Les bracelets en cuivre ou magnétiques : quel effet ?

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Il y a eu la mode des bracelets magnétiques qui sont rapidement tombés aux oubliettes de l’escroquerie puisqu’ils n’apportaient aucun confort aux personnes qui avaient fait l’effort d’en acheter un voire deux pour être bien certains qu’ils allaient se trouver soudainement dans un état de santé idéal. Mais il existait avant ces bracelets ceux constitués de cuivre que portaient et portent toujours des personnes convaincues de leur efficacité pour soulager les douleurs d’arthrite dont elles souffrent. Cette pratique est beaucoup plus ancienne puisqu’elle serait issue de la médecine chinoise traditionnelle.

Porter au poignet un bracelet en cuivre ne peut en aucun cas être toxique, c’est au moins un point positif acquis. De nombreux rhumatologues de par le monde ont étudié indirectement les effets de ces bracelets sur quelques-uns de leurs patients et la conclusion est sans appel : ces bracelets n’ont aucun effet sur les douleurs arthritiques d’origine inflammatoire et souvent invalidantes. Une étude réalisée par le Docteur Stewart Richmond, rhumatologue à l’Université d’York sur 70 patients l’a clairement montré et elle corrobore l’opinion générale du corps médical à ce sujet dans son ensemble.

Pourtant il s’agit d’un business de plusieurs centaines de millions de dollars basé sur une publicité mensongère mettant l’accent sur le fait que des millions de personnes portent ce type de bracelet et que « donc » ils sont bénéfiques pour la santé. On se trouve en présence du plus pur effet placebo construit par le patient lui-même qui est persuadé que le bracelet de cuivre aura un effet bénéfique en atténuant les douleurs de son arthrite rhumatoïde. Il s’agit d’un cas typique d’association entre deux faits indépendants l’un de l’autre.

Certes l’organisme a besoin de cuivre car un certain nombre d’activités enzymatiques importantes nécessitent ce métal comme cofacteur, mais suffisamment de cuivre est apporté par l’alimentation et il est erroné de croire qu’un bracelet en cuivre puisse améliorer ces fonctions métaboliques par un apport trans-cutané de traces de cuivre supplémentaire. Croire qu’un bracelet en cuivre est bénéfique pour la santé relève de la fausse science.

Source : PlosOne

La mort aux dents !

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Il y a quelques semaines j’ai relaté dans ce blog l’interaction entre le déséquilibre des acides gras omega-6 par rapport aux omega-3 dans les corps gras utilisés dans la malbouffe industrielle et l’apparition de maladies cardiovasculaires (voir le lien) à la suite du développement d’inflammations chroniques au niveau des artères provoquant l’apparition de plaques d’athérome. Souvent la malbouffe est associée, compte tenu de sa richesse en sucres à une mauvaise hygiène dentaire et ces deux facteurs conjugués forment un cocktail explosif pour les artères et en particulier les artères coronaires, mais pas seulement.

Une dentition mal entretenue favorise également l’apparition de rhumatismes articulaires. Or, on a toujours considéré que la bouche était une cavité indépendante du reste du corps et cette affirmation est totalement fausse. Un mauvaise hygiène buccale n’intervient pas directement sur l’ensemble de l’organisme mais par l’intermédiaire de bactéries particulièrement pernicieuses qui se sont munies d’armes redoutables pour survivre sur et dans la plaque dentaire au niveau des gencives qu’elles finissent par léser. Ce processus est de plus aggravé par un mauvais brossage des dents.

Une étude réalisée en Grande-Bretagne a montré sans ambiguité qu’une bactérie particulière était responsable du danger (voir le lien) et il s’agit de la bien-nommée Porphyromonas gingivalis, une bestiole qui envahit les fibroblastes de la gencive et se met ainsi à l’abri des antibiotiques. Elle se moque des antiseptiques présents dans les pâtes dentifrice et provoque un déséquilibre des défenses immunitaires de l’organisme grâce à l’action d’un mécanisme redoutablement destructeur qui favorise, ironie de la situation, la colonisation de la cavité buccale par d’autres bactéries, tout pour plaire …

Hippocrates avait en son temps affirmé que les infections dentaires favorisaient l’apparition d’arthrites et dans les années 1900 un médecin anglais du nom de William Hunter suggéra que les abcès dentaires étaient à l’origine de nombreux maux. Hunter s’appuyait sur une observation à faire grincer des dents : certaines personnes se faisaient extraire systématiquement toute dent douteuse et elles se trouvaient dans un état de santé général beaucoup plus satisfaisant que les sujets qui gardaient jalousement dans leur bouche comme des reliques des vieux chicots passablement pourris. Cette observation, sans base scientifique solide à l’époque, trouva son explication quand on découvrit la stratégie diabolique de la Porphyromonas gingivalis. Cette bactérie dispose en effet d’un équipement enzymatique d’une rare efficacité lui permettant de tout trouver pour survivre et se multiplier quand elle a commencé à infecter les cellules de l’épithélium buccal dont en particulier celui des gencives en contact avec la plaque dentaire. Puisque comme toute forme vivante a besoin de fer pour survivre, cette bactérie va se servir directement en détruisant la ferritine, une protéine du sang qui transporte le fer jusqu’aux cellules. Elle récupère ce fer à son profit tout en digérant la ferritine et affaiblit alors les cellules qu’elle a infecté. Pire encore, elle envoie dans la circulation sanguine et lymphatique ces enzymes qui à leur tour vont perturber la réponse immunitaire de l’organisme et favoriser toutes sortes de points d’inflammation. D’où l’apparition d’arthrites, de sclérose et de durcissement des artères dont en particulier les carotides et les coronaires, un vrai désastre organisé !

Depuis, on considère que non seulement cette bactérie et ses commensales est responsable direct de problèmes cardiovasculaires mais également de l’apparition de diabètes de type 2 (voir le lien, PlosOne) et même de cancers (lien, British Dental Health Foundation). Que faire ? Se brosser les dents avec une brosse électrique est fortement préconisé par les spécialistes de la bouche. Utiliser des pâtes dentifrice enrichies en fluor, et si on est courageux se faire des bains de bouche avec de l’eau de Javel relativement concentrée, les bactéries anaérobies comme celle mentionnée ont une aversion pour l’oxygène qui les tue instantanément … Et aussi et surtout ne pas garder comme des vestiges d’un passé révolu des dents infectées ou déchaussées, c’est tout simplement dangereux !

Inspiré d’un article paru dans The Guardian, illustration The Guardian.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/06/26/malbouffe-industrielle-maladies-cardiovasculaires/

http://journals.plos.org/plosone/article?id=10.1371/journal.pone.0128344

http://www.nejm.org/doi/full/10.1056/NEJMoa063186#t=articleTop

http://www.dentalhealth.org/news/details/845