Actualité géopolitique : vers une interdiction des armes nucléaires ?

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Alors que les deux détenteurs à peu près à parts égales du plus important arsenal nucléaire faisaient la causette à Hambourg en marge du G20 les Nations-Unies se réunissaient à New-York pour mettre en place un texte qui devrait être soumis à la prochaine assemblée générale en septembre : l’interdiction des armes nucléaires ! Le texte d’une vingtaine de pages stipule que les armes nucléaires seront interdites en raison du manque évident de toute excuse morale de massacrer des centaines de millions d’innocents et de contaminer durablement les survivants.

Ce type de démarche a été approché par les Nations-Unies il y a 45 ans et a abouti au traité d’interdiction des armes biologiques. Puis selon la même démarche l’interdiction des armes chimiques fut votée il y a 25 ans. Très curieusement parmi les 122 pays ayant donné leur aval pour cette interdiction ne figurent aucun des pays détenteurs de ce type d’armement et parmi les pays hébergeant des armements nucléaires américains dans le cadre de la politique agressive de l’OTAN seuls les Pays-Bas se sont opposés à la préparation de ce document …

Il est certain que Poutine et Trump étaient parfaitement au courant des démarches des Nations-Unies quand ils ont fait cette causette beaucoup plus longue que prévu (c’est bon signe !) à Hambourg. Toujours est-il que si en septembre au moins 50 Etats ratifient cette résolution alors l’interdiction des armes nucléaires deviendra force de loi. Certes il faudra un certain temps pour que les pays nucléarisés se plient à la volonté internationale mais cet évènement doit être considéré comme un espoir, peut-être le seul, pour la survie de l’humanité toute entière. Il est opportun ici de rappeler que par exemple les USA n’ont jamais ratifié le traité sur l’interdiction des mines anti-personnelles mais malgré cela ils respectent le traité contrairement à certaines organisations apatrides criminelles qui de toutes les façons ne respectent rien.

Nombre de pays non nucléarisés se sentent frustrés par l’absence évidente d’évolution du traité de non prolifération des armements nucléaires pourtant adopté et voté en 1968 qui interdisait le déploiement de ce type d’armes hors de leurs frontières par les 5 puissances nucléarisées de l’époque, USA, Russie, Grande-Bretagne, France et Chine. Depuis, seuls les USA ont déployé des armements nucléaires hors de leur territoire et la liste des pays n’ayant pas de facto respecté ce traité est longue, dont les Pays-Bas !

Il faut espérer que dans un avenir proche les Nations-Unies adopteront la même démarche pour interdire les drones offensifs. Je le souhaite pour mes petits-enfants. Puissent-ils vivre dans un monde en paix … Et quoiqu’en pensent les activistes de Greenpeace que le moindre convoi de Mox fait nerveux ce seront plus de 500 tonnes de plutonium qui serviront alors à produire de l’électricité si tous ces armements sont démantelés et recyclés.

Source : http://www.un.org/disarmament/ptnw/index.html et http://www.undocs.org/conf.229/2017/L.3/Rev.1

Il y a 70 ans Hiroshima et Nagasaki

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Il y a 70 ans presque jour pour jour Harold Agnew sortait en souriant d’un baraquement du projet Manhattan à Los Alamos avec une petite valise spéciale contenant le cœur de plutonium de la bombe « Fatman » qui allait être larguée le 9 août 1945 sur la ville de Nagasaki provoquant la mort instantanée d’environ 80000 personnes. Triste anniversaire que de voir cet homme souriant, un simple ingénieur et employé de haut rang de l’armée américaine, alors qu’il savait que ce joujou allait être utilisé contre le Japon pour détruire une ville, tuer des civils et mettre fin à la guerre tout en assurant par la suite l’emprise hégémonique des USA sur le Japon et quelques autres pays de la région qui perdurera jusqu’à nos jours. La charge de plutonium d’environ 7 kilos – la taille d’une balle de tennis – conduisit à la fission effective de moins de un kilo en raison de la configuration loin d’être optimale des explosifs entourant cette charge. La puissance de l’explosion fut néanmoins près de deux fois plus élevée que celle d’Hiroshima, trois jours plus tôt.

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Agnew fut récompensé pour ses bons et loyaux services ayant permis de mettre fin à la guerre et fut pour cette raison nommé directeur des laboratoires de Los Alamos, contribuant au développement de l’arsenal nucléaire américain. La bombe arriva sur l’ile de Tinian dans la partie nord de l’archipel des Marianes et ses composants y furent assemblés sous la direction d’Agnew.

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Tinian et Saipan furent prises aux Japonais en juin 1944 après ce que l’on peut appeler une extermination systématique de tous les Japonais présents sur ces îles, militaires et civils, et Tinian en particulier devint en quelques mois la plus grande base aérienne du monde : pas moins de 1500 bombardiers B29 décollaient et atterrissaient jour et nuit pour répandre le feu et la mort sur les grandes villes japonaises dont en particulier Tokyo situé à 1500 miles de cette île d’une grande importance stratégique.

Il y a donc 70 ans on s’affairait dans l’archipel des Marianes pour mettre le Japon définitivement à genoux. Les Américains avaient provoqué l’attaque de Pearl Harbor en harcelant les navires commerciaux japonais dans le Pacifique nord-ouest. Ils ne voulaient déjà pas entendre parler d’une domination japonaise sur cette région. Leur stratégie n’a pas changé depuis, l’armée américaine est toujours à Guam (Marianes du sud) et à Okinawa (Japon) ainsi que dans de nombreuses bases sur les principales îles japonaises, en Corée, aux Philippines ou encore en Thaïlande.

Mais revenons aux bombes. Il est intéressant de noter que J. Robert Oppenheimer, considéré comme le père de l’arsenal nucléaire américain, pensait en 1944 qu’il faudrait au moins 50 bombes nucléaires pour venir à bout du Japon, ça donne rétrospectivement une bonne image de la mentalité du complexe militaro-industriel américain qui depuis la fin de la seconde guerre mondiale entretient l’attitude militariste et impérialiste des USA. L’Etat Major américain considérait que ces bombes atomiques d’un nouveau genre ne présentaient aucune différence sinon en termes d’échelle de puissance destructrice avec les armements conventionnels de l’époque tels que les bombes Torpex dopées à la poudre d’aluminium et à la trinitro-perhydro-triazine, un explosif deux fois plus puissant que le TNT classique. Le Programme Manhattan avait donc doté l’armée américaine de ces super-bombes, la radioactivité n’étant qu’une conséquence mineure et négligeable.

Aujourd’hui, à la veille du 70e anniversaire de la première utilisation de bombes nucléaires au cours d’un conflit armé qui ne fit que des victimes civiles, il était opportun de rappeler ces faits car même si les Américains sortirent vainqueurs de ce conflit, ce n’est pas une raison pour ne pas les considérer comme des criminels de guerre. La mémoire ne doit pas oublier non plus qu’après les bombardements d’Hiroshima et de Nagasaki, la ville de Koromo, alors fief de la firme Toyota – aujourd’hui renommée Toyota – fut entièrement détruite par des bombardements incessants et ce dernier fait de guerre conduisit à la capitulation sans conditions du Japon le 15 août 1945. De nombreux généraux japonais furent pas la suite déclarés criminels de guerre par les USA … drôle de confusion de termes : les vainqueurs ont toujours raison.

Source et illustrations : http://www.atomicheritage.org

Note pour mes lecteurs : pas de billet ce dimanche 19 juillet.