AFP : information ou désinformation ?

L’AFP, la plus importante agence de presse en langue française dans le monde, profite de sa position dominante pour faire de la propagande anti-nucléaire conformément aux souhaits du gouvernement français qui est résolument engagé dans la transition énergétique écologique et solidaire. Cette transition, dans l’esprit dérangé des politiciens qui sont au pouvoir en France, consistera a remplacer un tiers des réacteurs nucléaires par des moulins à vent (il en faudra au moins 40000, un minimum !) et des panneaux solaires (des milliers d’hectares …) et dans le même temps à promouvoir les voitures électriques. L’absurdité de cette politique a échappé à l’AFP et toutes les occasions que peut présenter l’actualité pour dénigrer l’énergie nucléaire sont, pour cette agence d’information étatique, bonnes à saisir.

La dernière information mise sur le « marché » médiatique date du 21 novembre 2017 quand cette agence de propagande a communiqué un scoop qui a très probablement réjoui le frétillant et laryngophonique Ministre d’Etat (faut-il le rappeler encore) de la transition solidairement irresponsable mais verdoyante relative à 22 crayons de combustible fournis à ses clients par la société Areva qui ont semble-t-il échappé aux contrôles de qualité et se sont retrouvés disséminés dans les assemblages utilisés dans diverses centrales électro-nucléaires dont celles de Leibstadt en Suisse (BWR) et celles de Golfech, Flamanville et Cattenom en France (PWR). Les opérateurs, respectivement Kernkraftwerk et EDF, ont été informés de la présence de crayons défectueux par Areva.

Selon les types de réacteurs chaque chargement en combustible comporte entre 30000 et 60000 crayons groupés en assemblages de chacun 200 à 300 « crayons » en zyrcaloy remplis de pastilles d’oxyde d’uranium conditionnées sous forme de céramique. L’Inspection fédérale de la sureté nucléaire en Suisse et l’IRSN en France ont été, comme les opérateurs, informés de la présence de ces crayons défectueux sans qu’il puisse être possible, selon cette dépêche d’agence, de connaître les caractéristiques précises de ces défauts. Pour information chaque assemblage de combustible est soumis à un test dit « sipping test » (littéralement « aspirer ») consistant à immerger cet assemblage dans un puits de 5 mètres de profondeur rempli d’eau, muni d’un éclairage, de microphones et de caméras et d’établir une dépression afin de vérifier l’étanchéité de l’ensemble des crayons. Si un crayon s’avère défectueux l’assemblage est renvoyé au fournisseur, en l’occurence dans le cas présent Areva mais normalement c’est Areva qui effectue ce test sur les assemblages neufs. Le même type de test est effectué après déchargement du combustible usé et désactivation dans la piscine de stockage avant d’être renvoyé à Areva pour retraitement subséquent. Un crayon fissuré peut en effet dégager du xénon radioactif. Si un quelconque « sipping test » avait révélé la présence d’un crayon défectueux l’opérateur aurait retiré cet assemblage. Le défaut révélé par Areva n’est donc pas un défaut d’étanchéité et par conséquent il ne présente aucun danger de fuite de xénon radioactif par exemple pendant et après l’exploitation.

C’est la raison pour laquelle EDF a gardé son sang-froid en précisant que ces crayons ne présentaient aucun danger pour la sureté des personnels des centrales électriques ni pour l’environnement. Il n’en a pas moins fallu que l’AFP signale ce type d’information pour maintenir la psychose anti-nucléaire tant en France qu’en Suisse car elle est conforme à l’agenda des écologistes qui sévissent dans ces deux pays. L’attitude de l’AFP que j’ai coutume appeler l’ « Agence Française de Propagande » comme bien d’autres chroniqueurs et blogueurs est tout simplement déplorable. C’était un non-évènement communiqué uniquement pour plaire à Greenpeace …

Source : dépêche du 21 novembre 2017 mise en ligne à 09h35

Olkiluoto et la fin programmée de l’industrie nucléaire française

Le branchement au réseau électrique d’Olkiluoto encore repoussé : c’est un véritable feuilleton de mauvaise facture que réserve cette centrale électro-nucléaire d’Olkiluoto 3 en Finlande. TVO (Teollisuuden Voima Oyj) vient de recevoir une note d’Areva NP lui signifiant que finalement le réacteur EPR de conception franco-allemande ne serait que très probablement connecté au réseau qu’en mai 2019, si tout va bien … La dernière notification de ce genre date de septembre 2014 et prévoyait un raccordement vers la fin de l’année 2018. TVO a manifesté son profond mécontentement au sujet de ce nouveau délai et il a ajouté que la restructuration du secteur nucléaire français ne devait en aucun cas compromettre cette dernière annonce.

Pour les non-spécialistes, un réacteur nucléaire est d’abord testé à froid et la pression de l’ensemble de la structure et des équipements connexes est augmentée progressivement jusqu’à atteindre une valeur supérieure à celle d’un fonctionnement en exploitation de routine. Il s’agit de « timbrer » l’équipement. La deuxième étape consiste à réaliser les mêmes essais « à chaud » avec une source de chaleur qui n’est pas encore le combustible à base d’uranium faiblement enrichi. Des anomalies non répertoriées « à froid » peuvent apparaître dans ces conditions. Puis le réacteur est chargé avec du combustible. Il s’agit du troisième volet de ces essais qui permet de vérifier toute une série de détecteurs et de valider le bon fonctionnement de l’ensemble jusqu’au stade final qui est la mise en température nominale par la fission, un processus également progressif. Je résume mais c’est à peu près ainsi que les choses se passent.

Les essais à froid ont été effectués en juin de cette année 2017 à Olkiluoto et les essais à chaud sont programmés pour la fin de cette année. Le contrat de fourniture clé-en-main de cette installation a été signé en 2003, une éternité, et la mise en exploitation était programmée pour l’année 2009 ! TVO a déposé une plainte auprès de la Commission Européenne afin de désapprouver l’aide de 4,5 milliards d’euros de l’Etat français apportée à Areva lors de sa restructuration, craignant que le chantier d’Olkiluoto soit remis en question. La dite commission a bien spécifié, à la demande de la Finlande, qu’il était hors de question que le projet pâtisse de cette restructuration. Il n’en reste pas moins que l’énervement du gouvernement finlandais est parfaitement justifié.

Bien que les autorités politiques se défendent de considérer qu’elles ont « refilé la patate chaude » à EDF qui a absorbé de facto Areva NP c’est tout de même le cas. Les 4 milliards d’euros étant l’objet d’un litige entre TVO et Areva seront-ils pris en charge par le gouvernement français ou par EDF ? La réponse est simple : ce sont les contribuables français qui paieront avec leur facture d’électricité, cela ne fait aucun doute car EDF c’est l’Etat ! Et l’Etat c’est moi comme doit certainement le penser Macron qui, secondé par son ministricule de la transition énergétique renouvelable va devoir se dépêtrer dans ce dossier particulièrement savoureux mais très amer car il révèle la fin programmée de l’industrie nucléaire française. Pendant ce temps-là EDF dépense des milliards, contraint et forcé par le gouvernement gauchiste et écolo, pour installer des moulins à vent un peu partout ainsi que des hydroliennes, la dernière lubie de ces illuminés de l’église de scientologie climatique. À qui va profiter le crime, nul ne le sait précisément mais Olkiluoto et donc Areva NP, après Alstom tout simplement démantelé, le gouvernement français a tout fait pour mettre à genoux l’industrie nucléaire française, jadis un fleuron de technologie respecté dans le monde entier. Quel gâchis …

Note : source partielle et illustration World Nuclear News. L’illustration résume l’ensemble du propos de ce billet.

Nouvelle des EPRs de par le monde

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Alors que les premiers mètre cube de béton ont été coulés sur le site d’Hinkley Point C à la fin du mois de mars de cette année pour une inauguration tout électrique de l’installation comportant deux EPRs aux alentours de la fin de l’année 2025 l’Office National d’Audit (NAO) anglais s’est ému des termes du contrat signé entre le gouvernement britannique et EDF, secondé par son partenaire chinois CGN. La construction devrait sauf imprévus coûter un peu plus de 20 milliards d’euros qui seront remboursés par les consommateurs anglais pendant les 35 années suivantes, le prix du MWh ayant été fixé selon les termes du contrat à 92,5 livres, prix corrigé selon le taux d’inflation annuel. Si le marché de gros de l’électricité anglais entrait dans une grande déprime alors ce seront les consommateurs et à défaut les contribuables de sa très gracieuse Majesté qui paieront et la facture risque d’être salée puisque le NAO l’a estimée à plus de 30 milliards de livres au lieu des 6 milliards envisagés lors de la signature du contrat.

Pendant ce temps-là le couvercle de la cuve du réacteur de Flamanville présenterait des défauts de fabrication comme d’ailleurs la cuve elle-même. Il faut prendre avec la plus extrême précaution ces informations car elles émanaient directement de Greenpeace. Cette organisation ne dispose pas de tous les éléments du dossier et elle déplore le manque de transparence d’AREVA et d’EDF. En conséquence toutes les rumeurs défavorables lui sont permises. Cela s’appelle de l’impartialité … En dernier ressort c’est l’ASN qui a pris la décision et la plus favorable afin de ne pas retarder encore et toujours la mise en service de ce réacteur est d’autoriser l’utilisation de ce couvercle durant le premier chargement en combustible et éventuellement le second. Puis ce ne sera pas le premier couvercle qui sera changé en cours d’exploitation … Malgré tous ces aléas l’EPR de Flamanville est prévu pour produire ses premiers méga-watts fin 2018 avec plus de 6 ans de retard et un coût global qui a plus que triplé.

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Quant à l’EPR finlandais dont la construction aura été retardée de près de 7 ans, AREVA (ou du moins ce qu’il en reste) vient de procéder aux premiers essais à froid. Ces essais consistent à remplir l’ensemble du circuit primaire du réacteur avec de l’eau (en l’absence de combustible) et de faire monter la pression artificiellement. Les pompes primaires seront également testées dans le cadre de cette opération qui devrait durer au moins jusqu’à la fin de cet été. L’ensemble sera soumis à une pression supérieure à la pression normalement opérationnelle pour que l’installation soit « timbrée » selon l’expression employée pour toute installation industrielle sous pression. Puis les mêmes essais à chaud se dérouleront dans le courant de l’automne. L’autorisation de fonctionnement devrait être rendue par les autorités compétentes au début de l’année 2018 et le réacteur raccordé au réseau à la fin de la même année, si tout va bien …

Enfin pour les deux EPRs en construction sur le site de Taishan en Chine, la première tranche dont la construction a débuté en 2009 devrait être opérationnelle à la fin de cette année et la seconde unité vers la mi-2018. Restons optimistes … Toujours est-il que tous ces déboires révèlent l’incroyable mauvaise gestion d’AREVA, une entreprise contrôlée par l’Etat via le CEA, et comme toute entreprise étatique de ce genre elle est mal gérée. Pendant de nombreuses années EDF était dirigé par des électriciens qui connaissaient leur métier et qui avaient su préserver une certaine indépendance vis-à-vis de son actionnaire. Ce n’est malheureusement plus le cas aujourd’hui car cette entreprise est asservie par des hauts fonctionnaires qui ne savent pas de quoi ils parlent. Triste image des entreprises industrielles françaises au sein desquelles l’Etat se mêle de ce qui ne le regarde pas.

Illustrations : Hikley Point C et et Olkiluoto. Sources : AFP et World Nuclear News

Nucléaire de 4e génération c’est chose faite en Chine

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Alors qu’EDF n’en finit pas de chercher une solution pour le financement du projet Hinkley Point C en Grande-Bretagne consistant en un EPR pour le moment et peut-être un deuxième EPR et que la même compagnie doit également trouver un autre financement, certes moindre mais tout de même également conséquent, pour racheter la division NP d’Areva, on se demande comment le fleuron énergétique français va pouvoir survivre à toutes ces ponctions. Faire appel aux investisseurs ? Pas question d’autant plus qu’EDF a été exclu du CAC40 en raison de la dépréciation du cours de l’action et que les investisseurs ne se précipiteront certainement pas pour investir dans une entreprise détenue à 80 % par l’Etat français qui ne brille pas par ses qualités de gestionnaire. Augmenter le prix du kW, pas question non plus puisque ce prix est décidé par les ronds de cuir qui sévissent autour des jupons de Ségolène. Parallèlement EDF doit acheter, selon la loi, des kW « renouvelables » hors de prix et les revendre à perte. Le cocktail est tellement défavorable que n’importe quel analyste spécialiste du secteur de l’énergie (dont je ne fais pas partie) peut émettre de sérieux doutes sur la viabilité financière de cette entreprise. Il reste naturellement les contribuables et les factures d’électricité … Au final de sont donc bien Monsieur et Madame Michu qui paieront la gestion étatique catastrophique tant d’EDF que d’Areva.

Force est de constater que la France est maintenant en retard d’une génération, on peut même dire de deux générations, dans le domaine de l’électronucléaire et ce sont les Chinois et les Russes qui ont pris une avance indéniable. La Russie, comme je me suis plu à le rappeler dans ce blog, est le seul pays au monde à développer les surrégénérateurs refroidis avec du sodium, type Super-Phénix, une technologie lamentablement abandonnée par le gouvernement Jospin, mais ce n’est pas tout. La Chine termine la construction de deux unités jumelles pilotes du vrai réacteur nucléaire de quatrième génération, le surrégénérateur à haute température (HTR) avec refroidissement par de l’hélium directement couplé à une turbine fonctionnant selon le type dit de Brayton (voir le lien). Ce type de réacteur pourra « brûler » aussi bien de l’uranium-238 que du thorium et ne s’embarrassera pas des actinides que ne peut pas gérer un réacteur à eau pressurisée comme un EPR car ils seront également fissionnés et serviront de combustible.

Ce type de réacteur présente deux particularités qui constituent des avantages considérables en regard de la complexité de fonctionnement des réacteurs à eau pressurisée. Il n’est pas nécessaire de l’arrêter tous les deux ans pour rechargement avec du combustible neuf. Les modélisations ont montré que ce type d’installation à neutrons rapides peut fonctionner au moins dix ans sans rechargement. De plus le rendement énergétique est considérablement amélioré par rapport à un réacteur de type EPR car le gaz de refroidissement sort du réacteur à la température de 850 degrés. En vertu du principe de Carnot également appelé deuxième principe de la thermodynamique le rendement de la machine tournante permettant de produire in fine de l’électricité est proportionnel à la différence de température entre le fluide entrant et le fluide sortant. Cependant dans une installation mettant en jeu une turbine en circuit fermé type Brayton, ce rendement énergétique est encore amélioré et atteint aisément celui des centrales électriques à gaz naturel, soit environ 60 %, ce qui n’a rien à voir avec le mirifique rendement promis pour un EPR d’environ 37 % si ma mémoire ne me fait pas trop défaut.

Le schéma ci-dessous (Wikipedia) illustre clairement comment fonctionnera une telle installation et il va sans dire que les deux unités de démonstration d’une puissance totale de 210 MW électriques actionnant une seule turbine à gaz en cours de construction sur le site de Shidaowan dans la province de Shandong vont rester dans l’histoire de l’évolution de l’électronucléaire car il s’agit d’une avancée technologique considérable.

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Comme on peut le constater dans la partie droite de l’illustration il s’agit d’un circuit fermé. Deux compresseurs couplés à la turbine renvoient le gaz sous pression et refroidi par deux échangeurs de chaleur vers le réacteur. Il ne s’agit plus d’une application directe du fameux principe de Carnot mais d’une amélioration de ce dernier à l’aide de compresseurs qui divertissent une partie de l’énergie fournie par la turbine pour compresser le fluide, ici de l’hélium qui sera chauffé par le réacteur. Contre-intuitivement ce type d’installation atteint des rendements idéaux tout en maintenant le fluide caloporteur en circuit fermé, ce que requiert un réacteur nucléaire pour éviter tout contamination externe. Le choix de l’hélium qui est un très mauvais capteur de neutrons (contrairement à l’eau) permet de mettre en place ce concept thermodynamique.

On ne peut que constater que la Chine a maintenant une « génération » d’avance dans le domaine du nucléaire civil. Pour preuve un deuxième projet vient de passer avec succès les qualifications préliminaires. Il s’agit de deux installations de 600 MW comportant chacune trois unités de 200 MW et trois turbines Brayton dont la construction a été décidée sur le site de Ruijin dans la province du Jiangxi et programmée pour être couplée au réseau électrique dans le courant de l’année 2021. Ce développement de l’énergie nucléaire de quatrième génération en Chine est le fruit d’une étroite collaboration entre la China Nuclear Engineering Company et l’Université de Tsinghua qui concentre la fine fleur des ingénieurs spécialisés dans ce domaine. CNEC bénéficie d’une grande indépendance vis-à-vis du gouvernement central chinois qui lui a confié le soin de résoudre les problèmes énergétiques du pays en se focalisant sur ces énergies nouvelles qui n’ont rien à voir avec les moulins à vent ou les panneaux solaires.

On ne peut donc que constater avec amertume que la France, encore leader mondial dans le domaine du nucléaire il y a 20 ans, a détruit son tissu industriel en raison d’une gestion étatique déplorable et sans aucune espèce de vision prospective, la recherche et le développement dans ce domaine crucial pour les générations futures ayant tout simplement été oblitérés par des décisions irrationnelles de nature politicienne. C’est un désastre annoncé depuis longtemps et confirmé par l’avènement de ces énergies dites renouvelables imposées par les mouvements « verts » qui aggravent la situation financière d’EDF et la prive de toute latitude pour s’orienter vers l’avenir. À en pleurer !

Source : World Nuclear Association, illustration : cuve du réacteur de Shidaowan, 25 mètres de haut et 700 tonnes, source China Huaneng.

Et aussi : https://en.wikipedia.org/wiki/Closed-cycle_gas_turbine

L’immense erreur des gouvernements socialistes, de Jospin à Hollande

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EDF vient d’être exclu du CAC40 et c’est bien normal car comme toute entreprise française ayant l’Etat pour actionnaire majoritaire, EDF est géré en dépit du bon sens managérial et les investisseurs fuient ce genre d’investissement. Il faut ajouter qu’EDF a du faire appel aux Chinois pour le projet d’Hinkley Point en Grande-Bretagne car il n’y avait plus un kopeck en poche. Areva qui a été contraint de se lancer dans l’industrie des moulins à vent par le gouvernement actuel a également été géré n’importe comment par l’Etat via son actionnaire majoritaire qu’est le CEA et comme EDF, Areva a accumulé une dette cosmique que naturellement les contribuables paieront jusqu’au dernier euro, soyez-en assurés chers lecteurs en observant l’évolution de vos factures d’électricité ! Et ce ne sera pas seulement pour sauver le climat !

Ne parlons même pas de la SNCF, c’est pire, ou encore d’Air France mais bon, il vaut mieux arrêter ici l’énumération pirandélienne des fiascos grossiers de l’administration française quand elle s’occupe de business.

Venons-en donc à l’objet de ce billet. Il faut reconnaître que les erreurs stratégiques des gouvernement successifs sont lamentables et aboutissent à la mise hors course inexorable du know-how français en matière d’énergie nucléaire. La première erreur fut l’arrêt de l’usine de Creys-Malville décrétée sans consultation du Parlement par Jospin sous la pression des écologistes, de droite comme de gauche puisque non seulement Dominique Voynet joua un rôle central dans cette prise de décision mais il ne faut pas oublier également le rôle toxique de Corinne Lepage dans cette sinistre affaire, une activiste verte qui veut réitérer ses prouesses de lamentable avocaillonne en appuyant le gouvernement socialo-écolo actuel pour la fermeture de la centrale de Fessenheim.

Pour preuve que la France est définitivement hors course et qu’elle tire ses dernières cartouches mouillées avec l’EPR c’est la constance emblématique de la Russie dans ses projets de réacteurs de quatrième génération, les sur-régénérateurs. Le plus ancien réacteur fonctionnel de ce type dans le monde est le BN-600 d’une puissance électrique de 560 MW connecté au réseau électrique depuis 30 ans et qui n’a connu aucun incident majeur. Le récent couplage au réseau du BN-800 situé sur le même site de Beloyarsk marque une étape décisive dans le développement des réacteurs de quatrième génération en Russie. La conception de cette usine est totalement différente puisque quatre échangeurs de chaleur horizontaux primaires situés dans l’enceinte du réacteur permettent une modulation de la puissance disponible. Cette configuration est beaucoup plus satisfaisante en termes de sécurité. En effet, le fluide caloporteur, du sodium liquide, n’est que très peu contraignant pour les structures constituant l’installation par des différences de pression hydrostatique, si on peut utiliser ce terme pour du sodium liquide. Il en est de même de la boucle secondaire, également du sodium liquide. Chaque boucle fournit la vapeur à une turbine par l’intermédiaire d’un générateur de vapeur.

La France était leader mondial dans le domaine des sur-régénérateurs avec Phénix puis Super-Phénix. Aujourd’hui l’industrie électronucléaire française s’enfonce dans les oubliettes de l’histoire et c’est infiniment regrettable. Et comme s’il était encore utile d’enfoncer le clou et de dénoncer une nouvelle fois le manque total de vision à long terme du pouvoir politique français, les Russes, encore eux, sont sur le point de produire maintenant un combustible enrichi en trans-uranides (actinides) en lieu et place du plutonium et constitué d’oxydes d’américium et de neptunium récupérés lors du retraitement des combustibles usés sous forme de pastilles de céramique. Le projet n’en est qu’au stade expérimental mais il est déjà pleinement satisfaisant et il est clair que la Russie a d’ors et déjà acquis une vingtaine d’années d’avance dans le domaine de la maîtrise et de la gestion des trans-uranides qui posent un réel problème environnemental et cela devant tous les pays du monde quels qu’ils soient. Ces déchets à haute activité et dont on ne sait pas trop quoi faire vont tout simplement servir de combustibles. Pour mémoire, en 2015 la Chine a couplé au réseau électrique huit réacteurs de 1000 MWe et la Corée 1 réacteur de 960 MWe. On comprend aisément que la Chine soit intéressée pour mettre quelques sous dans le capital d’Areva ! Toujours pas de nouvelles des EPR made in France en construction en Finlande, en France et … en Chine.

Source : IAEA

La technologie du nucléaire civil français est en retard d’une guerre !

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C’est officiel maintenant AREVA a perdu la main. Il faudrait plutôt dire le CEA, actionnaire majoritaire d’AREVA, cet agglomérat de fonctionnaires imbus de leur supériorité, mangeant au ratellier du Ministère de la Défense pour assurer l’entretien des bombes atomiques et à celui d’EDF, de facto contrôlé par ce même organisme également étatique puisque les réacteurs nucléaires produisent du plutonium, lorgné de très près par les militaires. Bref, le CEA, principal actionnaire (c’est-à-dire l’Etat) d’AREVA, est en retard d’une guerre. Et c’en est malheureusement terminé pour la France en ce qui concerne les nouvelles orientations incontournables de l’énergie nucléaire civile figées en France dans le gigantisme coûteux de l’EPR qui n’a toujours pas fait ses preuves de faisabilité économique.

Au mois de juillet dernier je relatais dans ce blog les décisions de Bill Gates d’investir dans les réacteurs nucléaires de nouvelle génération par le biais de la société TerraPower entièrement financée par l’ancien propriétaire de Microsoft. Il s’agit de la technologie des réacteurs dits à vague voyageuse (travelling wave reactor, TWR). Ma traduction n’est pas fidèle en français à la réalité mais le terme anglo-saxon est explicite : il s’agit de réacteurs à neutrons rapides utilisant de l’uranium naturel non enrichi avec un cœur émettant des neutrons rapides qui transforment cet uranium en plutonium progressivement. Les assemblages de combustible sont alors déplacés de la périphérie vers le cœur au fur et à mesure que l’enrichissement en plutonium permet de maintenir le flux de neutrons. C’est la raison pour laquelle on parle de « voyage » des assemblages vers le cœur du réacteur. Les modélisations informatiques ont validé cette technologie qui a échappé à la sagacité des ingénieurs du CEA préoccupés uniquement par l’enrichissement de l’uranium en isotope 235 sans s’être jamais penchés un seul instant sur l’intérêt de cette technologie pourtant décrite sur le papier aux alentours des années 1950.

Il s’agit d’un « breeder » en termes techniques, genre Super-Phénix, qui transforme in situ l’uranium directement extrait des mines en combustible sans rechargement pendant des dizaines d’années, pour faire simple. Or le CEA, c’est-à-dire avec AREVA, n’ont aucun intérêt à développer cette technologie qui est pourtant la plus économique en termes d’investissement initial et également en terme de consommation en combustible. La vocation d’AREVA est d’enrichir à 4 % d’isotope 235 l’uranium (usine Georges Besse II) puis d’extraire un peu de plutonium du combustible usagé (retraitement) pour réaliser quelques économies sur le processus d’enrichissement étant entendu que les tranches 900 MWe type Fessenheim sont capables de gérer le combustible enrichi en plutonium appellé MOX. C’est le business d’AREVA et le CEA n’a jamais voulu entendre parler d’autres approches technologiques. Normal ! Au départ la vocation du CEA était l’armement et les réacteurs graphite-gaz étaient une source inépuisable de plutonium pour les bombes et la mentalité de cette administration n’a pas réussi à s’adapter aux exigences énergétiques modernes … Il faut rappeller que ce sont EDF et Framatome qui à l’époque achetèrent la licence Westinghouse pour les réacteurs à eau pressurisée (PWR) et non pas le CEA qui avait la main-mise seulement sur le combustible.

Bill Gates a adapté les agissements des militaires tant américains, russes que français et finance le développement du TWR et les Chinois qui manifestent une soif d’énergie sans limite, viennent de signer (CNNC) un mémorandum avec TerraPower pour la construction d’un prototype d’une puissance de 600 MWe susceptible d’être opérationnel aux alentours de 2018 avec la collaboration de Babcock & Wilcox pour le design de ce réacteur refroidi avec du sodium liquide.

Bel exemple illustrant la totale incurie des politiciens français qui ont arrêté le réacteur Super-Phénix dont le principe de base était justement celui du TWR, une migration des assemblages de combustible de la périphérie du réacteur vers le centre de ce dernier et réciproquement. Ironie de l’histoire, je connaissais bien l’usine de Creys-Malville ainsi que son principe de fonctionnement et j’ai personnellement fait visiter le site de NERSA il y a un peu plus de 25 ans à une délégation d’ingénieurs de B&W qui étaient franchement impressionnés par l’avancée technologique de la France …

Juste retour de la situation, dans le domaine de la technologie nucléaire et de son évolution la France est définitivement dépassée alors qu’elle était à l’époque leader mondial incontesté. Mais le breeder utilisant de l’uranium naturel n’entrait pas dans le plan de développement du CEA à l’époque et ce projet grandiose fut proprement saboté par le gouvernement socialiste de Jospin appuyé par les écologistes avec la contribution déplorable d’une certaine Corinne Lepage dont l’action néfaste fut éclipsée par une autre écologiste du nom de Voynet qui pour l’histoire portera le chapeau avec le sombre Jospin de cette déplorable décision de l’arrêt de l’usine de Creys-Malville. Le CEA est stupidement passé à côté de cette même histoire car cet organisme est un ramassis de fonctionnaires n’ayant plus aucune connexion avec la réalité économique et la technologie de l’éléctricité d’origine nucléaire est depuis lors frappée d’un anathème idéologique. Pour la France, c’est terminé, la partie est perdue, merci aux politiciens gangrennés de l’intérieur par les écologistes qui n’ont jamais rien compris à l’énergie nucléaire … Triste constatation.

Source : bulletin de l’IAEA et Reuters, illustration : usine de Creys-Malville.

https://jacqueshenry.wordpress.com/2015/07/12/bill-gates-mise-sur-le-nucleaire-de-quatrieme-generation-et-il-a-bien-raison/

France: l’ASN impose des règles de sécurité post-Fukushima à Areva et au CEA

France: l’ASN impose des règles de sécurité post-Fukushima à Areva et au CEA

Paris – L’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a imposé de nouvelles dispositions de sécurité à Areva et au Commissariat à l’énergie atomique (CEA) pour protéger au mieux leurs installations en cas de catastrophe climatique, après Fukushima.

L’ASN impose à Areva et au CEA des prescriptions complémentaires relatives au noyau dur et à la gestion des situations d’urgence applicables à leurs installations et à leurs sites, indique l’Autorité sur son site internet.

Ces mesures réglementaires font suite à des évaluations de sûreté menées par Areva et le CEA sur la résistance de leurs différents sites aux agressions externes extrêmes comme des séismes ou des inondations, les épisodes de grands froids et de grandes chaleurs ainsi que les tempêtes, des événements qui pourraient entraîner l’arrêt de leur alimentation en eau et en électricité. (…)

(©AFP / 29 janvier 2015 17h05)

Ben voyons ! Le changement climatique, qu’on attend toujours d’ailleurs, il n’a jamais fait aussi froid aux îles Canaries depuis plus de trente ans au mois de janvier selon les anciens du cru, risque de mettre en danger le bon fonctionnement des centrales nucléaires, de provoquer des séismes, des tsunami géants remontant le Rhône tel un mascaret jusqu’au site de Tricastin et submerger de la même manière le site de Flamanville. C’est fou comme ce changement climatique va pouvoir provoquer de catastrophes, en dehors naturellement du fait qu’on sera tous grillés comme des toasts (dixit Madame Lagarde il y a un an à Davos). Finalement l’ASN œuvre dans le sens des exigences des écolos et l’AFP n’est qu’une agence de propagande au service de Greenpeace, du WWF et de ces écologistes …