Nouvelles de l’Armageddon

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Les Américains s’étaient aperçu que le laboratoire PF-4 (Plutonium Facility 4) de Los Alamos était tellement dangereux pour les travailleurs qu’il avait été fermé en 2011. Dans cet établissement où il y eut 22 morts par irradiation directe intempestive durant les quelques dix années précédentes la principale activité actuelle est de tester si les bombes nucléaires sont toujours en état de marche, entendez d’exploser sans encombre. Elles sont donc démontées périodiquement et les éléments de plutonium testés ainsi que les explosifs spéciaux qui permettent à ces éléments en forme de tranches d’orange de tous se rejoindre à la milliseconde près pour provoquer l’explosion A ou H selon les modèles.

Or le plutonium existe sous forme de plusieurs isotopes et selon les armes il contient plus ou moins d’isotope 240 qui a la fâcheuse tendance à fissionner spontanément (fort heureusement partiellement) et détériorer l’ensemble du système par émission erratique de neutrons et de rayons gamma de haute énergie. Le gouvernement américain dépense pourtant 2 milliards de dollars par an pour l’entretien de ses bombes (vous avez bien lu) destinés au PF-4, pour rien !

Le travail de maintenance n’est plus assuré depuis 6 ans et beaucoup de bombes – personne ne sait exactement combien, c’est ultra-top-secret – seraient impropres à « la consommation », en quelque sorte avec une date de péremption comme une denrée alimentaire vulgaire, par manque d’entretien. Il semblerait que seules celles embarquées à bord de sous-marins resteraient fiables car elles ne contiennent que très peu de plutonium-240 pour préserver la santé des marins (elle sont dix fois plus coûteuses à fabriquer, nul ne connaît exactement le prix de revient d’une bombe … ça ne coûte rien ce sont les contribuables qui paient). Dans le cas contraire, comme les bombes des missiles intercontinentaux et celles, les plus vieilles, embarquées dans des bombardiers stratégiques, celles-ci sont carrément dangereuses pour les personnes qui les manipulent mais nul ne sait dans les hautes sphères de l’armée américaine si elles sont capables d’exploser correctement ou de faire psschhiiittt …

Tout pour plaire !

Source et illustration : Science Magazine