lorsqu’un observateur regarde les étoiles dans le ciel, ce que nous faisons de moins en moins surtout dans les villes, celles-ci semblent immobiles. On pourrait en déduire que toutes ces étoiles, du moins les plus brillantes, se déplacent également dans la même direction et à la même vitesse que le Soleil. Or ce n’est pas tout à fait le cas car le Soleil se déplace aussi par rapport aux étoiles qui lui sont proches, ses voisines en quelque sorte, avec une vitesse non négligeable d’environ 20 km/seconde soit 72000 km/h. Les Assyriens et les Egyptiens avaient donc une vision des constellations légèrement différente de celle d’aujourd’hui.

Mais comme toutes ces étoiles sont très éloignées les unes des autres, par exemple l’étoile Alpha du Centaure, en fait une étoile double, se trouve à 4,7 années-lumière du Soleil, c’est à vrai dire une confortable distance qui exclue toute collision avec le Soleil. Et pourtant le système solaire vient d’être traversé par un objet qui ne provenait ni de la ceinture d’astéroïdes située au delà de l’orbite de Neptune ni du nuage de Oort situé bien au delà de ces cailloux d’où proviennent la plupart des comètes. Les astronomes l’ont identifié comme étant le premier objet répertorié provenant « d’ailleurs », de l’espace inter-stellaire, un « alien » de 400 mètres de diamètre appelé A/2017 U1 qui a frôlé le Soleil le 9 septembre dernier mais tout de même à une distance de 23 millions de kilomètres de ce dernier et à l’intérieur de l’orbite de Mercure. La trajectoire hyperbolique de ce bolide était telle qu’il ne pouvait pas provenir du nuage de Oort qui fait bien partie de « notre » système solaire.

Pour les astrophysiciens ce n’est pas surprenant car très probablement des cailloux de « notre » nuage de Oort peuvent tout aussi bien être éjectés vers les autres étoiles proches du Soleil.

C’est un peu comme si les étoiles s’échangeaient de la matière les unes avec les autres lorsque leurs planètes se forment puisque les spécialistes de la question considèrent que la grande majorité des étoiles possèdent des systèmes planétaires. L’espace n’est donc pas aussi vide qu’on le croyait et tout y est mouvant …

Source : Science Magazine, illustration : observatoire de Hawaii