Brève. Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 !

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Les USA viennent de franchir une étape dans la lutte contre le réchauffement climatique dans le cas de la centrale électro-nucléaire de Turkey Point. Alors que la France s’apprête à initier le démantèlement de ses plus « vieilles » centrales nucléaires en commençant par la doyenne, la centrale de Fessenheim, les Etats-Unis appréhendent le changement climatique de manière diamétralement opposée, objective et pragmatique. Les deux unités nucléaires du complexe de production d’électricité de Turkey Point situé à une trentaine de kilomètres au sud de Miami comprenant deux unités thermiques classiques et une unité à gaz (illustration) ont été raccordées au réseau en 1972 et 1973. Il s’agit de réacteurs à eau pressurisée (PWR) de technologie Westinghouse strictement identique à celles de la centrale française de Fessenheim avec ses deux réacteurs, raccordés au réseau en 1978, dont une partie alimente l’Allemagne et la Suisse voisines, ce qui rapporte, c’est bon de le noter au passage, quelque 1,2 milliard d’euros à la France (voir à ce sujet l’article de Sébastien Richet sur le site Contrepoint, lien en fin de billet).

La NRC (Nuclear Regulation Commission) est l’équivalent de l’ASN française (autorité de sureté nucléaire) et elle a tout pouvoir, indépendamment du pouvoir politique, pour décider si oui ou non une installation nucléaire civile peut voir son exploitation prolongée. Cet organisme, contrairement aux politiciens, détient l’expertise dans ce domaine et c’est à lui et non au pouvoir politique, pour quelque raison que ce soit, de décider de la prolongation de l’exploitation d’une installation électro-nucléaire. La différence entre la France et les USA est claire : le pouvoir politique américain ne peut pas intervenir dans les décisions de la NRC alors que les écologistes se sont arrogé le droit de décider de la politique énergétique de la France. Pour les écologistes qui pourrissent la tête de l’Etat français la compagnie Electricité de France n’est qu’une entreprise parmi d’autres qui doit se plier à leurs volontés.

La NRC a décidé de prolonger la « durée de vie » des deux réacteurs de Turkey Point jusqu’à 80 ans. C’est-à-dire jusqu’en 2054, après on verra. Comme ceux de Fessenheim ces deux réacteurs sont en parfait état de marche et il n’y a aucune raison d’en arrêter l’exploitation. Les Etats américains comptent leurs sous, en France c’est le contribuable qui paie la facture : il faudra bien un jour éponger le déficit commercial de la France (cf. le TARGET2). Faut-il que Hollande ait succombé aux charmes des représentantes des partis écologistes pour prendre cette décision insensée de fermer la centrale de Fessenheim, que ce soit Corinne Lepage, l’indicible représentante des écolos suisses et allemands, ou encore la Miss Duflot, l’opportuniste numéro 1 du monde politique français qui s’est fait embaucher par Oxfam.

Il est tout à fait incompréhensible que Macron, fin connaisseur des chiffres et des bilans des entreprises, savoir-faire qu’il a acquis chez le banquier d’affaires le plus prestigieux du monde, ne comprenne pas que le pacte électoraliste de Hollande avec les partis écolos devrait tout simplement être dénoncé ainsi que cette transition énergétique écologique et solidaire qui ne veut rien dire pour préserver la santé énergétique de la France, son économie, son industrie et le bien-être de ses citoyens … s’il en est encore temps.

Si c’était la NRC qui décidait pour l’ASN elle dirait que les réacteurs de Fessenheim sont bons pour le service jusqu’en 2059 ( ! ) laissant largement le temps au gouvernement d’aiguiser ses couteaux pour « sauver le climat » puisque le nucléaire est la seule source d’électricité « zéro carbone ». Bien entendu les langues de vipère, et il y en a des charrettées dans le gouvernement français, toutes aussi incompétentes les unes que les autres, diront que c’est sous la pression de Donald Trump, propriétaire de toutes sortes de domaines luxueux en Floride, que l’exploitation de ces deux réacteurs a été prolongée. Pas de chance ! la NRC est, de par son statut, totalement impérméable aux injonctions des politiciens.

La France pourrit par la tête avecc les écolos, ce pays est définitivement foutu pour reprendre les mots d’H16.

Illustration : Florida Power & Light, exploitant de Turkey Point.

https://www.contrepoints.org/2019/10/16/355837-la-fermeture-de-fessenheim-nest-ni-economique-ni-ecologique-mais-politique

Nouvelles des EPR de par le monde

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Alors que le second EPR chinois sur le site de Taishan a atteint la phase critique de la divergence neutronique, en d’autres termes que la fission de l’uranium 235 enrichi à 5 % s’auto-entretient en produisant de la chaleur, qu’en est-il des autres EPR ? Le réacteur EPR 1 du même site chinois dont la construction avait débuté en 2009 avait atteint le même stade le 6 juin 2018 et a été connecté au réseau trois semaines plus tard. La certification finale fut accordée le 13 décembre de la même année. En ce qui concerne l’EPR finlandais d’Olkiluoto, le combustible est en cours de chargement et il devrait être connecté au réseau électrique à la fin du mois d’octobre de cette année 2019. Son exploitation commerciale certifiée est prévue pour janvier 2020.

Venons-en à l’EPR franco-français puisque cette technologie a été développée en France avec la collaboration du groupe allemand Siemens. L’EPR de Flamanville est toujours en « construction », celle-ci débuta en décembre 2007. Toujours en construction signifie qu’il reste 6 soudures au niveau du circuit primaire de vapeur à réparer car elle sont considérées comme défectueuses par l’ASN, le « gendarme du nucléaire » français. L’EPR français ne sera probablement pas connecté au réseau avant la fin de l’année 2022 !

Il aura donc fallu au mieux 15 ans pour que l’EPR finlandais soit connecté au réseau, La construction des deux EPR chinois débuta respectivement en 2009 et 2010 et le premier à être connecté au réseau le fut 9 ans plus tard. Il en sera de même pour l’unité 2 du site de Taishan. Quand à l’EPR de Flamanville, au mieux, il sera connecté au réseau 15 ans après la première coulée de béton, comme l’EPR finlandais. Les dirigeants d’EDF, qui ne sont pas maîtres d’oeuvre en Chine, n’ont cessé de répéter qu’il faut toujours beaucoup de temps pour atteindre le stade du fonctionnement commercial d’un prototype. Il ne faut pas se moquer des observateurs. Le fait est que les Chinois sont plus efficaces que les Français ou les Européens d’une manière générale et ils en ont fait une brillante démonstration à Taishan.

Inutile d’insister sur les coûts que représentent les retards successifs qu’il serait fastidieux d’examiner ici dans le détail. Il faut retenir pour se faire une idée des capitaux engagés dans la construction de ces monstres que le coût global estimé pour un réacteur EPR britannique sur le site d’Hinckley Point C avoisinera les 10 milliards d’euros et sera environ le double de celui d’un réacteur Chinois sur le site de Taishan. Je tiens le pari que le prochain EPR construit en France le sera par une entreprise chinoise …

Qu’on ferme Fessenheim, peut-être, mais qui paiera ?

Transition énergétique: EDF pourra bien demander à être indemnisé pour les fermetures de réacteurs

Paris – EDF pourra bien demander une indemnisation s’il est contraint de fermer des réacteurs du fait de la loi sur la transition énergétique, selon l’avis rendu jeudi soir par le Conseil constitutionnel, un enjeu potentiellement ruineux pour l’Etat selon le député de l’opposition Hervé Mariton.

Le Conseil constitutionnel a validé jeudi la loi sur la transition énergétique pour la croissance verte, qui fixe des objectifs de réduction de la part du nucléaire dans la production d’électricité et dans la consommation des énergies fossiles.

Elle prévoit aussi que la capacité du parc nucléaire français soit désormais plafonnée à 63,2 gigawatts, soit la puissance actuelle des 58 réacteurs (19 centrales) qu’il comprend, tous exploités par EDF.

Parmi les points abordés dans sa décision, le Conseil a considéré que la loi n’empêchait en rien l’exploitant de prétendre à une indemnisation du préjudice subi s’il ferme un réacteur pour respecter ce plafond. Et ceci alors qu’un article prévoyant explicitement une telle indemnisation et introduit dans le projet de loi par les sénateurs avait été retiré ultérieurement du texte.

Ainsi, si EDF vient à fermer la centrale alsacienne de Fessenheim (Haut-Rhin) ou d’autres réacteurs, parallèlement à l’entrée en service de l’EPR de Flamanville (Manche) prévue au 2e semestre 2017, pour respecter ce plafond, le groupe sera bien en droit de réclamer à l’Etat une compensation de son manque à gagner.

Hervé Mariton, député Les Républicains de la Drôme et rapporteur du budget de l’écologie à la Commission des finances, a mis en garde vendredi contre le coût financier d’une telle indemnisation, une question qui fait débat depuis le début du quinquennat.

L’enjeu est potentiellement considérable, a déclaré à l’AFP le député qui l’évalue en milliards pour Fessenheim et en dizaines de milliards sur l’ensemble de la stratégie de capage (ou plafonnement) du parc nucléaire. C’est un point contesté par le gouvernement jusqu’à présent (…) et potentiellement ruineux, a-t-il insisté, tout en relevant que le Conseil constitutionnel n’avait pour sa part avancé aucun chiffre.

Selon un rapport coprésenté par M. Mariton l’an dernier, le coût global de la fermeture de la centrale de Fessenheim s’établirait à quelque 5 milliards d’euros, dont 4 milliards d’indemnisation pour son exploitant EDF. Un montant qui avait été jugé farfelu par la ministre de l’Ecologie et de l’Energie, Ségolène Royal.

(©AFP / 14 août 2015 15h39)

Dans la torpeur estivale cette dépêche de l’Agence France Propagande ne m’a pas échappé et j’ai tout de suite recherché un billet que j’avais laissé sur mon blog en 2013 suite à des informations communiquées par un contact au sein même d’EDF qui comme on dit est très bien informé mais veut garder l’anonymat. Pour la CGT la fermeture prématurée et totalement injustifiée techniquement et industriellement de la centrale de Fessenheim s’élèvera à une perte globale de 38 milliards d’euros pour EDF si on prend seulement en compte l’autorisation de poursuivre son exploitation de 2016 à 2026 comme elle a été accordée par l’ASN. On peut imaginer que l’ASN pourrait en 2026 à nouveau prolonger l’exploitation de cette centrale pour une nouvelle période de dix années car la technologie utilisée pour la série des 900 MW est d’une robustesse exemplaire. En dehors des quelques problèmes rencontrés précocement avec les générateurs de vapeurs qui ont tous été changés, jamais cette série industrielle n’a présenté de problèmes majeurs. Le pilotage de la puissance et l’ensemble de l’électronique ont été rénovés. Ces installations sont comme neuves et leur arrêt pour des raisons politiques et idéologiques constitue une aberration économique monstrueuse. Dans la mesure où il s’agit d’une atteinte flagrante au patrimoine industriel national il est normal et fort heureusement souhaitable que la CGT s’opposera à cette fermeture autoritaire décrétée par des politiciens qui n’ont pas d’autre objectif que d’appauvrir les contribuables qui devront d’une manière ou d’une autre payer cette facture astronomique alors que leurs parents et grand-parents ont contribué par leurs impôts à financer le parc nucléaire français qui est certainement l’un des plus sûrs du monde grâce d’ailleurs aux exigences de sécurité de tous les instants de la CGT.

Puisqu’il est d’actualité de réduire les émissions de carbone on a quelques difficultés à comprendre la prise de position du gouvernement qui est contradictoire avec cet objectif.

On ne peut que rester circonspect sinon incrédule devant une telle mauvaise gestion des affaires de l’Etat et des biens des contribuables car tout de même le parc nucléaire français fait partie du patrimoine industriel public français et appartient in fine à chaque citoyen.

Lien : https://jacqueshenry.wordpress.com/2013/01/26/suite-mon-billet-sur-la-fermeture-annoncee-du-cpn-de-fessenheim/

Réflexion sur le rôle de l’ASN

L’autorité de sureté nucléaire française (ASN) est quasiment considérée comme une monstruosité par le monde politique rongé de l’intérieur, comme une charpente peut le devenir par des termites, par les écologistes qui ne cessent de rabâcher à qui mieux mieux les conséquences néfastes de l’énergie nucléaire alors qu’il s’agit de la seule source d’énergie électrique carbone-compatible et de surcroit entièrement renouvelable avec la surrégénération à venir. Bref, inutile de s’appesantir une énième fois sur les délires des écologistes, mes lecteurs pourraient bien se lasser. Je le remarque d’ailleurs depuis quelques semaines, le nombre de visiteurs de mon blog a tendance à diminuer. Je continuerai néanmoins à afficher mon opinion anti-réchauffement anthropique autant de fois qu’il le faudra …

Je vais en rajouter tout de même une couche pour annoncer à mes lecteurs que l’ASN a passé en revue plus de la moitié des réacteurs nucléaires de la série des 1300 MW électriques français, il y en a 20 dans l’Hexagone, et tous ont passé les tests de « survie » au delà de 20 années d’exploitation. Ils sont donc d’ors et déjà bons pour le service pour les dix prochaines années sauf décisions contraires de la prochaine inspection décennale qui débutera en 2016. Selon une source que je ne citerai pas selon ses souhaits, il n’y a actuellement aucune raison pour que ces installations ne soient pas autorisées à fonctionner au delà de 50 à 60 ans soit en moyenne jusqu’en 2065. Jusqu’au jour d’aujourd’hui l’ASN n’a encore pas pu détecter un quelconque défaut tant au niveau de la cuve des réacteur que des canalisations reliant la cuve aux pompes primaires et aux générateurs de vapeur. Certains couvercles ont été changés, opérations qui étaient d’ailleurs prévues par l’exploitant avant même que l’ASN en notifie ce dernier, ainsi que des valves et d’autres équipements essentiels.

L’ASN recommande pourtant que chaque installation soit dûment protégée contre toute attaque terroriste (tsunami ? Greenpeace ?) et pour également assurer que les piscines de stockage du combustibles usagé ne puissent en aucun cas se retrouver sans eau de refroidissement (effet Fukushima ?) ce qui améliorerait « considérablement » le niveau de sécurité. On voit que l’ASN reste objective dans ses rapports d’inspection. C’est peut-être l’un des seuls organismes indépendants français capable de dresser un diagnostic strict en étant totalement affranchi de toute pression politique ou idéologique, un peu comme la Cour des Comptes mais dans ce dernier cas le pouvoir politique s’en contrefout pour le plus grand malheur à venir et programmé du pays.

Espérons que ce pouvoir politique saura préserver l’indépendance de cette institution ainsi que l’indépendance énergétique électrique de la France, quoiqu’il arrive, sinon ce sera un désastre assuré pour tous les habitants de l’Hexagone ainsi que pour l’ensemble de son tissu industriel et je pense en particulier à mes petits-enfants, comme beaucoup de concitoyens de ma génération qui n’auront pas l’heur de voir arriver ce désastre car nous serons tout simplement sous trois pieds six pouces de terre …

Source : World Nuclear News

France: l’ASN impose des règles de sécurité post-Fukushima à Areva et au CEA

France: l’ASN impose des règles de sécurité post-Fukushima à Areva et au CEA

Paris – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposé de nouvelles dispositions de sécurité à Areva et au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour protéger au mieux leurs installations en cas de catastrophe climatique, après Fukushima.

L’ASN impose à Areva et au CEA des prescriptions complémentaires relatives au noyau dur et à la gestion des situations d’urgence applicables à leurs installations et à leurs sites, indique l’Autorité sur son site internet.

Ces mesures réglementaires font suite à des évaluations de sûreté menées par Areva et le CEA sur la résistance de leurs différents sites aux agressions externes extrêmes comme des séismes ou des inondations, les épisodes de grands froids et de grandes chaleurs ainsi que les tempêtes, des événements qui pourraient entraîner l’arrêt de leur alimentation en eau et en électricité. (…)

(©AFP / 29 janvier 2015 17h05)

Ben voyons ! Le changement climatique, qu’on attend toujours d’ailleurs, il n’a jamais fait aussi froid aux îles Canaries depuis plus de trente ans au mois de janvier selon les anciens du cru, risque de mettre en danger le bon fonctionnement des centrales nucléaires, de provoquer des séismes, des tsunami géants remontant le Rhône tel un mascaret jusqu’au site de Tricastin et submerger de la même manière le site de Flamanville. C’est fou comme ce changement climatique va pouvoir provoquer de catastrophes, en dehors naturellement du fait qu’on sera tous grillés comme des toasts (dixit Madame Lagarde il y a un an à Davos). Finalement l’ASN œuvre dans le sens des exigences des écolos et l’AFP n’est qu’une agence de propagande au service de Greenpeace, du WWF et de ces écologistes …

Le cas du Vermont

Vermont-Yankee-Nuclear-Power-Station

Le Vermont est un petit Etat du Nord-Est des USA frontalier du Québec. C’est le deuxième moins peuplé des Etats Américains avec seulement 600000 habitants. Depuis l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima, conséquence du tsunami qui suivit le tremblement du 11 mars 2011, les habitants de cet Etat n’ont eu de cesse de manifester pour obtenir la fermeture du seul réacteur nucléaire de l’Etat qui produit 71 % de toute l’électricité produite dans l’Etat mais seulement 35 % de la consommation totale d’électricité. Le reste de la production est entièrement d’origine hydroélectrique avec quelques fermenteurs à méthane pour l’anecdote ce qui avec le réacteur nucléaire Yankee classe le Vermont comme le moins polluant en terme de rejets de gaz supposés à effet de serre. L’exploitant du réacteur d’une puissance de 620 MW électriques (BWR-4 General Electric) a été autorisé par la NRC (Nuclear Regulatory Commission) a prolonger son fonctionnement jusqu’en 2032. Le gouverneur de l’Etat, en dépit des recommandations de la NRC, a décidé la fermeture définitive de ce réacteur lors du prochain arrêt prévu pour changer le combustible fin 2014. Les arguments avancés pour justifier cette décision laissent rêveur. Abondance de gaz naturel bon marché issu du fracking, coût des investissements nécessaires pour mettre le réacteur aux normes « post-Fukushima » (alors qu’il l’est déjà) et enfin faibles coûts de l’électricité d’origine hydraulique qui rogne les profits espérés par l’exploitant de la centrale nucléaire. Le gouverneur du Vermont s’est par ailleurs engagé à remplacer la production du site de Yankee, la centrale nucléaire dont il est question, par des énergies renouvelables. Pour la réalisation d’un tel programme anti-économique, le Vermont est déjà l’un des Etats où le kWh est le plus élevé des 50 Etats contigus de l’Union (18 cents/kWh et bientôt 20 cents) alors que l’électricité acheté à Hydro-Québec revient à environ 6 cents/kWh et jusqu’à ce jour le kWh de la centrale nucléaire était vendu 5 cents à l’Etat du Vermont. Certes le prix de kWh est fixé sur la base d’une multitude de facteurs économiques et financiers mais la différence atteint un facteur 4, justement pour financer à l’avenir le « mix énergétique » tel qu’en a décidé le gouverneur. Juste pour préciser la situation, les estimations des coûts de production du kWh éolien et photovoltaïque sont respectivement évalués entre 25 et 40 cents sans tenir compte de la nécessité de disposer de sources d’électricité d’appoint comme des turbines à gaz. Mais pour le moment, mais seulement pour le moment afin de faire passer sa décision, le gouverneur du Vermont n’a pas pris en compte ce paramètre puisqu’il y a la proximité d’Hydro-Québec avec ses kW à bas prix ! Bref, un calcul totalement biaisé.

Depuis sa construction la centrale électrique Yankee a produit 200 milliards de kWh, n’a pas émis les 55 millions de tonnes de carbone, de soufre et d’oxydes d’azote qu’aurait émis une centrale au charbon d’une puissance électrique équivalente, rapporte 500 millions de dollars par an à l’Etat sous forme de taxes, emploie 600 personnes hautement qualifiées directement et maintient 1800 emplois indirects dans la région. Mais non, les idéologues anti-nucléaires locaux, à commencer par le gouverneur, n’ont pas l’air concernés par ces données. De plus l’arrêt de ce réacteur va déstabiliser le réseau de distribution électrique d’une grande partie de la Nouvelle-Angleterre et il est d’ors et déjà prévu la construction rapide de centrales électriques brûlant soit du pétrole soit du gaz. Il en résultera les rejets dans l’atmosphère de 4,7 millions de tonnes de CO2 supplémentaires par an. Pour bien montrer la stupidité d’une telle décision, il en coûtera aux habitants du Vermont la bagatelle de 200 millions de dollars par an pendant les 20 années à venir. Le gouverneur de l’Etat a pris cette décision pour satisfaire les écologistes mais aussi parce que le Vermont n’a jamais souffert de la récession qui a frappé l’ensemble des Etats-Unis à la suite de la crise des sub-primes et le gouverneur estime que l’Etat a les moyens de faire de tels sacrifices.

On peut estimer à la vue de ces données que pour la centrale de Fessenheim, en multipliant par trois, on a une bonne approximation du désastre attendu à la suite de la décision électoraliste et pseudo-écologique de Hollande de fermer cette installation, décision réaffirmée récemment par le faucheur d’OGM promu ministre de l’énergie et de l’environnement.

1800 personnels qualifiés à reconvertir dans le dé-commissionnement, 5400 autres emplois locaux menacés, 14 millions de tonnes de CO2 supplémentaires relâchés dans l’atmosphère chaque année, puisqu’il faudra bien remplacer l’énergie manquante par de nouvelles usines brûlant du gaz ou du pétrole, les éoliennes et les panneaux solaires n’y feront rien, coût pour l’Etat 460 millions d’euros par an soit pour dix ans, puisque l’ASN a autorisé EDF à poursuivre l’exploitation pour une durée supplémentaire de dix ans (éventuellement renouvelable), 4,6 milliards d’euros et ce ne sont que les revenus fiscaux dont seront privés l’Etat et le département, le manque à gagner d’EDF n’est pas pris en compte. Certes ma comparaison est basée sur les chiffres concernant la centrale Yankee du Vermont mais elle illustre ô combien clairement l’ineptie de la décision de Hollande de fermer une centrale comptant parmi l’une des plus sûres de France, bafouant au passage la décision de l’ASN.

Billet inspiré d’un article paru dans Forbes crédit photo inclus 

Fessenheim et Superphénix : on prend les mêmes et on recommence !

19 juin 1997

Jospin annonce la fermeture de Superphénix

Lionel Jospin, répondant aux exigences des Verts de la Gauche plurielle, annonce la fermeture du surgénérateur Superphénix de Creys-Malville, dans l’Isère. Projet international commencé en 1977 financé essentiellement par EDF et ENEL, Superphénix fut l’objet de tensions et de scandales avant même que sa construction ne soit commencée. Débutant sa production en 1985, il n’atteindra que rarement sa pleine puissance et subira de nombreux disfonctionnements autant techniques qu’administratifs. Après seulement 12 années de fonctionnement laborieux, le surgénérateur n’aura pas été rentabilisé.

 

Source : linternaute.com (dépêche d’agence)

 

On est en 2013 et le gouvernement actuel, allié contre nature avec les écologistes, encore une fois, a décidé pour des raisons purement électoralistes de fermer en 2016 au plus tard le site électronucléaire de Fesseinheim car il serait soit-disant obsolète alors que l’ASN, une administration indépendante tant du gouvernement que de l’exploitant (EDF), a conclu après une expertise minutieuse qui ne peut être mise en doute que cette usine pouvait encore fonctionner une dizaine d’années sans encombre.

L’histoire se répète donc et les socialistes sous la pression des Verts (Voynet avec Jospin, Duflot avec Hollande) prennent des décisions absurdes qui vont encore aggraver le déficit commercial du pays et doper le chômage. Il faudra importer du gaz ou du pétrole pour produire l’équivalent d’environ 1500 MW électriques, la puissance en charge moyenne de Fessenheim. Et, contrairement à ce que prétendent les écologistes qui n’y connaissent décidément rien, la fermeture du site de Fesseinheim ne crééra aucuns emplois immédiats comme ils le prétendent, car avant d’intervenir sur le site, après son arrêt définitif, il faudra attendre au moins trois ans pour que le combustible soit désactivé, puis encore au moins cinq années avant d’envisager le début du démantèlement des organes situés dans le bâtiment réacteur, dont en particulier les auxiliaires de contrôle. Les écologistes se trompent donc deux fois et le gouvernement a mis le rapport de l’ASN dans la déchiqueteuse. C’est complètement ubuesque. Je comprend que la CGT réagisse et je laisse une copie du commentaire laissé sur l’article du figaro.fr ce jour à propos de l’article intitulé « La CGT conteste en justice la fermeture de Fessenheim » :

 

« Je voudrais rappeler que c’est la CGT qui a exigé une amélioration de la sécurité des sites électronucléaires au milieu des années 80 et a par exemple obtenu la robotisation de certaines interventions lors des arrêts de tranche, la redondance des équipements de secours et l’installation de nombreux capteurs en divers points du bâtiment réacteur. Toutes ces améliorations ont débuté justement sur le site de Fessenheim qui fut le précurseur de la série de PWR 900 MWe puisque le premier à être construit sous licence Westinghouse par EDF, la COGEMA et Framatome et les améliorations exigées à Fessenheim par la CGT au niveau de la sécurité mais aussi de bien d’autres aspects ont été répercutées sur tous les autres sites électronucléaires français . Il est donc légitime pour la CGT de mettre en avant la décision de l’ASN qui a autorisé la prolongation en connaissance de cause l’exploitation de ce site. Il est évident que pour des raisons idéologiques techniquement infondées le gouvernement et le chef de l’Etat méprisent la décision indépendante et objective de l’ASN. On croit rêver en apprenant que ce site sera fermé en 2016. Le Japon, durement échaudé par le tsunami du 11 mars 2011 vient de décider le redémarrage des réacteurs jugés sûrs par l’autorité indépendante mise en place récemment. Pourquoi les dirigeants français s’obstinent-ils dans le déni de la réalité sinon pour plaire à une poignée d’écologistes opportunistes ignorants des réalités économiques. »

 

A propos de la fermeture de Superphénix, selon le rapport d’une commission du Sénat qu’on peut lire (voir le lien) il est dit en résumé que la fermeture de Superphénix fut une décision grave car elle fut prise sans concertation (Hollande n’a demandé leur avis qu’aux Verts?) ni avec le Parlement, ni avec l’exploitant, ni les partenaires étrangers, ni les collectivités locales, (au mépris des principes de base de la démocratie, c’est moi qui ajoute ce commentaire). Cette décision fut prise sans fondement autre qu’électoraliste suite à un accord entre le parti politique « Les Verts » et le gouvernement socialiste. La sureté de Superphénix n’ayant jamais été remise en cause et l’argument financier ne pouvant en aucun cas justifier un arrêt prématuré.

Cette désinvolture du gouvernement de l’époque aura coûté près de 10 milliards d’euros à la France en incluant l’électricité fournie gratuitement à ENEL, partenaire de NERSA, pendant quatre années.

Voilà en gros ce que prépare Hollande, pris au piège de ses alliances électoralistes contre nature avec EELV. Hollande, sur les traces de Jospin, refait l’histoire en pire.

C’est de plus en plus désespérant de voir le chef de l’Etat piloter à vue le pays comme un simple capitaine de pédalo qu’il est, en définitive…

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