Retour à Tenerife

Il est toujours instructif de voyager, ne dit-on pas que les voyages forment la jeunesse … et si je voyage relativement beaucoup ce n’est plus pour me former mais pour le plaisir de visiter mes amis, ma famille et mes petits-enfants. Parti de Tokyo-Narita après avoir emprunté l’Asakuza line depuis Shimbashi, pas chère et rapide, je la conseille vivement aux touristes qui oseraient s’aventurer au Japon puisque paraît-il tout le pays est radioactif, 26 heures plus tard je me retrouvais à Madrid après une escale à Séoul de 4 heures incluse. Le vol Séoul (Incheon)-Madrid est particulièrement éprouvant, 14 heures de vol c’est presque le maximum autorisé pour un biréacteur (Boeing 777) surtout quand on s’attend à une bonne vingtaine de minutes de taxi dans les méandres du tarmac de Madrid-Barajas. Je pratique cet aéroport depuis plus de cinq ans et plusieurs fois par an et je n’ai toujours pas compris pourquoi l’accès des avions à l’aérogare du terminal 1 était si complexe. On dirait qu’il y a des rond-points pour peut-être éviter aux avions de se téléscoper et pourtant à 5 heures quinze du matin, il n’y avait pas vraiment foule sur les tarmacs, je veux parler des aéroplanes. Ensuite les préposés aux bagages n’ayant pas encore fini leur nuit n’avaient pas l’air pressés puisque tous les Coréens venus visiter l’Espagne attendaient avec patience et résignation leur valise alors que quelques Espagnols commençaient à manifester leur énervement d’autant plus évident qu’ils parlaient suffisamment fort pour couvrir totalement les chuchotements timides des Coréens. Il faut aller à Las Vegas pour attendre plus de quarante minutes sa valise mais c’est étudié pour que les arrivants se fassent tout de suite la main sur les machines à sous ! Puisque les machines à sous sont justement légales en Espagne, pourquoi ne pas en installer dans les halls hideux du terminal 1 de Madrid où on attend ses bagages aussi longtemps après ce vol si long ?

Au milieu de la nuit l’avion a survolé des étendues immenses ponctuées de torchères irrégulièrement réparties dans un paysage au relief difficile à apprécier par une nuit sans lune. Probablement les immenses champs gaziers à l’est de l’Oural, loin, très loin dans l’interminable Sibérie centrale. J’ai compris pourquoi le vol avait trainé en longueur, le vent contraire de front avoisinait les 180 km/h et sur de longues distances ce détail fait la différence.

A Madrid, nouvelle escale de plus de quatre heures pour attraper un vol vers Tenerife Norte, l’aéroport où il y eut l’accident le plus meurtrier de l’aviation civile, ma destination finale, qui sera atteinte après plus de 35 heures de périple, attentes comprises. Rien à dire sur la nourriture du catering de Korean Air sinon qu’elle est difficilement supportable pour un palais occidental. Mes voisins coréens avaient l’air satisfaits avec une soupe aux algues et un grand bol d’un mélange dont je n’ai pas été capable de déterminer la composition exacte. Il est préférable de se mettre à la diète plutôt que risquer un gros problème digestif avec des mets asiatiques peut-être fort bons mais que je qualifierai d’exotiques. Je suis donc de retour à Santa Cruz de Tenerife avec son climat exceptionnel, 25 degrés et une belle brise marine pour ressentir une touche de fraicheur, que du bonheur, alors qu’en France l’hiver se languit et qu’à Tokyo la variabilité extrême du climat est assez perturbante. C’est fou comme le temps, le soleil, la température, la pluie et le vent prennent de l’importance quand on commence à prendre de l’âge …